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Somewhere Aylce.

 
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Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
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MessagePosté le: Lun 16 Mar - 04:43 (2015)    Sujet du message: Somewhere Aylce. Répondre en citant

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Comté de Tipperary, Juillet 1848


Notre île se laisse déserter, impuissante. La nature a pris ses aises, elle a gonflé nos terres d’un champignon dévastateur pour nos cultures. Le mildiou nous a attaqués dans nos racines. La pomme de terre, c’était notre gagne-pain. Ce virus détériore chaque petite surface exploitable de l’île verte, grignotant à une vitesse gargantuesque ce qu’il nous reste entre la peau et les os. Et la peur. ..Elle écarquille nos yeux, rend notre désarroi humide, salé. Et de partout, on tremble.
Je n’ai pourtant pas à me plaindre. Mon rang me préserve du pire, mais pour combien de temps ? Comment laisser ces landlords expulser si lâchement les habitants ? Ma colère est l’image de nos récoltes. Noire. On ne peut plus attendre. La Reine Victoria ne lève pas le petit doigt pour nous. La pauvreté n’est pas une ombre que l’on peut ôter au tableau de l’Irlande.

Mais nous ne sommes pas de vulgaires freluquets. Nous sommes plusieurs à vouloir résister. A vouloir rester. Et même si notre pays se vide comme de l’eau dans Un parfum de révolte embaume nos esprits. Elle court sur nos lèvres, la France. Elle esquisse les contours d’une nouvelle ère pour nous aussi. Elle butine des espoirs, là où nous ne voyions que désolation. Le Palais-Bourbon a tremblé et cédé sous l’emprise des révolutionnaires. Février a eu raison de la Monarchie de Juillet. Il y a comme un élan neuf, et je suis intimement convaincu que ce nouveau souffle émane de bien plus poumons qu’il n’y paraît. La création de notre Confédération remonte à presque deux ans, et je ressens les prémices d’un grand mouvement.

J’ai égaré trop d’années à suivre O’Connell. Quelle perte de temps ! Ce n’est qu’un beau-parleur, les mots ne suffisent pas. Ils ne satisferont pas à eux-seuls, Pourtant, je le concède, cet homme possède une espèce d’aura fédératrice. Ses assemblées, si grandes et si fréquentées qu’elles aient pu être, n’ont jamais été que de molles et tièdes campagnes. Assemblée monstre ? Assemblée de mes fesses oui ! L’Angleterre a à peine cillé, c’est d’un ridicule ! Grand bien me fasse d’avoir été exclu de cette organisation amorphe. L’abrogation de cet acte d’Union n’aboutira que par des actes. Les Young Irelanders… Terence, John, les autres et moi, nous allons renverser la vapeur, soulever la poussière anglaise, et raviver la flamme gouvernement irlandais.

*


Comté de Clare, juillet 1848


J’avais commencé à voir des tâches noires, au bout des feuilles, je trouvais ça joli. En fait c’était pas beau, pas bon du tout. La pluie et le vent ont aggravé la situation. On a su trop tard, personne n’était préparé. Tous les plants de pomme de terre de p’pa ont été mangés, par une sorte de bestiole végétale qui dévore tout à notre place. Elle ne partage pas. Elle prend tout, elle flétrit les tubercules, elle dit, m’man. Et ça pourrit je le vois bien. Irrécupérables, nos récoltes, on a bien essayé de sauver quelque chose, mais ça n’sert à rien. Rien qu’à nous désoler davantage.
Mes parents ont la chair de poule, z’ont peur des údarás, ils n’auront bientôt plus assez d’argent pour payer les propriétaires, y peuvent pas prendre l’argent du fermage. Moi j’ai peur du choléra. Le comté d’à côté a été touché déjà.

Et puis y a Rumpy. Dans le village personne ne veut de lui, j’sais pas comment il a fait pour survivre jusque là. M’man dirait que ça tient du miracle, mais comme c’est un chat. Elle dit rien, mais elle aime pas. Limite qu’elle lui été pas la faute à la famine. Crampy, il a rien fait. Crampy, c’est le nom que j’lui ai donné moi mais il s’appelle de pleins de façons. C’est vrai qu’il est bizarre, il a pas de queue. Et puis ses pattes arrière, elles sont plus longues, on dirait un lapin roux. La première fois que j’l’ai vu, il était tout rond, tout épais mais en peu de temps il a bien changé. Un peu comme tout le monde ici. On change, on part ou on meurt.

