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Salle d'attentes

 
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Mar 3 Fév - 15:11 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
Une grande maison surplombait un immense jardin, où les couleurs pouvaient se planter et recommencer. Ils nourrissaient des projets d’envergure, et ils possédaient des bases solides pour construire ce qu’ils prévoyaient ensemble. Ils avaient retapé quelques pièces, cassé des murs pour redessiner le chemin de la lumière, agrandir l’espace. Le toit s’était laissé pousser des hublots par lequel le ciel leur parvenait comme de gros flocons. La cuisine était assez chaleureuse pour se mettre en appétit. La chambre était un véritable cocon de voiles et de coton. C’était la maison du bonheur.
Il y avait simplement une pièce, un petit sas, qui ne figurait pas sur le sur le plan architectural. Noémie s’était surprise à le découvrir seule. C’était l’unique endroit qu’ils n’avaient pas exploré à deux.

Aujourd’hui des branchages couronnent la clôture du jardin. Les arbres ont pris racine et observent leurs bras tomber, du peu d’égard porté au défilé des années. De l’extérieur on ne voit plus rien. La structure de la maison a, elle aussi, beaucoup évolué. Les murs sont devenus susceptibles, se vexent pour un rien et se replient sur eux-mêmes.
Ce lieu si particulier et intrigant, si secret, empiétait désormais sur tout un étage. La salle d’attentes avait de spécial que d’un jour à l’autre, elle changeait du tout au tout. D’un printemps à l’autre, Noémie y faisait le grand ménage. Puis les saisons ne s’évanouissant pas assez rapidement, elle ressentit le besoin d’y faire un saut chaque semaine. Puis chaque jour. Elle savait que la salle d’attentes avait pris des proportions exagérées à cause d’elle. Noémie ne pouvait pourtant pas se résoudre à la condamner.

Elle pousse la porte, avec une certaine appréhension. La même que chaque jour. Aujourd’hui elle est lourde, et particulièrement grinçante. Elle dénoue les rubans de ses talons aiguilles, qui lui lacent les mollets. Les nœuds sont si bien serrés qu’elle peine à y parvenir. Elle s’imagine même les couper pour de bon, ces cordes inconfortables. Elle sent enfin le sol sous ses pieds. C’est rugueux, irrégulier, comme de la terre battue sur des vieilles pierres. Il y a quelques scories rouges, très légères, sur les quelles ses plantes de pieds grimacent en s’y posant.

Pendant longtemps, Noémie refusait de voir les choses en face. Douter de son homme était une trahison de tout son être. C’était complètement déraisonnable. Il avait finalement fallu peu de temps pour qu’elle se dirige dans cette voie.

Elle ne voit plus Marc, il n’apparait que pour prévenir de sa future absence. Elle brûle de lui demander. Ou est-ce que tu as passé cette nuit ? Et les précédentes ? Et pourquoi ces écorchures ? Où as-tu traîné ? Elle préfère encore se recueillir ici. Elle ne cesse de se remettre en question. Et aujourd’hui encore, les mêmes questions résistent. Et lui, que se passe-t-il dans sa tête ? Peut-il se mettre à ma place ? En suis-je capable ? Non. Il y a cette distance.

Toute nostalgique Noémie se rappelle les premiers mois de leur rencontre. Les courses-poursuites délicieuses, et les cascades de rires et de baisers. Etait-on heureux ou bien ai-je rêvé ça aussi ? On n’ose plus rire, comme si on s’économisait.

Noémie tire et retire sur la corde du passé, dans l’espoir de comprendre, de prévoir, de savoir. Mais plus elle cherche, plus elle doute de ce qui a réellement été. Elle attend. Elle l’attend. Encore. Elle espère qu’un jour, il comprendra. Qu’il poussera cette même porte et qu’elle sera déjà là. Et les mots, on n’en aura pas, mais ce n’est pas grave.

