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2032

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Dim 16 Nov - 11:51 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

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2032

La nuit s’invitait enfin. Le ciel était gris noir, désespérément vierge d’étoiles. La lune se faisait la malle, demandant quelques journées de congés. Le vent, lui, était en colère. D’habitude discret, on le sentait impatient d’en découdre. Que voulait-il ? Pas grand-chose. Juste qu’on lui donnât un prénom comme ses cousines du pacifique. Son rêve était simple : être reconnu sur le calendrier des typhons et des tempêtes.
Seulement on était en Europe à des kilomètres de la mer, dans une ville où le terme « intempérie » restait en marge.
Le vent, chez nous, c’était un gosse, le genre autiste que l’on remarquait seulement lorsqu’il soufflait les bougies de son anniversaire.
Mais là, il nous faisait sa crise d’adolescence, sa poussée acné.
Les réverbères s’allumèrent un à un sur la rue, de sorte qu’elle me parut presque désirable à ces promenades romantiques.
Il fallait être deux pour qu’elles fussent réussies. Moi je n’avais que ton chien, un vieux bâtard traînant sa carcasse et ton souvenir mélancolique.
Il s’appelait Gabin. On se ressemblait tous les deux, aussi usés et désabusés l’un que l’autre.
Qu’attendions-nous encore de cette vie ? Rien, puisque ton retour s’avérait impossible. Sans épouse et sans maîtresse, nous n’étions que des ombres, des morts vivants gérants les affaires courantes.
Depuis quand n’avais-je plus répondu à mon nom de baptême ? Des heures, des jours. Je n’étais plus qu’un patronyme accroché à un titre de civilité que peu utilisait encore.
Ta voix me revenait souvent. Elle énonçait mon prénom. J’entendais ton timbre me souffler « Simon » à l’oreille, Sa douce mélodie me rappelait le temps où nous étions si présents l’un pour l’autre.
Bien que révolu, ce temps-là s’invita à ma mémoire dans cette rue toujours dédiée aux piétons.
Une silhouette au loin, le bruit d’un pas à proximité, un rien suffisait pour emballer notre imagination.
Lors de nos promenades ici, combien de fois avais-je vu Gabin remuer la queue et moi sentir mon pouls s’accélérer ? Trop à mon goût, mais nous devions notre survie à ces réactions-là.
Grâce à elles, nous avions encore la sensation d’être dans le monde.
Même s’il avait pour nous la tendresse des objets.
Gabin et moi, nous aimions traîner dans cette rue, fouler ses pavés, sentir l’énergie des autres, leurs regards, leurs mots, leurs silences.
Mais cette nuit-là, il n’y avait que le vent chafouin, capricieux, tempétueux même.
Et voilà que la pluie s’en mêlait, une pluie nordique fine, nerveuse s’immisçant dans les vêtements, incitant à la rétractation des êtres, jusqu’à, paradoxalement, leur donner l’aspect de ces fruits déshydratés figés dans le temps.
Des fruits il y avait peu. Et ils avaient tous l’aspect misérables de ceux qu’on laissait sur les étals des marchés parce qu’impropres à la consommation.
Des sales gueules, des cabossés. Encore heureux, ils ne portaient pas des haillons, au contraire ils ressemblaient à des coqs pas encore déplumés par le fisc. Ils ne leur restaient que le paraitre. Pour combien de temps ? Le compte à rebours était lancé.
Déjà on les distinguait mal, tant la pluie tombait avec violence, Dieu et les anges avaient donc la boisson facile et des problèmes de prostates, au-delà d’un bégaiement de la vessie.
Ce n’était pas un attroupement, encore un moins une manifestation. Ils semblaient soucieux de ne pas se faire remarquer vocalement. On entendait que le bruit de leurs chaussures, toutes italiennes et cirées impeccablement. Le pavé avait des étoiles qui chaussaient du 42 ou du 44. Ça brillait et c’était beau.
Gabin aimait ce spectacle étonnant, moi aussi. J’y trouvais un moyen facile de m’évader.
Ils étaient 4 hommes et suivaient un cinquième dont on devinait la silhouette énigmatique derrière une soutane noire. Une procession sage dans un décor d’apocalypse. Le vent redoubla de violence et fit plier les réverbères. Ce n’était plus des soldats lumineux au garde à vous, juste des roseaux lampions. Le ciel cracha toujours une tristesse orientale identique à ces pleureuses aux chagrins inconsolables.
La rue devint pente et les trottoirs torrents. Gabin et moi, nous aurions pu rebrousser chemin. Mais l’appel des mocassins en cuirs étoilés fut plus fort. Il éveilla chez nous une curiosité. Que faisaient ces hommes à cette heure ? Ou allaient-ils ?
En levant les yeux, nous sûmes.
Cinquante marches à gravir, presque une cascade à contre-courant, au-delà une église, un dôme blanc, une lune en pierre.
On se serait cru au festival de Cannes.
Il n’y avait pas de tapis rouge, seulement le brouhaha incessant de la pluie remplaçant les photographes et la foule des admirateurs. Mais c’était le même cinéma, la même illusion d’une montée magnifique et irréelle.
Nous les suivîmes de loin et empruntâmes le même chemin avec la jouissance des piques assiettes non conviés à un festin.
Qu’y avait-il au bout de la route ? Assurément la récompense à la hauteur d’un effort dont nous sentîmes les premières douleurs. Les pattes de Gabin étaient lourdes, mes mollets aussi.