J’ai entendu que la Reine a refusé qu’on nous aide trop. Si on nous aide pas, je veux dire, si on nous aide pas tous, on va mourir. Paraît que l’Angleterre, elle pourrait nous donner des choux et des navets. De quoi faire pousser de nouvelles plantes toute belles comme avant, Mais le rialtas refuse. P’pa est décomposé, en bouillie comme le sol, triste comme le ciel. J’peux pas rester comme ça… C’est pas la vie …

***

Kilmainham Gaol, 1849


Nous avons porté haut le drapeau. Vert-blanc-orange. Nous avons cru au bouleversement, au renversement, mais nous avons échoué lamentablement. La mort m’a été promise pour m’être rebellé. Mourir pour la Nation, je pensais que cela me rendrait plus fier. Je payse le prix de ma révolte. Jamais plus, je ne reverrai ma femme, mes filles. Je me sens poisseux, minable. Cette prison reflète à la perfection mon état d’esprit. Nous sommes une cinquantaine de Young Irelanders à écoper de la peine maximale. Et j’en viens à me dire que la mort serait douce. Heureusement, Terence a pu s’enfuir. Il est jeune, la fraîcheur de sa vingtaine lui permettra sans doute de rebondir. Mais après tout, là-bas ou ici, les dents de la solitude me mordent à pleine mâchoire.

Cette prison ressemble à un énorme cachot humide et sombre, que l’on a divisé en une multitude de cellules aussi étroites qu’insalubres. Il est possible que je meure d’une quelconque vermine, avant même que ma condamnation soit effective. Nous sommes entassés par cinq ou six dans chaque compartiment. Mon transfert est un douloureux constat. Je partage ma cellule avec quelques brutes épaisses, et au milieu de ce vacarme musclé. Il y a cette enfant. Qui me rappelle furieusement mes filles, que j’ai dû abandonner pour qu’elles survivent. Elle doit avoir treize ans à peine, la môme. Elle semble si fragile, qu’on pourrait la briser rien qu’en la frôlant. Et pourtant… Et pourtant son regard renferme encore une candeur, une innocence terrifiée mais encore luminescente, qui m’atteint en plein cœur.

Salut, moi c’est William. Mais on m’appelle O’Brien.
- J’ai un pistolet, je te dis. Tu ‘approche pas où je tire ! S’écrie-t-elle à travers le brouhaha incandescent, gonflant son petit poing de toutes ses forces, au travers de son pantalon rapiécé.
Ce n’est plus une enfant. Je me suis trompé. Je me suis trompé, encore.
- Je ne te veux aucun mal, … ?
- Aylce. Me répond-elle, l’air confiant.
Je voudrais lui demander, ce qu’elle fait ici, dans ce lieu infâme. Seule. Celle idée me paralyse. Mais j’ai peur d’allumer une angoisse de plus dans son regard bleu. J’ai compris qu’ici, il fallait avoir le bras long pour pouvoir obtenir de la nourriture.
- Aylce, si je peux, je vais nous obtenir du pain. On se le partagera, d’accord ?
- Non, non, plus jamais je ne mangerai de pain. Plus jamais. Mon père m’a envoyé ici. Mais je peux pas.
- Comment ça ?
Avec sa voix chevrotante, elle me raconte comme si elle me faisait confiance. Je l’écoute, les nœuds au ventre.
- P’pa n’avait plus rien, il était mal en point. M’man était morte de faim. On avait plus d’endroits où habiter. P’pa m’a dit, si je voulais survivre, je devrai me rendre ici, que c’était mon unique chance. Il s’est dit que c’était le moins pire. Que j’devais pas m’en faire. Il avait le regard explosé comme le corps, par le manque de nourriture. Et j’le voyais dépérir, je voulais pas le décevoir, surtout pas avant…
- Je comprends…
- J’ai volé une miche de pain, j’ai fouillé une poubelle d’une boulangerie et ils m’ont emmenée ici. C’est ce que je voulais, pour p’pa. Pour M’man et pour Crumpy. Pour les pommes de terre et pour la Méchante. Pour l’Hypocrite. Celle qui ferme les yeux. »

L’orpheline s’agite devant moi, comme une rebelle que je n’ai pas réussi à être jusqu’au bout. Comme un vivier d’espoir qu’on a piétiné, une réserve fébrile mais bien là. Et un courage à m’en couper les bras.

