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Cadeau pour Asparanc !

 
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La Plume du Chakal
Super Coup de Coeur
Super Coup de Coeur

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MessagePosté le: Sam 3 Jan - 21:55 (2015)    Sujet du message: Cadeau pour Asparanc ! Répondre en citant

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Comme une pierre qui roule
 

Une guitare désaccordée et un ampli qui grésille. A part ça, cette fin de nuit est plutôt calme, pas de bruit, pas de vie, rien, que dalle, nada, néant.  Les draps du lit sont immaculés, à peine froissés. Faut dire que je me suis bien ramassé hier soir. J’avais quasiment conclu avec cette gonzesse, sapée d’un presque rien, avant de lui gerber un trop plein de malt sur les nibards. Y’a pas mieux pour péter l’ambiance. Je me débarrasse de mes fringues puantes et vais me coller sous la douche. En jetant un œil dans la glace, je constate que celui-ci est gonflé. Je constate aussi la présence de pas mal de coups, de contusions et de coupures sur ma trogne mal rasée. Et puis ça me revient. Après avoir dégueulé tripes et boyaux sur la nana d’il y a quelques lignes, elle m’a envoyé valdinguer et je suis allé me ramasser la tronche dans les tables du bar. Ensuite le videur m’a attrapé par le colbac et m’a balancé à la rue comme on balance une capote pleine à la poubelle. Je me suis relevé et j’ai couru vers lui en boitant, avec l’intention de lui coller un direct dans le bide. Mais le bougre était bigrement costaud (si, si) et j’ai du m’péter une phalange ou deux en cognant. Il s’est marré et m’a envoyé un bourre-pif carabiné, sauce boxeur déchu et alcoolisé. Le genre de mec qui se sent comme un devoir de bien te faire comprendre que c’est de ta faute s’il a foiré sa vie et qu’il en est réduit à taper sur la gueule de cave comme moi plutôt que sur le ring, avec des mecs en short. Après ça, c’est de nouveau le trou noir, je n’ai absolument aucune idée de la façon dont je suis rentré chez moi. Après m’être débarbouillé la tronche et ratissé les gencives, j’enfile de nouvelles fringues à peu près propres et éteint l’ampli, allumé pour je ne sais quelle raison. Dans le salon, je trouve Tony, mon frangin, endormi sur le canapé, une bouteille pendu au bout de la pince. Voilà comment je suis rentré chez moi. J’allume la stéréo. L.A Woman. Celui-là, il n’y a pas d’heure pour se l’écouter, il est toujours planant. Je fais un détour par la cuisine pour allumer la cafetière et me pose dans le fauteuil en cuir noir près de Tony. J’entreprends de rouler un thé en attendant que le café passe et le fume paisiblement en appréciant la voix malté de Morrison. Tony dort. Il ronflotte faiblement et un mince filet de bave vient finir sa course sur mon canap’. P’tit con. Je n’ai plus de gaz dans le briquet, par contre j’ai les crocs. Je laisse ronquer le petit frère peinard et vais faire un tour dehors pour me dégotter un petit déjeuner et un briquet. J’ai une clope qui me pend au bec depuis plus de cinq minutes et je n’ai rien pour l’allumer. Chierie. J’ai oublié le café. Putain de chierie. Dehors, il pleut. Sacrée putain de chierie ! En vrai, c’est pas vrai, il pleut même pas, mais il faut des intempéries pour démarrer cette histoire, ça te pose le décor, ça te créé un climat. Il tombe des cordes mais le ciel n’a pas ce gris menaçant des jours d’orages, il est simplement parsemés de putains de nuages qui n’ont rien trouvés de plus malin que de venir s’ouvrir sur ma trogne dénaturée. Le temps que je pense ces quelques bons mots, je suis intégralement trempé, de la pomme aux couilles, alors je me radine dans un diner’s et commande des œufs, du bacon et un café, le plus fort que le patron pouvait m’offrir. Je me pose au comptoir, demande une boite d’allumettes à la serveuse et grille la cancerette en attendant d’être servi. Je zieute un peu les environs. Ca a l’air plutôt sympa dans le coin, si on exclue le mec au bout du comptoir, sur ma droite, qui semble essayer de trouver le courage de se foutre en l’air, la nana en débardeur et bas résille, sur une banquette près de la fenêtre et qui fume clope sur clope en regardant vers que dalle, l’air presque bovin sous sa tonne de rimmel étalé à la mode des catins premier tarot. Un autre client se lève de sa table, trainant difficilement son excès de lard. L’air penaud, abattu par la vie après s’être planté de virage, quelque part dans son passé d’obèse délaissé, il se dirige vers le jukebox et lance un disque pour une pièce. La vieille machine déglinguée se met à crachoter un Beggar’s Banquet des plus appréciables. Ca met un peu d’ambiance, ça file la banane. Enfin qu’à moi apparemment. J’ai beau regarder, chaque client tire encore sa gueule de suicidaire potentiel. Tiens, lui là, qui s’arrache les cheveux sur une machine à écrire, espérant pondre quelques lignes valables, un poème, voir un roman, un truc qui lui permettrait de régler sa dépendance au jeu et aux femmes. Il tire toujours la tronche. Une autre gonz’, plus jeune mais tout aussi blonde et esseulée, se tient à quelques sièges de moi, sur ma gauche. Elle mâchonne lentement un chewing-gum en touillant son café jusqu’à ce que la cuillère y soit dissoute. Deux ou trois clodos se partagent une tasse de café et quelques crêpes à l’entrée, se chauffant un peu les arpions, se séchant comme il pouvait. Faut croire que je ne suis pas le seul cave à être venu se paumer ici à la recherche de rien, pour absolument rien. On aurait tendance à dire que ce genre d’endroit est un lieu de convivialité, où les gens se rencontrent et discutent. Mais personne ne se rencontre vraiment, personne ne discute vraiment, on se contente de porter notre putain de fardeau tous ensemble. Que ce soit le gros et ses problèmes de palpitants, la radasse aux yeux de vache et ses treize MST, l’auteur sans cheveux, ni idées, ni identité, ni vie…Et moi donc, qui suis simplement venu ici cuver une putain de gueule de bois et me remettre de la dérouillée que j’ai encaissé hier soir. Je m’enfile les œufs et le bacon en quelques fourchetées et m’allume une blonde. No Expectations est une super chanson. Cette guitare désaccordée en quelque chose d’autre est absolument planante. Enfin passons, je t’épargne les trente-cinq minutes qui suivent pendant lesquelles je me suis laissé aller à rêvasser en buvant café dégueulasse sur café froid sur café bouillant, et en jouant un concours implicite de celui qui finiras le plus vite son paquet de clopes avec la nana au rimmel. Je crois qu’elle flirt. Tu peux courir ma grande, je ne tiens pas à ce que tu me chantes ton alphabet des hépatites. Dans la poche de ma veste, qui est en fait celle du frangin, je trouve une flasque pleine. Je débouche et renifle un peu le goulot pour me faire une idée à son odeur de l’identité du contenu. C’est du rhum, j’en rajoute une lampée dans le café. Je fini par me bouger le cul alors que les maracas se mettent à résonner dans le jukebox déglingué. Là, comme les intempéries, c’est surtout pour une question d’ambiance que je cale cet élément cénharistik (j’aime fauter, ça change un peu des rejetons de l’Académie Française). Tel un chat errant, bluesy-bluesant, je me faufile vers la sortie qui se transforme en entrée quand débarque une donzelle en robe noire, aux bas même pas filés et montée sur des bottines à talons de cuir, j’adore le style. Absolument sublime la petite, et quand elle me tourne le dos je distingue sur son épaule deux lèvres où j’irais volontiers coller les miennes. Rock’n’roll la donzelle, j’en suis émoustillé.
Pleased to meet you, hope you guess my name 
What’s puzzlin’ you is the nature of my game 
  