A quelques mètres du bâtiment, nous restâmes encore plus en retrait. L’homme à la soutane ouvrit une porte sur le côté et rentra. Ses quatre compagnons lui emboitèrent le pas.
Etrange. Cela manquait de panache. Pourquoi donc ne pas avoir pris l’entrée principale ? Un besoin de rester discret ?
Il fallait en faire le tour pour en voir le parvis. Et alors que nous pensâmes être seuls dans ce quartier, nous découvrîmes une marée humaine venue de l’autre extrémité de la rue. L’horreur absolue. Que des êtres squelettiques, à bout de force éructant des onomatopées, des plaintes, certains crachant leurs viscères par la bouche, ou encore expulsant une bile si acide qu’elle attaquait le pavé en le rongeant. Nous ne les avions pas vus, encore moins entendus. Le vent, la pluie, la topographie des lieux nous les avait cachés.
Le dos contre la porte principale de l’église, nous assistâmes à la progression inexorable de ce peuple malade. Il avançait en meute, lentement à la vitesse d’une coulée de lave. C’était une multitude de bras ouverts et de voix à l’agonie.
Gabin gratta, moi je frappai le bois de mes poings. Sans résultat. Il y avait trop de parasites sonores, entre la tempête, le déluge et les gémissements.
Le fleuve des malades toucha le parvis, puis rampa vers nous. Dernière tentative sur la porte, A genoux, je la tapai avec rage et criai à travers le trou de la serrure. J’allai être agrippé par un presque cadavre.
L’homme à la soutane nous ouvrit soudainement. Il referma de suite. Le bruit du barillet se confondit avec le fracas d’un crâne contre la porte.
- Vous êtes médecin ?
- Non, mon père, juste pharmacien
- Vous tombez bien. Le prêtre regarda le chien. On accepte tout le monde ici Bien, rejoignez l’équipe. Vous voyez les médecins ?
- Les hommes en blouses et en mocassins de cuirs ?
- Oui ce sont eux. Ils sont chevets des malades.
Des lits de fortune avaient été installés, on avait transformé l’autel en table d’études légistes. Un peu plus loin dans un confessionnal, on avait improvisé une pharmacie.
La technologie ne pouvait rien contre la liquéfaction de ces hommes et femmes. Toutes et tous se vidaient littéralement. L’odeur poisseuse des diarrhées se mélangeaient à la complexité olfactive des vomissements. A quoi bon être en 2032, consulter son portable, faire des perfusions, si c’était pour les voir mourir.
Ca ressemblait au Choléra. Et on était aussi impuissant que nos anciens deux siècles avant.
On avait rien contre cette saloperie, rien que la compassion, les regards et parfois les mots.
Mais ça servait à quoi de les calmer par des phrases, de leur mentir, de jouer cette comédie de la vie
Ici, une enfant de 4 ans, là un vieillard de 90, là encore un homme de 35 ans et tant d’autres, avec Gabin en 30 minutes, nous les accompagnâmes. La mort paraissait si volage, si facile, presque décharnée de cette tristesse commune à notre civilisation.
L’habitude bouffait notre sentiment de révolte. Les gémissements et les silences aussi.
