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defi 105

 
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moyen chog
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 02:48 (2016)    Sujet du message: defi 105 Répondre en citant

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PARTIE UNE


Ce jour là, le jour de mon anniversaire, j'ai su que j'allais tué mon père. Avec le cadeau qu'il m'avait offert pour mes 16 ans.


Mon père faisait partie de ces gens que ses voisins adoraient, que ses collègues de travail appréciaient. Toujours prêt a rendre service. Emmener les gosses à l'entrainement de foot, donner un coup de main pour un déménagement, bref, le mec qui s'occupe du barbecue pendant qu'on prend l'apéro. Coté pile.


Mon père faisait partie de ces gens qui frappent leurs femmes, qui violent leurs fils depuis qu'ils ont 10 ans. Toujours prêt à sortir la boite à gifles. Toujours prêt à distribuer des coups à des endroits ou les bleus ne se voient pas, ne se devinent pas. Toujours prêt à sortir sa queue pour me la fourrer dans la bouche. ou ailleurs. Jusque dans mon cœur. Coté face.


Alors, depuis tout petit, j'ai appris à le haïr. A le dés-aimer. Et sur ses coups de boutoirs répétés, sentant sur mon cou son haleine avinée, j'ai appris à haïr ma mère. Ou était elle? Que faisait elle, pendant tout ce temps? Ce tant! Ce trop plein de brutalité. Je ne sais plus lequel des deux j'ai hais le plus.
Seul.
Amoché.
A bout de moi.
Blessé.
Violé.
Déjà mort.


Ce jour là, le jour de mon anniversaire, j'ai su que j'allais tué mon père. Et ma mère. Avec le cadeau qu'il m'avait offert pour mes 16 ans.


Ma mère faisait partie de ces femmes, battues, humiliées, sans défenses. Pas de travail. Pas d'ami(e)s. Toute la journée à la maison, toujours à quémander le moindre euro pour nourrir la famille et payer les factures.
Craintes.
Craintives.
Toujours à attendre l’irréparable. Le trop tard. Le si j'avais su. Le pourquoi j'ai rien dit.


Alors, ce jour là, le jour de mon anniversaire, de mes 16 ans, j'ai su que ma vie allait prendre une tournure que je n'avais pas imaginé. J'ai su que ma liberté m'enfermerais.
J'ai su que, bientot, je ne retournerais plus dans la maison qui m'a vu grandir. Cet endroit de malheurs.
De peurs.
De sang.
De muscles froissés.
D'os tuméfiés.
De sperme éjaculé.
Cet endroit de privations.
De cris chuchotés.
De larmes séchées.
Vies glauques, le mal est souffrance.


Ce jour là, le jour de mon anniversaire, de mes 16 ans, ma mère avait invité mes copains et quelques voisins, pour une petite fête organisée l’après midi. Avant que mon père ne rentre. J’étais heureux, aux anges. D'autant que ma mère m'avait offert un smartphone. Et ça, pour un gosse de 16 ans, c'est le plus beau cadeau du monde.
Evidemment, ma mère s’arrangea pour que tout le monde fut partit avant le retour de mon père.
Et évidemment, quand il arriva, il m'arracha le smartphone des mains et le jeta contre le mur de la cuisine. Et le fracassa à coups de talons bien placés. Il gifla violemment ma mère qui s’écroula sur le sol carrelé. Et moi, du haut de mes 16 ans, j’étais terrifié. Terrorisé. Et j'"attendais les poings qui s’abattraient. Mais, au lieu de ça, il gueulait à mon adresse et à celle de ma mère: je vais vous montrer ce qu'il faut offrir à un gosse de 16 ans! Il retourna à sa voiture et revint quelques instants plus tard avec, entre ses mains, son cadeau. Mon  cadeau. Une carabine! et il regueula: A partir d’aujourd’hui, tous les dimanches, tu viendras avec moi à la chasse!
Alors, j'ai su que ma vie était terminée.


Et je suis allé à la chasse. Avec lui. Fils prodigue. Vise, ne respire plus et tire. Et le gibier s'effondre. Et tu jubiles devant lui. Tapes dans le dos. Faux semblant. Fausses complicités. Père et fils ensemble. Faire comme lui. Mère presque heureuse.


