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Le chemin

 
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Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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MessagePosté le: Ven 6 Fév - 17:09 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

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Voilà mon texte. Comme d'hab j'ai manqué un peu de temps... Mais tant pis...


Je progressais sur le chemin sans me poser de questions. Cette route, je pourrais vous la décrire les yeux fermés : d'apparence, un chemin de carrière stérile, large, revêtu de terre grise, et peu amène à mon goût. Le ciel était à l'avenant, pâle et confus. J'usais mes semelles sur un drôle de chemin monotone qui ne se lassait pas d'avancer, d'avancer sous nos pas imbéciles.
Aussi loin que portait mon regard, je distinguais des individus de toutes cultures, de toutes ethnies, qui, comme moi, soulevaient la poussière en cheminant sur cette piste qui n'en finissait pas. Ils s'y mouvaient depuis toujours.
Des barbus vêtus de kamis clairs allaient leur course frénétique, doublant des vieillards édentés qui ahanaient, attirés vers le sol par le poids des chapelets qu'ils portaient au cou. Autour d'eux des énervés à cravates pourchassaient le temps pour le transformer en argent. Ceux-là laissaient dans leur sillage, un souffle de honte qui me faisait baisser la tête. Parfois je dépassais des troupeaux de dévots béats que menaient des hérauts christiques. C'était à chacun son credo, à chacun son veau d'or.
Quelques uns pourtant semblaient ne poursuivre aucun but. Ils jetaient, de droite et de gauche, des regards de bêtes prises dans les phares d'une voiture. Mais à bien y réfléchir, leur course erratique les menait quelque part. Elle les menait à leur perte, et ça me faisait l'effet d'un miroir, je pense, je crois, que j'affichais cette figure-là, moi aussi, alors je détournais les yeux, et je posais un pied devant l'autre et l'autre devant celui-là.
Figurez-vous la route sèche, assoiffée, parcourue de pèlerins s'ignorant les uns les autres sous la voûte éthérée. Imaginez des murs de briques érigés de chaque côté du chemin, forçant le regard à n'emprunter qu'une voie. Supposez enfin la fatigue, et le doute. Vous y êtes, sur la route, avec moi. Comme moi.
Au commencement -que dis-je- en un jour imprécis, et chaque jour depuis, et bien des jours avant, une femme, des femmes, ont mis bas au pied des murs, sur l'accotement de cette route que je vous ai décrite. De leurs bras fébriles, ces mères nous ont soulevé de terre pour nous étreindre dans leur tiédeur originelle de femelles complétées. Elles ont léchés le sang, elles ont retiré la poussière. Épuisées, éblouies par le fardeau ravissant, elles ont oublié la raison qui les avait poussé à poursuivre le voyage.
« Et si l'on s'arrêtait, un peu, juste un peu ? On serait bien, là, avec notre fardeau si doux dans les bras...»
Eh bien croyez-vous qu'on les laissât faire ?
Des hommes plein de morgue ont fait halte auprès d'elles, projetant des ombres dévorantes au devant d'eux, sur elles. Puis ils ont tendu leurs ailes accablées d'expérience vers une idée indiscernable, à l'horizon, un même objectif pour tous, quelque forme qu'on lui donnât. Les adultes ont pointé leurs doigts imprécis, vers le lointain, ce lointain espéré, puis ils ont repris la route, et les mères, ramenées à la raison, en ont fait de même. À leur tour, elle nous ont montré le chemin à suivre. Déjà, elles avaient annihilé l'instant fugace, le souvenir de cette halte où nous nous étions si adorablement enlacés.
