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L'Affaire Sombrero

 
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hector vugo
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 819
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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 00:42 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

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L’AFFAIRE SOMBRERO

Ce n’était pas le moment pour le titiller surement pas, on le voyait bien sur son visage. Il avait les traits tirés, cette mine tendue des mauvais jours. Tout s’était ligué contre lui : le crachin momentané, la basse luminosité du ciel au lever du soleil, les grèves combinées des taxis, des routiers, des aiguilleurs du ciel, de la SNCF, des profs, des sages-femmes et même des éboueurs.
Voilà pourquoi, j’avais hésité à dire bonjour à l’inspecteur Broutille. Depuis 9 heures du matin, j’avais rasé les murs, prié que la machine à café marchât, espéré aussi qu’il y eût des touillettes et des gobelets en quantité suffisante, souhaité ardemment que la technicienne de surface n’oubliât pas d’essuyer la poussière sur son bureau.
En résumé, je désirais que les éléments insignifiants de son quotidien changeassent son humeur massacrante.
Peine perdue. Nous étions en rupture de stock de gobelets. Chacun avait apporté sa propre tasse. Pour les touillettes, nous en avions la nostalgie et utilisions à contre cœur notre index. La femme de ménage, elle, préservait son plumeau de tout contact.
Bref, j’avais la boule au ventre en me présentant au bureau de mister Broutille parce qu’à la moindre erreur ça allait gueuler.
10 heures, le vent avait chassé les nuages. On voyait, à travers la fenêtre de la PJ, la méditerranée retrouver ses couleurs estivales.
J’avais sous le bras le rapport du médecin légiste à propos de l’affaire Sombréro. Ce n’était pas accident, c’était un meurtre. La victime était un homme de 45 ans. Il résidait dans le quartier huppé de la Braguette (ça ne s’invente pas).
Avant de frapper à la porte de Broutille, j’avais la trouille, non pas des photos, non pas de la formule laconique du toubib (du travail de boucher), mais de la réaction de l’inspecteur.
J’entendais, par anticipation, son futur commentaire : « Toute cette paperasse pourquoi faire, puisqu’on a vu son cou ensanglanté ». Le décès, quant à son origine n’avait pas de mystère.
Un couloir séparait mon bureau du sien.
Je le traversai les jambes en coton, le regard brumeux, et les tempes ruisselantes. Mon cœur resta en retrait de mon tohu bohu physique. Pas pour longtemps. Il s’accéléra à cause d’une sonnerie de téléphone : le dring has been à travers la porte de Broutille. Mon palpitant tapa encore plus fort à l’écoute d’un « Quoi ! Encore un ! On arrive dans une minute Madame !», puis il sortit de ma poitrine avec la suite : « Bordel, elle m’aura tout fait cette vieille ! », pour finir en tachycardie absolue lorsque Broutille sortit en furie de son bureau.
- Les gars rassemblement ! Tous chez Lady Schpoumz, le 2éme macchabée fait la feuille morte dans sa piscine. Minus qu’est-ce que vous foutez là ?
- J’ai le rapport du médecin légiste pour l’affaire Sombréro
- Je ne vois pas trop l’intérêt de le l’étudier. On sait qu’il a été égorgé.
- Mais …
- Posez le là, Minus. Je le lirais peut être dans les toilettes si j’ai le temps de pisser, et ce n’est pas sûr. Action, réaction Minus !!! Ne restez pas planter ici !!!!