L’ambiance devient électrique, les poils se hérissent. Ce sublime morceau de femme, à la chevelure d’ébène, a un je ne sais quoi de princesse antique. Moi, tu m’connais, tout ce qui touche à l’Antiquité j’adhère et j’adore, en particulier les récits fornicatoires de ce brave Ovide. Tu devrais y jeter un glozze une fois que t’auras terminé de lire ce chef d’œuvre de branlette des cervicales en Do plutôt bé-molle. Mais je m’égare. Je te disais donc que cette nana m’avait tapé dans l’œil, au premier regard, forcément, sinon elle aurait sans doute tapée ailleurs, et ça aurait été autrement plus douloureux. Je la regarde s’installer sur le tabouret, celui-là même qui fut mien pas plus tard qu’il n’y pas si longtemps, et cogite quelque seconde sur l’attitude à adopter. Je retourne me poser les miches à côtés des siennes, superbe fessier ferme et rebondi, mon côté canin en salive et je m’imagine d’ores et d’orgeats (ouais, c’est assez rétro comme tournure, mais je trouve que ça donne un côté kitch à l’ensemble de ce récit génialissime) gravir ces monts à la force de la menteuse, tâtonnant le long de ses sveltes gambettes, jusqu’à atteindre les sommets et mettre un grand coup de crocs dans cette tendre barbaque. C’est là que nos regards se croisent. Elle me dit sans doute « Va chier poivrot, t’as aucune chance » mais le brouillard éthylique qui persiste à embrumer mes neurones meurtris me fait lire « Viens t’assoir ». Ce que je fais. Je commande un café. Putain, je me retrouve à côté de cette nymphe des sables et je dois à nouveau me coltiner ce café infâme. Tu diras sans doute que je pourrais prendre autre chose et arrêter de te tâtonner le colon avec mes pseudos-emmerdes. Oui, mais non. Elle se présente. Virginie. Quel nom à la con. J’étouffe un juron en me brulant le palet avec ce putain de café immonde. Virginie a un peu hésitée et s’est plutôt laissé tenter par un thé (remarque la subtilité de la répétition du t). Elle en prend une gorgée et me demande s’ils n’ont pas fait directement infuser la brosse à chiotte dedans.  
            « Dis, tu crois qu’ils ont fait directement infuser la brosse à chiotte dedans ? »
 
