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LE PULL EN V

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Mar 7 Avr - 22:31 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

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Opus un
Nous étions le 9 avril. Je connaissais l’importance de cette date. Ma mère m’avait forcé à enfiler ce pull en v. Ce vêtement était une insulte au bon goût. Aucune chemise, aucun pantalon ne s’accordaient avec. La variété des couleurs constituaient sa force de répulsion. On y voyait du noir, du gris, du rouge, du violet, du vert, du blanc et même une pointe de jaune si votre œil était de mauvaise foi.
La personne, qui l’avait tricoté, souffrait d’un trouble mental, d’un désordre interne si profond que l’on aurait dû l’hospitaliser sur le champ. Seulement, l’époque n’était pas à l’enfermement. Elle était à la liberté totale pour laisser un individu parader avec ce vêtement sur le dos.
Je croyais impossible qu’un homme pût le porter une journée entière.
Mes tantes et mes grands-mères m’en avaient parlé avec détails, n’occultant rien de l’improbable combinaison des lignes et des pigments. Ce pull c’était une légende, le pivot de l’histoire familiale. Sans lui ma mère et mon père ne se seraient pas connus. Je n’aurais pas été conçu.
Allais-je remercier la mercière qui avait vendu les multiples pelotes de laines nécessaire à la conception de cette horreur ?
Non, je rêvais plutôt de mettre le feu à sa boutique, de dissuader des générations entières à reprendre le flambeau de son commerce.
En attendant, je me regardais dans la glace. J’avais envie de pleurer. Rectification, je pleurais. Pas pour la même raison que ma mère.
Nous avions deux deuils différents. Elle celui de son époux, moi, celui de mon apparence.

Pourquoi devais-je me grimer avec ce pull, ce jour-là ? Parce que Papa était mort un 9 avril et qu’il aimait par-dessus tout porter ce truc, ce machin, cette relique.



Notre immeuble donnait sur l’arrêt. J’avais pour habitude d’attendre le bus le nez à la fenêtre de l’appartement et de descendre quatre à quatre les marches pour le rejoindre. Ce matin-là je pris mon temps, anticipant son arrivée.
Je m’installai sous l’abri, face à l’affiche d’une anorexique se dorant la pilule sur une plage des caraïbes. Ne fixant que moi, elle me balança son slogan : Maigrir au bout de monde c’est possible avec Easy Plane. Le prix du billet valait le centuple d’une place à l’arrière du bus. Dans mon portefeuille, je saisis un billet de 5 euros. Je roulai sur l’or. Pour une fois, j’eus l’impression d’être important. Encore plus quand le chauffeur m’accueillit. J’étais le seul à être rasé de près.

Dehors, le jour s’était levé depuis peu. La nuit avait fugué, soulagée de quitter une pleine lune dont les rondeurs accaparaient la conversation des nuages. Ils parlaient d’elle comme d’une madone. Ils chourinaient par intermittences, déçus ne pouvoir attirer son attention. Le soleil, lui, faisait la tête des mauvais jours. Il se sentait mieux dans l’hémisphère sud. Il en avait la nostalgie.
Premier arrêt. Premier va et vient. Les uns nous quittèrent, les autres montèrent.
Sur le trottoir d’en face, un clochard scruta le ciel. Il engueula le soleil : « Retourne donc en Argentine, pauvre imbécile » Je le trouvai ici chaque matin du 9 avril, la main tendue, l’œil dans le vague, jouant sans conviction l’homme à qui la vie n’avait jamais fait de cadeau.
Assis sur la marche de la porte d’entrée de la boulangerie, Il attendait que la nourriture tombât. Sans succès.
Les gens le snobaient en se bouchant le nez. Qu’ils fussent clients ou non. Le pauvre homme dégageait une odeur insupportable de sueur et de crasses. De celle qui vous coupait l’appétit, même à proximité d’une baguette fumante.
Il fallait être courageux pour faire fi de cet obstacle et aller acheter une ficelle ou un croissant. Et ils furent nombreux à enjamber deux fois le miséreux, une première les mains vides, une seconde les bras coinçant contre leur flanc un pain de campagne tout en gobant une chouquette.
Instant de miracle, une petite vieille laissa tomber volontairement une abricotine, laquelle finit dans le gosier du mendiant.
Départ imminent, fin de la scène de vie. Portable sur la vitre, un geek prit une photo pour la twitter ensuite avec ce commentaire : « tant que Bannette n’installera aucune boulangerie en Afrique, les noirs crèveront de faim ».
Je le vis cet imbécile sourire devant son smartphone, récitant à voix haute ses presque 90 caractères, la mine réjouie.
Je le détestai. Pourtant, tout à l’heure, je lui avais dit bonjour avec cette civilité bon enfant qui se perdait. Lui m’avait fixé avec cet air surpris du supposé supérieur qui découvrait une espèce en voie de disparition. C’était à cause du pull sans doute, ou bien de ma manie de saluer tout le monde.
Je ressemblais un peu à l’idiot du village, les cheveux en avant, la chemise fermée au cou, le jean remonté jusqu’au nombril, les chaussettes trop courtes laissant un bout de tibia visible, des baskets blanches aux lacets mal attachés.
Je me cachai derrière des lunettes épaisses, version tueur des services secrets chiliens post Allende.