Nous finîmes par marcher dans leurs pas, méthodiquement. Et nous avons grandi. Et nous avons marché.
Les adultes supposaient qu'on leur ressemblerait un peu, pour l'essentiel, eux qui, des années auparavant, avaient suivi d'autres doigts pointés vers ce même absolu. Et même leur révoltes anciennes avaient sinué vers cette étoile archétypale et protéiforme suspendue dans nos têtes, cette étoile vers laquelle convergeaient tous nos paradigmes.
Forcément sur cette route-là nous finîmes par nous rencontrer, elle et moi.
Un homme de peu est passé qui gravait des symboles sur les murs, puis repartait hâtivement, et laissait encore sa trace, là, et là, égrenant sur sa frise de vie, des morceaux de mémoire indéchiffrables, pour qu'on ne l'oublie pas. Je tournai la tête dans sa direction pour observer son manège, et j'aperçus, par la même occasion, des ossements blanchis sur le bord de la route, nettoyés par le temps, puis d'autres où demeurait un peu de chair grise, puis des cadavres enveloppés d'un sommeil récent, amoncelés, des morts de fatigue, des tout juste crevés. Bien qu'ils n'eussent jamais disparu, j'avais perdu l'habitude de les voir. Aujourd'hui ils me sautaient aux yeux.
Sur la route il y avait de morts plus que de vivants.
« Où va-t-on ? »
Je croyais l'avoir formulé dans ma tête. Nous nous ignorions si bien, tous, que je pensais à haute voix depuis longtemps, sans doute, sans m'en rendre compte. On ne m'avait jamais repris. J'avais parlé à voix haute et elle me répondit. Elle arrivait derrière moi et s'apprêtait à me dépasser. Plus ambitieuse que moi, son allure surpassait la mienne.
J'aimais ses cheveux longs. Elle avait levé son bras vers l'infini de la route, devant nous, et me dévisageait.
« Par là... »
Elle me répondait et ne partait pas. Elle attendait que je lui parle au-delà de son geste. Elle espérait plus qu'un assentiment. Je me retournai pour vérifier qu'elle ne s'adressait pas à quelqu'un d'autre, dans mon dos, puis, frisant la panique, j'envisageai un dialogue. Comment enfiler les mots sur ma voix, les porter jusqu'à elle, intelligiblement. Elle ne me laissa pas le temps de répliquer, poursuivant :
« Comment t'appelles-tu ?
-Je ne sais pas. Répondis-je.
-À quoi tu penses ?
-À rien.
-Mais après ?
-À rien, je t'ai dit !
Elle m'agaçait. Ne pouvait-elle pas partir ? Je voulais reprendre la route, et marcher. Elle régla son pas sur le mien.
-Je pense avec toi, je peux ? Insista-t-elle.
-Si tu veux.
-Apprends-moi.
-Penser, ça ne s'apprend pas...
-Pourtant je voudrais.
-Ça se pense.
-J'ai beau penser, ça ne vient pas. Comment fais-tu, toi ?
-Je me tais.
-Puis-je me taire avec toi ?
Nous nous tûmes un instant puis j'interrompis le silence. La discussion me plaisait, j'aimais échanger avec elle. Les idées jaillissaient comme neuves. Il fallait les défendre, les élaborer de telle sorte qu'elles tinssent la route, et puis j'aimais explorer les contrées nouvelles que dessinaient ses questions, ses questions qui faisaient écho aux miennes. Je la sortis de ses réflexions.
-Alors,tu as pensé ?
-Je... je ne sais pas...
-Mais si, tu dois bien savoir !
-Je n'ai pas l'habitude.
-Tu ne veux pas le dire !
-J'ai oublié.
-Tu mens !
Elle hésita, puis avoua.
