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LA FIN D'UN REVE

 
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hector vugo
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov - 01:20 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

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Bonsoir les plumivores,


La roulotte sans peine n'existe pas. La preuve.


Voici la fin d'un rêve.


Bonne lecture à vous


Face à la mer je rebrousse chemin. Je préfère la terre, ses routes arides ou je roule sans cesse. Je déteste les embruns, l’odeur du sel ravive les heures malheureuses, la fin d’un rêve.  
  
Ce rêve c’était toi. Toi dont j’essaie chaque jour d’oublier le corps flottant sur l’eau, ce corps inerte que l’océan garde. 
  
Pour la première fois de ma vie je m’étais posé, j’avais décidé de m’installer dans ce village parce que tu y habitais. 
  
Comme quoi il n’est jamais bon d’aller contre ses habitudes. Le destin me le rappela, pour le coup cruellement. 
  
L’amour me sédentarisa un temps trop court. Ta mort m’exhorta à reprendre la fuite. 
  
Avant toi, fuir était un réflexe, une nécessité depuis ce fameux hiver 44 ou ma grand-mère était montée dans un train sans y revenir. Après toi, cela redevint une évidence, une raison de vivre malgré tout. 
  
Le naturel revint. C’était encré dans l’ADN de ma famille. Ne jamais se fixer. Se laisser porter par le vent. Etre un nomade. 
  
  
Se poser quelque part c’est mourir un peu. Alors je m’arrête une heure au mieux, 48 heures au pire. 
  
Lorsque je sens l’amour trop près de moi, je fous le camp. L’amour c’est la plaie, la glu intégrale, le truc à éviter à tout prix. 
  
Les sentiments on ne se bat pas avec, on les accompagne.  On ne sait jamais où ils nous mènent. C’est terrifiant. 
  
Je sais de quoi je parle. 
  
Quand le souvenir de la brûlure se fait trop vif, je me réfugie dans ma caravane. C’est le seul endroit qui ressemble au ventre de ma mère. 
  
Pourtant la décoration ne rappelle en rien la pauvreté de ce studio maternel sans fenêtre d’où j’entendais, fœtus, les fureurs du monde. 
  
Que de couleurs j’ai mis dans cette roulotte moderne. C’est un concentré d’église mexicaine. De l’or, du faux, du toc, des représentations de la vierge placardées sur des murs de terres rouges. Un lit divan s’y colle. 
  
Allongé de tout mon long, parfois je m’y repose. Pas suffisamment. Les rêves sont trompeurs et ont l’amabilité des vapeurs d’alcools. Ils rendent heureux.  Un bonheur à brève échéance. 
  
Je rêve si peu si vous saviez. 
  
Parce que je te vois encore dans mes songes, toi et toi seule. 
  
Vous dire ton prénom n’arrangera pas mon état, tout ou plus vous permettra t’il de vous  faire une idée. A quoi pouvais-tu ressembler pour un inconnu ? 
  
Avec un prénom on a déjà un début de réponse. 
  
Une femme c’est une interrogation à deux jambes. Une vie ne suffit pas pour en faire le tour. Le tour de la question. 
  
Tu t’appelais Esméralda. Tu étais brune, sensuelle, farouche par cette propension à préserver ta liberté. 
  
Je t’aimais.  Oui je t’aimais quand tu dansais autour de feu écoutant fiévreusement ces notes de guitares.  J’étais en incubation, mes défenses immunitaires à la dérive, sentant bien ce satané virus prendre possession de mon corps, le cœur  comprimé par les vagues incessantes d’un désir qui me faisait frissonner. 
  
J’allais vers toi inexorablement, me dandinant comme un pantin dans l’espoir d’être remarqué. 
  
Tu restas de glace jusqu’au moment ou je te saisis par la taille alors que j’aurais dû porter allégeance à ta silhouette en me mettant à tes genoux. 
  
J’étais victime de la coutume, de ce taux incontrôlable de testostérones. Posséder avant d’aimer, ne jamais atteindre le point de non retour. 
  
Fier et mâle dans ma posture. J’entendais la foule applaudir. Elle encourageait ma hardiesse. 
  
Je n’étais pas de cette communauté. J’étais juste de passage comme toujours. Mais je me sentais accepter par vous autres : mes cousins. 
  
La consanguinité est contre indiquée souvent. Chez nous elle est un gage de réussite. 
  
Bien que nos arbres généalogiques s’entrelaçassent, mon sentiment pour toi avait un avant goût d’éternité. 
  
Ah que j’étais  grisé. Mon bras gauche s’enroulait autour de tes hanches. Tes mains se posaient sur ma nuque, nos visages s’approchaient dangereusement. 
  
Je me plongeais dans tes yeux trouvant dans l’apnée oculaire des raisons de croire au compte à rebours de la solitude. J’attendais l’ultime décompte. On s’approchait de zéro. 
  
Nos lèvres se rejoignaient à l’unisson de nos respirations intimes.  
  
Ce baiser aurait pu choquer, bousculer les conventions. Toute ta famille était là autour du feu. La mienne était dans les étoiles de ma mémoire, à l’abri des historiens indiscrets. 
  
