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LES LARMES DE L'ORCHIDEE

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Mar 27 Jan - 23:52 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

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LES LARMES DE L’ORCHIDEE


La vie ne vaut que si l’on a des rendez-vous à heure fixe. Celui-là revêt une importance particulière. Il obéit à mon horloge interne, à cette nécessité singulière de voir la lumière. Je n’y retire aucune joie, seulement une douce aigreur.
Je sors de ma cachette. Je soulève une trappe. Je marche quelques mètres. Je me retrouve nez à nez avec le ciel
Il n’a pas changé. Il porte en lui l’insolence et la permanence de son état. Il est toujours bleu. Mais un bleu déchargé de sa blancheur pastelle, fort de cette maturité chaleureuse et estivale.
Il règne en maître. Il a rompu avec la nuit. Il lui a demandé de faire ses bagages, de partir loin. Si bien que le jour ne se lève pas, il est debout et joue les insomniaques.
Ce ciel, je ne le regarde pas ou si peu. Il me donne envie de vomir avec son éternel optimisme, son discours officiel avec son air de dire : « de quoi te plains-tu ? ».
Le vent n’apporte plus les nuages et la pluie. Il a le souffle court. La moindre toux lui arrache les poumons. Alors il cesse de respirer, il fait le mort.
C’est le silence. J’ai presque honte de le briser. J’entends mon inspiration et mon expiration. Je suis l’empêcheur de tourner en rond. Le dernier vivant.
Je prends mon bol d’air quotidien. Un air sec. Un aphorisme d’oxygène qui ne me surprend plus. C’est comme une incitation à regagner ma tanière. Mais je m’en moque, je le respire, je le nargue. Et je reste planter là.
Je ferme les yeux. J’essaie de convoquer le noir de la nostalgie. Sans succès. Pleurer m’ennuie, me souvenir m’ennuie. Je crache à la gueule de la mélancolie. Le passé tue à petit feu, l’avenir est une invitation au suicide, reste le présent pour espérer un peu. Mes ancêtres disaient : « carpe diem ». Jouissons de l’instant. Cette philosophie s’est transformée en une formule humoristique grinçante. De quoi puis je jouir encore ? De presque rien. Sentir sous mes pieds un chemin, observer au loin un horizon qu’une route craquelée tente d’atteindre, voir sur les côtés des habitats poussiéreux, abandonnés, enlacés par une végétation jaune agonie. Tout ce qui a vécu a crevé, tout ce qui survit crève.

Et dans cet univers je suis quoi ? Une exception à la règle. Le machin inclassable. Le bug. Deux minutes dehors, ça suffit comme ça. Je rentre ! Retour sous terre.
Quand j’étais petit, je rêvais d’être un super héros, le gars sauvant un enfant, une jeune femme, une grand-mère, un vieillard, et même un chien.
Le rêve est devenu réalité sauf que je n’ai personne d’autre que moi à sauver.



