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MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO !

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Dim 15 Fév - 18:22 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

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MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO !

La réaction d’Otis me surprend. Sa tête surtout. Je doute. Je ne bouge pas. J’imite le lézard.
D’habitude ce n’est pas mon style. Je suis du genre fonceur. Je ne perds pas de temps, je vais tout droit. Quand je vois un virage, je le coupe. Rassurez-vous c’est une métaphore, je suis assez patient pour respecter le code de la route. Bien que j’ai, pour les feux rouges, une double haine. Esthétique d’abord, je ne supporte pas ce bâton d’esquimau à trois yeux d’une rigidité affligeante. Philosophique ensuite, ce totem à trois choix ne veut rien dire. Depuis quand la vie obéit-elle à un mode ternaire ? C’est oui ou non, sans le peut être. Avez-vous déjà remarqué un automobiliste, à l’approche du feu, sortir de son véhicule, se gratter la tête et s’interroger : « j’y vais ou j’y vais pas ». ? Non. Dans le cas contraire s’il le fait, ça passe au rouge rapidement, puis il reçoit une série d’insultes des quatre roues le collant au train. A moins qu’un nerveux lui emboutisse le pare choc arrière et entraine la rédaction d’un constat dit « à l’amiable ».
A l’amiable pff ! Quelle escroquerie. Les amitiés ne naissent pas grâce aux accidents de la route. Même si les protagonistes échangent, parfois, leurs numéros de portable.
J’ai eu le 06 d’Otis par le biais de Séverine, sa secrétaire. Elle est plus bavarde que lui. C’est une éolienne à paroles. Quand on sait qu’elle ne dit rien de transcendant, ça fait froid dans le dos.
Je me suis trompé sur Séverine. Je me trompe souvent sur les gens. Je l’ai jugée sur son physique. Je n’y suis pour rien. J’ai le regard du peintre, l’œil de l’artiste pour qui la forme l’emporte toujours sur le fond.
Nous nous sommes rencontrés un mercredi soir de Février. J’aime le mercredi, parce que c’est un jour fétiche dans ma vie. J’ai reçu le BCG un mercredi, j’ai mangé mon premier carambar un mercredi, j’ai eu mon bac un mercredi, j’ai acheté l’album blanc des Beatles un mercredi, j’ai fini le Rouge et le Noir un mercredi, j’ai vu Fisher King un mercredi. J’ai embrassé Anaïs Brouart sur la bouche un mercredi, j’ai vendu ma première toile un mercredi.
Ah, si la semaine n’avait que des Mercredis, ce serait le rêve absolu. On devrait changer le calendrier. Vous savez, j’ai essayé d’en glisser un mot au pape. Peine perdue. Impossible d’avoir un rendez-vous avec lui. J’ai trouvé plus overbooké que moi.
Pour votre serviteur, avoir deux heures de libre est difficile. Je ne tiens pas en place, on me croit là et je suis ailleurs. C’est très embêtant dans mon activité. Peindre demande du temps, de l’observation, de la contemplation. Il faut se poser. Et moi j’ai horreur de me poser !!!
Alors j’ai trouvé un truc, un concept. Je fais dans le Mac Do, mais le Mac Do rare. Car tout ce qui est rare est cher.
Je ne vois pas pourquoi, je me mets à vous parler de ma profession. Vous n’avez pas les moyens d’acheter une de mes toiles.
Otis si.
C’est dommage vous m’êtes sympathique, bien que je ne sache rien de vous. Une petite photo m’aiderait. Allez ! Soyez chic ! Vous avez bien un cliché de votre bobine quelque part, voyons. Par exemple dans un fichier de votre ordinateur ou encore sur votre téléphone. Quoi ? Vous craignez de ne pas être à mon goût ? C’est une erreur. La beauté est partout. Il suffit de savoir regarder.
Tenez dans le cas qui nous intéresse, même un mal voyant aurait trouvé Séverine belle. C’est dire le potentiel qu’elle a. Avec elle le beau dégouline de partout.
J’ai le souvenir de ce Mercredi soir de février, le souvenir de son ombre et de sa silhouette magnifiquement découpée.
Séquence remember.