Quelques mois plus tard, ma mère avait prévue une sortie ciné en famille. Tous les trois. A ma grande surprise, mon père avait accepté. Mais le matin même, il avait reçu au courrier le bilan trimestriel de mes notes. Et c’était pas bon, voir mauvais. Pluie de coups, insultes, humiliations. Privé de sortie ciné. Alors, le soir venu, ils partirent tous les deux.
Alors, je suis descendu au sous sol, j'ai pris ma carabine et deux balles. j'ai enfourché mon vélo. En face du ciné, qui s'appelle l'Eden, il y a un abribus. Je me suis assis, et j'ai attendu la fin du film. Et la sortie de mes parents. Ma carabine planquée dans sa housse, derrière mon dos, prête, chargée. Prête pour la mort, pour la liberté.
Alors, quand les premiers cinéphiles sortirent de l'Eden, j'ai sorti l'arme de son étui, je me suis agenouillé et j'ai attendu les deux visages familiers. Et j'ai tiré deux fois. Et deux corps se sont effondrés. Comme un seul homme.




PARTIE DEUX
Je n'avais pas souvent le temps de sortir au resto avec ma femme, mais, le jour de notre anniversaire de mariage, c’était devenu comme un rituel. Et comme d'habitude, ma femme avait réservé dans un petit resto sympa tout près de l'Eden. J’étais commissaire de police  dans cette petite ville, où il ne se passait pas grand chose. Quelques vols, des effractions, des gens bourrés, bousculés par la vie. Alors, quand j'ai entendu deux coups de feu tirés à quelques pas du resto, j'ai laissé mon île flottante flotter et j'ai abandonné ma moitié comme deux ronds de flan.
Et je suis sorti en courant. Arrivé devant l'Eden, j'ai vu un gamin agenouillé sur la chaussée, les bras en l'air, j'ai vu une carabine à ses genoux, j'ai vu un attroupement et j'ai vu deux corps ensanglantés.
Et les renforts arrivèrent très vite, le gamin fut embarqué au poste, le lieu des crimes libérés des curieux. Et l’enquête commença. Le gamin, au poste, écrivit ses aveux. Et écrivit aussi, qu'a partir de ce soir il ne parlerait plus. Plus jamais. Nous avons tracés autour des corps emmêlés, les bandes blanches d'usages pour les besoins de l’enquête. Et nous avons ôtés les chairs. Ne restait plus que le trottoir souillé et les bandes blanches. Le gamin fut inculpé par un juge d'instruction d'homicide volontaire avec préméditation. Alors, je suis rentré chez moi. Ma femme dormait. Drôle d'anniversaire. Triste. Douloureux. Intense. Le gamin n'avait pas voulu nous expliquer pourquoi. Il n'avait pas menti, il avait omit.
A 5 heure du matin, le telephone sonna, et le flic de garde me demanda de venir le plus vite possible. devant le cinéma. Dix minutes plus tard, j’étais avec lui, éberlué, sonné. Les bandes blanches, peintent quelques heures plus tôt,s' étaient envolées. Balayées. White-spiritees?
Et je les ai retrouvées quelques heures plus tard. Je devais aller à la maison du couple assassiné pour les besoins de l'enquête, pour comprendre. Et les bandes blanches étaient là, sur la porte de l’entrée, une main sur la poignée. Chaos dans ma tête. Stupeur. Sueurs froides.






PARTIE TROIS


Cela fait maintenant  six ans que je suis dans cette unité de soins au cœur de la prison. J'ai été reconnu coupable mais pas responsable. je ne parle plus, et je me souviens de ma vie d'avant. Qui me manque. Ai je été violé, battu, insulté par un père aimant? Ai je été abandonné par une mère exemplaire? je ne sais plus, j'avais une famille, je ne l'ai plus.
Alors, je ne parle plus.
Je peins.
Je peins des tableaux qui se vendent dans le monde entier.
Je peins des bandes blanches sur des portes.
Mer 24 Fév - 02:48 (2016)
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valet2trefle
Super coup de coeur...
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Inscrit le: 09 Avr 2015
Messages: 829
Localisation: Paris, Orléans, Tokyo...

MessagePosté le: Mer 24 Fév - 20:57 (2016)    Sujet du message: defi 105 Répondre en citant

J'ai beaucoup aimé. Je trouve que tu as les mots justes. Tu en fais ni trop, ni pas assez. C'est vraiment bien écrit!
Après, pour être pointilleuse, je ne suis pas sûre que tu colles 100% au sujet puisqu'il fallait faire passer quelqu'un qu'on déteste en quelqu'un de sympathique. Et la personne détestable pour moi semble être le père...
_________________
I've never been wise

https://bibliothequedesophie.wordpress.com/
Mer 24 Fév - 20:57 (2016)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:25 (2016)    Sujet du message: defi 105

Aujourd’hui à 14:25 (2016)
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