Seulement, pour l’instant elle est seule. La pièce est immense, rectangulaire, presque un couloir tellement elle est large et peu profonde. Il y a de grands trous, qui pourraient ressembler à des fenêtres invisibles. Par de-là voltigent des rideaux de voiles blancs. Elle a beau s’approcher de chacune d’elle, elle ne peut rien voir. Après avoir testé toutes les ouvertures, elle revient à son emplacement initial. Un arbre a poussé, un saule. Ses lianes pleurent sève et eau, ses larmes s’échouent mollement sur le sol devenu boueux. Chaque moment passé dans cette salle d’attentes est neuf, sa mémoire vierge de tout le temps qu’elle passe ici.

Noémie tente de faire le point. Faire le pont, entre lui et elle. Elle voudrait savoir, ce que Marc a dans sa tête. Parle-moi, parle-moi, dis-moi n’importe-quoi, que je te sente vivant, encore. Noémie se lève, d’un bond, tend les bras à l’infini. Elle les tend comme si quelqu’un les lui tirait de par la fenêtre. Et les relâchent aussi sec, manquant de tomber en arrière. Il ne viendra pas, il ne viendra plus. Il n’est même plus là. Est-ce qu’au moins, il me voit ?

Elle s’allonge et ferme les yeux, des formes lumineuses s’agitent encore sous ses paupières. Elle esquisse un sourire, qui s’élargit jusqu’à devenir sonore. Noémie ignore pourquoi mais elle a envie de rire. Rire très fort. Rire pour oublier qu’elle est seule. Rire pour masquer la douleur. Elle rouvre les pupilles. La nuit a englouti le saule, il n’en reste qu’une branche, qu’elle se noue au poignet. Elle pivote sur la gauche, et son regard se heurte à une valise. Elle tente de la pousser des mains, sans se lever. Mais elle n’a pas de roulettes, ni de poignées. Impossible de la déplacer. Elle pense à Marc. Assise, les genoux serrés fort contre sa poitrine, à la recherche de réconfort. Marc et ses muscles d’homme. Marc et sa force, Marc et sa douceur, qu’elle ne connaît plus que dans ses souvenirs. Marc et son indifférence léthargique qu’il revêt un jour après l’autre.

Marc et l’autre. Noémie défait la boucle de sa ceinture qui la comprime. L’autre présumée, fabulée. L’autre, terrifiante. Pare qu’inconnue à son équation. Elle voudrait retrouver la route jusqu’à lui, mais le parchemin qu’elle possède est inextricable et complétement dépassé. Me cherche-t-il comme je le cherche ? M’attend-il parfois ? Il aurait pu abandonner que je ne le saurais même pas. Comment est-ce que je pourrais le deviner, hein ? Je le savais avant. Je le savais avant. Avant... Avant j’étais… On était … Tout ça c’est ta faute Marc, ta faute. J’ai tout fait pour t’aimer aussi fort que quand tu m‘aimais aussi. Mais je suis une idiote, oui, une belle conne ! A m’enchaîner à toi comme si. Comme si tu me voulais encore. Et pourtant, pourtant j’ai mal aux poignets à force de gesticuler. Je ressemble à ces gens fous de tristesse remuant les bras sur le quai d’un train qui part déjà. Je suis ridicule. Si tu ne reviens pas, je suis ridicule, t’entends ?

Elle s’époumone.

Le carcan de sa robe lui semble insoutenable. Elle l’enlève d’un geste démesuré, s’écorche le coude, en la balançant. Le bout de tissu termine son vol sur la tuyauterie dénudée et rouillée. Toi aussi. Je te comprends ma vieille. T’as baigné trop longtemps dans la même eau. La mienne est salée, tu vois c’est pire. C’est corrosif, ce sel. Elle passe sa main avec une délicatesse extrême sur le tuyau froid. Tu vois moi, je suis toute cabossée, j’ai le cœur tout fripé. Flippé aussi, c’est vrai. Mais toi tu résistes, t’es forte, t’es toute fière, toute raide. Toute raide. Y en a une autre qu’est plus raide depuis des siècles.Bordel ! Plus pour moi… Et ce n’est pas faute d’avoir essayé tu sais. Peut-être qu’il a plus envie de faire l’amour ? Peut-être qu’il veut juste baiser ?! Mais moi aussi je peux faire ça…

Ses hurlements font place aux murmures.