Gamin j’avais l’habitude de crier : « Quand je serai grand, je serai beau et heureux ». J’y croyais. Et mes parents me laissaient faire. Ils riaient à pleines dents. Mon oncle, qui avait échoué deux fois au concours d’entrée à science po, me surnommait le petit Spinoza. Moi je pensais que c’était un joueur de foot du Milan AC. Chacun, ses références.
Question beauté, j’étais loin des critères constituant ses canons, Par voie de conséquence le mot heureux apparaissait rarement sur le fronton de mon existence. Les deux allaient de pair.
Qui était beau et heureux dans ce bus ? Peut-être ce garçon là-bas, ou encore cette fille. Tout deux épousaient si bien la lumière. Le soleil se posait sur eux comme un chat choisissant son canapé pour commencer sa sieste, avec une confiance aveugle en un bonheur tout proche.
Il m’avait toujours évité, surtout les jours où je portais ce pull.

Deuxième arrêt, devant le mur du cimetière. Un nuage gris surplomba le bus. Il se vida.
La grille était ouverte. Une allée de graviers, des tombes sur les côtés, un peuplier au fond, voilà en quelques mots le casting de cette nature morte. J’étais une pièce rapportée dans ce décor, pas la seule. Autour de moi, une femme avec un bouquet de jonquilles marchait dans un état second, un vieillard le dos courbé serrait les dents à chacun de ses pas, marmonnant un « notre père » pour se donner du courage. Echantillon de la misère humaine.
Pourquoi maman n’était-elle pas venue ? Parce qu’elle ne supportait plus le bruit des petits cailloux sous ses pieds, le silence qui s’en suivait et la symphonie de la tristesse étouffée sous les mouchoirs.
Elle ne cessait de me dire : « Le souvenir de ton père me suffit ».
J’avais envie de lui répondre : « moi aussi ». Mais il fallait qu’un de nous deux y allât pour faire bonne figure aux yeux des autres. L’avis de la bonne société pesait encore sur nos vies.
Alors je me mis au garde à vous devant cette pierre noire avec un prénom et un nom marqués dessus.
Depuis que Papa était mort, je ne singeais plus le signe de croix. J’avais envie de l’interpeller par un signe de la main, comme du temps de mon enfance, où il attendait les pieds dans le sable que la mer me rendît rayonnant de joie.
Malheureusement le sable ne chatouillait jamais les tombes, et les vagues n’atteignaient pas les cimetières.
J’aurais mille fois préféré que l’on jetât les cendres de mon père dans l’océan. Mais chez nous, on ne brulait pas ses idoles.


