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Journal de Bord de Giorgio Vasari

 
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Basetti Prod
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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 16:59 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

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Journal de Bord de Giorgio Vasari, 26 juin 1574, Florence, Tosacane. 


Il est des nuit où tout est permis, car l’obscurité rend la confidence plus aisée et les mots se délient sous la plume connivente. 


Je suis au crépuscule de ma vie et si mon travail historique a toujours eu la prétention d’être objectif et analytique, il y a des états d’âmes qui doivent s’exprimer pour apaiser la conscience d’un croyant, amateur et humaniste avant tout. 


Si j’ai passé ma vie à essayer de rendre hommage au rinascimento italien, la renaissance en Français, et à tous ses acteurs, je veux témoigner ici par ces quelques lignes confidentielles de mon affection particulière à Alessandro Filipepi, plus communément nommé le petit tonneau, Botticelli. Le pluriel de Botticello est surement du au partage de la condition ventripotente entre Sandro, ses frères Giovanni et Antonio et Verrochio, orfèvre et peintre chez qui il fit ses premières armes. 


J’ai froid et si la vie s’échappe de mon enveloppe mortelle, je partirai avec la chaleur et l’énergie de mon époque ou plutôt celle de personnalités admirables qui ont changé la face du monde par leur talent, leur foi et leur obstination à rendre la beauté accessible a l’humanité. 


Je suis malheureux de quitter cet âge d’or et tous mes amis et mentors. Si je ne puis partager avec eux la suite de l’aventure, je ne peux me résigner a laisser une trace de la réalité de ces personnages en marge de mon travail officiel. Raphael et Michel-Ange, mes amis, je ne vous remercierai jamais assez de m’avoir inspiré, instruit et au delà de tout le reste d’avoir pu apprécier a travers le prisme de votre génie qui a été réellement Sandro Botticelli que je n’ai pu malheureusement connaître en chair et en os. 


Volonté divine ou destinée, Sandro, que je considère improprement comme mon meilleur ami que je n’ai jamais connu mais que je connais si bien, est mort l’année précédant ma naissance. Quoi qu’il en soit, je peux affirmer que le politiquement correct de notre époque le présentera d’une façon qui ne rendra pas hommage à la réalité de son personnage. 


Si je devais tenter d’en analyser la cause profonde, je dirais que l’affrontement entre la puissance économique, le mécénat de Florence et l’autorité céleste de Rome a lissé tous les fruits de la créativité de cette époque, qui n’a rien de lisse présentement. 


Sandro a clairement été partagé toute sa vie entre sa foi sincère et son amour démesuré de la femme et de sa beauté originelle. La Deuxième partie de sa vie a été marquée par son attachement aux thèses de Savonarole, influence majeure à Florence, qui protégé par Laurent de Medicis a tenté d’appliquer le caractère implacable de ses convictions religieuses à la Toscane, et par voie de conséquence à toute l’Italie. 


Savonarole, que je n’apprécie guère à marqué son temps par son œuvre finale, le bucher des vanités, sorte d’autodafé pour tout ce qui a pu symboliser la futilité de notre temps. Robes, miroirs, œuvres artistiques diverses. La bourgeoisie Florentine à été contrainte, mort dans l’âme à venir y bruler tout ce qui faisait son faste. J’imagine le petit tonneau devenu artiste confirmé, Sandro, venir la larme à l’œil sacrifier ses œuvres fétiches devant le Palazzo Medici, en plein cœur de Florence. 


Si la fin de la vie de Botticelli a été emprunte d’un élan de piété absolutiste, sous l’influence de Savonarole, je suis persuadé qu’il est désormais dans l’ombre de tous ses cadets justement car il a été dans celle de ce prédicateur de la famille régnante de Florence. Sandro sera un jour reconnu à sa juste valeur et ceci pour l’éternité et la postérité de l’art Italien, universel a mon sens. 


Etre le disciple de celui qui a brulé tant de livres, d’œuvres et d’objets en général témoignant de la liberté et du luxe italien ne peut être sans conséquence. Savonarole a été jusqu'à traiter de putain impie et luxurieuse la Curie Romaine. J’espère pour sa quiétude intérieure qu’il a fait la paix avec ses démons sur le bucher avant son dernier souffle. 


Si le conflit moral entre l’exigence religieuse de l’affiliation à la foi catholique et l’extravagance de l’expression artistique a toujours été contradictoire et pourtant nourrissant, car les deux extrêmement liés, ce conflit masque clairement aux yeux du monde qui a vraiment été Sandro Botticelli. 