Ce n’était pas l’heure de jouer au parasol sur la plage. J’aurais bien aimé, mais les collègues voulaient jouer à autre chose de plus viril. On ne faisait ni dans le Maigret, ni dans le Agatha Christie. La finesse c’était pour les autres, ça urgeait. La preuve : Broutille démarra en seconde sa Scénic de fonction et renversa les vélos des contractuelles.
Grandeur et misère de la police judiciaire, ou quand l’accueil de pervenches, par obligation de restriction budgétaire, vous poussait à faire du bowling avec leurs deux roues. 6 sur 6 ! Strike !
Rapide plan panoramique de cette réussite sportive par la vitre arrière de la Renault.
Pas le temps de savourer ce succès et d’en rire aussi.
Le crissement des pneus, la sonnerie de la police alimentèrent la bande son habituelle. Nous traversâmes la ville en 15 secondes (un miracle), pour arriver au pied d’une route en lacets vers les hauteurs avec vues sur la mer. Enfin « vues » si on veut, c’était une série de cartes postales « radotantes ».
« Un piège à touristes » pestait souvent Broutille de sa voix de basse condescendante.
Au volant, le chef avait ce toc amusant de répéter deux fois ce qu’il disait. En l’espèce, il ne dérogea pas à cette manie, lui ajoutant la virgule méridionale, le fameux « couillons ».
Ce qui donna : « Un piège à touristes, un piège à touristes, les couillons ». On les voyait les gens du Nord, ceux d’Aix en Provence, (car le Nord commence chez nous à Aix en Provence) restant coi devant l’océan.
Nous, on ne trainait pas devant la mer. On regardait la route et maudissait l’inspecteur d’avoir promis à la vieille Schpoumz d’arriver dans la minute.
Les délais dans le sud doivent être toujours multipliés par deux.
Or ici c’était la table de 6 voir de 10 que l’on risquait d’utiliser. Nous étions sacrément en retard.
Au 15éme lacet nous savions que nous touchions au but. Bienvenue au quartier de la braguette. Jadis, la belle Otéro avait vécu là. D’où ce nom si singulier. Pour autant « la braguette » n’était pas ouverte au prolétariat. Et on le sentait tout de suite. Terrible découverte d’une grande ligne droite à l’américaine : une perspective cavalière où sur chaque côté s’érigeaient des demeures aussi larges que leurs mauvais gouts. Question déco, nous étions plus proches des églises mexicaines que des temples protestants.
La villa de Lady Schpoumz se démarquait davantage encore. A côte de ce 15 pièces avec piscine, golf 18 trous et courts de tennis, les autres bicoques ressemblaient à des masures de nains.
Rien qu’à payer le tiers de sa taxe d’habitation, j’étais ruiné et SDF.
C’était too much.
Avec les collègues, on en avait toujours le souffle coupé. C’était pourtant notre troisième visite. On aurait dû avoir l’habitude. Si vous aviez vu nos têtes à la sortie de la Scénic, presque prêts à gober des mouches.
Un seul échappait à ce jetlag social : l’inspecteur Broutille.
- Rassemblement les gars !!!! Allons chez la vieille ! cria-t’il avec un entrain surjoué
Il commençait à la connaître la Lady Schpoumz. Nous aussi. Depuis le début de l’affaire, nous l’avions interrogée deux fois. Son voisin était le fameux Sombrero, la première victime.
Le chef sonna et s’annonça avec un tonitruant : « C’est Broutille !!! ».
A peine l’ « éruction » de son patronyme fini, le portail s’ouvrit, et l’on vit le majordome, un certain Plate, foncé en notre direction au volant d’une voiturette de golf.
- Monsieur Broutille est en retard
- Je sais Plate. Depuis qu’on sous traite la circulation à des feux rouges, c’est le bordel, ça roule mal.
- Monsieur Broutille ne vient jamais seul
- Oui j’ai mon squad avec moi
- Il me semble ne pas reconnaître tout le monde. Vous ne faites pas les présentations ?
- Puisque vous y tenez. Eux, c’est les triplés : Maxi, Médium, Mini, et voilà mon adjoint Minus.
- Enchanté messieurs
- Bien, parfait. Si on y allait ?
- Oui Madame vous attend.
La voiturette s’immobilisa au pied d’une forme molle chaussant du 37. C’était Marlène Schpoumz.
Elle respirait le bonheur et le soulagement à la fois. Oui l’adjectif beau collait presque à son visage. Cette performance grammaticale de haut vol témoignait de l’effet que le chef faisait à Lady S. Et si elle l’aimait ? Elle était rayonnante, ça se voyait. Preuve que l’amour était le plus puissant des liftings. D’habitude, la vieille ressemblait à Ertha Kitt tout court. Cette fois ci, son visage avait l’expression d’une folle joie. On aurait dit Line Renaud en brune.
Elle tenta d’embrasser fougueusement l’inspecteur, un peu à la lauren Bacall dans Casablanca. Heureusement Le chef esquiva le baiser et lui serra la main. Même à 80 ans on pouvait prendre un râteau, cqfd. S’ensuivit un léger malaise vite dissipé. Lady Schpoumz se reprit. Elle devint sèche et raide.
- Inspecteur, débarrassez moi de lui
- De Qui ?
- Pedro, mon jardinier !! Il est mort. Il est dans le bassin de 50 mètres
Broutille devint rouge taureau et fonça en direction de la piscine. Avec les triplés, j’eus du mal à le suivre. Après avoir traversé un vestiaire, le hall, le salon de réception, le home cinéma, la salle de sport et de prières, la véranda, éviter les six caniches, les quatre chats angoras, les trois femmes de ménage ouzbéques, le cuisinier vénézuélien et son commis brésilien, l’économe Grec (oui ça existe), nous avions besoin de souffler.
Ils nous restaient à parcourir une terrasse en marbre avec son salon en rotins 20 places ainsi, pour finir, qu’une allée bordée de sculptures représentant les derniers champions olympiques de natation. Au bout s’y trouvait la piscine.
D’où nous étions, nous ne pouvions pas voir le corps. Tout au plus apercevions nous une forme non identifiée flottée sur l’eau
Enfin au bord, nous découvrîmes la dépouille du jardinier : un type bien bâti avec des abdos tablettes de chocolat que l’on devinait derrière son polo Lacoste. Il avait eu la classe de mourir sur le dos. Ça sentait l’herbe coupée et la barbaque. Etonnant, dérangeant. La scène de crime était plus une performance artistique, une peinture, une nature morte qu’un étal de boucher
Le tueur avait un sens esthétique. Et c’était en cela que ce deuxième meurtre ressemblait au premier. Même souci dans la mise en place, même soin dans le détail. Le corps trônait au milieu d’un cadre magnifiquement équilibré.
A ceci près que Sombrero, lui, avait été assassiné dans son lit. C’était l’unique différence.
On avait bien essayé d’interroger le voisinage, sans succès. A croire que chez les riches, une sorte de solidarité mafieuse les maintenaient dans le silence.
Lady Schpoumz suivait à la lettre cette loi. Elle était avare en confidences. Son personnel aussi. Tous se cachaient derrière les platitudes de circonstances. Le jardiner était un type sympa, sans histoire. Bref, rien à se mettre sous la dent.
Aussi l’inspecteur Broutille se résolut à utiliser la méthode « french lover ». Il paierait de sa personne pour faire parler la maitresse de maison. Alors il se rapprocha de la vieille. Il lui fit du charme, à la Bogart dans la comtesse aux pieds nus.
Nous fûmes témoins de la réaction enamourée de Lady S, de ses yeux de biche à la Ava Gardner. La vieille glissa à l’oreille du chef : « ce soir je vous dirai tout », puis nous les vîmes partir bras dessus, bras dessous et disparaitre dans la maison. Ça sentait la comédie romantique.
On nageait dans le paradoxe. On nageait. Pff quelle misère.
Au bord de la piscine, le sang du défunt Pedro continuait à se mélanger au chlore et à la javel, donnant au bassin une teinte grenadine de plus en plus prononcée.
La victime ressemblait à un manpower à qui la natation n’avait pas réussi, les bras et les jambes écartées : une croix de chair.
Un peu plus bas, au fond de l’eau, on distinguait avec difficulté des lettres. Le tueur avait laissé un message
Il avait écrit : « comme une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau », les premières paroles des moulins de mon cœur. Enfin une piste, l’Affaire Thomas Crown, Michel Legrand.
Je sortis mon calepin et consigna ce détail à la main.
Le chef n’était pas descendu. Nous imaginions, déjà, qu’il travaillât à un interrogatoire romantique et serré à la fois.

