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defi 106- Grandiocre.

 
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MlleAsh
Plumivores
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MessagePosté le: Dim 13 Mar - 23:13 (2016)    Sujet du message: defi 106- Grandiocre. Répondre en citant

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"Grandiocre" 

Avant propos:


Grandiocre: nom masculin. A la fois grandiose et médiocre. Qui se dit de la condition humaine.


Reflexion:


C’est exigü ce que l’on vit ici. C’est exigü le monde que l’on appelle le monde et que l’on maquille de magnificience. 
Un jour vous le comprendrez. Mais vous ne le verrez pas.
L’infini à la réponse, encore faut il tendre la main pour allez la cueillir. 
Et par delà ce que ce Pascal nomme l’infinité de l’espace (1), il parle à tord du silence éternel.


Car l’univers, mon dieu, l’univers dans toute sa majesté nous regarde de haut, de bas, de partout, et se moque de notre tête grosse et ronde et de nos chevilles enflées.


Car toi même mon dieu, si toi même tu ne sais comment voir dans le noir immense qui englobe l’infini, alors tu n’es pas plus utile que l’onde d’un jet de pierre dans l’eau.


Nous n’avons pas de parole. Nos voix, tout la-bas, n’ont aucune portée, et nos petits drames familiaux, nos dilemmes quotidiens n’ont pas plus d’importance à leurs yeux, que l’existence d’une chiure de mouche aux nôtres.


Nous nous croyons grandioses, révolutionnaires, ultra-civilisés et hyper-toutcequevousvoulez, mais nous pourrions être des poissons rouges dans le bocal de quelqu’un que nous n’en saurions rien.


Nous sommes dans la caverne de Platon, dans le silence de Pascal, dans le grain de sable de Blake.


C’est ce sujet le plus grand de tous. C’est ce mystère qui reste encore à percer, cette grande conversation où tout le monde spécule; l’avant, l’après, l’a-côté. Les supernova, le Big bang, les extraterrestres, les trous noirs, les météores, les étoiles…


C’est l’insaisissable qui nous déroute, scientifiques comme penseurs. On s’auto-persuade que l’univers c’est nous, qu’on n'a pas besoin de lui, que l’on a tous ce qu’il nous faut. 
On entend des trucs du style : « l’univers n’est il pas en nous ? » pour se faire rassurer, bercer, contenter, apaiser.


Et chaque jour nous tentons d’apercevoir toutes ses choses qui étaient là bien avant les premiers. En s’enorgueillissant de savoir et de sagesse on parle de « découverte », comme si la chose n’avait d’existence que parce qu’elle a croisé notre champ de vision. Et puis, on nomme.


Vega, Orion,Draco, Sagittarius A, Sirius, Andromède, Pégase, Canopée… C’est comme un packaging pour commercialiser l’espace et démocratiser la science. C’est un joli ruban pour nous faire croire que l’on à tout compris.


Mais au final, toute la magie du silence que l’on trace; la magie de nos échos désespérés face aux témoins des premiers âges, c’est qu’il y a autant d’ordre qu’il y a de chaos. Autant de hasard dans notre création, que d’exactitudes précisions effrayantes.
Et si il n’y a pas dans cette immensité la réponse à toute question, alors il n’y a rien du tout, et nous ne sommes personne.


A vivre tels des naufragés dans un vaste océan noir, nos voix sont inutiles et pourtant, pourtant nous ne pouvons cessez d’hurler et de jeter des satellites comme des bouteilles à la mer.


Nous nous tournons vers cette abime, la nuit, lorsque le soleil ne nous cache pas l’univers comme un égocentrique qui a honte d’admettre qu’il n’est pas si unique.
Nous nous tournons vers lui, et comme sa noirceur morne perd notre regard et effraye nos pauvres esprit, nous nous extasions sur les étoiles. Les déchets. Il y a de quoi être offusqué. Le contenant peu jalouser le contenu, mais encore faudrait-il que celui-ci soit majestueux. Or, les étoiles ne sont majestueuses qu’a notre place, notre point de vue. Mais, si l’univers était blanc comme la neige des montages, lumineux comme l’étoile du berger, alors…alors le soleil ne se verrait pas, dans la lumière infinie.


Tout comme le bonheur ne se verrait pas, si le malheur n’était pas passé. Tout comme l’indulgence ne serait pas, si personne ne commettait d’erreurs.


Non pas que l’univers soit une erreur. Mais c’est un peu la glaise noirâtre qui entoure les pierres précieuses enfouies. Des pierres, il y en a de toute les couleurs, les tailles, les poids.


