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Defi 107

 
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moyen chog
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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 18:19 (2016)    Sujet du message: Defi 107 Répondre en citant

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Les voisins nous avaient prévenus, ça puait. Une odeur de mort, qui s'infiltrait partout. Sous les portes. Sous les ongles. Alors, en arrivant au premier étage de cet immeuble cossu, limite bourgeois, situé dans une rue à son image, j'ai compris. Et mon adjoint aussi.


Cela faisait 20 ans qu 'on travaillait ensemble. Un regard nous suffisait. Souvent les mots devenaient inutiles. Il s'appelait Dubois, la plupart du temps, je le surnommais Ducon ou Duschnock ou même Dutronc. Juste pour l'emmerder. Parce que lui, au bout de toutes ces années, me sortait du Mr le Commissaire à tout va. Mais bon, nous formions un binôme rentable en terme d'arrestations. Plusieurs fois, j'avais proposé son blase pour un poste de commissaire principal, mais il avait toujours refusé. Ducon,  il était bien comme ça, comme si il avait trouvé un certain équilibre. Marié depuis 15 ans à la même femme, ce qui dans notre job n'est pas une mince affaire, belle, forte, blonde, suédoise mais pas comme dans la pub Krisprolls, ils n'avaient pas d'enfants. Parce qu'ils n'en voulaient pas. Moi, mon boulot, m'avait coûté deux mariages. J'avais deux filles que je ne voyais guère. Mauvais mari, mauvais amant, mauvais père, maintenant fallait que je passe à la caisse.


Le concierge tendit les clés à Dutronc, je le renvoyai chez lui tout comme les voisins. Ducon ouvrit la porte. En pleine gueule. D'abord l'odeur, puis les mouches. Un nuage, un essain. Mouvements de mains, de bras, moulinets, moulins à vents. Pas de doute, un cadavre nous attendait à l’intérieur. Dubois avait sortit son appareil photo et commençait à mitrailler.
- Hey, Ducon, t'essaie de prendre les mouches en photo!
- Dis, Mr le Commissaire, t'as fait l’école du rire à Jacques Martin,?
Ma blague a fait flop. Mauvais timing. Duschnock s’était mis en mode chasseur.
d'où nous étions, nous devinions une petite entrée, patères au mur de droite, rien accroché dessus. En face, une petite console en bois, genre Ikea. Apres l’entrée, une piéce à vivre avec coin cuisine. Un canapé cuir blanc, une table basse verre fumé, deux chaises hautes devant un bar qui servait de séparation avec le coin cuisine. En face de nous, deux portes, certainement une pour la chambre et l'autre pour la salle de bains/toilette.
Ducon avait déjà pris son telephone pour appeler la cavalerie. Médecin légiste, techniciens en police  scientifique, tout le toutim. Il nous restait à peu prés 20 minutes de tranquillité avant l’arrivée du barnum. Alors, après avoir enfiler des gants latex et des sur-chaussures jetables, nous rentrons dans l'appart.
Bon, l'odeur, on s'habitue. Au début, quand j’étais jeune flic, il m'arrivais de gerber. Maintenant j'ai juste la glotte qui bouge. Et encore. Ducon me regarda, et je vis dans ses yeux la surprise. Y'avait rien, pas un cadre au mur, pas une photo, pas de souvenirs. Non seulement y'avait la mort, mais y'avait pas de vies.
Juste un lieu de passages. Les seuls objets visibles se trouvaient posés sur la console de l'entrée, clés de voitures, telephone portable, un livre, une paire de lunette, des bijoux et une clé USB.
La cuisine était nickel, la plaque à induction comme neuve.
- Dis moi, Mr le Commissaire, j'te pari que dans le frigo on va trouvé une bouteille de champ!
- Ducon, tu me prends pour un bleu. Evidemment, y'aura que ça. On est chez une pute. Une poule de luxe. Qui reçoit ici la crème de la crème.
Et le cadavre ? fallait pas sortir de St Cyr pour savoir où il se trouvait. Juste suivre les mouches qui s'infiltraient sous la porte de la chambre
Alors, Ducon ouvrit la porte. Et Duschnock la referma. Violemment.
Alors, la cavalerie arriva. Et nous etions de trop.Mais ce n’était pas grave, nous avions vu ce que nous devions voir. Nous avions compris ce que nous devions comprendre. Le médecin légiste s'appelait Robert L'Epanges. D’où son surnom Bob L'Epanges. Un vieux de la vieille. Qu'avait vu plus de cadavres au cours de sa carrière qu'un curé pouvait en bénir.


Assis sur les marches, nous attendions que la cavalerie eu finie son oeuvre et que Bob L'Epanges nous refile ses premières impressions. A chaud. sur le vif. Souvent les meilleures. Dutronc tirait sur sa clope comme si sa vie en dépendait.
- Tu sais quoi, Mr le Commissaire, y'a pas d'ordinateur dans ce foutu bordel. Les bijoux, les lunettes, les clés, tout ça, ça se tient. La bagnole est certainement dans la rue de devant, mais la clé USB sans ordi...
- Et y'a pas de papiers, que je lui répondis. Peut être dans la caisse.
Bob L'Epanges s'assit à coté de nous, sur les marches, le visage défait.
- Alors, Bob, tu nous le fait ton topo?
- D'abord, c'est une femme. Environ 30 ans. Blonde. A première vue, c'est une pendaison, je n'ai pas vu de traces de coups sur le corps. Mais vu son état ça demande un examen approfondi. On en saura plus après l'autopsie. La mort remonte à plusieurs jours, je dirai 4 ou 5. Les vers ont commencés à bouffer les yeux et les viscères. C'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant. Vous avez remarqué comme moi qu'il n'y a rien dans cet appart à part les objets sur la console, je vous les ferais parvenir dés que nous aurons fait un relevé d'empreintes. On sait jamais. Allez salut les Dupont et Ducon et bon courage.


