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IRISH MAN

 
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moyen chog
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MessagePosté le: Dim 31 Jan - 01:49 (2016)    Sujet du message: IRISH MAN Répondre en citant

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" Elle me plaisait, mais elle ne voulait rien savoir. Donc, j'ai fait ce que je voulais, j'ai pris sa chatte, sa bouche, son cul. Elle ne voulait pas la fermer, elle disait qu'elle allait avertir la police. Donc, je l'ai étranglée. Ensuite, je lui ai coupé les cheveux parce que elle ne voulait pas cesser de me regarder.
DAVID PEACE


 
La blonde n'était pas au rendez vous devant les chutes du Niagara. Alors, j' me suis fâché avec CAROL. Et elle a pas aimé. Mais, j'm'en branle. J'me suis tiré à EXETER pour retrouver JOHN à l'université. Histoire de lui mettre une rouste à la lutte. Mais c'connard s’était barré à VIENNE. Voir un ours. J'suis tombé sur TOM S. qui rentrait à EXCELLENT dans L'IDAHO. Il avait rencard avec l'homme qui était tombé amoureux de la lune.
Putain, il fallait vraiment qu'j'arrête ces conneries. Toutes ces merdes dans mon crane.
Idaho. 1880. Si ça continue, j'vais finir comme PATRICK BODEMAN. La coke en plus. Les meurtres en moins. Sacré BRET, Toujours aussi pince sans rire. Et j'descend le MISSISSIPI pour rencontrer DONNA et lui demander des nouvelles du "LITTLE FRIEND" et voir si TOM et CAMACHO son toujours à MIAMI. Sanglante Miami. Et j'me ferais conduire par un gamin de 11 ans dans une belle Cadillac rose. Et JOYCE me soufflera à l'oreille de partir pour THREE PINES, de retrouver LOUISE et de faire, avec les villageois, une partie de curling sur le lac gelé.








Il y avait un champ brun, désert, derrière les pavillons, en pente abrupte, jusqu'au ciel d'un blanc sale. Il y avait une porte dans un mur, un chemin de terre et à l'endroit ou le ciel et le champ se rencontraient, une rangée de cabanes noires.
David Peace


J'ai laissé J.B. chanter au milieu de la nuit, "Comme d'habitude" en allemand.
J'ai laissé Bea, presqu'il, presqu'elle, accoudée au comptoir, en train de fumer une gitane maîs dans son costume de lumière.
J'ai laissé ma gueule, dans les chiottes d'une boite de nuit sordide, cette tronche qui me dévisageait dans la glace au dessus du lavabo crado. Alors, je lui ai mis un coup d' boule. Et le sang a giclé.
J'ai laissé l'chinois à ses démons. Au soleil qui s'couche jamais. Nauséeux, noctambules, nocifs.
J'ai laissé la chaleur d'un corps, trop souvent négligé. Mon âme avait compris quelque chose avant mon 
corps.
Get back Jo Jo. Get back.
Et Bette M. est morte. Emportant les roses à jamais.


Alors, j'ai pris mes clics et mes clarks. Et mon clic clac. Et j'me suis tiré. Pour abandonner mes peurs. Mes rancœurs. Et j'me suis retrouvé au nord de Leeds Dans le Yorkshire. Dans la cambrousse. Mais mes peurs et ma rancœur roulaient à gauche. Et collaient à mes godasses comme un vieux chewing-gum  remâché.








Elle est allée uriner derrière les arbres, puis elle a dit qu'on devrait s'y mettre sur l'herbe. Je l'ai frappée une fois, à la tête, avec le marteau, mais j'ai pas pu la frapper à nouveau. Je sais pas pourquoi, je l'ai laissée partir, puis je suis retourné à la voiture et je suis rentré chez moi.
David Peace