Et si éphémère soient les astres, peu leur importe puisqu’ils dorment. Un sommeil sourd et muet, tournant lentement, à l’éternel. Et nous restons leurs camarades de ronde, inclinant nos visages taciturnes/atones vers l’épais brouillard des cieux, en regrettant l’époque ou l’obscurité n’appartenait qu’aux cieux nocturnes et à rien d’autres.


On voit loin, loin, mais on ne voit pas tout. Et tout va tellement vite dans notre unité de temps. Les voitures filent, les aubes courent et les couleurs embrassent chaque parcelle de ce monde en feu. On est en retard, constamment, on dois s’adapter à cette population qui change, grandit et s’apprivoise encore.


On crée des destructions, on détruit des créations et les musiques deviennent minimal. Comme un retour aux sources, comme pour s’envoyer en l’air, tout en haut, plus haut que Neptune encore. On veut goûter un bout de ce gros nuage noir, voguer à des années lumières et exploser dans une course effrénée et salvatrice vers un bout de l’origine, comme vers un ovule, comme vers un tout nouveau dieu.


On est fait pour être petits, éphémères, braillards dans un silence de plomb. Petits avatars rêveurs qui pensent gros mais qui n’obtiennent pas gros. Qui n’en mênent pas large. Pas loin. C’est comme ça. La matière est, et ainsi nous sommes. Nous avons conscience de notre identité, c’est à cela qu’on se distingue des autres espèces. Mais le résultat est tragiquement identique.
De plus, force est de constater que ceux qui ont conscience d’eux même sont rarement ceux qui s’acceptent.


Mais bien sûr, bien sûr que je voudrais vous parler des étoiles comme si elles détenaient un secret immuable et racoleur, et non comme des boules de gaz qui forme un troupeau. Je m’en trouve incapable. Pas depuis « Stella » où Victor Hugo a déjà dit tout ce qu’il y avait à dire, à une époque ou tout était encore inconnu.


Mais si nos voix se perdent et s’étouffent avec nous, notre musique, elle, traversera les âges et restera la trace de notre ère. Du moins je l’espère de tout mon coeur.


Mais si nous pensons à tord que notre circuit est un circuit fermé. Si tout est en perpétuelle dérivation jusqu’a perte de vue, et perte d’oreille… Alors, comment pouvons nous parler véritablement du silence des espaces infinis ? D’ailleurs, comme pouvons nous parler d’espace infini ?


Hors de notre galaxie constellée et astrale, combien de royaumes nous ignorent (2) ? A combien d’oreilles nos voix sont elles silencieuses ?


La vraie question reste alors: Sommes-nous l’oeuvre ou somme nous dans l’oeuvre ?


(1)« Le silence éternel des espaces infinis m’effraye. » Blaise Pascal
(2) « combien de royaumes nous ignorent ! » Citation de Blaise pascal
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Dim 13 Mar - 23:13 (2016)
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Iwik
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MessagePosté le: Mer 16 Mar - 02:23 (2016)    Sujet du message: defi 106- Grandiocre. Répondre en citant

C'est une jolie dissertation philosophique que tu nous sers là. 
Et malgré le côté un peu scolaire, les quelques notes de cynisme et d'orgueil ont plutôt bien épicé le tout. Jolie réflexion qui cherche en nous l'esquisse d'un reflet.
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Mer 16 Mar - 02:23 (2016)
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valet2trefle
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MessagePosté le: Mer 16 Mar - 19:36 (2016)    Sujet du message: defi 106- Grandiocre. Répondre en citant

Jolie dissertation oui, très bien menée mais qui je trouve s'essouffle vers la fin. Peut être que je l'aurais préféré un peu plus courte. En tout cas bravo, parce que c'est très bien écrit!
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Mer 16 Mar - 19:36 (2016)
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MlleAsh
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MessagePosté le: Jeu 17 Mar - 21:51 (2016)    Sujet du message: defi 106- Grandiocre. Répondre en citant





Oui j'ai voulu tenter une forme un peu différente...
Mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas littéraire..
L'encre peu couler de différentes manières  .


Je vois un peu ce texte comme un monologue de personnage, de roman ou de théâtre. Ce n'est pas réellement moi qui parle  .
Je ne ressentais pas le besoin de rajouter des dialogues, ou des descriptions, même si je pouvais le faire. J'aime bien imaginer à quoi pourrait ressembler le journal intime de quelqu'un d'autre.. Quelqu'un de plus intéressant que moi  .
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Jeu 17 Mar - 21:51 (2016)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:59 (2016)    Sujet du message: defi 106- Grandiocre.

Aujourd’hui à 23:59 (2016)
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