Je ne croyais pas qu’il était possible de se foirer dans la préparation d’un thé en sachet. Et je n’apprécie pas vraiment que la p’tite vienne se taper l’incruste dans ce récit narré à la perfection par votre humble serviteur. Pourquoi je vous retranscrirais ses dires si cette gourdasse se radine par la suite pour te les resservir à peine réchauffé ? Enfin bref, là-dessus, on commence à palabrer, elle est originaire du Vieux Continent, elle en a foutue le camp quelques mois avant l’arrivée du Taulier. Tant mieux pour elle. Ca n’a pas du être facile de vivre la guerre. Elle me dit que non, en effet. Autant ce que j’écris est absolument génial, autant ma répartie sur le vif n’est pas toujours des plus efficaces, pas très adroite ou à droite, plutôt gauche même. Le Banquet (des Stones, pas l’autre) prend finalement fin et le gros se lève à nouveau, dandinant du cul vers le jukebox déglingué, y introduit une nouvelle pièce et Blur chantonne son Leisure, entamant les festivités avec She’s So High. J’adore ce morceau. En retournant vers sa place, le gros se raidit soudainement et s’écroule en se serrant le bras gauche. Ce con a décidé de nous faire une petite crise du palpitant, le disque déraille en même temps et l’orage se lâche sur la ville. Le mec au bout du comptoir, sur ma droite, qui cherche le courage de se foutre en l’air, regarde le gros crever au sol avec un regard envieux. Ca devient morbide. Virg.. - Non, je ne peux pas écrire ce prénom, c’est vraiment trop con comme blase - Elle me propose de foutre le camp fissa, qu’elle habite de l’autre côté de la rue et de finir notre discussion chez elle. Après tout pourquoi pas. J’étais intrigué, curieux. Je voulais la savoir, la voir et puis la sentir, la toucher, le chercher, le lécher, les caresser et ensuite la fesser, un peu, la serrer, beaucoup, la rêver. Alors je l’ai suivie, ignorant un coup de bigot de la part du frangin qui vient sans doute d’émerger. Le temps de traverser la rue et nous sommes de nouveaux trempés. Elle me laisse prendre mes aises dans le salon après m’avoir lancé une serviette pour me sécher un peu la tignasse, puis fout le camp dans sa salle de bain pour se sécher et se changer.
           