Je m'appelle Parra. Christian Parra. Et je v'ais bientot mourir.
Autant que j'me souvienne, j'ai toujours aimé lire. ça a été un moteur pour mon boulot. Mais ça m'a ramener que des emmerdes. Gamin, j'ai lu tout les livres que mes parents voulaient bien que j'lise. Et quand j'avais plus d'bouquins,j’étais capable de lire le catalogue Manufrance. Encore maintenant; je lis tout ce qui m' passe à portée d'mains.
J'aime lire. J'aime les livres. Et depuis que j'suis en age d'en acheter, j'les garde, j'les note j'les numérote.
J'aime les histoires, les belles, les moches, les tordues.
J'aime les vols, les viols.
J'aime les connards insipides, les gueules de travers.
J'aime les bras arrachés, les destins brisés, les amours impossibles.
J'aime les flics corrompus, les maquereaux tordus, les balances, les craignos.
J'aime les couchers de soleil, les aurores boréales, les nuits dans le désert.
J'aime les restos branchés, les puits sans fond les cadavres décomposés, les putes de luxe, les grosses cylindrées.
J'aime les sagas familiales, les traîtres, les faux derches.
J'aime les histoires.






Cher Eventreur


Vous avez tué cinq fois. En moins de deux ans, vous avez massacré quatre femmes à Leeds et une à Preston. Votre mobile est , croit-on, une haine irrépressible des prostituées, une haine qui vous pousse à frapper et taillader vos victimes. Mais, inévitablement, cette passion perverse a horriblement dérapé mardi soir. Une innocente de seize ans, une jeune employée heureuse, respectable, issue d'une famille honnête de Leeds, a croisé votre chemin. Qu'avez vous éprouvé lorsque vous avez appris que votre croisade sanglante avait terriblement mal tourné? Que votre poignard vengeur avait atteint une cible aussi innocente? Même si votre esprit est malade, ce qu'il est indubitablement, sans doute avez vous éprouvé quelques lueurs de remords tandis que vous laviez les taches de sang de Rachel. Ne commettez pas une nouvelle fois cette erreur, ne plongez pas une autre famille innocente dans cet enfer.
Mettez immédiatement un  terme à tout cela.
Constituez vous immédiatement prisonnier, assuré que seuls des soins et un traitement vous attendent, pas la corde ou la chaise électrique.


La population de Leeds.
David Peace


De toutes façons, j'étais baisé.
Alors, mes livres, mes histoires, occupaient la presque totalité de mon 3 pièces que je louai au nord de Leeds. Les piles partaient du sol et s’élançaient jusqu'au plafond. Juste la place du clic clac. Tous mes amis/ennemis étaient là. Ils m'encerclaient. Ils m'intimidaient. Ils m’énervaient. Ils m'effrayaient.
Fallait que j'reagisse, que j'me défende.
Trop de gens squattaient mon 3 pièces. Trop de désespoir. Trop d'histoires. Trop de coke.


Alors, j'ai pris mes livres, j'ai arraché les pages comme si j'arrachais des membres. Comme si j’arrêtais des dialogues.
Et j'ai mis tout ces membres et ces dialogues en un gros tas.
Et j'ai craqué une allumette.
J'vous ai eu, LA BLONDE, CAROLE, JOHN,TOM S., BODEMAN, BRET, LITTLE FRIEND, TOM, CARACHO, et JOYCE et LOUISE et tout les autres.
Et moi.
Dim 31 Jan - 01:49 (2016)
Auteur Message
Iwik
Coup de coeur
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Inscrit le: 09 Nov 2015
Messages: 71
Localisation: Melun

MessagePosté le: Ven 5 Fév - 03:36 (2016)    Sujet du message: IRISH MAN Répondre en citant

Y a une vraie identité dans ce texte, une musique qui nous entraîne, un ton léger mais pas tellement au fond. L'idée m'a vraiment séduite, et tes expressions/jeux de mots sont percutants. 
_________________
"Le seul, l'unique voyage est de changer de regard."
Ven 5 Fév - 03:36 (2016)
Auteur Message
Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
Giga Coup de Coeur...

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 2 835

MessagePosté le: Ven 5 Fév - 23:42 (2016)    Sujet du message: IRISH MAN Répondre en citant

Ton texte m'a d'abord surpris, puis m'a plu par son originalité, sa construction et cette écriture rugueuse. 
Ven 5 Fév - 23:42 (2016)
Visiter le site web du posteur
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:12 (2016)    Sujet du message: IRISH MAN

Aujourd’hui à 10:12 (2016)
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