*

La seule lumière qui nous parvient est celle d’une fenêtre juchée si haute, que le jour hésite à se frayer un passage. Nous avons somme toute une bougie pour cinq. C’est une maigre ressource et elle est précieuse. Tout ici, devient une arme.
Moi j’essaie de protéger Aylce, cette petite ne mérite pas ça. Mais elle est loin d’être la seule. Femmes et enfants s’entassent parmi les hommes, sur des paillasses de foin, parfois même dans les couloirs. La prison serait-elle un lieu de villégiature ? J’en suis à m’interroger.
Le gong retentit tous les jours à la même heure. Ce n’est pas la récréation, mais l’heure pour les condamnés, de se rendre à leur exécution. J’attends la mienne avec appréhension. Je réalise que je vais être une disparition de plus dans la vie - si on peut la nommer comme telle - d’Aylce. Le couloir menant la cour résonne de cris désespérés. C’est comme si on mourrait dix fois. Dix fois à chaque coup de feu. Dix fois à chaque femme effondrée que l’on oblige à assister à l’exécution de son mari. L’atrocité atteint toujours de nouveaux sommets. J’attends mon tour, qu’on en finisse.
Et Aylce qui se bat pour continuer à vivre. Elle est incroyable.
Je pense à mes filles, ma compagne. Je suis pitoyable.

*


Un mois passe et on libère enfin ma fidèle compagnie de misère. Aylce ne veut pas partir. La famine sévit encore, partout. Elle n’a plus personne. Mais elle n’a pas le choix et je préfère qu’elle n’entende pas le gong qui vibrera pour mon heure.

***


« Monsieur William Smith O’Brien, vous avez été gracié par la reine d’Angleterre. On vous déporte en Australie, sur la terre de Van Diemen. »

Cette annonce me réjouit quelque peu, car je retrouverai peut-être certains de mes compatriotes. Mes partenaires. Mes Young Irelanders, certains. Très vite je déchante. Les anglais ne sont pas si idiots, et nous ont séparés très distinctement sur le territoire. Mais cela ne nous empêchera pas de communiquer, pas question.

Le voyage dure plusieurs mois. Certains passagers meurent. Et chaque fois, chaque fois je me projette et les envie.

La campagne de Tasmanie n’est pas un paysage qui me ravit, bien que je puisse en reconnaître la beauté malgré tout.Il y a des fushias, des ajoncs qui me rappellent l'Irlande mais... Le seul paysage que je voudrais avoir sous les yeux ce sont les visages de ma famille, celle dont j’ai perdu la trace à jamais. Et cette petite.
Cet exil forcé est loin d’être désagréable, en tant qu’ex-homme politique, j’accède à un certain confort qui ne m’est plus familier. Je ne sens pas à ma place ici. Les familles installées ici ne sont pas des plus hospitalières.

*


La vie quotidienne à Van Diemen me pèse énormément. Je n’y suis pas mal traité. Mais j’assiste à des spectacles insoutenables. Les femmes ici sont majoritairement réduites au rang d’esclaves. Je suis pétrifié. La pauvreté de l’Irlande a poussé nos femmes se vendre pour vivre. A s’abandonner. Les assauts se font à chaque coin de presque intimité. Je voudrais fermer les yeux. Ne plus voir. Ne plus rien entendre. Trop de fantômes vagabondent dans ma tête.

Mes amis et moi prévoyons de nous échapper. Terence y est déjà, Ellis a tout prévu. Là-bas, nous nous réinventerons. A nous San Francisco, à nous la liberté !

*


C’est le jour du grand départ. Notre plan semble au point. Je traverse Van Diemen sans nostalgie aucune. Rien ne me retient.
Je traverse une petite ruelle, ma sortie de tunnel. Celle qui me mènera au port. Terence, Thomas, John… Nous partons aujourd’hui pour les Etats-Unis.
Une fois encore, une scène cruelle s’impose à moi. J’ai peur d’avancer. Je n’ai que les bruissements et c’est bien trop déjà, à endurer.

« - T’aimes ça ? Demande fermement une voix rocailleuse..
- …
- REPONDS ! Hurle le même salopard.
- Mm.. »

Je dois prendre sur moi. Je vais presser le pas, fermer les yeux. Le bateau va débarquer d’un instant à l’autre.
Je prends mon souffle, avance sans contenance. Le claquement de mes pas dérange le sadique et sa proie. C’est une victoire personnelle. Quelques secondes et je m’apprête à reprendre mon allure sans détourner la tête vers eux. Ce serait encourager la cruauté.