Les ancêtres avaient imaginé la fin du monde autrement, influencés par le cinéma, la littérature, les catastrophes vécues de loin qu’elles fussent naturelles ou non : un tremblement de terre, une bombe atomique, une guerre avec des extraterrestres. Mais pas ça !!
Les hommes s’entretuèrent pour l’eau, ils siphonnèrent les mers. Tout devint sec. Tout disparut, sauf une poignée de survivants
Voilà résumées des années en deux lignes à peine. 50 ans pour tout détruire : la planète, les plantes, les fleuves, les animaux et presque le genre humain dans son intégralité.
Alors comment expliquer que mes parents et quelques dingues ont cru jusqu’au bout s’en tirer et repartir de zéro ?
Peut-être l’inconscience, la folle croyance, la foi en la nature mille fois mortes et réapparues.
Je suis né à l’époque du sans espoir. J’y ai grandi. J’ai vu les miens partir les uns après les autres. Ils sont tombés comme des mouches à l’âge de leur jeunesse, leur peau blanche transie de froid, pourrie par la malnutrition. Se nourrir de graines et de racines jusqu’à épuisement des stocks, ne plus boire la moindre goutte d’eau, s’abreuver de saloperies, c’est un régime sans issu. On n’a plus la force d’aimer, de procréer, de faire des projets. On se laisse aller comme ces vers attendant sagement que la mort les emporte.
J’ai vu aussi la dernière femme mourir, la mienne. Elle est devenue un engrais infertile dans les draps de notre lit.
Depuis cet épisode je dors nu et ne supporte plus le moindre contact avec quelques chose. Mes nuits sont vides et froides. C’est à peine si je rêve encore. Mon encéphalogramme nocturne résiste par je ne sais quelle énergie.
J’ai appris à vivre chichement, à m’auto suffire.
J’habite, sous terre, un studio 20 mètres carrés, une prison donnant sur des couloirs et d’autres cases. Jadis, j’y ai entendu la voix de mes proches, leurs mots, leurs pas. Aujourd’hui, il n’y a plus personne. Leurs portraits gravés sur des murs témoignent du temps qui passe. Le dernier visage, celui de ma compagne, a été dessiné par moi. Le mien, personne ne le croquera. C’est un bien pour mon humilité, pour l’humanité moins.
Quand je regarde les rides sur le dos de ma main, je vois comme un miracle. C’est un pied de nez au destin, à l’écriture subliminale de ma propre déchéance. J’en ai déjà reculé l’issue par le biais d’une invention. Enfin soyons précis, ce n’est pas une invention à proprement dite, c’est le retour d’un objet déjà existant des années et des années auparavant.
J’ai découvert cette machine miracle dans un magazine que parcourait mon père avant de s’endormir. Cette machine je l’ai fabriquée à nouveau. Vous vous rendez compte grâce à un magazine papier !
Un magazine papier ! Oui vous lisez bien ! Vos yeux ne vous trahissent pas.
Du papier ! Quelle déchéance.
Un siècle avant nous, nos anciens ne juraient que par la tablette tactile. Dès ma prime jeunesse, nous étions tombés bien bas. Nous n’utilisions plus l’informatique comme avant. Pour cause l’électricité était rare et nous la consommions avec parcimonie. Il faut dire que nous la produisions nous-même en alimentant un groupe électrogène par l’exercice intensif du vélo d’appartement.
Nous ressemblions à des rats de laboratoire. Pour oublier la misère de notre existence, nous pédalions dans nos abris.
Grandeur et décadence de l’humanité.
Je ressemble toujours à un rat et y trouve un plaisir certain. Le goût de l’effort physique me plait et se couple à la satisfaction d’une utilité.
Je fais mon électricité, c’est sans doute mon seul bonheur.
Quand la fatigue arrive, j’allume la lumière. Je lis, dans mon lit, des recettes de cuisine de 1985. Ça me détend à défaut de me donner faim.
Je n’aime pas manger. Je me force. Je préfère boire. Oui contrairement à mes parents, je bois sainement. Et je dois ma survie à la consommation régulière d’une boisson rarissime. Je bois de l’eau.
Oui de l’eau, alors qu’il n’en existe plus une goutte à la surface de cette planète. !
Comment est-ce possible ?
Avec une grande dose d’astuce, un assemblage de système D, j’ai reconstruit une machine à recycler ma propre urine, laquelle redevient de l’eau.
Pissou, glouglou, et repissou. A quoi ça tient la vie. A des mots d’enfants, à une comptine. C’est à mourir de rire de penser que mon avenir passe par ma prostate. Tant qu’elle fonctionnera, je serai là.
Mais un jour elle cessera de marcher. C’en sera presque fini de l’histoire.
Je dis presque. Parce que je me refuse de mettre un point final au grand livre du monde. Ce n’est pas à l’homme de le faire. Il n’en a ni le pouvoir, ni la procuration. Ces choses-là le dépassent. Il est une forme de vie, mais il n’est pas la vie.
Je suis un animal doué de raison. Un animal qui va s’éteindre. Avant que je parte, je veux passer le témoin.
Et je sais à qui.
Je ne vous en ai, encore, rien dit.
On garde au fond de soi des pages d’intimités qui vous irriguent. Des fleuves souterrains qui empêchent votre cœur d’être à sec. Ils remontent rarement à la surface. Si c’est le cas, les digues sautent et vous êtes en danger. Vous pleurez sans raison apparente. Moi je ne pleure plus.
J’ai trop pleuré la mort de mes proches et surtout celle de ma compagne.
Durant son agonie elle me demanda de tenir cette promesse : Si tu pleures, arrose bien mes plantes et maintiens les en vie comme je l’ai fait.
Ma dulcinée fut une pleureuse. Pendant longtemps, j’ignorai pourquoi elle resta des heures dans une case à verser des larmes. Elle l’appelait la case verte
Un jour, j’osai ouvrir sa porte. Je découvris une pièce magique, plus grande que nos habitations.
Elle renfermait une rangée de dix orchidées. Accolée à un tuteur, chacune se dressait vers un hublot duquel la lumière du jour envoyait ses rayons.
Ma compagne se penchait au chevet de l’une et de l’autre, leur versant des larmes. Son chagrin avait une utilité.
A sa mort, je pris le relais jusqu’à tarir la source de mon malheur.
Je mis quelques années pour vider mon torrent de tristesse. Le temps, sans doute, de mettre au point la fameuse machine qui me changea la vie.