Tu le sais toi que je peux… Mais oui tu le sais… Tu le sais !

Noémie retrouve soudainement une joie insoupçonnée. Elle se dénude entièrement, elle danse. Les courants d’air la traversent de toute part. Elle se sent vivante. Elle ne pense plus, elle saute. Elle ne pense plus, elle danse. Elle ne pense plus, elle rit. Elle ne pense plus, elle vit. Elle est libre, elle est immense. Elle est ivre d’intense. D’un temps qui n’attend pas.

Ne pas dormir, ne plus jamais dormir. J’y arriverai.

***


« - Noémie ? Je suis rentré ! T’as fait quoi à bouffer ?

Chacun sa salle…

Noémie descend, le sourire antidérapant fixé au visage.

- Ce que tu préfères, mon amour. »
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Mar 3 Fév - 15:11 (2015)
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév - 13:02 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

Hum... Ce texte est compliqué. J'en avais déjà fait une première lecture et je te l'avais dit. A la deuxième lecture (et j'ai essayé de prendre du recul), mon impression reste la même : j'ai l'impression d'être dans un rêve.

Les métaphores et les symboles s'enchaînent, mais je ne comprends pas leur sens. Il faudrait un truc, un bouquin, pour les décrypter. Et j'ai pas forcément envie de lire un texte avec du Freud sur l'onglet d'à côté. P'tet qu'il aurait fallu être un peu plus explicite sur leur sens. Pas forcément en se plaçant dans la définition, mais en jouant sur les images, "l'arbre de..." quelque chose. Et l'oscillation pas toujours correcte entre le passé et le présent au début du texte rend tout ça plus obscur encore.

Au-delà de ça, la forme est assez fantastique. Tes descriptions sont géniales, et on retrouve ta particularité à donner vie à ce qui n'est pas vivant. Et j'ai particulièrement aimé l'image du saule qui ne devient plus qu'une branche qu'elle se noue au poignet, même si j'ai pas du tout compris ce que ça signifiait

Bref, je peux pas dire que j'ai pas aimé... J'attends juste les explications maintenant ^^
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév - 18:21 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

Alors alors… je ne sais pas exactement ce que c’est, l’écriture automatique. Si c’est écrire sans s’arrêter, comme un genre de fièvre écriveuse, que les mots se posent comme une évidence… Cela ne m’est jamais arrivée. Mais pour ce texte, l’idée qui a germé au départ n’avait pas de destination pensée d’avance. J’ai rarement de squelette réfléchi pour mes textes, et ça se ressent à la lecture de certains, celui-ci en fait particulièrement partie.