-Je me suis souvenue de ma mère puis de la route,et de la route encore, et je me suis demandée...
-Oui ?!
-Parlons d'autre chose.
-Comme tu veux.
-De quoi pourrions-nous parler ?
-Tu as vu les cadavres ? Je l'interrogeai.
-Oui ?
-As-tu déjà pensé aux cadavres ?
-Non... Oui... Je ne sais pas.
-Combien sont-ils ?
-Comme les étoiles ?
-Tant que ça ?
-Je ne sais pas.
-As-tu déjà vu les étoiles ?
-Je ne sais pas.
-On ne voit jamais les étoiles.
-Je ne sais pas.
-Tu ne sais rien.
-Toi tu sais tout mais tu ne fais rien.
-Je ne fais rien car je sais tout. »
Elle se mit à rire, et son rire fusa évoquant le tintement d'un ruisseau de montagne. Je n'avais jamais entendu rire. La mélodie cristalline me décontenançait, et je trouvais cela si ravissant que je me mis à rire à mon tour. C'était douloureux. Tout, à l'intérieur, se trouvait chamboulé. Les idées, la raison, le désir, la foi.
Elle a tendu son bras vers le mur.
Nous nous étions arrêtés de marcher. Personne ne braquait jamais son doigt vers les murs. Les gens passaient, et trépassaient autour de nous, sans nous voir. J'ai regardé le mur. Nous n'avons rien dit. Nous nous sommes approchés de cette digue accablante puis j'ai joint mes mains et elle y a calé son pied menu. Elle était légère comme le sable, comme la course vaporeuse des nuages dispersés. Je l'ai envolée vers le ciel, comme un oiseau, elle s'est posée au sommet de la muraille, et m'a tendu la main. Je me suis élancé, et j'ai volé. J'ai volé par-dessus la route, par-dessus la course du temps. Et nous avons franchi le mur.
La couleur.
Le ciel : bleu.
La terre : verte.
Le cœur: rouge.
Des collines, des rivières, des arbres, des odeurs...
Éblouis par l'horizon multiple, le souffle coupé nous nous sommes étendus dans l'herbe grasse. Nous délassions nos jambes qu'une vie de marche avait durcies.
Reposés, nous nous sommes redressés et avons exploré, les environs il y avait une baraque grise, isolée tel un navire perdu au milieu des océans. Nous avons cherché la couleur. Nous avons ôté nos habits poussiéreux, elle a coupé ses longs cheveux.
Libre.
Le soir il s'est mis à faire froid. Nous découvrions de nouvelles sensations. Le froid, puis la faim. Nous avons rejoint la baraque grise et avons fermé les volets. Au fond de la pièce une petite porte restait close. Nous n'y avons pas pris garde.
Elle s'est étendue sur le sol. J'ai regardé ses seins, ses tétons, ses hanches et ses cuisses un peu grasses, et puis la toison, et des idées nouvelles me sont venues.
La nuit s'est mise à chanter autour de notre bateau de liberté et la femme a soupiré entre mes bras.
Les jours ont passé.
Elle a grossi.
La faim, le froid, l'inconnu.
J'ai poussé la petite porte close espérant trouver des réponses, ne serait-ce qu'un peu de nourriture, une carte, une boussole.
J'ai poussé la petite porte.
Une route grise et au-delà un mur.
Je me suis retourné. Elle regardait la route et j'ai compris.
« Rentrons » J'ai dit.
Je l'ai aidée à se lever. Elle gardait une main sur son ventre plein.
Nous avons franchi la petite porte.
Alors elle s'est accroupie sur l'accotement. Elle avait mal.
Nos regards se sont délacés et j'ai repris la route. Le chemin de la méthode.
Ven 6 Fév - 17:09 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Sam 7 Fév - 07:36 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Tu m'as tellement foutu les boules que je te commenterai pas tout de suite.