            « Si tu veux boire quelque chose, sers-toi là-haut, sur la cheminée. »
 
Elle me crie ça depuis la salle de bain et ça me rappelle un vieux film. Je sais qu’il n’doit pas être loin de dix heures du matin mais je ne résiste pas à un bon rhum. Et puis, j’en ai déjà un ou deux dans le cigare. Je m’en sers un godet que je siffle d’une traite, puis un second dans lequel je rajoute du thé glacée et un quartier de citron. Plutôt pas mal l’appart’, même si tu dois crapahuter une sacrée putain de volées de marches avant d’y parvenir enfin. Je roule une cancerette et vais la fumer sur le petit balcon, allant paumer mon regard sur les toits et les hauteurs de New York. Je zieute un peu les disques disponibles près de l’électrophone un poil rouillé et pêche un jazz bebop à souhait. La donzelle finie par sortir de la salle de bain. Là j’pige plus. Elle porte des chaussures aux talons explosés, probablement par des pavés mécontents qu’on les piétine, son bas est filé et elle porte une robe en tissu trop fin, déchirée, en lambeaux, d’un rouge cramoisi. Je n’arrive pas toujours à résoudre les mystères du comportement humain du premier coup…Je laisse couler et ne prend pas le temps de poser de question puisque c’est elle qui commence : 
           
            « Tu peux me passer un caprice ? »
 
J’opine de la frime sans vraiment réfléchir, tout ce que j’ai en tête depuis que je l’ai vu dans le diner’s d’en face, c’est d’l’embrasser. J’dois être verni parce qu’à peine ai-je opiné qu’elle vient se planter dans mes bras, se blottissant contre mon poitrail. Je suis du genre lent à la détente mais là, pas besoin de me faire un dessin, je me penche en avant et saute dans le grand bain, nos lèvres  entrent en contact, nos menteuses font connaissances, s’agitent dans tous les sens, on se pourlèche les babines et le palet, on s’explore le gosier. Et puis je découvre son corps, au grès de mes caresses, je déguste la douceur de sa peau mât, savoure la courbe de ses reins, je titille un rien le bout durci de ses seins dont je ne saurais dire lequel je préfère. Je l’allonge sur le canapé et me faufile entre ses cuisses, je glisse sur sa poitrine, son ventre plat, embrasse son nombril. Je déroule ses bas et les roule en boule, je fais de même du morceau de tissu noir, avec un charmant petit nœud papillon argenté, qui barre l’entrée de son Sanctuaire et y plonge tête la première. C’est bon, non ? Je n’en sais rien, je ne me suis pas relu. Je fais connaissance avec son intimité, on discute, on palabre, échangeons des points de vue, je me sustente directement à la source et me délecte de son nectar. Je suis complètement sous le charme, je m’attendais pas à un truc pareil. Ca va un peu plus loin que la partie de jambe en l’air standard avec la première radasse que tu ramasses au coin d’une rue ou d’un zinc fissuré. La donzelle entreprend de me motiver en me montrant à son tour qu’elle sait jouer de la langue, mais quand bien même sait-elle y faire, rien ne se produit, je faiblis, tombe en rade. Chierie. On est là, sans sapes, à peine essoufflés et parfaitement frustrés. Putain, mais qu’est ce qui m’arrive ? Je n’ai fumé qu’un thé, bu à peine quelques lampées de rhum. On reste là, elle dans mes bras, riant sans moqueries, je crois, me disant que ce n’est pas grave, et moi, là comme le crétin que tu imagines si bien. Et puis merde, ce serait trop bête ! J’ai ce magnifique morceau de femme dans mes bras qui me désire et je ne serais pas en mesure de lui offrir le mieux que je peux donner ? Foutaises ! Je me jette sur elle comme un charognard sur une gazelle agonisante, en douceur donc, et reprends tout depuis le début. Cette fois on tient le bon cap, on hisse la grand’ voile. Et là mon p’tit pote, c’est l’extase, pure et simple, les positions s’enchainent, la chorée, bien qu’improvisée, est correctement rythmée et nos corps dansent un tango tantrique absolument jouissif. Je te passe les détails, t’as déjà les grandes lignes, ton imagination, peu fertile en comparaison de la mienne, pourra sans doute te bidouiller un truc grâce à ma narration précise et riche en description. On finit par s’endormir, blotti l’un contre l’autre au début, et puis l’un à côté de l’autre ensuite, histoire de ronquer peinard. Enfin une qui comprend ça.