Je voulais raconter l’attente, l’attente de l’avenir, l’incertitude éprouvante. L’attente impatiente, lassante, excitante. Celle qui déboussole, qui affaiblit, qui nous pousse dans certains retranchements. Je voulais raconter tous les états par lesquels une personne peut passer lorsqu’elle attend. Dans la vie on attend souvent beaucoup de choses : Le métro, le grand amour, l’orgasme, un signe, on attend que le temps passe. Noémie elle attend aussi beaucoup. Mais tout reste flou pour elle. Et cette salle d’attente cristallise tout le maelström de sentiments qui l’assaillent. Elle se sent seule, perdue, elle voudrait que Marc fasse un pas vers elle, elle se pose mille questions, et se remet en cause. Elle passe par de la colère, de la jalousie. L’attente interroge ses pires angoisses, révèle ses faiblesses, ses vides.
J’aurais pu écrire tous ces états là d’une manière plus simple. Un monologue-prise-de-conscience où elle s’analyse elle-même et auto-philosophe sur la vie. De l’obscurité-interrogation du début naîtrait la lumière-réponse (positive ou négative ou bien les deux d’ailleurs). Mais je n’en avais pas envie, ce n’était pas ce que je voulais. Et puis l’idée de salle d’attentes est arrivée avant le personnage de Noémie. Je me suis dit, tiens, on attend tous beaucoup des autres, du temps, de la vie, de soi. Et il y forcément des attentes indicibles, des attentes mêmes indistinctes pour soi, celles qu’on ne sait pas nommer, ou qu’on ne veut pas nommer ouvertement. Il y a aussi celles qu’on a beau dire, on ne pourra jamais les combler, simplement parce qu’il y a des choses qui ne dépendent pas de soi. L’amour est la plus terrible expérience de l’attente, de cette distance entre soi et l’autre, qu’importe à quel point on est proche ou fusionnel, on ne peut pas réduire cette distance. On fait des ponts. Et la plupart du temps, ça suffit. Avoir trop conscience de notre impuissance face à ça, nous ferait déprimer alors qu’on baigne dans le bonheur.

La salle d’attentes, déjà le jeu d’échos avec celle des cabinets de médecins m’a plu. Dans mon idée, la salle d’attente est secrète. C’est une pièce qui existe en nous. On espère qu’elle rapetisse avec le temps, on espère surtout que telle personne ou telle chose viendra combler cette attente, qu’elle disparaisse, l’air de rien. J’ai d’abord même pensé à un texte à la frontière de la SF. Un monde futur ou alternatif ou imaginaire, ou tu viens, tu prends ton ticket et tu t’installes dans ta salle d’attente. Et là d’autres gens viendraient, passeraient devant les salles comme devant des vitrines, et diraient « tiens, elle je peux satisfaire son attente ».

Le parallèle entre la pièce secrète et intime, et la pièce pseudo concrète décrite dans mon texte vient de là, et du fait que j’ai un goût assez prononcé, pour donner de la vie et du corps à des choses, des sentiments, etc. La description de la maison de Noémie, est une image (mais je me suis peut-être égarée trop loin en parlant des branchages etc ^^ Mais tout ça est une métaphore. La maison du bonheur, toute lumineuse, le couple va bien, le jardin est coloré (c’est ma matérialisation du bonheur dans son couple). Puis la petite pièce qui grandit silencieusement et secrètement, c’est ma métaphore de la routine qui s’installe, les non-dits, les trahisons, les doutes, l’indifférence.
Concrètement, Mo, ce texte est un rêve. Une divagation, une épopée intérieure. Comme vous voulez. La fin intervient justement pour ramener Noémie à la réalité. En vraie elle n’a ni dansé, elle ne s’est pas mise nue, etc. En vrai, elle attend.

Mais ce n’était pas clair, j’en suis bien consciente en relisant.

Après, j’avoue quelque chose que vous avez sans doute remarqué. J’aime laisser planer quelque chose de brumeux parfois (Souvent, oui.) Mais je sais pas encore le doser. J’ai jamais su écrire avec une précision cinématographique alors je fais avec mes armes ^^ Mais moi quand je lis j’aime les deux, j’aime bien qu’on me raconte comme si j’étais là et je voyais tout, et j’aime aussi continuer le tableau du peintre (l’auteur) en y ajoutant ma perception. Les deux me plaisent. Mais je n’ai pas envie d’imposer un effort au lecteur et quand c’est le cas, alors je rate un peu coup ^^

Autre chose qui me turlupine vraiment beaucoup. C’est cette histoire de temps. J’ai un mal fou à écrire sans vous perdre sur ce point. C’est rageant. D’abord parce qu’avant je n’y faisais pas gaffe réellement et à force de vous l’entendre dire, j’essaie d’allumer mon radar. Vous devez vous dire que je raconte des conneries vu le résultat ^^ Et pourtant si, j’écris une fois de manière fluide ou presque, et ensuite je m’oblige à changer les temps et c’est pas du tout naturel pour moi. Et je me dis que soit j’ai des sérieuses lacunes, ou soit j’ai une façon de penser et donc d’écrire, tellement décousue que les temps se percutent comme des autos tamponneuses (tiens, temponneuses ^^). Du coup je suis assez flippée de ne pas parvenir à me corriger seule là-dessus. Et je sens vraiment que ça pèse dans mes textes. Bref, je tente de m’améliorer en tout cas.