Non mais !

Edit : une demi-heure après j'ai pas digéré ^^!

Et c'est bon signe en fait.

Ton texte est une immense métaphore dont chaque petit détail, chaque description semble avoir un sens (pas tellement caché en fait), une dimension particulière. C'est beaucoup de travail, l'air de rien. Dans le cheminement de l'idée, et puis la fin qui me... 'fin bon ça je l'ai déjà dit ^^

Je trouve ça hyper fort. Hyper fort.

Ta poésie, je commence à la connaître un peu, elle fait pourtant toujours étincelle. Mais en plus là, t'as des dialogues, pfiou.

"-Je ne sais pas.
-Tu ne sais rien.
-Toi tu sais tout mais tu ne fais rien.
-Je ne fais rien car je sais tout. »

Tes mots sont simples, et c'est d'une justesse implacable. J'ai aimé cette épuration (comme dans les stations ouais^^)

Bref. Restons bref pour la fin, MERCI
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Sam 7 Fév - 07:36 (2015)
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 04:08 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Hum, je suis perplexe... La philo est-elle obligatoirement synonyme de truc pas très clair ? J'ai vraiment pas tout tout capté de là où t'allais (pour un cheminement, c'est un comble.) En définitive, je me demande si tout ce que tu écris dans ce texte a un sens pour toi. Et si oui, est-ce que c'est volontaire que tout soit si obscur ou est-ce que t'avais dans l'idée qu'on comprenne quand même un peu ? Y'a plein de belles phrases, mais je me demande si y'a vraiment quelque chose à lire entre les lignes. Après, c'est sûr, c'est le genre de truc qui marche au ressenti, on est touché, ou pas, et pour ma part en l'occurrence..... J'ai l'impression qu'y'a trop d'esbroufe, trop de réflexion et pas assez d'authenticité.

Le pire, c'est que ça m'a vachement fait penser à du Paolo Coehlo : une sorte de quête initiatique, via un concept simplissime : marcher sur un chemin. Mais Coehlo, il est compréhensible, car simple tout du long, et rend ses réflexions philosophiques très accessibles. Tu fais des phrases courtes, tu n'emploies pas un vocabulaire trop complexe (à part quand t'utilises protéiforme et paradigme dans la même phrase), l'écriture est hyper solide, c'est clair ! Maiiis je comprends pas. La route est barrée pour moi. Bon, j'suis assez dure dans la critique, mais un texte comme ça, ça me donne l'impression d'être une grosse teubé, et j'aime pas ça.

Après, il est 3h du mat', aussi...
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Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Dim 8 Fév - 04:08 (2015)
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 13:14 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

On a pas du lire le même texte Mo

Je dirais pas que j'ai compris toutes les métaphores mais moi j'ai vu ce chemin comme une métaphore du parcours de l'Homme. Une vision plutôt flippante de l'humanité mais moi ça m'a pas parlé. Et puis il y a une leur d'espoir à un moment, cette échappée au -de-là du mur, et finalement, la route reprend son cours. C'est terrible.. Moi j'y ai vu l'idée que l'homme est un mouton en quelque sorte.
Après comme l'image m'est venue de suite, chaque élément venait compléter mon interprétation, mais comme tu dis c'est une question de ressenti personnel, et je me suis peut être complètement gourée aussi ... Mais j'ai pas ressenti cette distance ou quoi ...
_________________
Rafistoleuse
Dim 8 Fév - 13:14 (2015)
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 15:06 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Tu m’as embarquée avec ce texte dans un monde sauvage, quasi animal, avec tous ces hommes, ces femmes et ces mômes qui portent le fardeau, le même, jusqu’à l’abattoir. L’écriture est dense, et tu poses le décor d’emblée. Clairement ça pue, c’est poussiéreux, y a plus l’espoir, y a que la survie de l’espèce. Et pis l’air de rien assez naturellement tu laisses passer l’oxygène par une rencontre, et d’ailleurs de cet instant là, ça devient plus aérien dans le style aussi, notamment dans les dialogues où ça vient se poser comme un rayon de lumière et d’espoir sur toute cette lourdeur poussiéreuse et animale. Un peu comme dans le Passeur (ou dans Matrix) on a comme une ouverture, une lueur, une brèche dans cette pensée commune, aliénante et aveuglante. Cette parenthèse quasi onirique qu’ils s’offrent à deux, contraste grave avec l’ensemble et ça fait un bien fou, mais toi, même si tu ne perds pas de vue l’humanité dans ce qu’elle a de plus grandiose, tu n’oublies pas aussi de nous rappeler ce qu’elle a de plus sordide, et finalement, tu boucles la boucle en refermant ta brèche. C’est à partir de là que je t’en veux à mort, car je suis à l’eau de rose, et je crois-moi que l’amour sur la sauvagerie du monde, normalement doit l’emporter.
Mais c’est toi l’auteur, c’est toi le maître alors je m’incline…

