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Je l'ai tué

 
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Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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MessagePosté le: Jeu 7 Mai - 15:21 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

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Raphaël disait « les filles c'est des pirates ». Je disais non. Je secouais la tête et Raphaël ouvrait grand sa tronche pour rire, et du coin de l’œil, j’observais le clebs qui courait dans l'herbe.
Le clebs tirait la langue et haletait en reniflant une merde et l'on voyait luire ses canines pointues. Raphaël riait comme ça « Ha ! Ha ! Ha ! » en fermant les yeux et en ouvrant la bouche et je pouvais voir ses dents blanches. Il en avait des tas et des tas et j'y aurais bien envoyé mon poing pour le faire taire.
Le chien s'est mis à mâchouiller la merde pendant que le soleil pleuvait et que le vent se griffait aux aiguilles des pins. Il nous venait par ficelles sur le visage. Ça faisait doux, ça faisait paradis.
Mais le rire de Raphaël gâchait tout.
J'ai pensé à Simona. Elle était pas pirate. Elle était comme un baiser dans le cou , comme l'éclosion d'une fleur de magnolia. Excitante et fragile. Et j'ai ri avec lui, et j'ai ri bien plus fort et le clebs a relevé la tête, et les gens ont relevé les leurs, curieux. On entendait plus que moi. J'ai fermé mes yeux tout comme lui, qui avait rouvert les siens et j'ai ri en songeant aux lèvres de Raphaël sur celles de Simona. Le chien a gémi parce que les chiens perçoivent tout avant tout le monde et les gens pouffaient derrière leurs lunettes à soleil parce que les gens sont cons. Raphaël a dit « t'es dingue » et je l'ai tué. Il avait raison, les filles c'est des pirates.




Le barouf des chiottes rompt le fil de mes souvenirs. Yassine a fini de se torcher le cul. Il s'étire et retourne dormir. Moi, je retire mes bras d'entre les barreaux. La nuit est tombée. Je traverse les relents de merde et je rejoins mon pieu. J'attends que s'élèvent les ronflements de mon codétenu pour pouvoir me branler.




Je tenais une bouteille à la main et mon cul posé dans l'herbe rase. Les insectes crapahutaient entre les brins ébouriffés et causaient par petits crissements et je les écoutais en regardant passer les filles aux jambes nues. Elles avaient dévoilé leurs gambettes dorées et lâché leurs chevelures étincelantes. J'avais envie de les baiser. Raphaël dormait. J'ai observé son torse qui se soulevait et se soulevait et puis redescendait accompagné d'un sifflement agaçant. Un car est passé et j'ai senti le sol vibrer. Les vibrations m'ont traversé comme un frisson de cheval transi et alors je me suis levé. J'avais dessoûlé. J'ai posé la bouteille et le clébard a posé sa truffe humide dessus puis j'ai marché vers le trottoir et le chien m'a suivi. Il s'est léché le cul quand je l'ai houspillé puis il est retourné s'allonger auprès de Raphaël. J'ai attendu de voir si mon pote se réveillait. Ni lui ni le clebs n'ont bougé alors je suis parti. J'ai pris place un peu plus loin sur un banc qu'un platane ombrait. Les passants fonçaient comme les balancier de métronomes fougueux. J'ai sorti mon cahier d'écriture et j'ai raconté à quoi ressemblaient les jambes des filles, leurs cheveux et leurs seins et l'odeur du soleil sur l'asphalte, et la couleur des rires. Un moineau est venu quémander des miettes de gourmandise. J'ai dit « désolé mon pote » et il a dit « tant pis ». Il a mis les bouts et j'ai relevé la tête. Elle était là. Elle sentait comme un jardin de fleurs, et puis comme des draps défaits après l'amour. Elle avait les jambes nues et les yeux bleus. J'ai frotté les miens. Après ses yeux j'ai regardé ses jambes. J'aurais bien voulu y toucher un peu mais j'ai pas osé. Elle a demandé pour s'asseoir. Elle a dit « Simona » et j'ai oublié de répondre parce que je regardais ses cheveux blonds qu'elle portait court. Mais ça lui allait bien quand même. Elle s'est assise à mes côtés. J'étais content. Après j'ai voulu recommencer à écrire, mais ça ne venait plus. Le soleil a changé de couleur quand elle a croisé les jambes. Elle s'est passée une main dans les cheveux et des fragrances de femme me parvenaient par bouffées enivrantes à chacun de ses gestes. Elle m'a demandé ce que j'écrivais et j'ai tourné la tête pour parler dans son oreille toute proche, dans son visage qui souriait, mais les mots ne venaient pas mieux à l'oral. Un tatouage courait sur son cou. Rêveur, j'ai vagabondé sur ces entrelacs, j'avais envie de mordre dedans. J'avais envie de la baiser. J'ai rien fait. Je lui ai tendu mon carnet. J'étais content et elle était contente.




