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Une Sacrée Putain d’Veine

 
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La Plume du Chakal
Super Coup de Coeur
Super Coup de Coeur

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MessagePosté le: Jeu 4 Déc - 01:01 (2014)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine Répondre en citant

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            #6 Une sacrée putain d’veine (Epopée fabuleuse & Pixies) 
  
« Moi je baise, et j’me tire, j’laisse le type en rade, j’ai besoin d’rien d’autre que sa queue. » 
  
Ces quelques mots d’une poésie à la finesse indiscutable résonnent encore à mes oreilles quand elle m’apporte un café fumant alors que je suis toujours allongé au paddock, m’essuyant la queue dans des draps rouges en tissu–super-moche-qui-gratte. ‘sont déjà vieux, ont beaucoup servis, faudrait que j’en change. Elle glisse deux clopes entre ses lèvres et m’en file une. Je goûte encore un peu ses pulpeuses et la salive qu’elle a intentionnellement laissée là en mouillant le bout du filtre. Allumeuse. J’repense à cette phrase qu’elle nous a balancée entre la bière et le bourbon, hier soir, au Color’s. Elle n’est pas encore partie. Pourtant nous avons baisé. Difficilement, mais après un ou deux essais, j’crois être arrivé à un truc pas trop dégueulasse malgré mes érections hasardeuses et une éjaculation prématurée et absolument involontaire sur la paroi interne de la joue gauche de ma dulcinée ci-présente. Elle n’est pourtant toujours pas partie. Bon d’abord, parce qu’elle est à poil. Elle ne va pas s’tirer ainsi vêtue de que dalle, ça n’aurait aucun sens. Ensuite parce qu’elle dit qu’elle m’aime bien quand même. Depuis le salon j’entends les premiers accords de Grown So Ugly joué par Captain Beefheart & The Magic Band. Charly doit être debout. Ou il ne s’est pas encore couché. Elle dit qu’elle veut encore dormir un peu et s’enveloppe dans la couette, toute entière. Pour la première fois depuis une foutue paye, j’ai pas vraiment envie d’me rendormir. J’zieute quand même deux ou trois secondes le flacon de comprimés et le considère encore deux ou trois autres secondes. J’attrape plutôt la bouteille de bourbon encore à moitié pleine posée à côté et je descends au salon retrouver Charly, Jon et une gonzesse, en bikini malgré le temps hivernal, installés bien peinards devant ma cheminée. Ils sont hilares, les glozzes écarquillés. Au sol, éparpillées autour du trio, des dizaines de capsules de protoxyde d’azote et des ballons de baudruche noir. Jon se lève à mon arrivée et titube vers moi pour me prendre dans ses bras. 
  
            « Et ben alors mec, t’as déjà fini avec la môme ? » 
  
J’marmonne que ça n’avait même pas vraiment eu l’temps de commencer et pendant que Charly se tord en quatre, riant à gueule grande ouverte de mes prouesses foireuses, la nana en bikini, appelons-là Suzy, prépare un nouveau ballon. Elle insère la capsule de proto dans le siphon à chantilly en inox, vide la capsule dans le ballon, et puis en vide une deuxième, gonflant encore la baudruche, et me la tend. J’expire un peu d’air dans  le ballon et puis inspire l’ensemble, le proto plus mon air vicié. Les murs de la baraque se mettent à tanguer, la musique tarée de Beefheart et d’son groupe magique semble se casser très très loin et mes deux guitares refusent soudainement de me porter. J’me viande dans le canapé en cuir noir et un poil usé, et me laisse happer dans une espèce de tunnel aux couleurs diverses et sacrée putain de couille en bois, ça m’fait rire. Je me poil tellement que j’en chope un mal de bide et de mâchoire, les zygomatiques s’affolent. Les sons semblent m’arriver au cœur-même de ma carafe en rade avec un décalage de plusieurs secondes. J’peux pas m’empêcher de rire. Jon et Charly non plus. Ils s’payent ma fiole, les enfoirés. Il est pas loin de 22 heures en ce dernier soir de novembre et on s’chauffe les arpions comme on peut au coin d’un feu de cheminée. Y’a plus d’chauffage dans la baraque, la chaudière a rendue l’âme l’hiver dernier, j’ai zapé de m’en occuper. Alors on s’pèle les miches. Merde ! J’me souviens plus avoir eu aussi froid depuis…l’hiver dernier, quand la chaudière a pétée. Un deuxième ballon de proto aidant, j’prends la chose à la rigolade. Là-d’ssus, y’a Burton qui s’pointe hors de la cuisine avec un plateau sur les bras. C’est l’heure du casse-dalle, il nous ramène du café, trois pichets de bière, trois poulets rôtis, des patates fondantes et dorées à souhait ainsi que des haricots verts, du pain à l’ail et deux bouteilles de vin rouge. Il pose le tout sur la table et on s’jette dessus comme un taulard sur une pute après trop d’temps en taule. Pendant qu’on dévore les poulets à plein chicot et à même leur carcasse, Burton vire Safe As Milk du mange-disque et nous mets Doolittle des Pixies. Rien d’tel que cet album cinglé, quelques capsules de proto et d’la bouffe à foison pour s’remettre la gueule en place après un après-midi de galipettes foireuses. Burton nous rejoint autour de la table et déchire une belle cuisse, puis nous signale qu’on d’vrait pas tarder à se mettre en mouvement pour le concert. Quel concert ? 
  
