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KANDINSKY

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 22:39 (2015)    Sujet du message: KANDINSKY Répondre en citant

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Je suis en retard.  Je le sais. Mais je ne voulais pas laisser sur le carreau cette nouvelle. Je l'avais commencée. Je l'ai achevée aujourd'hui.

J'espère que vous aurez du plaisir à la lire.

KANDINSKY 
  En ce  jeudi matin de septembre. J’atteignais péniblement la terminale après avoir redoublé successivement la seconde et la première. J’étais la preuve vivante de la réussite sur le tard.
On me regardait avec envie parce que je ressemblais à un homme. Je répondais à l’autorité avec l’aplomb d’un adulte mature.
Nous étions rentrés dans la classe depuis à peine dix minutes. Je me payais un face à face avec le prof d’histoire.
  • Paillard levez-vous 
  • Monsieur Paillard s’il vous plaît
  • Je vous demande pardon ?
  • Appelez-moi Monsieur Paillard

Lui et moi partions sur d’excellente base.
Lui c’était Monsieur Dutout, un agrégée en histoire moderne, un désagrégé devrais-je dire. Sa réputation l’avait devancée. Avant de le croiser nous connaissions sa légende, celle d’un homme frustrée, terriblement petit,  portant des costumes trop grand, un monocle à l’œil gauche et une montre gousset qu’il sortait de sa poche toute les trente secondes.
  • Il me regarda droit dans les yeux et lâcha avec dédain : Soit. Je vais faire une exception pour vous. Monsieur Paillard, auriez-vous l’obligeance de vous lever ?
  • Avec plaisir Monsieur
  • Sa voix de fausset força : Monsieur Paillard, vous connaissez la date du 21 janvier 1793 ?
  • Comment voulez-vous que je la connaisse. Je n’étais pas né.
  • Vous devriez !! C’est la date de la mort de Louis XVI !
  • Ah Le serrurier de Versailles…..
  • Cessez de faire de l’esprit  Monsieur Paillard, ça ne vous va pas.
  • Appelez-moi Jérôme
  • Dutout s’approcha de moi et me tordit le pouce : Aïe !!!!! »
  • Vous voulez une heure de colle Monsieur Paillard ?
  • Non.
  •  Alors asseyez-vous et taisez vous

Dutout monta sur l’estrade près du tableau. Il leva son menton, prit sa respiration et déclama : « Je vais vous raconter la mort du roi ».
Il posa son cartable sur le bureau, l’ouvrit, puis le laissa debout. Le cuir rongé, l’anse  à peine plus large qu’une ficelle, l’objet faisait le désespoir des maroquiniers.
Il nous le montra du doigt : «  vous voyez ce sac, il est aussi vieux que la prison du temple en  en 1789. La famille royale y est logée malgré elle ».
Sa main gauche se plongea dans le cartable et sortit une grosse souris.
  • Je vous présente Louis Capet 16éme du nom. Il lui reste 90 minutes à vivre. Il est 9h du matin.  Il fait froid. La brume s’abat sur Paris.

Dutout alluma sa e cigarette. Un nuage de vanille s’étendit dans la classe.
  • Capet monte dans une voiture tirée par des chevaux, direction la place de la révolution via les grands boulevards.

Il prit la souris, l’enserra dans sa paume et fit trois le tour du bureau.
  • A 10 h 15, le véhicule s’arrête au pied de la guillotine.

Il fouilla de nouveau dans le cartable. Il en dégagea dans la difficulté un couteau de boucher. Il plaqua le ventre de la souris contre le bureau
  • A 10h21 Capet dit un dernier mot : « Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ». Le bourreau lui coupa la parole et la tête à 10h22.

Dutout  trancha le cou de la souris. Du sang gicla sur les cahiers du premier rang.
  • Soudain, le prof se raidit. Il cria à plein poumon : vive la révolution !!!! Il poursuivit : la semaine prochaine, nous verrons l’assassinat d’Henri IV. …. Je compte sur vous Monsieur Paillard, vous ferez un excellent Ravaillac.
  • C’est que…
  • Ne soyez pas si timide. Je vous promets que vous ne serez pas écartelé à la fin du cours.

Un vif frisson me parcourut l’échine. Un effet de son regard d’un sadisme effrayant.
Dès lors, je n’eus qu’une seule obsession : avoir mon bac à tout prix, pour ne plus le croiser.
 