Bon sinon plus clairement, le côté philosophie n’est pas ressorti comme une évidence mais j’ai voulu aborder le rapport au temps, et le rapport à autrui. L’impossibilité pour l’homme de vivre réellement le moment présent, son éternelle projection dans le passé où l’avenir. Et puis cette rechercher de contrôle, sur les sentiments des autres, l’obsession d’obtenir des réponses à nos questionnements. Et notre acharnement à faire des détours, pour dire les choses ou se les avouer à soi-même, toute l’énergie qu’on perd. Le désir, et la frustration. Les libertés qu’on ne soupçonne pas, et les prisons dont on ne voit pas les barreaux.

Et dans mon texte, chaque détail anodin ou presque, a une portée pour moi. Les lacets qu’elle dénoue, la porte qui est lourde, le saule dont la liane se retrouve à son poignet, la boucle de sa ceinture. C’est le parcours de la liberté, c’est violent, ça laisse des cicatrices, c’est déstabilisant, c’est enivrant, et finalement… Finalement rien. Avoir les bonnes cartes en main ne suffit pas pour gagner.

Je crois que j'ai été plus longue que mon texte initial Shocked

Merci Mo
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Jeu 5 Fév - 18:21 (2015)
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév - 19:52 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

En fait, le sens global de ton texte, je l'ai compris. Cette attente, elle est claire. La détérioration du couple, par le biais de la maison, aussi. La salle d'attentes, j'ai bien compris qu'il s'agissait d'un compartiment de notre esprit. Globalement, tout ça, ça va. Mais c'est justement tous ces détails alternatifs qui, comme dans les rêves, ne sont pas si anodins. Le lacet trop serré, la porte (bien qu'à la réflexion, ceux-là je commence à les comprendre aussi) La valise aussi. Mais, et surtout : le saule ! Qu'est-ce qu'il représente ce saule ? Qu'est-ce qu'il représente quand il est arbre, quand il est accroché au poignet de ton perso ?

Après, j'comprends que t'aimes bien les textes qui laissent un peu le lecteur à son imagination et sa réflexion... Et je sens presque comme un reproche dans la comparaison de nos écriture. J'dis pas qu'il faut que tu sois chirurgicale, loin de là. Garde ce que tu es, garde des zones de mystère... Mais juste que parfois, quand les points d'interrogation sont trop gros, on ne voit plus que ça, et on ne lit plus ce qu'il y a entre les lignes. Bon après, y'en a qui aiment ne rien comprendre à ce qu'ils lisent. Moi, c'est pas mon cas. J'aime bien voyager, mais pas me retrouver à côté de ce qui me transporte.

Pour les temps, hum... J'pense qu'il faut aller au plus simple. Déjà, déterminé le temps sur lequel tu veux l'écrire : présent ou passé. A partir de là, tu restes dessus. Le présent a ses déclinaisons, le passé aussi. Du coup, faire tout un paragraphe au passé au milieu d'une narration au présent, c'est super bizarre. Après, globalement, j'ai jamais trouvé rien de plus dur que de changer le temps d'un texte après qu'il a été écrit. Si j'peux éventuellement te donner un conseil de ce côté là, c'est d'y réfléchir pendant l'écriture. Juste te demander si le temps nécessite d'être changé au moment où tu t'apprêtes à le faire. Bon, c'est super délicat à expliquer. Y'a sûrement des règles grammaticales et tout ça, mais la grammaire, j'y comprends pas grand chose perso