« Mec, tu déconnes, on va voir Ezekiel ce soir ! Et c’est toi qui devais t’occuper des billets, t’as pas oublié, quand même ?!» 
  
Heu…Merde… 
  
« Oh ! Putain, Jack, je t’aime, mais là j’suis plus très loin d’en décoller une dans les gencives ! » 
  
On sonne à l’entrée. Sauvé par le gong. Je fais signe à Burton de mettre son poing en attente, que j’vais ouvrir et je reviens. Je filoche à la porte, à reculons. Hors de question que j’tourne le dos à qui qu’ce soit ce soir. J’ouvre la lourde, toujours de dos. Du coup j’vois pas tout de suite le visage de mon visiteur tardif…merde…pas l’choix faut qu’j’me retourne…Je tourne les talons trèèèès lentement et…Putain ! Le Farfadet ! Du bas de son mètre cinquante-cinq, habillé de son éternel futal noir et d’sa veste en laine bariolée de couleurs vives et psychédéliques à la con, ce sacré putain d’enfoiré de Farfadet ! J’ai connu c’type dans les jeunes temps du Why So Serious, quand on naviguait encore à six avec le Bucheron et Bleedin’ Lips, on avait joué une dizaine de concerts en Irlande, à Cork. A l’époque, on commençait à s’faire un nom, on s’tirait de notre Nashville natal pour découvrir le monde et tout ce qu’il avait de bon et d’moins bon à offrir. Et puis on a fait la connaissance du Farfadet, il nous a initiés à l’acide. Merde, un tas de souvenirs plus ou moins hallucinés, ainsi que quelques absences de souvenirs, m’reviennent en caboche. C’était une putain d’soirée, elle avait duré quatre jours d’affilé. Et y’avait cette môme, avec son bonnet trop grand. Mais je divague. J’invite le Farfadet à entrer, et quand les mecs le voient arriver, ils bondissent sur leurs guitares. Faut savoir un truc à propos du Farfadet, ce type est connu de tous ceux qui ont un jour touché à la came. Il est une sorte de messie de la défonce. Ou un anti-messie plutôt, comme il aime à s’en vanter, 
  
« J’arrive dans des soirées avec des gamines qui n’ont jamais tâté de drogues de leur vie. Quand elles repartent, elles ont vue le Diable. » 
  
Jon, Charly et Burton le saluent et l’invitent à se joindre à notre tablée, y’a plus de pinard mais il reste encore des tonnes de bouffe dans la cuisine et on a assez de bourbon et de bières pour foutre à terre un régiment de dockers. Suzy roule des thés pour tout le monde. Avant d’se lancer dans les blablas d’usage, c’qu’on a branlé depuis la dernière fois qu’on s’est vu etc., le Farfadet nous demande si on a des plans pour ce soir. Sinon il a des places pour aller voir Ezekiel, ainsi qu’un acide de haute qualité à s’envoyer derrière la glotte. Sacro-sainte Catin, tu parles d’un Deus Ex ! J’en viens naturellement à la conclusion que le Diable, ou Dieu, existe bel et bien et qu’il m’a à la bonne. Le Diable, ou Dieu aime les débiles et les poivrots. La sono crache les premières lignes de basse de Monkey Gone To Heaven. On débouche les bouteilles, on allume les thés, on passe le temps, on s’raconte des conneries. Jon nous parle de la fois où il s’était payé un phare, 
  