A travers La naissance de Vénus, le printemps, et toutes ses œuvres les plus connues, ses intimes et contemporains n’ont aucun doute. On peut y voir sous les traits de la déesse de l’amour les plus belles aristocrates Florentines et l’expression des fantasmes cachés de Sandro. Simonetta Vespucci entre autre a toujours été l’objet caché de toutes les convoitises de mon mentor posthume. 


Botticelli a habilement caché son désir derrière l’alternance de sa production entre des portraits et des nus féminins d’inspiration antique et le caractère immaculé de ses « pieta » ou la Madone portait fièrement l’innocence féminine originelle. 


Sandro a commencé sa carrière dans le giron familial, dans l’atelier de son père tanneur, et a vite rejoint Fra Lippi, peintre et moine, et surtout Verrochio, orfèvre et initiateur d’un style précis et poétique de part la courbure unique de ses dessins. 


Son talent très vite remarqué et encouragé à Florence l’a conduit à Rome ou il contribua à l’œuvre magistrale qu’est la Chapelle Sixtine. J’affirme clairement a qui voudra l’entendre que c’est Rome qui a tué Botticelli. La grâce ultime de sa façon de peindre la quintessence de la beauté féminine a participé à l’éclipse de son talent et de sa renommé au profit d’autres peintres. Et si sa production est passée alors au second plan, c’est que son amour de la femme a été considérée irrévérencieux par l’église. 


C’est sans nul doute la raison principale de son retour a Florence. Sandro a emboité le pas à Savonarole dans son délire extrémiste et obscurantiste de l’époque, jusqu’à immoler de son propre chef ses œuvres les plus païennes au regard de l’époque, mais qui a mon sens étaient le plus bel hommage à la femme qu’un peintre n’ai  jamais pu faire. 


Ironie de l’histoire, Sandro a été rejeté par Rome, accueilli par Savonarole, lui même excommunié par le Saint Siège et brulé pour hérésie alors qu’il défendait la piété extrême. Quelles contradictions ! Botticelli est mort seul dans sa villa via della Porcellenna, victime innocente des conflits de pouvoir d’une Italie partagée entre rayonnement artistique et spirituel, et totalitarisme idéologique. 


Qui a été vraiment Allessandro Filipepi ? Définitivement un pionnier et le plus bel ambassadeur du génie Italien qui sera reconnu jusqu’à la fin des temps sans nul doute. 


Pour le monde, il sera un des chefs de file de la rennaissance italienne.


Pour l’Eglise, il sera un support certain à l’expression de sa grandeur, malgré l’impiété de son amour irrévérencieux de la femme. 


Mais pour ses contemporains et amis dont j’ai l’outrecuidance d’estimer en faire partie, il est le lien entre l’empire terrestre bien réel de la primauté de la femme en tant que matrice originelle et objet de tous les désirs, et son caractère divin et sacré à travers l’immaculée conception. Sandro a fait se rencontrer la divinité de la vierge avec celles plus païennes des déesses grecques avec un plus petit dénominateur commun, la grâce et la beauté inconditionnelle de la femme avec un grand F. 


Je ne sais pas qui lira ces quelques lignes écrites en quelques heures, et si je dois être considéré comme un vil impie, ma postérité l’assumera. Je tiens ici à rendre hommage à Sandro Botticelli qui malgré quelques errances mystiques a su rendre à la femme de la renaissance et a toutes celles qui l’ont précédé son caractère divin et sexuel à la fois. 


Si j’adore Sainte Marie mère de Dieu, j’aurais donné volontiers mes deux bras pour une nuit inavouable avec Simonetta Vespucci, muse de Botticelli, car je n’en aurai bientôt plus besoin dans ce monde de mortels. 


Quant a savoir qui était vraiment Sandro Botticelli, au fond de lui même, je vous laisse à vous étudiants en art le soin d’analyser sa personnalité profonde à travers l’étude de son œuvre. Vous avez quelques siècles devant vous pour y parvenir, et je dirais même plus, vous avez l’éternité devant vous. 


Je sens désormais la vie quitter mon être et si les livres d’histoire parleront certainement de la grandeur de Botticelli, j’ai eu a cœur avant de disparaître, de rendre compte de son humanité. 










Commentaires personnels de Giorgio Vasari à propos de son ouvrage : Le Vite de' più eccellenti architetti, pittori et scultori italiani, da Cimabue insino a' tempi nostri  plus communément appelé Le vite, ou les vies des meilleurs architectes, peintres et sculpteurs italiens. 


Giorgio Vasari est un écrivain parmi d’autres aptitudes (peintre et architecte) né en 1511, année consécutive de la mort de Botticelli (1510). Son ouvrage, référence ultime et genèse probable de la science de l’histoire de l’art est un travail gigantesque et reconnu unanimement. Si de grands maitres le suivent de près (Leonard de Vinci, Michel-Ange, Raphael, etc,.) Giorgio Vasari présente clairement Botticelli comme le plus talentueux de tous et le qualifie de dessinateur de génie, et inspiration pour tous ceux qui le suivirent. 