Dehors, une foule impressionnante s’échouait sur le parvis. Ça tombait comme des mouches. La pluie et les excréments se transformaient en boue et charriaient des corps au pire putrides, au mieux agonisants.
Des grands boulevards on percevait la sirène des ambulances transportant d’autres malades vers des hôpitaux bondés.
Le portable du prêtre crachait des alertes infos toutes les 2 secondes. L’épidémie avançait à grand pas. D’ailleurs on ne parlait plus d’épidémie, mais d’attaque bactériologique
Paris serait rayée de la carte d’ici demain, si on n’utilisait pas les grands moyens.
Il fallait brûler les malades et les morts, puis délocaliser les vivants.
Alors des chars munis de lances flammes investirent le macadam et crachèrent sur tout ce qui bougeait et qui semblait mal en point.
Une nouvelle odeur s’invita à ce carrousel morbide de senteurs : celle de la barbaque grillée.
Ailleurs des fourgonnettes par milliers ramassèrent les biens portants. Direction la Normandie, le Cher, la Lozère, l’exode sanitaire convia une ultime odeur à ce drame : le gasoil.
Les corps cramés, la merde, le pétrole, les restes à peine digérés, bonjour la carte postale pour le tourisme.
Au petit matin, la pluie ne cessa pas. Dieu pissa encore avec l’aide de Zeus, Jupiter et Osiris. Des hommes du ministère de la santé arrosèrent de javel les rues de la capitale.
Aucune artère n’y échappa. Pas même notre église, dont l’intérieur fut désinfectée et nous avec.
Gabin et moi n’avions jamais été aussi propres.
Presque la peau et le poil vierges, en apparence seulement.
Dim 16 Nov - 11:51 (2014)
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Fanylill
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MessagePosté le: Dim 16 Nov - 15:08 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Oh....j'ai les larmes qui sont montés dans la première partie...les descriptions des sentiments, le deuil...et puis autre chose nous attrape, comme un rhume qui se transforme en bronchite, une épidemie...voilà donc un autre texte dont on attend la suite ! vous etes pénible tous...on fait comment nous maintenant ....ben on attend !
Bravo
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"si le ridicule tuait ça ferait longtemps que je serais mort tu sais"
Dim 16 Nov - 15:08 (2014)
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christine
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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 08:46 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Ca commence tout en douceur, tout en nostalgie et ca fini en apocalypse.
Je trouve ton texte parfait car mine rien, ton bonhomme et son chien qui suivent des mocassins etoiles ben ils leur arrivent une sacree aventure (de merde si je peux dire).
J'aime bien la fin.
Bravo bravo bravo.
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Lun 17 Nov - 08:46 (2014)
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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 15:25 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Pfiou, c'est une tuerie ton trucz mec !! 