Du coup, un passage comme ça :
"Ce lieu si particulier et intrigant, si secret, empiétait désormais sur tout un étage. La salle d’attentes avait de spécial que d’un jour à l’autre, elle changeait du tout au tout. D’un printemps à l’autre, Noémie y faisait le grand ménage. Puis les saisons ne s’évanouissant pas assez rapidement, elle ressentit le besoin d’y faire un saut chaque semaine. Puis chaque jour. Elle savait que la salle d’attentes avait pris des proportions exagérées à cause d’elle. Noémie ne pouvait pourtant pas se résoudre à la condamner. "

Je l'aurais plutôt écrit comme ça :
"Ce lieu si particulier et intrigant, si secret, empiète désormais sur tout un étage. La salle d’attentes a de spécial que d’un jour à l’autre, elle change du tout au tout. D’un printemps à l’autre, Noémie y faisait le grand ménage. Puis les saisons ne s’évanouissant pas assez rapidement, elle a ressenti le besoin d’y faire un saut chaque semaine. Puis chaque jour. Elle sait que la salle d’attentes a pris des proportions exagérées à cause d’elle. Noémie ne peut pourtant pas se résoudre à la condamner." => le passage progressif du temps nous ferait progressivement passer au présent.

Bon, je les entends d'ici ceux qui râlent des "elle écrit comme elle veut". Mais s'agit d'être un peu correct quand même^^


En tout cas.....

... On peut pas dire que ton texte ne donne pas matière à réflexion, et ça, si c'est pas une réponse à la contrainte, j'sais pas ce que c'est ^^
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MessagePosté le: Sam 7 Fév - 08:15 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

Le saule pour Noémie, est la part d'elle-même qui sait pleurer, il représente sa tristesse, sa mélancolie, ses regrets. De tout ça reste une liane, cette branche représente ce qui doit rester, ce à quoi elle s'accroche, et qu'elle garde pour avancer, ne pas oublier...

Après, pour en revenir à nos écritures, je pensais pas forcément qu'à la tienne d'ailleurs, et c'était pas du tout un reproche. Même si j'aime ce côté un peu flou, j'aimerais au contraire savoir aussi de temps en temps, donner au lecteur l'impression qu'il est là, qu'il vit la scène, qu'il voit tout, ressent tout, entends tout. C'est un peu le Graal ^^

Pour le passage, merci !!! J'ai un exemple concret pour me corriger. Ça va finir par venir, à force d'acharnement

Brefouille, merci beaucoup
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 10:18 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

"Une salle d'attentes."

En voyant le titre, j'ai pensé aux salles d'attente des médecins. Et j'imaginais justement le propos. J'ai pensé aux attentes dans une vie. Une multitude de personnages aux vécus différents. On attend après quelqu'un, on attend après quelque chose, on est toujours en quête d'un idéal. Quelqu'il soit, moral ou non, avouable ou non. Ce concept d'idéalisme m'a plu pour ce qu'il promettait. Et J'ai même cru que tu allais en profiter pour jouer à personnifier des émotions.

J'ai été étonnée que tu choisisses ce propos, la métaphore de la maison pour le couple. Et en cours de route je me suis rendue compte que du coup, tu te servais bien de la couverture. (Je l'avais oublié dans mes divagations!) Et j'ai retrouvé plaisir à lire tes descriptions de cette pièce, cette extension, ce prolongement. Ce jardin secret qui peut vite se retrouver envahi par les mauvaises herbes. Cette lutte entre idéalisme et réalisme. Ce que l'on désire, ce que l'on vit. Une éternelle confrontation. On pense à ce qu'on aimerait sans vivre l'instant présent. "On ne désire que ce qu'on n'a pas." Et cet espoir, ou ce désespoir la pousse dans de sombres recoins. Elle se met à nu dans une pièce délabrée. Ouais la couverture y est...