Très beau jet bravo!
_________________
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http://aubordeldesrev.eklablog.com/
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:59 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Merci pour vos coms.
Mo, je me suis demandé si j'avais été si obscur que ça, mais Raf, à qui je n'avais rien expliqué a capté, donc j'ai peut-être pas complètement raté.
Et ouais j'te trouve un peu dur.
C'est déjà super décevant quand les gens restent en surface d'un texte sur lequel on a bossé, alors ça fait pas plaisir quand on te prête certaines intentions.
Y a pas de gratuité, j'y ai mis des choses, dans mon texte et j'ai essayé de le faire bien.
Je reconnais de l'esbroufe à un seul endroit et tu l'as relevé, et c'est même pas tellement de l'esbroufe parce que la phrase détonne trop pour être complètement prise au sérieux (même si elle a du sens), c'est là où j'ai calé paradigme et protéiforme. J'avais le sourire en les casant. Je l'avais même faite lire à Raf avant de poster mon texte  pour lui faire croire que j'préparais un pensum (j'te tends la perche, j'sais bien que tu l'as lu comme un pensum)


Tu parles d'authenticité. Je sais pas ce que tu veux dire. D'après moi, la philo on peut l'écrire sous la forme que l'on veut, pour peu qu'on donne un peu de sens à son texte, de la philo y en a partout, ça pour dire, y a pas de bonne façon de faire j'pense. Toi tu l'as fait en te basant sur un exemple concret, en puisant pour une part, dans ton vécu, et tu t'en es super bien tirée, perso j'ai opté pour une sorte de conte métaphorique peut-être trop abstrait, qu'on peut juger raté, ou ne pas aimer, mais j'pense pas que la forme soit en cause, ni qu'on puisse me reprocher de pas avoir tenter d'y donner du sens. 
Quelle qu'elle soit, avant la forme on a tous puisé dans nos vécus, nos illusions, nos déceptions, etc.


Puis tu te doutes bien que j'ai pas pondu un texte sans avoir réfléchi au fond. J'y ai mis des choses, et j'ai essayé de le faire bien. 


L'idée c'était celle-là. T'as une route. Sur cette route, chacun chemine vers un concept, une vision, pour certain la religion, pour d'autres la thune, des sectes, etc. chaque société impose sa vision du bonheur, un saint graal, la richesse, un dieu à atteindre. Mais au final ils vont tous en troupeau sur cette route unique, sans voir la liberté possible sur les côtés, au-delà du mur.
Mon mec et la meuf ont eut l'idée de franchir ce putain de mur parce qu'en échangeant, en pensant par eux-même ils sont parvenus à voir les choses différemment. La liberté c'est l'inconnu avec des tas de difficultés, y a juste a les affronter. Y a des tas de possibles, sauf qu'à la fin, ils sont pas cap de relever les difficultés et décident de retourner sur la route. Ils rentrent dans le rang.


Voilà.
 
Dim 8 Fév - 17:59 (2015)
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ATea
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MessagePosté le: Lun 9 Fév - 11:31 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Je reprends mes notes manuscrites, et je lis :


"Chemin de Compostelle, Pélerinage. 
Suivre comme des moutons.  
Qu'en est-il du libre-arbitre? A-t-on le choix ? 
Sortir des chemins battus. Puis j'ai barré le mot chemins (une déformation lié au sujet je pense ^^) Et, j'ai parlé des sentiers battus. Choisir une autre vision, s'isoler. Puis reproduire les mêmes choses.  
Aliénation du peuple" 