Les scellés arrivèrent le lendemain matin, comme prévu. Accompagnés d'une note écrite par Bob L'Epanges: RAS sur tous les objets. Uniquement les empreintes de la morte. Téléphone bloqué. Pas trouvé code PIN. Lunettes pour lire uniquement. Chevalière très ancienne. Plusieurs décennies. Idem pour boucle d’oreilles. Clé de voiture Clio 3. Sur tous ces objets plus livre et clé USB uniquement ADN de la morte. Dans l'appartement énormément d'empreintes. Normal. Mais aucune inscrite sur le fichier national. Si la morte à été arrêtée au cours de ces deux dernières années j'aurai son pedigree grâce à l'ADN; J'attend la réponse du fichier central. Autopsie ce matin. Je te recontacte vers midi.


Alors, avec Ducon on a essayer de faire parlé les objets.
La boucle d'oreille était simple mais de qualité. En or. Le genre de bijou qu'on vous offre pour votre première communion. Peut être qu'elle avait perdue la deuxième boucle d'oreille ou qu'elle la portait. A vérifier.
Pareil pour la chevalière. Bijou en argent de grande Qualité. Usée, patinée, on devinait les initiales GS. Le genre de bijou qui pourrait appartenir à un père ou à un frère et qu'on garde comme une relique.
La paire de lunettes était quelconque. Juste pour lire. Alain Afflelou.
Le livre format poche s'appelait Chambre numéro 10 de Ake Edwardson. Un marque page se trouvait à la page 62. Je lisai:
Qu'est ce qui lui semblait manquer dans cette pièce il y a quelques instants, avant qu'il ne parle avec Winter? Quelque chose qu'on s'attend à voir dans une chambre à coucher...Un lit?  Non, il était bien là, sous son dais de plastique transparent. Un bureau? Non Plus. Halders avait bien vu des chambres durant sa carrière. Il avait recherche des indices, rédigé des fiches, étudié les moindres détails, en tâchant de les mettre en perspective, de les replacer dans le contexte d'une vie qui n’était pas la sienne. Qu'est ce qu'il devait y avoir obligatoirement dans une chambre? Quelque chose de personnel, d'intime tout simplement. Quelque chose que son occupant pouvait regarder le matin en se levant et le soir en se couchant. En général on les accrochait au mur. Ou bien on les posait sur la table de nuit. Il n'y avait pas de photos, ni de Paula, ni de personne d'autre. Pas un cadre à photo dans tout l'appartement. C’était le  vide qui régnait ici et la solitude s'y affichait de manière éclatante.


Un gendarme était parti avec les clés de voiture pour récupérer la Clio qui devait se trouver dans le parking de la résidence. avec un peu de chance, les papiers seront à l’intérieur.
Un technicien était venu prendre le portable pour essayer de le faire parler. Pas une mince affaire. J'aurais plus de nouvelles dans l’après midi.
Ducon prit la clé USB et la fourra dans son ordinateur. Apres quelques manipulations il ouvrit un fichier. Des photos. Que des Photos. D'une vie d'avant, d'un bonheur oublié. D'une famille unie, d'un père souriant, d'un frère aimant. Des photos d'un village, d'une école.
Destin brisé, trajectoire cassée.


Le telephone sonna, Duscchnock appuya sur la touche mains libres:
- Salut les Dupont et Ducon, j'ai fini l'autopsie. rien de spécial. Pas de somnifère ou de médicaments dans l'estomac. La mort remonte à 4 jours. Pas de sperme dans le vagin. Elle faisait attention. Capote obligatoire. La mort est bien due à la pendaison, j'ai juste remarqué deux petits hématomes en bas des fesses. Je sais pas ce que c'est, mais ça demande un questionnement supplémentaire. Bon, salut les mecs, je vous envoie tout ça par écrit.
- Qu'est ce que t'en pense Ducon?
- Si on la porte à deux, baillonnée, et qu'on lui passe la tête dans le nœud coulant, les deux mains en haut des cuisses, les pouces dans le bas des fesses, ça peut coller.
- Tu vois trop de films Duschnock!


Retéléphone. Retouche mains libres.
- Mr le Commissaire, j'ai ici à l'accueil une personne qui me dit que dans sa résidence, à l’étage où elle habite, il y a une odeur très forte. Presque insoutenable.


Dubois était déjà à la porte.
Ven 1 Avr - 18:19 (2016)
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valet2trefle
Super coup de coeur...
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Messages: 829
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MessagePosté le: Ven 1 Avr - 18:58 (2016)    Sujet du message: Defi 107 Répondre en citant

Très bonne idée d'utiliser la contrainte dans un genre policier! Dommage qu'on en apprenne pas un peu plus sur la morte ^^ 
_________________
I've never been wise

https://bibliothequedesophie.wordpress.com/
Ven 1 Avr - 18:58 (2016)
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hector vugo
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MessagePosté le: Mar 5 Avr - 20:44 (2016)    Sujet du message: Defi 107 Répondre en citant

Le polar pour exploiter la contrainte. C'est finement jouer. Tout y est. L'atmosphère glauque, le duo de flics à l'ancienne, la victime à la vie dissolue.


Tu exposes le tableau, les indices. Le lecteur se fait une idée des pistes. C'est d'une efficacité "américaine" dans le style.


On attend la suite avec impatience.
Mar 5 Avr - 20:44 (2016)
AIM MSN Skype
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:13 (2016)    Sujet du message: Defi 107

Aujourd’hui à 10:13 (2016)
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