Mon urine redevenue eau assure ma subsistance et celle de ce jardin étrange dont je m’étonne encore qu’il reste debout.
C’est à ces orchidées que je veux passer le témoin, leur dire au creux de l’oreille que l’avenir de la planète leur appartient. Un avenir sans l’homme.
A vrai dire ce n’est pas plus mal.

Depuis hier mes urines sont colorées. Elles rougissent dangereusement. Je sens mes forces m’abandonner. Mon heure arrive.
Ce matin, après mon bol d’air, j’ai encore eu le courage d’aller à la case verte. Ma main a tremblé, l’’arrosoir aussi. Il a versé une eau pas aussi claire qu’avant.
La première orchidée a compris, les autres aussi. Et la nature s’est mise en marche, elle s’est adaptée. Les pots ont cédé. Les racines ont pris leurs aises. Elles sont sorties et se sont accrochées aux murs.
Avant de me coucher, je suis repassé au jardin, les mêmes racines ont monté jusqu’à leur hublot le transformant en pommeau de douche. Des larmes ont commencé à en couler. Je me suis dit : « Ca y est, elles s’arrosent elles-mêmes. »






Je n’ai pas vu le jour suivant. Mon cœur s’est arrêté de battre.
La trappe est restée fermée. Personne n’est sorti respirer l’air sec. Un peu plus loin, des bris de verres ont cassé le silence, des racines à quatre bras ont poursuivi leur chemin. Elles ont balancé des graines et ont pleuré dessus.
Le début d’une autre vie, d’une autre histoire. A moins que ce ne soit le retour aux origines du monde.
Mar 27 Jan - 23:52 (2015)
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Odepluie
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MessagePosté le: Mer 28 Jan - 14:48 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

Approche du thème :
L'espoir est mort pour les hommes, mais pas pour les orchidées ! Hehe
Une approche originale au final, et un bel hommage à la nature... et à l'urine lol Fiou je ne sais pas trop quoi dire tant je suis fan de ton écriture Hector ! Y a des images de partout (rien que ces fleurs qui pleurent), plein de phrases trop belles, et toujours de l'humour, du décalage. Bref c'est toujours un vrai plaisir à lire ! Puis si ton texte est globalement triste, cette fin un peu fantastique apporte une touche d'espoir quand même ! ça m'a plu.

Respect de la contrainte :
Comme ATea et Christine, on assiste à la fin de l'humanité, mais on a aussi l'explication du pourquoi du comment =) Contrainte respectée bien évidemment, et l'idée de faire s'effondrer le monde pour de l'eau, c'est chouette !