D’emblée je vis sa manière de bouger, de théâtraliser ses mouvements. Faites que je n’en entende pas sa voix me dis-je. Hélas je la perçus, un bref instant. Au milieu des commentaires dithyrambiques sur un tableau, son timbre s’éleva pour proclamer : « c’est presque le portrait craché de mon chien. Il s’appelle Poutine ». Le silence se fit et tous regardèrent la responsable de cet aparté avec dédain.
- Je ne vois pas le rapport avec le dégradé dans les couleurs mademoiselle s’offusqua un bobo post soixante huitard
- Et elle de se justifier : Ah non je ne parlais pas des couleurs, je parlais du chien, le machin qui ressemble à une serpillère sur le tableau
- Une serpillère ? Vous parlez surement, mademoiselle, du balai
- C’est un balai ça ! Ah… C’est vrai vous avez raison. Je me disais bien, ce chien a une queue trop longue et trop rigide
Elle pouffa bruyamment.
Le bobo s’écarta du groupuscule pour rejoindre le buffet. J’avais trouvé refuge là, attendant que la foule cessât de sucer les toiles au profit des olives.
- S’adressant à moi il me dit : de nos jours, on n’invite n’importe qui aux vernissages vous ne trouvez pas ?
- Ça s’explique, vu que m’importe qui achète des tableaux
- N’importe qui ?
- Enfin, ceux qui ont les moyens
- Comme lui là-bas
- Qui ?
- Lui, Otis Borzov
- Je ne le connais pas
- C’est un nouveau dans le milieu, plus dépenseur, qu’amateur d’art. Il a fait fortune dans le gaz. Et vous, vous faites dans quoi ?
- Je fais dans l’humain. Accessoirement je mange des olives et je crache des noyaux. Vous permettez.
Je saisis une coupelle et crachai.
Toujours le nez sur le tableau, Séverine disséquait le bas de l’œuvre à la recherche de quelque chose.
Je me mis à sa hauteur pour observer moi aussi, la toile.
- Vous aimez vous attacher aux détails ?
- Comment ça les détails ? Ah non, vous n’y êtes pas. Je veux être sure que c’est un chien, je cherche les yeux. Un sale type m’a dit que c’était un balai. Vous y croyez vous, un balai dans une cuisine ?
- C’est tout à fait possible
- Et ça là ! C’est bien un bol pour le que chien boive de l’eau !
- Ah non, C’est une bassine. D’ailleurs l’eau a de la mousse
- Ah non, ce n’est pas la mousse, c’est de la bave de chien. Les chiens bavent quand ils boivent.
- Vous avez un sens effrayant de la déduction mademoiselle. Oh ! pardonnez-moi je ne suis pas présenté. Pablo, artiste peintre.
- Séverine, secrétaire. C’est de vous ce tableau ?
- Non. C’est un Miro
- J’espère que vous êtes plus doué que lui. Parce que ce truc-là, c’est pas terrible. Vous aimez vous ?
- Disons que c’est particulier. Mais j’avoue qu’il y a du savoir-faire. Je suis admiratif de sa technique
- Sa technique ? Je dessine mieux les chiens que lui.
- Je n’en doute pas
- Vous voulez voir ?
Séverine fouilla dans son sac, un fourre-tout zébré en harmonie avec ses talons hauts. Elle en sortit un carnet moleskine ou elle me montra, à la première page, une forme non identifiée. Ça ressemblait à une boule de poils noirs avec deux billes blanches au milieu, autrement dit un chien.
Que répondre à sa naïveté et son enthousiasme ? Lui donner mon plus beau sourire à défaut d’une critique coupant les ailes.
J’eu l’air d’un imbécile, sans doute, en lui offrant mon visage ultra bright. Au contraire, elle le prit bien et en rougit.
A moins que ce ne fût en réaction à l’arrivée d’un homme massif, aux mains aussi larges que son porte-monnaie. C’était Otis Borzov. Il prit Séverine par l’épaule, et lui fit le signe du départ.
- Désolé Monsieur, mais nous devoir rentrer.
- Pas…
- Moi adorer peinture de vous. Il me montra le tableau du soit disant chien. Moi vouloir acheter
- Très..
- Voici ma carte. Vous appeler moi vite
- Parf…
Je n’avais pas pu placer un mot. Il s’était trompé de bonhomme et m’avait pris pour un autre. Borzov avait quitté la salle au bras de sa secrétaire, suivi par quelques malabars.
Ce n’était pas un individu à qui on disait : vous avez tort. Et si vous osiez, vous risquiez d’avoir quelques soucis.
Il n’y connaissait rien à la peinture. J’étais Miro à ses yeux. Autant en profiter.