J'ai adoré de bout en bout, tout est juste, bon, dégueulasse, gerbant, c'parfait !! ! ! J'adore ton duo, très symbolique, et l'reste aussi, 'fin vraiment chui sur le cul (bon en fait sur le dos allongé peinard), un des meilleurs récits qu'tu nous ai présenté à mon goût et de mémoire 



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"Un blog qu'il est bien pour le lire"

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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Mar 18 Nov - 06:47 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Waow... Je suis bluffée... L'histoire est excellente, on embarque avec tes personnages avec facilité et plaisir et on se laisse porter. La fin est juste parfaitement dosée.
Moi ce qui m'a plu et surtout le plus marqué, ce sont tes images et métaphores. Tu joues avec les mots, souvent et c'est hyper agréable mais là il y a quelque chose en plus, quelque chose de plus fort, je sais pas trop comment dire mais j'ai vraiment vraiment adoré.


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MessagePosté le: Mar 18 Nov - 18:13 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Au départ, cette promenade ne m'a pas accrochée. J'ai envisagé de ne pas pousser plus loin la lecture, puis j'ai lu les critiques, trop dithyrambiques pour ne pas attiser ma curiosité. Alors j'ai attendu un peu, et j'ai repris ma lecture. Aaaah pour sûr, je ne m'attendais pas le moins du monde à ce retournement de situation. Tellement pas que même après avoir achevé la lecture, j'ai le sentiment qu'il manque un petit truc. Une mise en condition, une ambiance. Les événements arrivent presque comme un cheveu sur la soupe sans élément déclencheur. On parle des fruits pourris sur les étals, et sans transition, on se rend compte qu'on a affaire à des mecs qui chaussent du 42. Y'a des mecs qui entrent dans une église, et d'un coup, on est dans un film de zombies. J'ai dû revenir plusieurs fois en arrière pour savoir si j'avais pas raté un truc. Et même après avoir terminé ma lecture, j'ai relu une deuxième fois le texte dans son intégralité (c'est là que j'ai saisi que les fruits étaient pourris, quand même xD). Mais je reste sur cette impression. Il manque un enchaînement logique à tous ces événements qui se suivent.
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Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Mar 18 Nov - 18:13 (2014)
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La Plume du Chakal
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MessagePosté le: Mar 18 Nov - 18:57 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

J'ai pas trouvé ça gênant, au contraire, c'comme des flashs, j'trouve ça canon 
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Mar 18 Nov - 18:57 (2014)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 14:27 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

J'ai aimé le début. L'évocation de l'absente, et ce climat chagrin symbolisant la solitude spleeneuse de ton narrateur. Puis, tu démarres l'intrigue, avec les 4 hommes que j'ai pas bien vu arriver, et j'avoue qu'à ce moment-là, ça m'a sorti un peu de l'histoire. Pour les enchaînements, tout ça, je rejoins Mo. Il y a un déséquilibre, je pense entre l'intro qui prend ses aises, et l'action trop comprimée.
Reste que le style, l'atmosphère que tu instaures, donne de la chair à ton texte. La pluie, la foule spectrale, l'église. C'est très visuel, cinématographique.
Ven 21 Nov - 14:27 (2014)
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Auteur Message
Linelea
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Messages: 938

MessagePosté le: Lun 24 Nov - 19:17 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Je suis mitigée.

J'aime la première partie.
J'aime encore plus la deuxième partie...

Mais j'ai eu du mal a trouver un lien. Ok tu as lier les phrases mais on passe vraiment d'un sujet à un autre. Alors je sais pas si c'est vraiment un problème... Mais moi en tout cas ça m'a un peu perturbe.
Lun 24 Nov - 19:17 (2014)
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hector vugo
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MessagePosté le: Dim 30 Nov - 12:13 (2014)    Sujet du message: 2032 Répondre en citant

Vous savez quoi ? Je vous adore. Parce que vous avez l'œil. Et le bon. Celui sans qui aucune progression ne serait possible.


Vos encouragements ne font du bien, vos critiques aussi.


Il est vrai qu'à sa relecture, ce texte est bancal dans sa construction. Il y manque un passage explicite, une transition qui justifie le lien entre la première et la seconde partie.


Je vais y travailler.


Encore merci.
Dim 30 Nov - 12:13 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:58 (2016)    Sujet du message: 2032

Aujourd’hui à 03:58 (2016)
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