Puis, Broutille revint avec lady S toujours à son bras comme on trainât une poupée par obligation. D’ailleurs, la vieille manqua de tomber deux fois sur le chemin du bassin. Ça ne sentait plus la comédie romantique, mais presque l’aide à domicile avec les couches et tout le tralala..
Heureusement qu’elle garda son sens de l’équilibre. Perdre le seul témoin potable était impensable.
Mieux valait en prendre soin, quitte à passer la nuit à ses côtes.
Broutille s’y collerait avec l’aisance des fauderches. Ce ne serait qu’un mauvais moment à passer.
Il fallait laisser la place au légiste et ses nettoyeurs.
Dans deux heures, la piscine deviendrait à nouveau praticable. La vieille ferait son aquagym. La vie reprendrait ses droits.
Moi j’allais me taper l’imbuvable rapport, le deuxième du nom, celui que le chef n’aurait pas le temps de lire, même dans les toilettes.
Nous prîmes congés de Lady S. Plate nous raccompagna au portail
De retour à la voiture, Broutille nous fit cet aveu.
- Les gars, de sa chambre il y a une putain de vue sur la mer. La vieille m’a assuré que c’est aussi beau les soirs de pleine lune.
Ça tombait bien, elle la serait cette nuit.
Qui ? La vieille ? Non, la lune.
En attendant nous n’avions qu’un début de piste. Le chef, lui avait un plan cul avec une octogénaire.
Qui disait que ça sentait la comédie romantique ? Pas moi.