« Déconnez pas, les mecs, c’est très sérieux c’que j’vous dis. On était en virée avec des copains sur la côte est, tout au nord, presqu’à la frontière. On avait pris un peu de drogue et on a voulu aller s’balader sur la plage, et, là, on tombe sur un phare, nan j’vous assure, on tombe là-d’ssus, et on a envie de voir à quoi ça ressemble là haut. Alors on toque à la lourde et là y’a un type, la gueule bouffé par le sel qui nous ouvre, il nous invite à boire un coup. On rentre, et il nous dit qu’il voudrait vendre, alors j’lui ai acheté. C’est très sérieux c’que j’vous dis, ça coutait que dalle à l’époque, alors le type me r’file les clés et s’tire aussi sec. On a appelé quelques copains, on s’est payé une teuf d’enfer pendant six ou sept jours, et puis finalement je l’ai revendu. » 
  
  
Putain d’pirate ! Burton jette un œil à la tocante et nous signale qu’il est l’heure de décarrer, pile poil quand le disque se termine sur Gouge Away (vraiment, y’a pas de hasard). Le Farfadet sort de sa poche une fiole d’environ quinze centilitres d’acide et en laisse tomber une goutte sur un morceau de carton. Il remballe sa fiole, déchire le carton en six morceaux et nous en donne un à chacun. Même à Suzy On s’apprête à partir en virée acidifiée pour les douze ou quinze prochaines heures, j’suis pas trop partant pour l’embarquer avec nous. Déjà parce que personne ne la connait. C’est Charly qui l’a ramené hier soir et nous l’a imposé toute la journée après l’avoir baisé dans tous les sens. J’crois que Jon s’en taperait bien une tranche aussi parce qu’il insiste vachement pour qu’elle nous accompagne. J’acquiesce. Pour ce que j’en ai à foutre. On s’rend au lieu du concert, une salle qui s’trouve au dernier étage d’un des plus hauts buildings de la ville et en surplombe une grande partie. On voit quasiment tout de là-haut. Faut dire que c’est pas immense, comparé à des bleds comme cette putain de LA ou New York. La salle en soit n’est pas très grande, la bière est un poil chèros mais de bonne qualité et l’acoustique est géniale. Burton, Jon et moi allons chercher de quoi picoler pendant que le Farfadet, Charly et Suzy restent dehors pour fumer les thés, nous les rejoignons, chacun avec deux bières en pogne. Faut attendre environ quarante-cinq minutes avant que l’acide ne fasse son effet. J’suis déjà bien allumé par le proto, le thé et la picole, mais une défonce à l’acide, ça n’a rien d’vraiment comparable. Ca allume chacun de tes sens, mets en exergue le moindre sentiment, te rappelle à une chierie de souvenirs, les bons comme les mauvais, qui s’percutent en même temps dans un kaléidoscope dément. Une vraie dinguerie, ça t’chamboule le cervelet, tu ressens pleinement, les rires et les larmes, tout se bousculent et explosent dans une farandole de couleurs, de sons, de pensées, de songes, de rêves et de cauchemars !  J’adore cette putain de drogue ! Heureusement que j’ai pas découvert ça à dix-sept ou dix-huit piges, j’serais probablement à l’asile ou crevé sur le trottoir à l’heure où j’te dégueule ces lignes. Une fois les bières et les thés terminés on va prendre place dans le public, en milieu de salle. Les lumières s’éteignent, le show commence. Ils sont trois sur scène et balancent un son comme venu d’ailleurs, on s’en prend plein les étagères et les mirettes avec des jeux de lumière hallucinant, et une musique forte, puissante, électrique et envoutante ! Un espèce de rock progressif teinté d’électronique et d’un tas de trucs donnant un hybride bâtard, juste représentation musicale de notre génération, peut-être. Les trois zicos envoient tout ce qu’ils ont dans les tripes et m’filent une trempe monumentale, aussitôt suivie de celle envoyée par l’acide faisant son bonhomme de chemin entre les restes de ma légende déjà bien fissurée, c’en est bandantesque, j’filoche en expresse au cœur des lumières, des lasers, du bourdonnement de la basse, des roulements de la batterie, des riffs en lames de rasoir de la gratte ! Je survole la foule et mate le spectacle de mon corps gesticulant au rythme des morceaux qui m’semblent alors défiler sans interruption. Après environ une heure trente de show, le concert s’achève et il me semble qu’à peine quinze minutes se sont écoulées. Je pars à la recherche des copains, ils sont probablement retournés au coin fumeur. Sauf que je me plante de porte et me retrouve dehors, je fais le tour pour rejoindre le coin sus-cité mais un vigile qui m’parait assez poilu et débile pour prendre la forme d’un macaque sous alcool m’invite à décarrer fissa si j’voulais pas m’en prendre une dans les gencives. J’lui propose d’aller s’faire foutre alors il me colle un direct au pif qui m’envoie sur le cul. Ensuite il m’dit que si j’veux rejoindre le coin fumeur, je n’ai qu’à faire le tour au lieu de l’emmerder. Je m’exécute, retourne dans la salle et retrouve la bonne porte. Sauf qu’il y a un autre macaque devant celle-ci. Il m’dit que je dois faire le tour. J’lui raconte l’histoire avec son collègue, qui m’a conseillé de passer par ici. Le nouveau macaque se marre, et m’suggère lui aussi de décarrer sous peine de, 
  