Yassine ne ronfle plus. J'ose plus bouger. J'essaie de percevoir sa respiration mais j'entends rien. Un type beugle dans une autre cellule. Je pense à Simona quand elle ferme les yeux pour mieux écouter ronronner son plaisir et qu'elle me tient entre ses cuisses, quand je viens en dedans d'elle et qu'elle veut que j'y reste pour toujours et pour toujours et qu'alors j'y reste aussi longtemps que possible, même si c'est pas pour toujours. Je recommence à me masturber.
-Tu te branles ?
Je lui réponds pas. Je débande. Yassine remue dans son pieu. Il en dit pas plus. Il se lève et va fumer à la fenêtre. Il me tend une clope. Il me dit « tiens » et j'attrape la clope. La lune donne un peu de lumière et nos doigts se frôlent. La lueur du briquet révèle nos regards qui se croisent embarrassés et qui se racontent la frustration. Il a des yeux de fille avec des grands cils sombres. On se rattrape les mains, parce qu'on en peut plus, comme par mégarde. On laisse courir les paumes en détournant le regard, machinalement, comme si l'on flattait un animal fourbu. On se parcourt un peu, rien qu'un peu, entre dégoût et désir. Et puis on se soulage.




J'avais envie d'elle et elle adorait les voyous. Elle aimait les poètes et moi j'aimais son cul. Elle a lu mes histoires et je lui en ai raconté d'autres, des baroudeuses, des voyageuses. Parfois elle lisait des passages à voix haute, elle les retournait dans sa bouche, les savourait et sa voix élargissait le temps et alors je pouvais installer des images en 16/9 dedans ses entremots. Ça chantait comme la pluie après l'orage. Simona me grignotait avec ses yeux clairs à chaque pause si bien que j'ai baissé la tête un peu gêné. J'ai observé devant mes pieds une procession de fourmis qui s'en allait escalader le platane desquamé. Des tâches bleues dansait dans le feuillage frémissant. J'ai fermé les yeux et j'ai posé ma main sur sa cuisse avec la délicatesse d'une feuille d'automne. J'ai laissé mes doigts là parce qu'ils s'y trouvaient bien et je l'ai embrassée.
Plus tard on a quitté le banc pour aller baiser dans le squat.




Yassine se colle contre moi. Cet après-midi j'ai eu de la visite. Je n'en ai jamais eu auparavant. Elle m'attendait au parloir. Des mois avait passés, elle avait pas changé. Elle m'a fracturé la cervelle avec son regard délavé mais j'ai reculé mes mains quand elle a voulu effleurer les miennes. Je voulais pas me brûler. Tout est brûlant chez la femme. Je devinais sa poitrine sous son chemisier. Brûlante. et son sexe brûlant, ses cuisses. Elle me consumait à distance.
Yassine me tient la bite. Je dessine Simona dans le noir. Il me branle et me dit « viens, prends-moi ». Simona sous mes caresses. Il a la voix tendresse, je n'y avais jamais pris garde. Il me cajole et je m'agrippe à ses hanche. Je clos les paupières. Simona s'est penchée en avant, au parloir, le tissu a baillé et j'ai pu voir ses seins. Je souffrais le martyr. Yassine soupire. Je galope dans les plaines du désir. Elle a dit qu'elle m'attendrait à la sortie. Je bandais. 
« Je t'aime. »
Tout s'achève d'un coup, emporté par ces quelques mots. Il dit je t'aime et je ne comprends pas. Je me retire, glacé.