 
 
 
 
 
 
Dans le couloir, nous échangions entre nous, nos impressions. Ce type était fou. Nous allions souffrir. Annabelle, la surdouée, souligna que Dutout avait une liaison avec la prof de science physique.
  •  Elle lâcha  : pourvu qu’il n’ait pas accès au stock d’acide chloridryque, il serait capable de l’utiliser.
  • Tu te fais des idées Annabelle
  • Non, Jérôme. Le jour où il nous racontera l’inquisition, ça risque d’être gore

Elle avait raison. Avec Dutout, on pouvait s’attendre à tout.
Ce gars-là avait-il une vie de famille, des relations sociales ? On se l’imaginait et on l’espérait ermite pour le bien de l’humanité.
Seulement, notre désagrégé avait une groupie, une aussi allumée que lui, une Einstein avec des seins et une queue de cheval.  
Elle anima le cours suivant.
Il fut aussi sanguinolent que celui de Dutout. Elle disséqua un têtard, l’explosa sous la petite vitre d’un microscope pour nous le montrer sur la plaque d’un rétroprojecteur.
Il chauffa tellement  qu’il en devint une plancha à la fin de l’heure. Ça sentait la grenouille cramée.
Madame Nuts était une intégriste des sciences physiques. Elle acheva sa performance pédagogique avec cette phrase : « il y a deux choses qui m’existent : les cadavres et les interros. La semaine prochaine vous aurez droit au deux »
A la fin de la matinée, nous étions k o. On en avait pour un an avec ces deux tarés de l’enseignement.
A midi tapante, on les voyait partir à la cantine presque main dans la main.
Nous imaginions avec effroi, l’éventualité qu’ils fissent des enfants. L’horreur absolue. Je crois que mes opinions pro avortement viennent de là, de ce couple improbable.
 
Le soir chez moi, Je n’ouvris pas la bouche. Le repas terminé, je regagnai ma chambre et mon petit monde, l’œil rivé sur un aquarium sec ou ma grenouille faisait sa gym. Elle grimpait et descendait d’une échelle toute la journée.
Ma grenouille s’appelait Alice. Elle parlait. C’était ma grande copine, mon psy à l’occasion. Je lui racontais tout
  • Il faut absolument que j’ai mon bac cette année. Je ne peux pas redoubler avec des profs pareils. Qu’est-ce que je vais faire Alice ?
  • Bien. Tu vas bosser mon grand
  • Je ne peux pas. Seul, je ne sais pas.
  • Fais-toi aider
  • Par qui ?
  •  Par un ami imaginaire.
  • Ah bon Alice
  • Tu sais quoi, Jérôme ? Et si tu pensais à lui ce soir ?
  • Tu crois qu’il pourrait passer si je ….
  • J’en suis sure
  • Il suffit que tu en rêves.
  • Bon, alors je vais au lit. Et vite

Je n’étais plus en âge d’entendre des histoires avant de m’endormir. Aussi loin que remontaient mes souvenirs, mes parents n’avaient jamais pris 5 minutes pour m’en lire. Ils croyaient, déjà, en avoir perdu 6 pour m’avoir conçu.
Penser à un ami imaginaire était stupide. A quoi ressemblerait-il ? A l’ours Ted ? Nom, l’idée était prise. Elle manquait cruellement d’originalité. Au plafonnier de la tante Monique ? Pourquoi pas. J’aimais sa forme ronde, quasi parfaite, ses couleurs improbables : le vert, le pourpre, le bleu et le jaune entremêlés. Quand elle allumait la lampe, j’avais l’impression d’être dans une boite de nuit. Ça brillait, une teinte fluo bavait sur le mur blanc. On aurait dit un tableau de Kandinsky.
J’aimais ces traits, ce désordre. Ça ne ressemblait ni à une maison, ni à une forêt, ni à un chien. C’était quoi alors ? C’était ce qu’on voulait. La liberté en somme.
A chaque fois que j’allais chez tata Monique, je tripais sur son plafonnier. Je faisais de la philo avec.
Pas besoin de fumer, je regardais cette sphère et je planais.
Avec le temps j’avais occulté la trace de doigt rouge sur le plafond à quelques centimètres de la lampe.
Je ne la remarquais plus. Elle faisait partie des meubles.
Cette trace appartenait au pouce de l’oncle Alfred. Il se l’était « charcuté » le jour où il avait installé le plafonnier.
Je connaissais cette anecdote par cœur. On  nous la resservait à chaque réunion de famille, avec une telle science dans les détails que même un documentaire sur la confection du boudin noir passait pour un Disney.
Bref, avec toutes ces histoires, j’avais du mal à trouver le sommeil.
A 2 heures du matin, mes paupières cédaient sous leurs poids. Elles baissaient progressivement comme la grille d’un magasin en liquidation totale. Derrière se trouvait déjà le plafonnier de la tante Monique.
C’était incroyable, il s’adressait à moi.
  • Faut qu’on parle gamin !
  • Qui êtes-vous ?
  • Un ami imaginaire
  • Comment ça
  • Ben c’est toi qui viens de m’appeler
  • Je ne t’ai pas appelé
  • Tu m’as imaginé c’est tout comme

