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Retrouvailles (Cadeau pour Atea )

 
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Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
Coup de Coeur ...

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 4 563

MessagePosté le: Lun 26 Jan - 10:51 (2015)    Sujet du message: Retrouvailles (Cadeau pour Atea ) Répondre en citant

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Son casque plaqué sur les oreilles et les doigts fermement agrippés à son téléphone, il s’installe à son siège en levant à peine les yeux. Il grimace en constatant qu’il est à une table de quatre. Pour le moment il est seul, mais il est lucide quant à la probabilité de l’être tout le temps du voyage. Machinalement sa main gauche farfouille à travers ses mèches rousses, effaçant le semblant de structure qui composait encore sa coiffure quelques minutes plus tôt. Si les garçons de son âge sont préoccupés par le graphisme de leurs brins de cheveux, lui ne s’en soucie pas le moins du monde. Il y a souvent un certain décalage entre lui et ses copains. Entre lui et le monde. Mais ça a toujours été le cas, c’est comme imprimé en lui désormais. Il remue frénétiquement la tête. Pourtant, des coussinets de ses écouteurs, ne parvient que le son des battements affolés de son cœur. Quelqu’un s’est assis. Il ne lève pas la tête, ne la pivote même pas. L’idée d’avoir une personne en face de lui pendant plusieurs heures le terrorise. Une goutte de sueur perle sur son front, il la sent longer sa tempe, ça chatouille. A le regarder, on le croirait en train d’écouter un bon Korn. Il voudrait bien remettre la musique mais il est crispé. Comme les céréales, se dit-il. Quelques minutes de torture silencieuse plus tard, il retrouve enfin son calme. Le regard toujours enfoui dans les profondeurs tactiles de son écran. Il reprend là où il en était resté avant la fameuse péripétie. Le train ne va pas tarder à décoller, ils ne seront peut-être que deux finalement.

19h12 : Hey. J’ai hâte de te revoir. On passe trop de temps à se raconter. Enfin je vais pouvoir t’embêter pour de vrai. A dans deux heures

A la fin de son message, il sourit. Il fait partie de ceux qui ressentent les smileys pour les écrire. Du coup il n’en écrit pas si souvent.

19h14 : Tu m’as manqué mon Choupinet.

Involontairement il relève la tête et se réjouit de voir un homme déjà endormi sur son siège.

19h15 : Eh ! M’appelle pas comme ça bordel !

Il n’a jamais eu aucune autorité sur elle, mais ce n’est pas comme s’il en avait eu envie.

Les lumières cliniques du quai commencent à défiler à sa droite. Chaque fois il se sent pareil. Comme sur un brancard qu’on pousse très vite dans un couloir d’hôpital. Les regards paumés, les gens tristes, les gens pressés. Tout pareil. Les gens en uniformes sont un poil plus classes. Mais c’est tout.
Une certaine sérénité s’installe, il lâche même son sac et le pose à côté de lui.

19h17 : Tu préfères l’autre ?

Il sourit, la mine nostalgique.

19h21 : Non, Choupinet ça ira très bien. Et enlève ce sourire de vainqueuse. Je sais ça existe pas. M’en fous.

Son sourire ne l’a pas encore quitté. C’est qu’il l’aime beaucoup cette fille. Elle a changé sa vie.
Une passagère retardataire fait son apparition et intercepte la mécanique de ses lèvres dans le circuit de son regard. Il réalise le malentendu.

« - Excuses-moi, c’est pas à toi que je souriais.

La jeune fille glousse en s’asseyant, balançant son sac à lui à côté du dormeur d’en face.
- Eh c’est mon sac !
- Oups ! Sourit la jeune fille sans une once de remords.»


19h23 : Tu parles tout seul là non ? Bon je sais c’est moche de te vanner là-dessus.

Il n’est plus bien concentré. Il sent le regard de sa voisine qui lorgne sur son téléphone. Il n’ose rien dire, mais incline son téléphone de manière à e qu’elle ne puisse pas lire ce qu’il écrit. Mais visiblement, cette file est décidée à envahir son espace vital.

19h25 :T’as de la chance que je ne sois pas encore en face de toi !

A ce moment, il a autant de contenance qu’une flaque d’eau, mais dans les messages, il peut être ce qu’il veut. Faussement menaçant, en l’occurrence. Si elle le voyait, elle rigolerait, il rougirait.

19h26 : J’ai peur, tu me connais.

Il persiste à répondre à sa correspondante, et ses réactions deviennent presque surjouées. Difficile de rester naturel quand on a un regard à porter. Un regard plein de douceur, et de sympathie, mais ça reste un poids.

19h33 : Oui tu trembles comme une vieille !

Il s’amuse à la taquiner. Il se trouve d’ailleurs assez drôle, d’ailleurs.

Sa voisine semble réagir en miroir à ses réactions. Il a compris qu’elle cherche de l’attention. Tous les rouages du je-suis-là-tu-sais, il les connait par cœur. Il en a usé avec sa chère correspondante, et ça a fini par payer.

Il pose son téléphone, l’écran contre le fauteuil et plonge son regard menthe dans les yeux de sa voisine.

« - Alors t’es… tu vas …Vapeur… Peur..(Non… Non ne bloque pas, ne bloque pas, cherche une porte de sortie…) T’as pas peur du train,ça va ? ( c’était naze, mec, t’aurais pu trouver mieux).
- Moi ça va plutôt très bien, mais toi tu sembles avoir envie de d’évanouir un instant. T’es tout pâle.
- Non non c’est ma couleur habituelle. (Pourquoi j’ai dit ça moi ?)