On a baisé. J'ai mordu dans ses cuisses. Ça lui faisait des piaillement d'oiseau. Elle aimait les explorations. J'avais étendu une couverture sur le sol et l'on s'était couché l'un contre l'autre, et l'on s'était déchiré les barrières avec les ongles avec les dents et les baisers. Du froid venait de dehors par la fenêtre énucléée et il nous filait des frissons délicieux. Une bâche transparente tendue devant l'ouverture se gonflait et s'apaisait au gré du vent en claquant comme une voile de navire. Un pigeon est venu se poser sur le rebord de la fenêtre en roucoulant. ça ressemblait à une tâche d'huile à travers le plastique.
Je suffoquais dans son odeur de femme et je voulais aspirer toutes les effluves. Je voulais rien perdre de son parfum. Je voulais la manger. Des fois je prenais un peu de recul pour l'admirer et puis je revenais sur elle pour éprouver sa réalité. Elle, elle léchait ma crasse, grognait dedans et puis s'accrochait à mes bras et couinait et couinait et j'en restais tout ébloui.
Et puis Raphaël est entré et son rire est venu après lui comme un éclat de verre brisé. Il a maté les miches de Simona et la blondeur de sa peau offerte avant de se trisser. Il avait le mauvais regard et son rire est resté un moment sous mon crâne après qu'il soit parti. Puis on a terminé notre affaire.
J'ai revu Simona deux jours plus tard et puis on s'est revu de nombreuses fois. Elle m'accompagnait au squat ou alors elle m'invitait dans sa piaule. J'avais peur de sa piaule. J'avais des inquiétudes dans ce décors de Madame-Monsieur. Les rideaux en coton coloré, le tapis assorti, le chat roux, la fraîcheur des couleurs pastel. J'avais peur d'y prendre goût.
Une nuit elle est restée dormir au squat. On s'est calfeutré sous des bâches et puis on a baisé jusqu'à ce que mort s'ensuive, enfin presque. Elle s'est endormie dans mes bras. Je me suis réveillé et j'ai pensé à elle. J'ai voulu l'embrasser mais elle avait quitté notre pieu de fortune. Je l'ai cherchée. On sait jamais, une couille est vite arrivée. Je l'ai cherché et j'ai fini par la trouver et Raphaël en même temps. Et ça m'a fait comme une avalanche dans la poitrine. J'ai eu envie de vomir.




« Tu déconnes ? Je dis.
-Je t'aime. On s'en branle des autres. Je vais bientôt sortir. Et t'as plus tellement de temps à tirer non plus et... »
Je veux plus rien entendre. Je lui dis de la boucler. Je lui dis « Ta gueule! comment tu me parles! ». Je veux plus qu'il puisse ouvrir sa dégueulasse tronche de tante mais il essaie de m'attraper les doigts et la bite et il me dégoûte. Je dis « sale pédé ! » et il chiale sans détour, comme une belle merde. Il me fait peur et il veut plus se détacher de moi. Il me tient à toute force comme un noyé au désespoir et je panique.




Alors je l'ai tué.
Jeu 7 Mai - 15:21 (2015)
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ATea
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MessagePosté le: Jeu 7 Mai - 22:39 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Bordel.
J'ai suivi d'un bout à l'autre. J'ai pas décroché (sauf quand tu parles de frisson de cheval transi. ^^ j'ai pensé à "Ça frissonne bizarre un cheval? Bref je m'en fous, je verrais ça plus tard. Plus tard étant maintenant, je te laisse répondre!)

J'ai accroché à ton texte, à tes mots sauvages qui succèdent les instants tendres. Le moment sous le platane, les yeux tout ça et après, on va baiser. Comme ça, sans fioritures. L'effet fou quoi.