 
  • Tu veux qu’on parle de quoi ?
  • De ton avenir imbécile !!!  Du mien aussi. On est parti pour faire un bout de chemin ensemble, vieux !
  • Je ne te suis pas.
  • On m’avait dit que tu n’étais pas une lumière. Mais là c’est le sommet
  • Ce n’est pas évident pour moi.  Met toi à ma place. Tu penserais quoi si un plafonnier te faisait la leçon.
  • Je me croirais fou ou allumé. Toi, c’est différent, tu es un fainéant. Tu as des ampoules aux mains.
  • Dans ce cas on est fait pour s’entendre. J’ai les ampoules et toi, t’as la douille.
  • Ce n’est pas perdu, puisque tu as de l’esprit.
  • Enfin un mot gentil.
  • Avec toutes ces bêtises, je perds le fil électrique. On parlait de quoi ?
  • De mon avenir et du tien
  • Ah oui. Tu vas m’aider à redevenir ce que j’ai été.
  • Et comment ?
  • En passant ton bac et en devenant chirurgien.
  • Tu délires !
  • Non. A présent réveille-toi et ouvre les yeux.

J’étais dans mon lit bien au chaud, en pleine obscurité. Le noir face à moi, les yeux grands ouverts.  Tout proche de moi, je percevais le souffle d’un être vivant non identifié. Pire, je sentais une langue touchée mon visage et progressivement un filet de bave s’abattre sur ma joue. Une ficelle me chatouilla l’oreille droite. Je l’attrapai et tirai dessus. Funeste erreur. A peine finis je ce mouvement mécanique de la main que je fus réellement et visuellement nez à nez devant un plafonnier allumé. Il me relâcha la gueule.
  • Surtout ne crie pas. Et aie confiance en moi.
  • Arrête de me lécher tu veux….
  • T’es pas câlin comme mec
  • C’est que les plafonniers ce n’est pas ma came
  • Ah je vois tu préfères que je sois une lampe de chevet
  • Bon on fait quoi là maintenant ?
  • On révise  vraiment.
  • Mais il est plus de 2h, t’es malade !
  • Non, demain t’as interro de science nat’

 
Cette nuit-là je bossai comme jamais.  Le lendemain, j’obtins ma meilleure note dans cette matière.
Ce fut le début d’une nouvelle vie.
Je décrochai mon bac à la fin de l’année avec une aisance qui en étonna plus d’un.
Sept ans d’étude suivirent dans l’allégresse et la facilité.
A 30 ans, je fis ma première opération : une appendicite.
 
Aujourd’hui j’ai l’âge de Jésus à sa mort. Je fête mes 33 ans avec une bonne amie à moi. On nous croit ensemble parce que nous formons un beau couple.
Les gens se font des idées sur les autres et imaginent leur vie. Pour certains, ils touchent la vérité, pour d’autres ils la travestissent.
La mienne est très compliquée. Je doute qu’une femme puisse un jour épouser un homme qui parle à un plafonnier multicolore des nuits entières.
 La philo, les lectures, les séances psy où je lui balance des secrets intimes, les films que nous regardons sur la tablette en nous calfeutrant sous la couette barbent Kandy.
Kandy c’est le petit surnom que j’ai trouvé à mon ami « imaginaire », c’est mieux que «  le plafonnier », c’est plus poétique. Plus mignon, so cue isn’t it ?
 Il est devenu ronchon.  Hier, on s’est même disputé comme un vieux couple.
 