Dès le lendemain je me mis à l’ouvrage, en version figurative espagnole. Je pris le catalogue de l’expo et reproduisit le Miro au trait prés. Enfin presque.
Comme à l’accoutumée, je fus saisi de spasmes, emporté dans une folie. L’autre moi peignait et voyageait dans une transe.
Le regard concentré sur la photo de la toile, j’eus ses proportions dans l’œil instantanément. Un don de Dieu.
Puis la disposition des éléments vinrent, les couleurs aussi.
Je représentai une cuisine avec son plan de travail boisé, dessus la côte de bœuf en nature morte offerte à un couteau mou. J’entendais, par anticipation, les plus tordus des critiques en dégager une allégorie de l’impuissance.
Car je ne me faisais aucune illusion sur eux. L’art était devenu une vulgaire branlette à synapses. Ou était donc passé l’émotion ? Elle avait foutu le camp dans une valise de billets de banque.
Oui l’émotion s’était nichée là et trouvait sa raison d’être dans la minute ou l’artiste recevait le fruit de son labeur.
Depuis longtemps ce n’était un fruit mais un verger. Je profitais du système.
En étais-je réellement heureux ? Oui, oui, et encore oui. Je jouissais de mon talent et de mon vivant.
- Et la postérité, t’en fais quoi ? m’avait dit un de mes amis, un intégriste du pinceau aussi raseur qu’un gilette cinq lames.
- Je lui avais répondu : l’orgueil et la gloire n’intéressent plus les morts
Je me moquais de laisser une trace.

Mon agent passa en fin de journée. Je ne l’avais pas appelé. Inutile de le tenir au courant. Il savait pour le vernissage, pour Borzov, pour Miro.
Terence n’était pas un homme, c’était une paire d’oreilles et d’yeux douées d’ubiquité. Il avait des informateurs partout. Ses ennemis l’appelaient le Fouché de l’art, ses amis aussi.

Il avait un côté Orson Welles de par son physique 16 9éme, et sa respiration d’asthmatique. Je l’entendais arriver de loin.
Un son de ventilateur rauque devança le dring de mon interphone.
- Sa voix familière balança : « ma poule aux œufs d’or, c’est moi !, tu m’ouvres »
Pour me rejoindre à l’étage, il n’empruntait plus l’escalier. Il prenait la remonte charge.
Ses pas faisait bouger les murs et donnait à la maison des allures de châteaux de cartes japonais pris dans un tremblement de terre.
- Quand arrêteras-tu de grossir Terence ?
- Quand je cesserai de toucher un pourcentage sur la vente de tes toiles
- Ce n’est pas demain la veille ajoutai je dans un fou rire.
- T’as raison mon vieux. Comment tu vas ?
- Bien. Et toi ?
- Ca roule. J’ai appris pour Borzov. C’est un gros pigeon.
- Je peux en tirer un sacré magot
- Fais gaffe. L’oiseau est con, mais il a horreur de passer pour un con
- Je m’en suis rendu compte. Tu sais la dernière ? Il me prend pour Miro et veut m’acheter une toile
- Je sais. C’est pour ça que je te dis de faire gaffe.
- T’inquiètes je suis sur mes gardes. En attendant jette un œil sur cette toile
- Putain c’est quoi ça ! C’est du Vogica !
- En quelque sorte. C’est un faux Miro
- Non tu déconnes là ?
- Je t’assure
- Un Miro ça ! Des placards blancs aux murs, une planche en bois, un gros steak et un évier en inox ! Et je ne te parle pas de ce carrelage jaune pisseux. Même ma femme n’en voudrait pas de cette cuisine-là !
- Borzov la veut. Et il est prêt à y mettre le prix
- Ma parole, il est vraiment con !
- Ca tu l’as déjà dis