J'ai accroché aux deux histoires. À l'enchevêtrement des deux et le fait qu'elles se retrouvent sur cette simple constatation. Ça me fait penser à un truc : "Le destin est un serpent qui se bouffe la queue." Je sais plus d'où ça sort mais bref, c'est l'Ouroboros que j'ai eu en tête.

Et puis cette attente en prison, cette ambiance, cette homosexualité de circonstance d'un côté, assumée de l'autre, la honte d'avoir éprouvé du plaisir pour l'un, la tendresse de l'autre.

Mmh. Bon voilà, j'ai aimé je crois bien!
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Jeu 7 Mai - 22:39 (2015)
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Philippe Mangion
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MessagePosté le: Jeu 7 Mai - 23:40 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

C'est très bien écrit, très maîtrisé, construit et travaillé. Les retours en arrière sont placés aux bons endroits, les liens entre le présent et l'évasion par les souvenir sont parfaits.
Le pire est qu'on s'attache au personnage malgré son instinct meurtrier. Donc on le débecte aussi.
Il est à la fois poète romantique et pervers meurtrier qui ne supporte pas de perdre la contrôle, surtout après sa baise avec son codétenu. Il fait froid dans le dos, d'autant plus que l'espace est laissé pour s'identifier à lui. Il nous fait peur comme si l'on avait peur de nous-même. C'est très réussi.
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Philippe Mangion
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Octobell
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 00:28 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Bon, je l'ai lu tout à l'heure, mais j'attendais d'avoir déjà des commentaires (positifs) sur ton texte. Parce que pour ma part, j'ai pas du tout adhéré. J'ai trouvé ça trop trash (oui oui j'te jure), et j'ai pas tellement compris l'intérêt, si ce n'est de nous en mettre plein la vue. Je n'y ai pas vu de moralité, ou de réflexion, ou de trucs comme ça, du coup, j'ai pas du tout savouré. Donc j'voulais pas être la première à commenter en étant aussi négative >_<
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Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Ven 8 Mai - 00:28 (2015)
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Linelea
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 00:58 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

alors moi j'suis mitigée...

effectivement c'est trash... après je dirai pas non plus que j'ai pas aimé...

J'ai été un peu déstabilisé par le ton du premier paragraphe, j'ai l'impression que c'était un enfant qui parlait... en fait j'ai eu l'impression tout le long du texte que c'était un enfant qui parlait... alors forcément ça allait pas vraiment avec le vocabulaire ^^

Pourquoi cette sensation ? je sais pas, peut-être parce que le narrateur fait de courtes phrases pour ses ressentiments...

donc bon voila un peu déstabilisé ^^
Ven 8 Mai - 00:58 (2015)
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Basetti Prod
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 08:13 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

OK, bon, j'essaie d'ignorer les commentaires au dessus, enfin pour rester fidèle a ma pensée et a ce que je ressens du texte, car les commentaires je les pige. C'est clair, c'est trash. 

Avant de continuer, oui... je kiffffffeeeeeeee . Mais je kiffe pas parce que c'est bon, beau, mais parce que c'est diablement fort. Un peu comme quand je me souviens de la lecture d'Emma Bovary (rien a voir, juste pour l'exemple) Je n'aime pas le roman, je n'aime pas le personnage, mais c'est magistral quand même .

Bon sans éxagérer, fabuleusement écrit, et on sait bien Yannick que tu sais faire dans la dentelle, donc pour moi le cru , le vulgaire le trash est clairement pardonné car on sait que c'est utilisé a dessein. 

Fabuleuse contruction, et en effet l'enchevetrement qui s'accélère et se confond, c'est énorme, et impossible de m'arreter dans la lecture car ça t'aspire. 

J'y vois une morale, ou un sens, et il est ponctué par les deux " je l'ai tué " . Je peux me tromper mais c'est un ressenti, donc il m'appartient, pour moi c'est l'histoire d'une frustration, d'envie de jalousie. Comme si ce texte aurait pu illustrer des scènes de seven, et certains des péchés capitaux. 

Alors oui, j'ai trouvé le sens dans cette voie la, l'ENVIE... et pas dans le sens valorisant du texte. 