  • Ca te plait toujours d’enlever les amygdales et les appendices ? Tu n’avais pas une autre ambition en commençant ce métier ?
  • Non je t’assure. J’aime être accessible et rentre service.
  • Un chirurgien anonyme quoi
  • C’est ça.
  • T’as fait 8 ans d’études pour des opérations minables ! . Greffer un cœur, un foi, refaire un nez, des seins, Ça ne te plairait pas ? Avoue t’en as rêvé, hein ?
  • Non Kandy.
  • Parce que moi Jérôme, j’en ai rêvé pour toi. J’en ai rêvé pour moi. J’en ai rêvé pour nous….
  • Pour nous ?
  • On fait équipe Jérôme. Depuis tout ce temps, je t’ai aidé à être ce que tu es. Il ne t’est jamais venu à l’esprit que je pourrai te demander quelque chose en retour
  • Franchement non.  Je t’héberge. Je te nourris puisque je paie l’électricité.
  • T’appelles ça un renvoi d’ascenseur ?
  • En quelque sorte. Oui
  • Ma parole. Mais t’es un pauvre type !!!!
  • T’attends quoi de moi, au juste ?
  • Que tu m’aides aussi
  • Sois plus précis, Kandy. Là je suis paumé
  • J’en ai marre de n’avoir qu’une tête, de me balader tard le soir avec toi, de ne rencontrer du monde qu’au nouvel an chinois. Je voudrais être plus autonome, pouvoir bouger, marcher.
  • Tu veux avoir un tronc, des bras et des jambes, c’est ça ?
  • Tout juste
  • Comment faire Kandy ?
  • Tu m’en greffes, Jérôme
  • Parce que tu crois qu’on trouve un tronc, des bras et des jambes facilement ?
  • Il suffit de faire une visite à la morgue. A moins que tu veuille tuer quelqu’un.
  • Mais ça ne va pas ! Tu vas rester tel quel. Je ne ferai rien pour toi.
  • Alors mon ampoule va claquer. Je vais disparaître. Saches que sans moi, tu n’iras pas loin, tu perdras tout. N’oublie jamais que je suis ton bon génie, celui qui veille sur ta vie.
  • Je n’ai pas le choix alors…..
  • T’es coincé  mon pote.  

 
 
Mon passé m’est revenu à la figure par surprise un vendredi 13. Je me souviens de l’heure et de l’endroit.
Une maison cossue de la banlieue parisienne, un repas entre amis. Celle qui nous reçoit est si charmante que je fantasme sur elle depuis des années. Je n’en ai rien dit à Kandy. Il a la terrible manie de satisfaire mes rêves. Mais là, c’est impossible. Marie et Claude forme un couple harmonieux. Je ne veux pas le briser.
D’autant qu’ils ont un enfant, un ado bavard,  trop sûr de lui. Il nous parle de son prof d’histoire, d’un homme sec, autoritaire, d’un individu petit portant un monocle à l’œil gauche. A sa description je reconnais Dutout. Je revis, par procuration, le premier cours, la mort de  Louis XVI.
Je me retrouve dans ce gamin, dans ses angoisses.
  • Il me pose la question : Est-ce que je vais subir ce prof toute l’année ?
  • J’en ai peur….
  • Marie m’interrompt : « Toute l’année ? J’en doute. Ce prof tombera malade avant les vacances de la toussaint…
  • Claude goguenard achève : «  s’il ne meurt pas d’ici là »