Opus deux

On me prenait pour un noir parce que je me lavais peu. J’avais la couleur charbon des personnages de Zola.
Parfois, je retenais ma respiration pour ne pas subir ma puanteur. J’espérais que le vent la chassât un peu. Mais les bourrasques d’avril étaient trop timides comparées à celles de mars.
Alors j’attendais la foule des grands jours, assis là, au pied de la boulangerie la plus réputée de la ville.
Et elle arrivait enfin avec son cortège d’odeurs supportables, vanillées, fleuries pour les femmes, vertes teintées de musc pour les hommes, entre les deux des effluves de pains croustillant me chatouillaient les narines.
Ce bouquet garni de senteurs adoucissait la pilule de ma courte misère. Elle me la rendait presque comestible. Encore heureux, ce n’était qu’une parenthèse. Je ne jouais ce rôle-là qu’un jour par an : le 9 avril.
Une date pas comme les autres, une date charnière. Celle où j’avais balancé ma vie d’avant aux orties.
Personne ne me reconnaissait derrière la crasse du pauvre. C’était facile comme déguisement, peu couteux, passe partout. Aucun risque d’être démasqué. Qui regardait un mendiant dans les yeux de nos jours ? Vous, moi ? Non, on les évitait, on détournait la tête.
Et j’en voyais ce matin-là, des regards déviants, tous plus attirés par la couronne ou le croissant derrière la devanture.
J’attendais que les miettes tombassent pour me nourrir. J’aurais pu crever sans l’abricotine d’une vieille dame
Pour autant les pâtisseries étaient secondaires dans mon esprit. Ce qui m’intéressait au premier chef, c’était le 104, le bus de la ligne du cimetière. Et plus particulièrement un de ses passagers. Il était reconnaissable par ce pull en v multicolore.
Ça me faisait tout drôle de l’observer. Il me ressemblait sous ses airs d’adolescent retardé. Trop propre sur lui, trop lisse aussi, un peu hors du temps. Cela le rendait charmant malgré lui. Il ne s’en rendait pas compte. Le pauvre ignorait qu’il passait à côté de belles histoires tant il n’entendait rien à ces regards aimant qui se posaient sur lui. Ils ne remarquaient que les yeux critiques et moqueurs, ceux malheureusement le plus proche.
Tous les ans je mesurais en cette date du 9 avril, la lente évolution de cet homme. Ce n’était plus un enfant pas encore un adulte, une sorte d’hybride à la recherche de lui-même.
Nous avions la même taille, la même largeur d’épaules, la même pointure. A croire que nous étions jumeaux. C’était presque le cas. Il y avait un air de famille entre nous, jusqu’à ce grain de beauté sur la joue droite.
Le même qu’adorait Justine, celle qui partageait mon quotidien depuis ma grande révolution.
D’ailleurs, elle comprenait mal mon absence, mon besoin de revenir sur les terres de ma vie d’avant.
C’était mon pèlerinage à moi. Trois jours tout au plus, loin du paradis. Je partais le 7 au 10 avril tous les ans dans un village à deux pas de Roissy.
Je logeai dans un hôtel tenu par un ami, un des rares dans la confidence de cette histoire hors du commun. Je disposai d’une chambre avec vue sur l’autoroute. Ses maigres cloisons me permirent de constater que le sexe tarifé avait encore de belles heures devant lui.
Les femmes et les hommes étaient indiscrets dans leurs plaisirs communs. Mes nuits bien courtes pouvaient en témoigner.
Je tuais mon insomnie en regardant le fond d’écran de mon téléphone, cette photo incroyable d’une mer baignée par la lumière, l’eau se confondant avec l’or au point que les vagues charriaient des lingots à la place des algues. 361 jours par an, j’avais les pieds dans cette eau là et bénissais le ciel de ma chance.
Rien ne me prédisposait à vivre dans ce paradis. J’avais été programmé autrement, condamné à évoluer dans une banlieue proche d’un aéroport, propriétaire d’un petit pavillon, chef d’une famille pâlotte ou la seule fantaisie résidait dans le port saugrenu d’un pull multicolore que personne n’osait afficher en public.
Ce pull, je lui devais mon destin d’homme marié, père d’un enfant. Je lui devais aussi une histoire d’amour trop simple pour que la passion s’y glissât. J’allais vivre ainsi jusqu’à la fin de mes jours prisonnier d’une agueusie de la jouissance.
Mon métier aurait pu me sortir de cette léthargie. Mais il était trop routinier pour espérer les aventures d’un ailleurs que mon esprit n’avait pas idée de réclamer.
J’étais technicien de surface dans une cafétéria et assurais parfois quelques extras quand le personnel manquait. Je servais le thé et le café les après-midis.
J’étais donc loin de la mer à lingots, de cette paillotte. Une cascade d’évènements m’y entraina. Et en premier lieu, une maladresse avec une théière. Nous étions un mardi, une hôtesse de l’air à la peau mate commanda un earl grey avec du sucre roux. Le thé n’arriva jamais à bon port, J’en renversai une moitié par terre et une autre moitié sur mes vêtements.
Je portai un jean et ce fameux pull en v. J’avais l’air d’un clown, d’un pantin malhabile. L’hôtesse ne m’adressa pas un regard. J’eus beau essayé de la rassurer, elle ne voulut rien entendre. « Je préfère voir ça moi-même » me dit-elle, en ajoutant légèrement agacée : « ou sont les toilettes ? ». D’un geste de la main je lui indiquai l’endroit et elle y fila.
J’étais trempé. La poitrine et les cuisses me brûlaient un peu.
- Le patron me tança : ne reste pas comme ça, va aux toilettes et change-toi
- Mais je n’ai rien à me mettre
- Quelle cruche tu fais ! Va dans le casier à Paulo et prends ses affaires
- Vous êtes sur ?
- Tu as ma permission
Je troquai mon jean et mon pull contre une chemise et un pantalon à carreaux bleus.