Pourtant, un flou s'installe au fur et à mesure. Certaines choses sont facilement imaginables et d'autres plus abstraites, beaucoup trop (Le saule). J'ai lu ton explication après mon commentaire mais cela reste encore trop symbolique pour moi. J'ai trouvé la transe moins poétique, moins légère et moins profonde en même temps que le reste de ton texte. Et la fin a accéléré ma chute. Je l'ai trouvé de trop en fait. Cette confusion dans mon esprit est allée grandissante, cassant un peu l'enchaînement des pensées. Comme sur les photos, J'aime bien le flou artistique, le flou poétique et vaporeux. Mais je n'accroche pas lorsque le flou empêche de voir le sujet, saisir sa poésie.

Pour finir, Une phrase qui m'a marqué : "l'autre terrifiante parce qu'inconnue à son équation". Même si c'est une maîtresse dont elle parle, Je trouve que cette phrase parle vraiment bien de l'Attente. Elle ne pourrait pas en dire plus, pas en dire moins. C'est une belle formule en tout point. Et j'aime ce sens des phrases que tu as.
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Dim 8 Fév - 10:18 (2015)
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 12:45 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

"J'aime bien le flou artistique, le flou poétique et vaporeux. Mais je n'accroche pas lorsque le flou empêche de voir le sujet, saisir sa poésie. "

Je comprends très bien ton ressenti, et je la situe là aussi, ma limite. Donc ton avis est complètement justifié !

En tout cas merci beaucoup pour ton commentaire et ton analyse
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 15:27 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

C’était déstabilisant parce qu’au début je crois que j’ai essayé de lutter, je lisais ton jet en essayant d’y trouver des codes, des traductions, des symboles, des sens cachés et j'étais paumée…
Donc j’ai repris un peu autrement, j’ai repris en me laissant embarquer…c’était presque enivrant, cette ballade intérieur, ces doutes, ces sensations, ces rancoeurs, ces peurs, cette libération et jusqu’à la transe finale.
L’univers que tu offres est singulier et combien de fois j’ai adoré ce genre de trucz barrés dans des décors oniriques et métaphysiques sans en piger l’essence même…je ne compte plus.
On en a discuté un peu déjà toutes les deux, donc ça m’embête pas de te redire que peut-être j’ai pas compris toutes tes intentions mais que au final ça m’dérange pas tant que ça…au final je prends plus de plaisir à « vivre » et « ressentir » un texte dont je pige pas tout, qu’à rester de marbre face à une histoire classiquement écrite.
Les écrivains ont leur marotte mais les lecteurs aussi tu sais …
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 16:39 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

"Donc j’ai repris un peu autrement, j’ai repris en me laissant embarquer…c’était presque enivrant, cette ballade intérieur, ces doutes, ces sensations, ces rancoeurs, ces peurs, cette libération et jusqu’à la transe finale. "

Merci pour ton commentaire El, et merci d'avoir tenté un deuxième itinéraire
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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 20:06 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

Il m'a manqué certaines clés pour apprécier dans sa totalité ton texte, j'en trouve certaine dans les explications de la discussion, mais pas toute. Maintenant il faut que je le relise avec ses pistes ^^
Mar 10 Fév - 20:06 (2015)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Ven 20 Fév - 16:52 (2015)    Sujet du message: Salle d'attentes Répondre en citant

j'ai aimé la fantaisie, quand le réel ne l'est plus tout à fait et cette pièce métaphorique. Est-ce qu'il aurait fallu en jouer plus? Pousser le surréalisme? Je ne sais pas, en fait. Ton texte bascule dans quelque chose de plus concret. J'ai bien aimé ton texte mais je sais pas quoi dire, il a son cheminement j'y ai vu de très belles choses, j'aurais aimé qu'il s'envole.
Et j'essaie de mettre le doigt sur ce qui a pu me gêner, mais je sais pas trop.
Ven 20 Fév - 16:52 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:14 (2016)    Sujet du message: Salle d'attentes

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