Il a raison. Pour qu’il cesse de nuire, Dutout doit mourir.
L’idée nait dans ma tête. Je dos l’achever et le recycler.
Kandy aura une surprise pour Noel.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le 2 novembre est un bon jour pour mourir. Ça sonne comme un titre de roman. Nous sommes à l’aube. J’ai enfermé Kandy dans un carton. Il s’est laissé faire. Il  croit à un déménagement.
C’est dimanche. Les rues sont désertes, la ville dort encore.
La brume joue avec les réverbères. Elle enfile un manteau de lumière qui ne lui va pas. Elle ressemble à une veuve japonaise.
J’ai noté Dutout sur son profil facebook. L’imbécile ne cache rien de lui.
Je découvre que nous sommes presque voisins. 500 mètres nous séparent. Je les ai faits en voiture. Je me gare près de son portail. Je sors. Un chien aboie. Un chien petit. Le sien. Je ne suis pas surpris.
L’animal ressemble au maître. Il est antipathique, intelligent. Il s’imagine au-dessus des autres. Il se tient sur la pointe des pattes et montre les crocs. Je n’ai pas encore touché la poignée du portail. On se regarde, on se jauge. Je ne baisse pas les yeux. Lui non plus.
Quand je sors un poing américain caché sous mon imperméable, il met la queue entre les jambes. Il sait qu’il a perdu. Il se planque et chouine.
J’ouvre le portail sans peine. Je traverse une allée bordée de rosiers dénudés. Les graviers font du bruit sous mes pas. Un peu trop. Une lumière s’allume dans une pièce de la maison. Une ombre s’y déplace.
J’entends des clés s’introduire dans une serrure, faire un tour, puis deux.
Je n’ai pas sonné. J’ai avancé droit devant. Je lui ai balancé trois directs dans la figure. Le nez de Dutout a explosé sous mes coups.
A présent, je le ramasse au pied d’un escalier. Il a la tête rouge, le regard vitreux. Il respire encore. Je l’étrangle. J’attends qu’il crève. Mes mains se tachent de son sang.
Je traine son cadavre jusqu’à ma voiture.
L’allée de rosier est séparée en deux par une ligne de démarcation rouge. Le trottoir qui longe le portail ressemble au pubis d’une ex vierge. Le coffre de ma voiture a l’aspect d’un abattoir. Le nez de Dutout se vide encore de son sang. Un mort n’est jamais propre, surtout quand il a été une ordure.
Je ferme le coffre. Je monte dans la voiture.
Je chantonne  :
Si j’avais eu le choix j’aurais coupé ton lard
J’t’aurais exécuté et mis le corps en vrac
écartelé côtelettes, comme avec Ravaillac
 
 Il y a 13 ans J’avais eu une heure de colle  pour avoir écrit sur une copie ces vers-là.
Dutout n’avait pas aimé la plaisanterie.
Epilogue
 
En ce jour de décembre,  Dutout sait-il que son tronc, ses bras, ses jambes sont destinés à un autre ?
Oui. D’où il est, il voit l’opération. Il assiste à une première médicale.
Kandy le plafonnier devient un homme. Il marchera bientôt.
Il restera mon ami.
Vous seuls savez que mon imagination lui a donné la vie.
 
Mer 11 Nov - 22:39 (2015)
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 23:18 (2015)    Sujet du message: KANDINSKY Répondre en citant

AAAAh c'est cool de te lire, Hector!! tu m'as bien fait marrer en tous cas avec ton plafonnier!
Mais quel malade! Un plafonnier sur patte! haha!

Excellent!

Dommage que t'ai pas pu poster à temps mais c'est chouette que tu l'aie finie quand même.

Beau boulot
_________________
THE TRUTH IS OUT THERE


https://alinoebraun.wordpress.com/


https://www.youtube.com/watch?v=OttPq7ceH9E&feature=youtu.be&eml=2015September21%2F2733333%2F6010044&etsubid=30262197
Mer 11 Nov - 23:18 (2015)
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valet2trefle
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MessagePosté le: Mer 11 Nov - 23:39 (2015)    Sujet du message: KANDINSKY Répondre en citant

Pourquoi tant de haine envers Dutout, il est trop génial ce prof! xD Bwahaha dès le début j'ai adoré. Et le coup du plafonnier, sérieux, t'as trouvé ça où?Une idée lumineuse (poum poum tchii!)
_________________
I've never been wise

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Mer 11 Nov - 23:39 (2015)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mer 25 Nov - 02:14 (2015)    Sujet du message: KANDINSKY Répondre en citant

Tu as bien fait de poursuivre ton texte et de nous le poster malgré le retard. ça commence sur les chapeaux de roue et ça ne décélère pas! C'est barré, la plume est incisive, l'humour à l'avenant. Bref, une vraie bonne lecture. Bravo
Mer 25 Nov - 02:14 (2015)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:44 (2016)    Sujet du message: KANDINSKY

Aujourd’hui à 13:44 (2016)
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