« O’Brien ? »

Soudain, son regard bleu. Délavé.
_________________
Rafistoleuse
Lun 16 Mar - 04:43 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Lun 16 Mar - 06:34 (2015)    Sujet du message: Somewhere Aylce. Répondre en citant

(Je touche à l'Irlande... Ne soyez pas offusqués j'ai fait une fiction d'un événement historique réel, je tiens à préciser que ça ne collera pas à l'Histoire, puisque j'ai rajouté Aylce)
_________________
Rafistoleuse
Lun 16 Mar - 06:34 (2015)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mar 17 Mar - 23:51 (2015)    Sujet du message: Somewhere Aylce. Répondre en citant

Premier texte lu. J'ai aimé la prise de risque. Tu te mets en danger en explorant le récit historique. Tu sors de ta zone de confort et j'ai aimé suivre tes personnages de pays en pays. Puis l'on devine le texte réellement documenté. C'est riche et pour ça, chapeau.
Ton écriture avance dans cette univers-là avec une certaine aisance. C'est fouillé, délié, avec quelques maladresses ici et là, peut-être mais ça n'est pas un exercice facile. 
Ton défi était ambitieux et je le trouve presque un peu à l'étroit dans ce format court. L'affaire des trois pays et des continents t'a sans doute contrainte à privilégier un rythme soutenu, où tu brosses l'intrigue à grands traits, particulièrement à la fin. Le texte est un peu déséquilibré entre tout le passage en Irlande qui nous plonge dans l'histoire, et la seconde partie en Australie, jusqu'à la chute peut-être trop suggérée. En tout cas ton texte appelle une suite ! Bravo !
Mar 17 Mar - 23:51 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Mer 18 Mar - 07:02 (2015)    Sujet du message: Somewhere Aylce. Répondre en citant

Merci !!

Effectivement c'était une prise de risque, que je me suis imposée toute seule, je ne sais pourquoi Mr. Green Et je suis contente que ça t'aies plu. Le hasard de mes divagations sur le net m'a amenée à Kilmainham et ensuite tout s'est plus ou moins imbriqué. Et en effet, ce défi n'était sans doute pas le format idéal pour ce bout d'histoire qui s'épanouirait sans doute mieux sur du long. D'ailleurs si tu n'avais pas demandé trois continents, je me serais sans doute focalisée sur l'Irlande. Je pense ne pas avoir réussi à donner la force que j'aurais voulu à la relation née entre O'Brien et Aylce.
Je voulais pas faire de l'historique pour de l'historique, je tiens à le dire

La chute suggérée, c'est un choix. L'essentiel était que l'on comprenne, que cette femme dans la ruelle, était l'adolescente qui avait marqué O'Brien.

J'aurais pu dire qu'O'Brien allait l'emmener avec lui sur ce bateau. Qu'ils se réinventeraient une vie aux Etats Unis. Que la liberté était au bout du chemin.
J'aurais pu aussi, faire d'O'Brien un lâche. Il est sur le point de retrouver sa liberté, il ne doit pas se faire prendre sous peine de rater ce départ pour l'ailleurs. Prendre le risque de la sauver, peut etre synonyme d'un renoncement à être libre. A-t-il assez d'égard pour elle, pour tenter et risquer de sacrifier sa vie à lui, et sa vie à elle aussi.
J'aurais pu faire d'Aylce une femme complètement paumée, ce qu'elle est en fait, mais à un tel point qu'elle ne soit plus capable de vouloir être libre. J'aurais pu faire qu'elle refuse son aide et qu'il s'en aill e penaud, rongé.
L'histoire la vraie, raconte, qu'il ne partira pas pour les Etats Unis. On lui a tendu un piège. Le bateau partira sans lui. Et Terence, une fois aux Etats-Unis se battra pour faire juger l'homme qui a manigancé ça. Quand à O'Brien, il va rester en Australie puis, ira s'installer à Bruxelle des années plus tard, avant d'obtenir la permission de revenir en Irlande pour ses vieux jours. Mais dans l'histoire, la vraie, il n'y a pas d'Aylce, et cette môme change tout.

Tout ça pour dire que la liberté, ça se décide. Et je voulais que le lecteur choisisse sa fin.
_________________
Rafistoleuse
Mer 18 Mar - 07:02 (2015)
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