.
J’avais enlevé mes lunettes pour les essuyer. Machinalement je traversai la pièce tout en récurant mes verres.
Le patron me glissa goguenard : « mais c’est qu’il est beau gosse, habillé comme ça ! »
L’hôtesse passa en caisse payer sa note à ce moment-là. Enfin un premier regard, j’avais changé soudain de statut à ses yeux. Elle m’adressa la parole
- Désolée pour ma réaction tout à l’heure, je suis à cran ces derniers temps
- Non c’est de ma faute, j’ai gâché votre pause. M’adressant au patron : le thé c’est pour moi.
- Non ,faut pas
- Si j’insiste
- Comme vous voulez. Merci.
Pour la première fois, je m’imposai face une inconnue sans réfléchir au qu’en dira-t-on.
Cela allait bouleverser ma vie de fond en comble.
Trois heures plu tard, l’hôtesse m’accosta à la sortie du service. La suite fut plus intime, aucune raison de m’étendre la dessus.
J’entretins une liaison avec Justine quelques mois, puis ressentis le désir de construire quelque chose de plus solide avec elle
Je n’en pouvais plus de mon pull, de cette épouse docile mais molle, de cet enfant sans caractère, de cette famille de sitcom, de ma vie de fantoche.
Je rêvais de partir ailleurs. Et je savais ou.
Grâce à mon nouvel amour, je découvris un endroit paradisiaque, une petite perle en bord de mer donnant sur un vieux château et l’horizon. La légende disait qu’il avait inspiré une toile de Turner. Elle disait aussi que la richesse souriait aux êtres tenant la promesse de fidélité et sentiment
Je la fis à Justine avec tant de sincérité que des vagues d’or inondèrent mes orteils. Je reçus des lingots à mes pieds. Nous fumes riches.
Nous achetâmes la paillotte du pêcheur.
Restait pour moi à solder ma vie de banlieusard.
Comment le faire comprendre à mon épouse sans la blesser vraiment ? Devais-je lui balancer tout de go mon histoire avec Justine et balayer la nôtre ? Devais-je user de la diplomatie, prendre le temps de la rupture et ménager mon fils ?
Je ne savais quelle posture adopter, croyant avoir à faire à des êtres fragiles. Justine me conseilla de leur parler argent, en d’autres termes de payer la paix des braves.
J’ignorai que ma future ex réclamerait en plus ma disparition fictive. A ses yeux, le divorce était hors de question, trop déshonorant. Elle tenait énormément à son image, impossible de l’écorner. C’était son côté vieille France.
Puisque tu désires me quitter. Je ne vois qu’une seule issue : ta mort. Mais comme je suis une bonne chrétienne, je te laisse ressusciter ailleurs m’avait-elle dit froidement. Après 10 ans de mariage, ça faisait un coup.
Pour autant je n’étais pas le plus malheureux dans l’histoire. Disparaitre de la ville, de la liste électorale, du cercle professionnel et familial restait un deal délicieux. Ce qui me gênait le plus c’était mon fils, même si ma fibre paternelle n’avait jamais été très développée.
- J’osai poser la question à ma future ex : quand et comment pourrais-je le voir ?
- Jamais mon chéri. Mais saches que je veillerai à la sauvegarde de ton image auprès de lui.
Je n’avais plus qu’à mourir dans la discrétion. Une petite crise cardiaque et hop. Quant aux faux obsèques, un gros chèque à la mairie et instances funéraires ferait l’affaire.
De quoi allaient-ils tous se plaindre ? Mon cercueil serait vide et léger.
- Et ma future ex de conclure : il va de soi que tout est à ta charge. C’est le mort qui paie