J’ai appelé Borzov hier. J’ai longuement hésité. Ma main et ma voix ont tremblé. C’est fou.
Je l’ai eu tout de suite, et ça n’a pas trainé. Ce type est adepte de la conservation yes no ok. Ses phrases sont toujours aussi courtes et bancales grammaticalement parlant.
L’académie ne sera jamais pour lui, parce que discourir le barbe. J’ai encore ces derniers mots dans mes oreilles : « toi passer voir moi demain 19h. Toi donner tableau contre argent. Secrétaire donner adresse de moi. »
Au moins, on ne perd pas de temps. On va droit au but. Contrairement à Séverine. Je l’ai eu au téléphone juste après le boss pour finaliser le rendez-vous. Finaliser ça doit être rapide, enfin par pour elle. Ca été l’enfer.
- Secrétariat de monsieur Borzov, j’écoute
- Séverine c’est Pablo
- Ah c’est vous, je suis contente de vous avoir. Vous savez, dès que je parle de vous à Poutine, il remue la queue
- Poutine ?
- Oui Poutine mon chien
- Ah vous avez un chien ?
- Comment ça ? Je ne vous ai pas parlé la dernière fois ?
- Non. On n’a parlé peinture. Et j’ai vu votre patron. A ce sujet….
- Vous êtes hétéro ?
- En voilà une question
- Non c’est que.. Quand Poutine remue la queue quand je lui parle d’un homme. C’est qu’il est hétéro.
- Votre chien a de sacré scoop
- Vous parlez comme un journaliste. J’adore. Vous appelez pourquoi Pablo ?
- Est-ce que vous pouvez me donner l’adresse de Monsieur Borzov, j’ai rendez-vous avec lui demain
- Je sais. Monsieur Borzov me l’a dit pas plus tard que tout à l’heure. Vous avez de quoi de noter ?
- Oui
- Alors, vous savez écrire ! C’est chou ça ! Comme les journalistes. 4, impasse Staline Paris 10éme. Le code de l’interphone est COCO17.
- Bien, Merci. Ah faites la bise à Poutine pour moi
- Et moi, je n’ai pas le droit à la bise
- Si. Mais demain quand je vous verrai.
- C’est qu’à 19 heures, je dépose ma boule de poils chez le toiletteur. Mais pour vous je vais décaler.
- Formidable. A demain alors Séverine
- A demain Pablo