Fin de l’acte un
Jeu 16 Oct - 00:42 (2014)
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Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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Messages: 2 835

MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 14:02 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

Sur un rythme insensé, ton inspecteur nous entraîne à sa suite dans un récit haletant. Ton écriture est vive, et oscille entre spirituel et facétieux. Le décor est planté, les personnages ont de la chair, les images affluent.
Ton texte est vraiment plaisant à lire. Bravo !
Attention au temps des verbes (conditionnel / subjonctif)
Et à part ça, j'ai cherché partout, dans la scénic, dans la piscine, mais rien, j'ai pas trouvé le second acte... Mr. Green
Jeu 16 Oct - 14:02 (2014)
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Perrine PONT
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Messages: 55
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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 16:01 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

C'est vrai : Aix c'est déjà le nord !
J'aime le décor...


Effectivement, c'est très rythmé. Je suis tombée dedans sans plus en sortir... 
Jeu 16 Oct - 16:01 (2014)
Auteur Message
Octobell
Coup de coeur
Coup de coeur

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 1 670

MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 16:08 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

Oui, oui, c'est haletant ! Ton écriture va à mille à l'heure et on n'a pas le temps de souffler. Mais c'est fun, drôle et léger (les noms ahahah ^^), un bon moment de lecture en somme ^^
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Jeu 16 Oct - 16:08 (2014)
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El.
Mega Coup de Coeur
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Inscrit le: 05 Oct 2014
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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 22:47 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

Quand g vu la taille de ton jet Hector, j'ai honteusement pensé "au secours!" et quand j'suis arrivée à la fin j'ai pensé "déjà?! argh mais où est l'acte 2??" et bé oui j'sais bien, j'sais bien...
_________________
El.

http://aubordeldesrev.eklablog.com/
Ven 17 Oct - 22:47 (2014)
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Auteur Message
Linelea
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 19 Sep 2013
Messages: 938

MessagePosté le: Lun 20 Oct - 22:25 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

C'est effectivement un acte un ! Un bien bon acte un que l'on prend plaisir à lire et qui passe bien vite ;-)

Vivement un acte deux !
Lun 20 Oct - 22:25 (2014)
Auteur Message
Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
Coup de Coeur ...

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 4 563

MessagePosté le: Mar 21 Oct - 12:52 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

Comme les autres, j'ai passé un excellent moment à te lire !

C'est vivant, grinçant juste ce qu'il faut, et c'est un vrai plaisir de s'embarquer dans ton monde, une fois de plus Ton sens de l'humour est délicieux, et on ne voit pas les lignes défiler...

L'acte 2 semble être commandé
_________________
Rafistoleuse
Mar 21 Oct - 12:52 (2014)
Auteur Message
isa belle
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 27 Aoû 2014
Messages: 24
Localisation: bretigny sur orge

MessagePosté le: Sam 1 Nov - 14:01 (2014)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero Répondre en citant

superbe commencement, que dire d'autre a part vivement l'acte deux  Okay
_________________
un début d'abus
Sam 1 Nov - 14:01 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:23 (2016)    Sujet du message: L'Affaire Sombrero

Aujourd’hui à 02:23 (2016)
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