Une notification se fait entendre. Et tous les deux se précipitent sur leur téléphone.

19h40 : Ah ah comme une feuille tu voulais dire ?

Il ne lit même pas le message. De toute façon il la verra bien dans une heure ou deux. Elle peut attendre.

- Tiens on a le même système d’exploitation ! C’était toi. Ta discussion est passionnante, on dirait.
- Elle est drôle. La discussion, pas elle. Enfin si elle aussi, ça lui arrive.
- C’est ta meuf ?
- Non… Hum…
- Tu peux le dire, je te flique pas…
- Si un peu..
- Oui c’est vrai mais bon… Tu me plais…
- Plais…Plais.. Playmob…eh merde !
- T’es marrant… Ah oui attend… Rend… Rencontre !
- … Faut que je t’explique… Je…
- Tu deviens chiant…
- Non mais c’est important…
- On s’en fiche… on s’amuse là… Muse… Musique … Musique… Tiens, tu me fais écouter ? Lui demande-t-elle avec un enthousiasme enfantin.
- J’ai un casque, donc on peut pas écouter ensemble…
- Mais si.. regarde… »

Elle prend le casque, écarte quelques mèches derrière ses oreilles. Ses doigts sont d’une douceur inouïe, il se laisse faire, ferme presque les yeux.

«- Démarre la musique, idiot !
- Oui mais.. Et toi ?»

Elle approche sa tête de la sienne jusqu’à plaquer son oreille à l’écouteur. Il sent la vanille de ses cheveux de son cou. Leurs joues s’effleurent et c’est tout un monde de sensations dont il entrouvre la porte.
Ils ne parlent plus. Ils ne se regardent qu’à peine. La musique fait le pont.
Bientôt le train s’arrête.

«- C’est mon arrêt.
- C’est le mien aussi !»

Tous les deux se dirigent d’un pas lent vers la sortie, pas totalement redescendus de leur petit nuage.

«- Eh, ton prénom ?? S’exclame l’adolescent.
- Y a une fille qui te fait de grands signes, vas-y cours la rejoindre ta copine. Pff… Lui fait remarquer la jeune fille, presque anéantie.
Il se retourne et il la voit, elle a un peu changé depuis le temps.
- Zizi !!! S'agite Anna en faisant voltiger sa chevelure.
- Anna !!! On avait dit que…
- Excuses-moi chou…
- Anna.. Putain…

La jeune fille était restée plantée sur place, aux premières loges des retrouvailles.

- Tu me présentes ta copine Ziz…ggy ? S’impatiente Anna, fourchant encore sur son prénom.
- J’étais sur le point de.. Clélia…
- Enchanté ! Répondent Ziggy et Anna, à l’unisson.
Anna fait les gros yeux à son frère.
- Excusez-le, il a pas…
- Clélia, je te présente ma sœur, Anna.
- Ah… Laisse échapper Clélia, avec soulagement.
- Vous ne vous ressemblez pas du tout, sans vouloir vous vexer.
- On est des frangins, mais d’une façon un peu spéciale.
- Bon Ziggy, tu prends son numéro où tu veux aussi que je le fasse pour toi, ça aussi ?
- ANNA !!! Putain… rougit Ziggy
- Quoi, tu le veux pas ? Demande Clélia, mi - amusée, mi - anxieuse de sa réponse.
- Si si ! S’empresse Ziggy. Tiens, rentre-le directement.
- Tiens, voilà, c’est noté. Tu n’as qu’à m’écrire ! Lança l’adolescente avec un clin d’œil. Je dois filer ! Au revoir !
- Salut Céli..Clila..Clé…
- Clé ça me va parfaitement ! A un de ces jours !

Elle avance quelque pas puis se retourne vers lui.

- Proche, le jour, hein Zizi ?!

Ziggy est tomate. Anna éclate de rire. Clélia s’éclipse, le pas dansant.

- Anna, je te hais.
-Comme au bon vieux temps , hein. Tu m’as manqué, toi aussi.
- Je te parle plus.
- Ok… Tu veux manger quoi ce soir ? »
_________________
Rafistoleuse
Lun 26 Jan - 10:51 (2015)
Auteur Message
ATea
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 945

MessagePosté le: Lun 26 Jan - 11:03 (2015)    Sujet du message: Retrouvailles (Cadeau pour Atea ) Répondre en citant

Roh putain,.... 




Je kiffe ces retrouvailles.  
 

 

 
Je les ai retrouvé, plus vrais que nature. Enfantins, taquins, complices,... 
Au début, j'ai lu avec plaisir, c'était tendre. Et puis, je sais pas, à un moment, les bégaiements, le fait de se planter de mots et tout le reste, tout ça, ça a commencé à fortement m'intriguer, m'interpeller. 

 

 

 
C'est vraiment un chouette Cadeau, Rafi. Je savais que j'aurais plaisir à te lire, mais je sais pas comment dire, j'ai doublement eu du plaisir à lire.  

 
J'aime beaucoup ces retrouvailles.  
Et j'suis ravie de ce retour.  

 

 
Mille Merci. 
 

_________________
ATea.
Lun 26 Jan - 11:03 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:23 (2016)    Sujet du message: Retrouvailles (Cadeau pour Atea )

Aujourd’hui à 22:23 (2016)
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