18h57, le taxi me dépose au 4 impasse Staline devant un hôtel particulier aux grilles rouges. Je tape sur l’interphone et m’annonce. Un grognement me répond. Je suis incapable de savoir si c’est du lard ou du cochon, tant la voix oscille entre la satisfaction et l’emmerdement. Puis elle me parle enfin : « vous taper code pour entrer ». On progresse dans le français, c’est presque du langage soutenu. Tout de même, ce Otis Borzov a de drôle de manières.
Sésame COCO17, ma mémoire ne me trahit pas. La cour intérieure est quasiment nue, seuls quelques gardes assurent la sécurité. Je montre pattes blanches devant ces hommes. Je retiens un rire nerveux devant leur apparence. Parfois, la nature donne à voir certains mix, que même la littérature et le cinéma ne pensent pas inventer. Imaginez des personnages avec le facies de Stallone et la coupe au bol de Mireille Mathieu.
J’ai en face de moi un spécimen de ce mélange esthétique. Je lui montre mes papiers et le carton dans lequel loge la toile. Je lui dis que j’ai rendez-vous. Il fait la moue.
- Puis je rentrer ?
- Oui je crrrois
Ses bras se tendent et m’indiquent la direction d’une porte vitrée qui s’entrouvre à l’instant.
Je gravis les quelques marches qui me séparent d’elle. Et je rentre.
Une asperge à fort accent russe m’annonce : Monsieur Borzov va vous recevoir.
Le hall est un cabinet de curiosités traversé par un curieux courant d’air. Des meubles bas servent d’estrades à quelques objets insolites : les chaussures de Kroutchev, les lunettes de Lennon, le chapeau du Ché, la cravate de Nixon, Le képi de De Gaulle, une poignée de cheveux d’Elvis. L’homme a donc les moyens.
J’avance guider par la lumière des appliques murales. Elles crachent un orange baveux dégoulinant sur les murs et leurs environs.
Elles forment une ligne très ticket de métro finissant sa course au pied d’une porte. Elle s’ouvre. Une femme me prend la main. C’est Séverine.
- Vous voilà enfin Pablo. Vous êtes en retard
- Il me semble que non
- Si. Vous êtes en retard. Je sors Poutine pour son pipi à 19 h. Or il est 19h03. Remarquez je suis en retard aussi. Résultat Poutine a fait sur le tapi du bureau de Monsieur Borzov
- Personne n’est parfait.
- Vous êtes gentil. Vous savez Pablo, C’est le deuxième Persan que mon chien détruit. Au troisième ce sera l’euthanasie.
- Vous croyez ?
- J’en suis certaine. Monsieur Borzov tolère les chiens. Je crois qu’il préfère les chats.
- Ou allez-vous Séverine ?
- Il vaut mieux que je m’éclipse avec Poutine. Je connais Monsieur Borzov, ça va barder.
Regard sur le Persan en question. Une petite auréole au centre. Rien à voir avec le savoir-faire manuel de Téhéran. Un chat venu de la pièce d’à côté se couche dessus. Il fait mine de commencer une sieste. C’est pour tromper l’adversaire. Il se redresse et pédale toutes griffes dehors sur le tapi.
Borzov arrive. Sa voix grave peste « Glasnost Si toi recommencer !!! » . L’homme se rapproche. Le chat continue. Borzov sort de sa poche un flingue et dégomme l’animal. Du sang sur le tapi, un trou dans le ventre. La voix grave se calme et récite comme une sentence : « jamais Glasnost être aussi transparent »
Whoua, c’est presque une phrase complète
- Vous bienvenue chez moi
Il me serre la main. Il me la broie.
- Bon vous avoir tableau ?
- Oui
- Da !! Parfait
Vous savez quoi, moi cette histoire je commence à ne pas la sentir du tout.
Et s’il découvrait le poteau rose ? Et s’il s’y connaissait un peu en peinture ? Et s’il était moins con que le prétendait Terence ?
Je suis très mal. Je transpire.
L’autre porc de Borzov rigole à pleine dents. Il s’amuse devant la maladresse de l’asperge qui a du mal à évacuer le corps de Glasnost. C’est que porter des gants blancs n’aide pas à la dextérité. Ça glisse. Le pauvre tente de serrer la dépouille féline contre son cœur. Sans succès, il la laisse tomber. Un autre tache de sang maquille le tapi. L’asperge devient blanche. Borzov finit de rire et shoot sur le cadavre du chat.
- Moi faire du foot dans ma jeunesse. Moi être bon
- Ou. Oui
- Assez jouer. Vous sortir tableau ?
- Si si si Monsieur Borzov
- Vous appeler moi Otis
- Bien Monsieur. Heu Otis
La toile quitte l’étui en cuir. Je tremble toujours. Je la pose sur une chaise. Elle fait face à Borzov, enfin Otis.. Il rit encore. Est-ce un rire ironique ou un rire de bonheur ?
La réaction d’Otis me surprend. Sa tête surtout. Je doute. Je ne bouge pas. J’imite le lézard.
Le temps s’arrête. Je vois cet homme tripoter son arme et accentuer son rire. J’ai envie de pisser. Faut pas ! J’ai envie de gratter les murs d’angoisses. Faut pas !
- Moi aimer beaucoup le chien
- Le chien ?
- Oui. Moi aimer Chien avec grosse queue raide
- Celui du tableau ?
- Da
Ouf ! J’ai bien fait de remplacer le balai.
Otis sort de la pièce avec son flingue. Il revient avec une valise de billets. Affaire conclue.

Ma main molle s’offre à lui.
- Non. Moi jamais serrer main Ami. Moi embrasser ami.

Le boucher de la SPA me roule un patin à la russe.
L’art rapproche les hommes c’est bien connu.
Dim 15 Fév - 18:22 (2015)
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Linelea
Plumivores
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Inscrit le: 19 Sep 2013
Messages: 938

MessagePosté le: Dim 15 Fév - 20:20 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

Ca va à cent à l'heure ! Il a de la tchatche celui-là ^^
J'ai beaucoup aimé la première personne, d'ailleurs c'est marrant que tu ais pris le même angle qu'Odepluie à ce niveau là ^^
Le thème s'y prêtait bien !