Mon bigot s’affole à nouveau en début d’après-midi, sur les coups de seize heures. C’est l’frangin qui s’inquiète. Je lui dis que je le rappelle. Il me dit que foutre non, je ne le rappelle pas, que je radine fissa, qu’on a un train pour Nashville et des concerts à donner là-bas. Je lui dis que je l’emmerde, que je le retrouve à la gare. Je me tourne vers la petite qui s’est réveillée. Même à ce moment précis, pendant lequel elle émerge doucement, elle est absolument magnifique. On se dit bonjour, on s’embrasse, on s’enlace. Et on remet le couvert pour une envolée « matinale ». Après ça, elle m’annonce qu’elle doit faire sa valise, qu’elle se barre pour ailleurs, faire je ne sais plus quoi. Et puis on passe le temps ensemble, se racontant tout, se racontant rien, jouant à des jeux idiots, on rit et on traine tout le reste de la journée au pajot, préférant profiter l’un de l’autre que du soleil qui se pointait timidement dans le ciel. On s’amuse comme des gosses et mine de rien ça fait du bien, de retrouver cette impression de bien-être et de chaleur, ce sentiment que tout irait bien, que le reste n’importe que franchement peu. La guerre, les maladies, la famine, on s’en branle, on est seuls dans notre bulle. Cette impression, je l’avais laissé de côté y’a une chierie d’années maintenant, et même si c’était pour de faux, juste un simulacre joué par deux légendes paumées, c’était foutrement agréable. Je nous roule un thé que l’on déguste en écoutant un peu de musique et puis on s’paye une nouvelle partie de ça va-ça vient. Après quoi, le thé et l’effort aidant, on s’endort à nouveau.   

 
Mon bigot résonne dans la chambre éclairée seulement d’une lune d’été. C’est le frangin qui me rappelle que notre train décarre dans une heure, que les gars de l’équipage sont déjà tous à la gare et qu’ils n’attendent plus que moi. Je lui dis que je me démerde comme je peux et je raccroche, constatant au même moment que ma belle avait foutue le camp. Je me tire du pajot. Les draps sont froissés, un brin humide et collant, laissant échapper un mince filet d’odeurs mêlées de foutre et de cyprine. J’ouvre la petite lucarne de la chambre pour aérer un tantinet et me contorsionne pour retourner au salon. Je t’expliquerais bien comment est foutu cet appart’ mais j’ai encore la tête enfoui au fond du cul et si mon corps réagit, mon esprit, lui, te blablate depuis l’oreiller. Je ne la trouve nulle part. Elle n’est plus là. Je trouve une note sur le manteau de la cheminée, entre la bouteille de rhum et la cruche de thé glacé. Je m’en sers un en guise de café et lis la bafouille laissée par ma belle Virg…par ma belle. Ca dit qu’elle s’est tirée à Londres, la bougresse. Elle me dit de faire comme chez moi et de laisser les clés sous le paillasson en partant. Je me ressers un rhum. Amusant, cette petite. Je m’autorise à piller son frigo et à calmer une fringale avec des œufs et du lard. Le frangin rappelle, je laisse filer. Je m’installe dans le canapé et dévore mon casse-dalle, puis je m’arrose le gosier avec un deuxième rhum, puis avec toute la bouteille, et me roule un thé en écoutant un vieux blues de Chicago. C’est planant. J’aime ce son, j’aime cette ambiance. Je suis tout intrigué, je m’interroge, je me questionne. Elle a foutue le camp et je reste là, à cogiter sur ce qui s’était passé, et j’en profite pour t’écrire ce récit un brin allumé, sans grand rapport avec la réalité sinon quelques passages savamment choisi, avant tout pour s’marrer parce que peu importe. Elle avait besoin de ça, moi aussi. C’est tout ce que ça devait être. Et ça l’est, sans doute. Je pars à la recherche de mon futal et je décarre, laissant une clé sous le paillasson, l’autre dans un pot de fleurs, et je laisse aussi cette nouvelle, amusante et géniale dans son déroulement, choir sur la cheminée.
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Sam 3 Jan - 21:55 (2015)
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Asparanc
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MessagePosté le: Lun 12 Jan - 01:46 (2015)    Sujet du message: Cadeau pour Asparanc ! Répondre en citant

Merci pour ce joli cadeau 
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Lun 12 Jan - 01:46 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:13 (2016)    Sujet du message: Cadeau pour Asparanc !

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