 «…recevoir un coup d’ma tatane modèle 47 dans ta p’tite gueule d’ange à tarlouze ».  
  
J’lui propose d’aller s’faire foutre et avant qu’il réagisse j’balance mon poing fermé que j’imagine en acier trempé dans mes délires acidiliques (si, si). Sauf que mon poing est très mou et que le macaque n’a aucun mal à l’éviter. Il me rend la délicatesse et me gratifie d’un crochet du gauche. Ou de l’autre gauche. En tout cas, j’me retrouve à nouveau sur le cul, le crachoir ensanglanté. J’allais insister et puis j’me fais la réflexion que j’en ai p’tet assez pris dans la tronche pour un soir alors j’fais demi-tour et rejoint la sortie, en espérant que la bande tarderait pas trop. J’les retrouve sur le grand balcon extérieur qui mène aux ascenseurs, Charly et le Farfadet discutent avec une nana, une p’tite brune aux allures latines. Très canon. J’essaye d’lui parler mais rien ne sort, tout va trop vite dans ma tête, je n’ai pas le temps de formuler une phrase que dix autres se bousculent pour sortir. 
  
            « Salut, je m’appelle. . .. On fait quoi ?? On va danser ? J’voudrais bien .. .. » 
  
Et merde, j’insiste pas et j’rejoins Burton et Jon qui fument des clopes avec un type, Nick. C’est un vieux pote de Burton que j’croise souvent au Color’s. Ils font d’grands gestes, semblent passionner par ce qu’ils racontent à Nick, qui montre un sourire poli face à ses deux potes en trip, et puis éclatent de rire. Je les imite sans trop savoir pourquoi, ils rient, j’trouve ça marrant et on part en canon sur une durée suffisamment longue pour que Nick se fasse la belle sans qu’on n’remarque quoique ce soit. Le reste du groupe nous rejoint et on s’pointe à la terrasse d’un café équipée d’ces machins qui font d’la chaleur. Burton commande des bières de saison pour tout le monde et on s’installe là, donnant une représentation de six foutus gnomes totalement hilares, camés jusqu’aux glozzes rougis et dilatés. Putain d’spectacle que six personnes déambulant sous acides dans une nuit brumeuse et humide, à une heure trop tardive pour que de bonnes choses n’arrivent dans c’genre de circonstances. Le Farfadet s’mets à nous raconter des histoires, mais j’suis pas sur de tout piger, ma carafe secoue trop fort pour capter l’intégralité, 
  