Assister à mes obsèques fut l’expérience la plus étonnante de ma vie. Bien qu’étant en retrait, je pus faire le tri entre les vrais et les faux amis, ceux dans la peine et ceux dans la simulation.
C’était facile de débusquer les tricheurs. Et il y en eut beaucoup. Caché derrière le peuplier, déjà déguisé dans des haillons de clochard, je butinais cette comédie humaine.
Mon fils ne s’était pas habillé en noir, il avait préféré mettre mon pull en v. Je n’aimais pas sa tristesse, elle me semblait inconsolable, presque un fardeau impossible à supporter. A contrario ma future ex simulait le deuil oriental avec peu de talent. Elle n’avait jamais su pleurer avec le cœur.
Quand la dalle fut posée et que les derniers proches quittèrent le cimetière, j’eus un double sentiment, physiquement exprimé par une boule au ventre et des ailes dans le dos.
24 heures aprés je décollai vers ma nouvelle vie.
Depuis la date du 9 avril resta un point incontournable du souvenir.
Aussi tous les ans, trois jours durant je me consacrai à cette visite dans cette ville, dans ce cimetière pour voir les miens, et surtout cet enfant. Jamais je ne m’en étais senti aussi proche.
C’était étrange de le suivre des yeux dans ce bus, de le voir bouger comme je bougeais. Oui il était de mon sang et de ma chair. Et j’en doutais encore, certaines mimiques prouvaient ce lien indéfectible de la filiation.
Le bus s’éloigna, prit la première rue sur la gauche. Une voie sans issue et au bout le portail du cimetière
Je courus jusque là
Mon fils resta un long moment devant ma tombe et essuya une larme.
Ma main poussa le portail. Et je courus vers lui.
Un vieux poète disait :
Les morts aiment tant la vie qu’ils ressuscitent
C’est comme les vagues. A peine partie, elles savent qu’elles reviennent toujours

Nous parlâmes longuement. Et il enleva son pull.
Mar 7 Avr - 22:31 (2015)
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JEFFJOUBERT
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 10:06 (2015)    Sujet du message: un peu long mais très bon Répondre en citant

impossible pour moi de tout lire en ligne, par contre le pull en V ! je connais mamam c'était sa spécialité, un avec des mouettes pour mon frère et pour moi les bras pas à la même taille, on sent l'humour, l'humeur, très belle plume, et si je ne m'abuse, le tableau abstrait est bien ancré dans le texte !