 
L'Aliénation d'un peuple par n'importe quelle chose. La politique, à la religion, mais il y a tellement de choses où le Peuple suit. Parce qu'ils n'osent pas. Sénèque dit (enfin disait) "Ce n'est pas parce que c'est difficile que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que c'est difficile". Et cette phrase comme un leit motiv, je me la répète parfois. Y'a aussi un truc mais je saurais pas le dire avec les termes exacts qui dit que lorsqu'on se trouve une excuse pour pas faire quelque chose, que l'on dit qu'on a la flemme, c'est en fait une peur cachée, enfouie, celle de créer. Et que nous choisissons la facilité de rester dans le canapé plutôt que d'aller se faire un café. Je schématise bien sûr. Mais c'est un peu une sorte de théorie des possibles. Le fait de mobiliser son esprit et son corps à se bouger, à dire "OUI" à un désir (même de café) l'encourage à modifier ses habitudes, ses rouages. Et si l'on se lève pour aller boire du café, nous créons toujours plus de possibilités que de rester allongé dans le canapé. Enfin, bref, c'est l'idée. Mais c'est comme le fait de tous prendre un GPS pour aller plus vite d'un point A à un point B. Avant on prenait une carte, on repérait les noms, on se débrouillait et surtout on se perdait, donc on créait. Maintenant, on ne crée plus. On suit. On suit bêtement. Comme des moutons. Comme des bêtes. On ne réfléchit plus, on ne critique plus. On ne questionne plus rien parce que cela passe pour de l'insolence, pour de la mauvaise graine, pour un con ou une mégère. 

Voilà ce que j'en avais gardé au rythme de ma lecture. 


Mais, j'ai trouvé que les descriptions étaient peut-être un peu trop "lourdes", trop chargées pour laisser parler l'essence du texte, pour m'embarquer totalement. J'ai trouvé des phrases bien trop tournées qui empêchent l'expression même, ça accroche trop. Y'a trop de petits cailloux dans la chaussure pour pouvoir te suivre sur le chemin. Je n'ai pas trouvé cette poésie que j'aime dans tes textes.


"Leur course erratique les menait quelque part. Elle les menait à leur perte."
J'ai volontairement coupé la phrase. parce qu'après ça parle de miroir, de moi, etc... Et en fait, je trouve que ce retour sur l'Ego est de trop. Je trouve cela dommage cette première personne. Cela empêche le passage de beaucoup de messages, de descriptions, de choses diverses et variées.
Bref, je voulais pas partir sur ça. 
Je pensais à cette phrase. La course qui mène à leur perte. Quand je l'ai lu, j'ai pensé mot pour mot: 


"L'essence même du conditionnement, faire croire que ça nous mène nulle part". 


Briser tout espoir. Briser toute lueur d'espoir. Parce que s'ils nous laissaient entrevoir ne serait-ce qu'une infime partie de là où cela pourrait nous mener, on serait plus nombreux à croire, à espérer, à tenter et on deviendrait "intenables". Et pour eux, ce serait le début de la fin. Alors que finalement, certains le font, le tentent et réussissent ce qu'ils entreprennent, peu importe ce que c'est. 


Enfin, voilà mes petites réflexions ici et là. Mais je m'arrête parce que sur ma dernière idée, je pars dans une idée de Révolution, de Lutte, de Choix,... 


Le Choix dont parle ton texte, c'est le Choix que l'on nous propose, le Choix que l'on nous impose plutôt...
Nous reste plus que cette chose profonde. Ces choses qui nous restent, si personnelles, si intimes : notre Libre Arbitre, notre goût pour la Liberté, notre Passion aussi. Et là encore, nous avons le choix de les laisser s'exprimer ou celui de les faire taire. Il faut que la Réflexion accompagne l'Instinct pour que cela perdure. 


Maintenant, j'arrête. ^^
_________________
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Lun 9 Fév - 11:31 (2015)
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MessagePosté le: Mer 18 Fév - 21:33 (2015)    Sujet du message: Le chemin Répondre en citant

Merci pour ta lecture attentive et tes réflexions. Je ne savais pas à quoi m'attendre, craignant un peu ton com, et finalement je vois que tu as complètement capté mes intentions. Du coup je suis content.  Cool
Mer 18 Fév - 21:33 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:26 (2016)    Sujet du message: Le chemin

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