Yannick il y a eu texte plus agréable à lire, mais franchement, c'est magistral et intense. Je plus plus plus. 
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Ven 8 Mai - 08:13 (2015)
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 08:18 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Allez, je me jette à l'eau aussi. ^^

Comme tu (vous) as (avez) pu le remarquer, je ne suis pas hyper fan du style trashy-trash, sexe, violence, etc. (ça c'est dit) donc, forcément, rien qu'en entamant ton texte, j'ai senti le petit humoriste en moi se révulser brutalement...

A part ça, objectivement (le plus possible), je trouve ton personnage crument réaliste. Et j'ai particulièrement aimé (oui, y a quand même un détail que j'ai aimé dans ton texte) le "je l'ai tué". Pas de fioriture, pas d'explication; il l'a tué, c'est tout.

Mh, à part ça, j'ai un peu été perdue dans la narration, entre les flash back, la prison, tout ça. J'avais du mal à suivre le fil de ton histoire. (bon, le ton ne m'a pas aidé, of course)

Alors, sinon, (malgré mon "amour" des scène de cul) je trouve que tu as vraiment bien cerné et amené la relation entre les deux co-détenu, ce côté circonstanciel pour l'un et la véritable attirance de l'autre, presque subtilement en plus...

En gros, dans l'ensemble, un très bon texte, réfléchis et tout, pas de trashy gratuit (même si, je le répète, j'aime pas ça XD) et, perso, le vocabulaire du taulard ne m'a pas choqué. Les phrases, le vocabulaire est aussi "simple" que lui (un gars qui vit dans un squat,  le mec pas cultivé pour un sous sans être con pour autant, qui aurait pu être brillant si sa vie ne l'avait pas mené là où il est)

Bref, GG Yannick!
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 11:38 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

C'est cru, trash et poétique à la fois. Et ça traduit bien le côté truant romantique de ton personnage. J'aime cette sensualité brute et ce télescopage entre la crasse et la grâce.
Ven 8 Mai - 11:38 (2015)
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MessagePosté le: Ven 8 Mai - 23:00 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Bon alors moi, j'avoue que j'ai aussi trouvé ça super trash. Tu n'es pas timide avec les mots, et ça c'est cool! Par contre j'ai ressenti une gêne pendant la lecture  (d'autant plus que je l'ai lu à voix haute pour une amie aveugle). Peut être parce que c'est très réaliste, et que la réalité est pas toujours simple à voir. Je n'arrive pas non plus à savoir si j'aime ou pas ton personnage. Il est complexe et ça aussi c'est bien.
Je te félicite donc de m'avoir gêné parce ça veut dire que c'était très bien écrit! 
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MessagePosté le: Sam 9 Mai - 10:38 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Putain mecz, une dinguerie ton récit , superbement maitrisé de bout en bout , c'était juste génial , j'avais l'impression de me ballader dans l'Amérique des années 50 en fait , celle de Buk', Fante ou Burroughs, et j'ai adoré, vraiment très bon, 'pis bon c'genre de perso moi j'adore  


Beau boulot mecz  



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MessagePosté le: Sam 9 Mai - 21:48 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Merci pour tous vos commentaires qui sont bien instructifs  
C'est drôle je le trouvais pas si trash, mon texte; cru mais pas trash. Par exemple, les scènes de sexe sont pas gerbantes, y a pas de viol ni rien, juste du désir. Et y a deux meurtres qui ne tiennent qu'en quelques phrases et sans descriptions gores ou quoi.
Du coup je pense que tu as raison, Valet, c'est d'avoir orienter mon texte vers quelque chose de très réaliste, cru qui rend l'ensemble dérangeant. C'est amoral et animal. Comme le perso auquel on pourrait bien s'attacher ou pas avec ses blocages et sa sensibilité et sa violence. Et ça déstabilise. Je voulais pas faire un truc manichéen. Enfin bref, merci pour tous vos avis.
Sam 9 Mai - 21:48 (2015)
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ATea
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MessagePosté le: Dim 10 Mai - 00:38 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

M*rde, serais-je un peu trash dans mon genre alors ? ^^ 

 
 

 

 
Par contre, Nick, y'a une de tes réflexions qui m'a fait rire dans ta réponse : "Par exemple, les scènes de sexe sont pas gerbantes, y a pas de viol ni rien, juste du désir."  