Alors merci z'aussi !
_________________
Sans fortune, sans navire, mais "capitaine" à sec de toile...
Mer 8 Avr - 10:06 (2015)
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Wilou
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MessagePosté le: Jeu 9 Avr - 20:39 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

Comment partir d'un pull moche pour écrire ce qu'il signifie pour deux personnes liées... à ce même pull! En tout cas, la trouvaille du pull pour le tableau, c'est futé! Le clochard, anecdote de l'opus 1, devient l'élément clé, et nous délivre son histoire. Et la signification de ce pull, ou ce qu'ils croient signifier. J'ai vraiment aimé cette histoire. Et puis il y a le style, les phrases percutantes, qui s'alignent les unes après les autres... un petit bémol, peut-être, je ne comprends pas l'apparence du garçon, qui est, si on suit le premier tableau, loin d'être retardé, alors que son apparence semble laisser penser le contraire (un peu cliché du mec mal fagoté avec des lunettes en cul de bouteille).
En tout cas, bien joué!
_________________
Hopla!
Jeu 9 Avr - 20:39 (2015)
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valet2trefle
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MessagePosté le: Jeu 9 Avr - 21:15 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

J'ai beaucoup aimé la chute de l'histoire! Merci pour cette lecture!
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Jeu 9 Avr - 21:15 (2015)
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Octobell
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MessagePosté le: Sam 11 Avr - 03:15 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

AAaah oui la chute est sublime, j'adore ! Entre autres passages que j'ai beaucoup aimé également, comme :

"Malheureusement le sable ne chatouillait jamais les tombes, et les vagues n’atteignaient pas les cimetières.
J’aurais mille fois préféré que l’on jetât les cendres de mon père dans l’océan. Mais chez nous, on ne brulait pas ses idoles. "

ou

"
Ce pull, je lui devais mon destin d’homme marié, père d’un enfant. Je lui devais aussi une histoire d’amour trop simple pour que la passion s’y glissât"

Un très beau texte, bravo !
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
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Sam 11 Avr - 03:15 (2015)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Dim 12 Avr - 06:30 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

Eh bien comme l’ont souligné les autres, j’ai A-DO-RÉ ton interprétation des tableaux, c’est hyper original, décalé, avec une finesse dans tes trouvailles… Franchement un grand bravo !
_________________
Rafistoleuse
Dim 12 Avr - 06:30 (2015)
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hector vugo
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Messages: 819
Localisation: vigneux sur seine

MessagePosté le: Dim 12 Avr - 10:27 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

Merci à vous toutes et tous. Vos commentaires sont le meilleur des carburants qui soit. 
Dim 12 Avr - 10:27 (2015)
AIM MSN Skype
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Linelea
Plumivores
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Inscrit le: 19 Sep 2013
Messages: 938

MessagePosté le: Dim 12 Avr - 17:40 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

Dès le début, j'ai aimé le ton du texte, malgré le sujet.
"La personne, qui l’avait tricoté, souffrait d’un trouble mental, d’un désordre interne si profond que l’on aurait dû l’hospitaliser sur le champ."

"Nous avions deux deuils différents. Elle celui de son époux, moi, celui de mon apparence." J'adore ce cynismes !

La chute est génial, et l'histoire aussi... Le seul petit bémol que j'ai à dire, c'est que parfois durant le texte j'ai eu du mal à me situer. Avant, juste après l'enterrement ou plusieurs années... Mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier !

Bravo !
Dim 12 Avr - 17:40 (2015)
Auteur Message
Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Dim 12 Avr - 18:45 (2015)    Sujet du message: LE PULL EN V Répondre en citant

Je vois qu'on cite du Hector comme du Audiard ^^
Bon je rajoute un peu de carburant à ton moteur. J'ai adoré ton texte. L'imagination est fertile, la fin touchante, et tu ajoutes une pincée d'ironie, une pleine poignée plutôt. Tout ça donne un texte qui se lit tout seul et qui se savoure. Bravo !
Dim 12 Avr - 18:45 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:25 (2016)    Sujet du message: LE PULL EN V

Aujourd’hui à 14:25 (2016)
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