« ,et j’vous jure les mecs, ce batteur était une putain de montagne, une force de la nature, comme un foutu putain de géant de pierre, vous voyez l’genre ? Et ce con, il vivait au milieu d’une putain de forêt, là-haut, tout au nord du continent, dans une putain de cabane en merde de caribou séchée, mais j’vous l’dis les mecs, c’est le foutu putain de meilleur batteur que j’ai jamais rencontré ! Mais il est mort ce con, j’ai entendu dire qu’il s’était fait flinguer dans un bar de Glasgow. C’est pas d’bol, merde, il était bon l’enfoiré ! » 
  
Là-d’ssus, il s’met à dérailler et insulte le patron du rade, trouvant la terrasse pas assez chauffée, la bière pas assez fraiche et sa femme pas assez belle. Burton et Charly tentent de calmer le jeu tandis que Jon et moi encourageons involontairement le Farfadet à continuer sa diatribe par nos fou-rires incontrôlés. On finit par s’mettre en mouvement quand la p’tite latine dont j’remarque à l’instant la présence nous propose d’aller finir la soirée chez elle. On opine tous et on s’met en marche à travers la ville. Sur la route, Charly prend le temps de chier au milieu de la rue pendant que le Farfadet et moi allons haranguer quelques passants, les effrayants par nos gestuelles simiesques et nos cris de dégénérés. Putain d’acide, métamorphose complète, ça pique les gencives, merde, c’est bon, je contrôle tout, j’suis le Créateur et le Décideur de tout ! Mais pas maintenant, d’abord j’veux un clope, une bière et une gonzesse. Et j’veux danser. Alors je cours rejoindre les autres, on arrive devant la baraque de la copine et on s’faufile dans le salon, terrorisant les gens présents. Si j’pige bien, les colocs s’organisaient une petite sauterie, interrompue par six doux allumés. Charly bondit sur le mange-disque, dégage la merde qui s’y trouve surement (j’ai pas fait gaffe à ce qui s’jouait), et reste dans le thème de la soirée en balançant Indie Cindy des Pixies. 
  
            « Merde ! Ces cons avaient ce disque depuis le début et ils ne le passent même pas ! » 
  
Burton et moi faisons une razzia sur la picole et puis on filoche sous la véranda, à l’arrière de la baraque. On laisse les autres s’amuser entre eux, et puis on est rejoint par Jon. On fume le thé ensemble, profitant d’un bouteille de pinard bien rouge, bien âcre. Et puis Charly bondit au milieu de la véranda, tangue un brin, sort sa queue, et s’mets à pisser partout sur le sol, le lave-linge, la porte des gogues ! Il nous manque de peu ce p’tit con. Même Jon qui s’était emballé dans une peau de loup-garou sur le plancher a réussi à bondir hors de la mire urinaire à temps. Réflexe ninja ! La latine et ses potes débarquent et nous gueulent de foutre le camp fissa. Jon et Charly suggèrent d’allonger des avoines, 
  
« Am’nez-vous enfoirés de bourgeois d’mes couilles, j’vous dégomme tous ! Allez, alignez-vous, j’vais vous violer l’âme salopards bouffeurs de merde ! » 
  
Encore une fois, Burton sauve la situation et calme le jeu en promettant que personne ne violerait l’âme de personne, qu’on allait foutre le camp fissa. J’laisse passer toute la troupe mais avant que je m’en aille j’suis rattrapé par une nana, plutôt canon, avec de jolies tresses brunes et des yeux bleus comme des trucs super bleus.  
  
            « C’était plutôt chiant ici avant que vous arriviez. Ca te dérange si j’viens avec vous ? » 
  