 
Y'a pourtant des scènes de sexe qui peuvent être gerbantes sans pour autant représenter un viol... Un ami vient d'entrer dans une coloc' et une des fenêtres de chambre donne sur le jardin du voisin. Voisin de soixante ans, exhibitionniste, libertin, etc... Il m'assure voir des choses qui lui donnent envie de devenir pieux, alors, le connaissant, ce doit être gerbant ^^ 

_________________
ATea.
Dim 10 Mai - 00:38 (2015)
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MessagePosté le: Dim 10 Mai - 00:52 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

ah ah mais tu sais qu'en l'écrivant j'hésitais à mentionner certaines pratiques ou jsais pas quoi, mais jvoulais pas m'étaler de trop
Dim 10 Mai - 00:52 (2015)
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El.
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MessagePosté le: Dim 10 Mai - 01:20 (2015)    Sujet du message: Je l'ai tué Répondre en citant

Tu m’as raconté cette histoire, de ce mec-là, de ses vides, de son mal être, de ses frustrations. Le parcours de ce keum qu’est complétement paumé, en errance, mais qui a de la poésie, des trucs purs en lui, des trucs sans doute beaux que la vie lui a volés. La vie peut être une pute, on s’en sort pas tous. Ça veut pas dire qu’on n’a pas tenté. Ce gamin des rues, il ne peut pas vivre autrement que de manière ultime et extrême ce qu’il ressent. A la fois il se perd dans son désir et l’amour immense qu’il a pour cette nana et à la fois il est terrifié de le perdre. Il a peur de lui-même, il n’a pas beaucoup d’estime, Raphael lui arrache une première fois son bonheur d’amour dans le squat et il le bute, ensuite c’est Yassine en taule qui symboliquement détruit tout une seconde fois de cette fragile histoire d’amour(sans même le savoir) et alors, le gamin des rues tue encore…
Pour moi c’que t’as fait, c’est beau. T’es allé au-delà de la classique attitude bien pensante qui cloisonne le bien d’un côté, le mal de l’autre (moral/amoral-coupable/innocent)…ça m’fait tellement chier ce genre de discours…toi tu vas toucher un truc super fort de l’humain, et tu y vas avec délicatesse, avec de la poésie et un sacré bagage dans le vocabulaire, ça me fout en rogne, j’aimerai avoir écrit ça par exemple : Le chien s'est mis à mâchouiller la merde pendant que le soleil pleuvait et que le vent se griffait aux aiguilles des pins. Il nous venait par ficelles sur le visage. Ça faisait doux, ça faisait paradis.
Mais le rire de Raphaël gâchait tout.


Putain c’est beau, c’est de la poésie pour moi ou encore ça: Elle a dit « Simona » et j'ai oublié de répondre parce que je regardais ses cheveux blonds qu'elle portait court. Mais ça lui allait bien quand même. Elle s'est assise à mes côtés. J'étais content. Après j'ai voulu recommencer à écrire, mais ça ne venait plus. Le soleil a changé de couleur quand elle a croisé les jambes.


J’pense, tu m’diras si j’suis passée à côté, mais j’pense qu’il dit ça ton texte…il dit on peut être une bête, on peut être un poète, on peut être les deux à la fois, c’est ça humain…c’est parfois moche, c’est parfois trash, c’est parfois pas juste voire dégueulasse mais c’est ça…humain.

Par ailleurs la structure du texte est impeccable je trouve c'est bien construit, avec l'histoire dans l'histoire, et la prison de ce mec, à la fois matérialisée par la cellule, et symbolique de par son parcours de vie, et son intérieur, ses tripes complètement verrouillées quoi...

Et sinon, j’ai vachement aimé quoi voilà !
_________________
El.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:56 (2016)    Sujet du message: Je l'ai tué

Aujourd’hui à 23:56 (2016)
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