Comme perso Otis est bon aussi dans son genre XD

bravo
Dim 15 Fév - 20:20 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Dim 15 Fév - 21:23 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

Pfiou mais quelle imagination, je suis hallucinée, je sais pas où tu vas pêcher tes idées de dingue mais ça fonctionne formidablement bien !

J'adore l'idée, les références que tu glisses, tout a sa place, et tes personnages sont vraiment tops...

Bravo bravo.
_________________
Rafistoleuse
Dim 15 Fév - 21:23 (2015)
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MessagePosté le: Lun 16 Fév - 20:17 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

Rha j'ai passé un super moment à te lire. Comme d'habitude, ton humour fait mouche et cette touche burlesque me plait toujours autant. J'étais tellement happée par ton histoire que j'en avais même oublié le thème, jusque ce que tu l'amènes "brutalement" à la fin avec Otis ! C'est fort, on le voit pas venir !

Comme d'hab, j'adore tes références et tes métaphores... (le feu rouge, j'ai adoré ; le croisement Stallone/Mireille Mathieu, j'en ai pouffé de rire sur mon écran)

Après j'ai peut être trouvé la caricature des personnages un peu trop subtile... du coup je ne sais pas si le "con" c'est Séverine (nunuche mais maline tout de même) ou Otis (brûte épaisse, mais qui a tout de même "réussi" et peut être pas si con que ça) ... Bref, je chipote sur la contrainte mais franchement, j'ai quand même adoré !
Lun 16 Fév - 20:17 (2015)
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Octobell
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MessagePosté le: Lun 23 Fév - 02:23 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

Bon, trois ans après...

Line a écrit:
d'ailleurs c'est marrant que tu ais pris le même angle qu'Odepluie à ce niveau là ^^

Sauf qu'Hector écrit toujours ses textes à la 1e personne... Alors moi ça m'attire moins quand c'est systématique. Je ne trouve plus forcément de raison au "je", et j'aime pas trop lire de la première personne quand je n'y trouve pas d'utilité particulière. La 3e personne est tellement plus agréable à la lecture ^^ Bref, tu vois, pour mon choix de CDC, j'ai fait un tableau des + et des -, et j'avais 2 moins : L'usage de la 1e personne.

... Et le "poteau rose", qui, en fait, s'écrit "pot aux roses". Si, j'te jure, c'est vrai ^^

Pour revenir à la première personne, oui, on pourrait y voir de l'hyperactif qui parle trop. Populaire dans le sens où il est un peu renommé. Why not. Mais il m'est apparu un poil loser quand même, ce narrateur.

Bref, en dehors de ces petits bémols, y'a des grosses grosses perles, comme toujours quand on lit un de tes textes. Contrainte/thème mis à part, c'est juste super savoureux, y'a des jeux de mots à tomber par terre. Mention spéciale pour la réplique : « Et vous, vous faites dans quoi ?
- Je fais dans l’humain. Accessoirement je mange des olives et je crache des noyaux. Vous permettez. » qui m'a tuée !

Concernant le thème, on est plutôt dedans, on s'attend quand même au pire avec cette toile, et c'est bien le but de la manoeuvre, donc bien joué.

Et pour la contrainte, hormis le narrateur qui ne me convainc qu'à moitié, y'a Séverine, et son commentaire sur la toile de Miro qui sont à se pisser dessus ! Mon dieu que ce personnage est terrible ! J'ai adoré !

M'enfin au regard du défi en lui-même, j'ai pas été absolument convaincue (si ça peut te consoler, t'étais mon coup de coeur sur le défi de Odepluie, ça compte ? ^^)
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Lun 23 Fév - 02:23 (2015)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mer 25 Fév - 01:44 (2015)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO ! Répondre en citant

Ton texte est enlevé, drôle et ne s'essouffle pas. Je me demande comment tu fais pour partir aussi loin et retomber sur tes pattes. Tu as du style, et l'art de la formule. On te sent curieux et insatiable et le lecteur en profite. Bravo
Mer 25 Fév - 01:44 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:14 (2016)    Sujet du message: MIRO ! VOUS AVEZ DIT MIRO !

Aujourd’hui à 12:14 (2016)
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