J’articule mais sans ponctuation un semblant de « ouais-bien-sur-avec-plaisir-c’est-cool-je-m’appelle-Jack-et-toi-?-On-va chez-moi-c’est-cool-? », ce à quoi elle répond d’un p’tit rire sincèrement amusé. Hey, j’ai d’la veine malgré ma gueule cassée. Alors on fout le camp bras-d’ssus et complète saoul, et on a assez de bol pour tomber sur un taxi. J’suis plutôt en foutremnt bien en veine, à la réflexion. J’arrive tant bien que mal à signaler mon adresse au chauffeur qui, j’en suis sur, prend quelques détours et m’fait casquer quarante billets pour la course. J’les ai pas. J’lui gueule que je l’emmerde, alors il sort de son tacos, une batte à la main et m’explique qu’il va m’péter les rotules et m’écraser les noyaux si je n’allonge pas les biftons rapidos. Mais j’les ai pas. Mais (heu …Terri ? Ouais, j’crois que c’est Terri) Terri les a et paye la course. J’suis dans une foutue putain de veine ! Terri fouille mes poches à la recherche de mes clés et ouvre la lourde. Le salon est plongé dans la pénombre mais j’entends distinctement le bruit d’un couteau qui déchire de la peau. J’tâtonne le mur, trouve l’interrupteur et la lumière se fait sur un spectacle que j’aurai aimé être halluciné. Y’a Ana, la gonzesse qu’était resté dans mes draps avant qu’on parte en virée, qu’est maintenant debout sur mon canapé, un couteau de cuisine en pogne et qui éventre mon mobilier de salon. Toutes les bouteilles d’alcool sont brisées au sol, nos sachets de thés noyés dans le liquide éparpillée, les verres, les lampes, la table basse, tout est ravagé, elle a même tagué les murs avec son sang cette tarée. Sacrée putain d’chierie, je l’avais totalement zappé. Elle se retourne, me regarde, regarde Terri. 
  
            « Putain, Jack ! Qui c’est, cette salope ?! »    
  
Le Farfadet sort alors de la cuisine, 
  
« Merde, Jack ! Elle est complètement malade ta nana, j’lui ai donné à peine un quart de dose ! » 
  
J’ai pas l’temps de rétorquer qu’Ana bondit sur Terri mais glisse sur l’alcool et va s’éclater les dents sur le parquet. Quand elle relève la tête on dirait une bête enragée, la bouche dégoulinante d’hémoglobine et de salive. Ouais…Une sacrée putain d’veine… 

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Jeu 4 Déc - 01:01 (2014)
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Octobell
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MessagePosté le: Jeu 4 Déc - 03:35 (2014)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine Répondre en citant

Aaaaah mon dieu mais ils sont où les autres ? Tony et Ben et Buddy ?

Bon, cela dit, ça fait toujours plaisir de retrouver l'ami Jack ! J'aime toujours autant ses histoires et les situations pas possible dans lesquelles il se met. Tellement que j'ai rien à dire de plus d'ailleurs. J'suis toujours fan, c'est tout ^^
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Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Jeu 4 Déc - 03:35 (2014)
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Fanylill
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MessagePosté le: Jeu 4 Déc - 22:22 (2014)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine Répondre en citant

Bon...... Je peux pas nier que c'est super bien écris, que le rythme est grandiose et que les mots sont truculent ! Après j'avoue ne pas être fan de ce monde la glauque et tout ... Tu décris tellement bien les choses que tu dégoûterais même un camé de continuer à se shooter et a picoler ! Et ça je trouve ça plus que fort ! En résume ton texte est absolument incroyable même si j'aime pas l'univers dans lequel il nous plonge... J'ai ri jaune  Confused  Et donc tu as réussi une partie du défi... Et sans doute l'autre aussi parce que j'aime a penser que tu te met dans la peau de Jack mais que tu n'es pas lui hein ,?! 
Bravo pour ça chakal !
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"si le ridicule tuait ça ferait longtemps que je serais mort tu sais"
Jeu 4 Déc - 22:22 (2014)
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Rafistoleuse
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Messages: 4 563

MessagePosté le: Dim 7 Déc - 11:19 (2014)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine Répondre en citant

Tout comme Mo, je suis fan depuis longtemps et c'est toujours un plaisir de retrouver cette bande Mr. Green Je les aime toujours autant xD

Le glauque est drôle sous ta plume et on arrive à s'amuser de tout, c'est ce qui est fort.

Ya un moment, quand tu décris les sensations sous acide, j'ai repensé à l'Herbe Bleue, un petit bouquin que j'ai lu au collège ^^


_________________
Rafistoleuse
Dim 7 Déc - 11:19 (2014)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mer 10 Déc - 16:09 (2014)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine Répondre en citant

C'est un peu dense, mais c'est bien rythmé, et puis l'écriture est vive. Comme dit Fany (je crois), c'est truculent. Bien joué
Mer 10 Déc - 16:09 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:44 (2016)    Sujet du message: Une Sacrée Putain d’Veine

Aujourd’hui à 13:44 (2016)
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