Giorgio Vasari est mort le 27 juin 1574 à Florence


Documents et propos recueillis et commentés par un admirateur anonyme.






PS : Merci aux amateurs et connaisseurs du sujet de me pardonner mon interprétation libre de l’histoire et mon culot de me mettre dans les souliers et la plume de Giorgio Vasari. La tentation a été trop forte  J’ai pris le risque d’etre hors sujet en transformant Sophie ta journée de contrainte en nuit et en en faisant un récit. J’accepterai ton éventuelle sentence mais je n’ai pas pu refreiner cet élan qui m’a remis sur mon clavier !!!
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Jeu 8 Oct - 16:59 (2015)
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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 20:49 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

Basetti, je te pardonne ton interprétation libre de l'histoire et ton extrême culot d'avoir osé te mettre dans les souliers de Vasari, même si je suis loin d'être une experte de la Renaissance italienne. Tu as bien fait de reprendre la plume, et je suis contente de t'y avoir incité, parce que tu m'as fait voyager! A travers tes connaissances, qu'on sent profondes, tu nous transportes dans la tête d'un homme du 16ème siècle avec brio. Le ton est bon, le vocabulaire choisi, la forme l'est aussi... je ne dis pas que ton texte est parfait et il y a parfois des phrases maladroites, une structure un peu brouillonne, mais le rendu est là et tu arrives à nous y faire croire. Vraiment, chapeau!
Quant à la contrainte, tu la respecté... à moitié. Le problème n'est pas que cela se passe en une nuit au lieu d'une journée, en fait ça ça m'est égal, tant que l'unité de temps est respectée. J'aurais aimé pouvoir voir les trois visages du personnage dans une seule journée et non étalée tout au long de sa vie mais, bon... je ne l'avais pas vraiment précisé alors c'est ma faute! *se tape* Du coup, pas de pénalité pour toi!
J'ai aimé la façon dont tu as abordé ce thème. Le visage qu'il montre au monde est celui d'un peintre renommé avec son style qui lui est propre, celui qu'il montre à ses amis est plus personnel, et son dernier visage, il le cache dans sa peinture. Chouette idée! 

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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 21:11 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

suis tout rouge me suis éclaté à l'écrire en tout cas.. merci
Le coté brouillon est un peu voulu, le Vasari il va crever, et en l'occurrence le lendemain, même si il ne le sait pas vraiment, il sucre un peu les fraises le spécialiste de la renaissance...
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MessagePosté le: Dim 11 Oct - 11:40 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

Il n'y a que toi pour nous sortir des textes aussi riches et intéressants. Tu avais déjà fait le coup avec les chevaliers, hospitaliers je crois. A bien y regarder, comme le dit Valet, il colle en grande partie au thème. Les artistes se prêtent d'ailleurs particulièrement à cette analyse, l'aspect le plus intime de leur personnalité pouvant apparaître à travers leur oeuvre.
Je ne suis pas un grand connaisseur de la Renaissance italienne, mais elle me fascine, comme le XVIè en général, où arts et pouvoir étaient si intimement liés ; difficile d'imaginer ça aujourd'hui. Sang et religion l'étaient tout autant, mais ça, ça revient à la mode.
Bravo Basetti, belle prod pour un retour réussi.
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MessagePosté le: Mar 13 Oct - 12:32 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

Eh bien je suis impressionnée par ta maîtrise du sujet, de plus, on sent bien que tu n'as pas eu à te forcer pour chausser la plume de Vasari Moi je ne m'y connais que peu... J'ai eu quelques fois l'impression d'avoir le cours d'un professeur (probablement pour la raison que j'ai évoquée dans ma phrase précédente) mais les interventions acérées et cyniques du narrateur rend ton texte attrayant !
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MessagePosté le: Ven 16 Oct - 23:52 (2015)    Sujet du message: Journal de Bord de Giorgio Vasari Répondre en citant

Quelle bonne initiative d'avoir repris la plume, Basetti ! Bon j'ai pas trop trop accroché au texte, pour cause de phrases trop longues et compliquées, et un ton parfois très professoral (d'accord avec rafi). Mais, même si je connais pas assez les coulisses de la Renaissance pour savoir où sont les libertés, ya assez d'assurance dans cette écriture pour qu'on y croie... et c'est bien ce qui compte ! A très bientôt sur un prochain texte alors ^^
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Ven 16 Oct - 23:52 (2015)
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