Ma phrase préférée :
Fiou difficile de choisir, je suis fan de l'intégralité de ton 1er paragraphe, avec toutes ses métaphores ! Superbe ! (l)
"Le vent n’apporte plus les nuages et la pluie. Il a le souffle court. La moindre toux lui arrache les poumons. Alors il cesse de respirer, il fait le mort."
Mer 28 Jan - 14:48 (2015)
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Octobell
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MessagePosté le: Sam 31 Jan - 02:00 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

Ohlala mon dieu oui, l'image des orchidées qui pleurent pour survivre, j'ai trouvé ça magique ! (dans tous les sens du terme ahah ^^). Effectivement, il y a un soupçon d'espoir dans ta chute, mais ça fait du bien ! C'est si beau, si plein de poésie, si... Rha vraiment ! En fait, je trouve ça très Boris Vian-esque.

D'ailleurs, y'a une certaine folie qui se dégage de ton narrateur, et dès le départ, quand il personnifie le ciel (d'accord avec Aude : toute l'intro est géniale), je m'étais fait la réflexion. Les images un peu surréalistes renforcent cette impression. Je trouve ça assez grandiose. Et du coup, pour le coup, le "je" se justifie : le narrateur parle tout seul, en quelque sorte, en manifestation de sa folie. Du moins c'est comme ça que j'interprète tout ça. Mais une chose est sûre, j'ai trouvé une véritable profondeur dans ton texte, et pouaaaah, c'est magnifique quoi !! Bravo bravo bravo !
_________________
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Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Sam 31 Jan - 02:00 (2015)
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Linelea
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MessagePosté le: Sam 31 Jan - 02:17 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

Tres très souvent tu me fais le même effet... J'ouvre ton texte, puis le ferme aussitôt tant il paraît condensé, ça me fait presque peur...

Puis quelques heures, jours... Après je le réouvre parce que tout de même j'aime bien finir les choses... Et que tu m'as pas souvent déçue...

Et encore une fois le texte fini je suis plongée dans un monde parallèle, d'où je mets un peu de temps a revenir...

Bravo j'ai beaucoup aimé, même si une petite chose m'intrigue (et c'est la chimiste que je suis qui parle...) comment l'eau a t-elle pu entièrement disparaître ? Et j'avoue cette question la m'a fait sortir une ou deux fois, car ce n'est pas des plus logique... ^^
Sam 31 Jan - 02:17 (2015)
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hector vugo
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MessagePosté le: Dim 1 Fév - 12:06 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

La fin du monde vaste sujet. On a tant écrit dessus que l'on craint d'être ennuyeux. J'avais cette peur là et elle s'est évaporée dans une folie que j'ai aimée tordre. Au point de faire dans le scientifiquement invraisemblable. Un monde peut il exister sans un goutte d'eau ? Je suis ignare en la matière pour le démontrer.


Ce texte n'est qu'un rêve. Un rêve gris.


Un grand merci pour l'enthousiasme de vos commentaires. C'est un bonheur de vous faire plaisir.
Dim 1 Fév - 12:06 (2015)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Sam 7 Fév - 19:48 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

La disparition de l'eau m'a fait tiquer aussi, m'enfin je suis pas chimiste, donc pas plus que ça ^^


J'ai accroché à ton histoire que tu mènes avec force détails à tel point que je me suis demandé si tu ne venais pas d'un univers parallèle dans lequel tu aurais vraiment vécu cette fin de l'humanité. 
Bref, la précision, le déroulé détaillé de cette fin du monde, les anecdotes, tout ça donne formidablement corps au récit, puis quand point un semblant de lassitude, tu t'extrais de la simple description pour envoler ton texte vers un surréalisme poétique poignant.
Une écriture délicate, une vraie progression dans ton texte. Une fin sublime. Chapeau .
Sam 7 Fév - 19:48 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 13:33 (2015)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE Répondre en citant

Pfiou... J'ai mis un peu de temps avant de le lire ton texte Hector mais quelle claque !

Tu as toujours imagination incroyable, et des métaphores criantes, je suis encore une fois soufflée.

Je sais pas trop quoi rajouter de plus, mais je rejoins les autres.



J'ai adoré, adoré, adoré. C'est juste superbe.


Merci Hector, merci beaucoup.
_________________
Rafistoleuse
Dim 8 Fév - 13:33 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:06 (2016)    Sujet du message: LES LARMES DE L'ORCHIDEE

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