  
« Ces deux-là s’aiment » dit ton arrière grand père. C’était un accord explicite. Le fait, qu’il émana du chef de la tribu, donna à notre couple une légitimité bien étrange. 
  
On avait le droit, ce soir là. Et nous l’avions saisi en affamés de la chair. 
  
Tu logeais dans une maison blanche à deux pas de la mer, une bicoque héritée d’un oncle détestant les voyages. 
  
Délicieux paradoxe. 
  
Nous avions emprunté la route à bord d’une Méhari aux phares incertains.  Pas besoin d’une carte, deux ou trois lacets pas plus, un virage en épingle pour finir. Nous étions devant un portail en bois marqué par des griffes, une œuvre de ton chat Oscar. A cette heure il devait être en vadrouille à taquiner la minette. 
  
  
A peine entrée chez toi, tu avais pris l’initiative. Je n’avais qu’à me soumettre. D’ailleurs je me soumis. 
  
Maîtresse de maison, maîtresse des amours 
A l’ombre de ton corps je connais tant de joie 
Dans ces minutes fragiles ton souffle se déploie 
Posant sur mes épaules un manteau de velours 
  
Qu’importe le délice de tes caresses douces 
Au voisinage tendre d’une fée faite femme 
J’ai pu goûter cent fois la vanille par la gousse 
Et donner à ton cœur les gages de mon âme 
  
Puis au petit matin le soleil s’est levé 
Le jour s’est posé sur tes paupières clauses 
Donnant un souvenir à cette nuit passée 
Une mélancolie une métamorphose 
  
Je fis le serment de ne point te quitter. J’eus l’intention de te le dire. Tu me coupas la parole et exigeas le silence absolu. Puis tu quittas la chambre, traversas nue la terrasse. Le soleil rasant joua les timides et n’osa pas te regarder d’aussi prés. 
  
Tu partis te baigner. Un bain de minuit avec six heures de retard, c’était tout toi.  
  
Je vis ta silhouette disparaître dans les flots et ne plus revenir. 
  
J’écris cette histoire à l’encre noire d’un chagrin. Dieu sait si j’en ai des cartouches de larmes.  
  
  
Ces phrases reviennent sur mon journal intime en guise de fin : face à la mer je rebrousse chemin. Je préfère la terre, ses routes arides ou je roule sans cesse. Je déteste les embruns, l’odeur du sel ravive les heures malheureuses, la fin d’un rêve. 
  
Jeu 7 Nov - 01:20 (2013)
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christine
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov - 10:06 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

 c'est beau je ne sais pas quoi dire d'autre.
cette premiere phrase que tu repetes a la fin est sublime, on dirait Presque une priere.
le poeme est delicat.
bref j'adore.
c'est une histoire d'amour belle et malheureuse. Je me pose juste comme question est-ce volontairement qu'elle ne revient pas?
encore une fois tres tres beau
_________________
Un sourire ca fait toujours plaisir


Dernière édition par christine le Jeu 7 Nov - 14:51 (2013); édité 1 fois
Jeu 7 Nov - 10:06 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov - 14:48 (2013)    Sujet du message: MERCI Répondre en citant

merci pour ton commentaire chaleureux Christine.

A ta question : est ce volontairement qu'elle ne revient pas ?

Deux reponses sont possibles.

non, elle meurt noyée en mer, ce que croit ou que prétend le narrateur. Oui car elle part pour une nouvelle vie.

Et là une suite à cette histoire est possible.
Jeu 7 Nov - 14:48 (2013)
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Elfie Imy
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov - 16:01 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

y a de la mélancolie et de l'application, on devine le choix des mots...et cette poésie tout du long...elle est là avec beaucoup de finesse, c'est comme de la dentelle...du coup j'ai pas accroché avec le poème de la fin, j'le trouve en trop,  j'ai pas pigé pourquoi il est là...mais vraiment ça n'engage que moi, et ma sensibilité elfique et bordélique, alors ne pas le prendre mal ok?  
Jeu 7 Nov - 16:01 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Jeu 7 Nov - 23:22 (2013)    Sujet du message: Le regard de l'elfe Répondre en citant

Elfie


T'inquiète, ta remarque est la bienvenue. Je la prends bien. Le lecteur a souvent raison. Et pour le coup du poème j'ai été emporté. Un peu trop qui sait.


Un grand merci pour la dentelle, c'est touchant.
Jeu 7 Nov - 23:22 (2013)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Ven 8 Nov - 04:25 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

Wow, super job pour ce texte ! C'est écrit avec beaucoup de sensibilité, tu maîtrise sacrément bien la poésie !

Après, c'est assez déstabilisant comme construction de texte, mais pas dans le mauvais sens hein, ça passe du récit d'histoire, aux ressentis, c'est pas petites touches ci et là, comme un tableau qu'on peint, j'aime bien !

Après j'ai trouvé ça tellement triste... Mais je peux comprendre ce choix, et ton vocabulaire porte parfaitement cette atmosphère ...

D'ailleurs moi j'ai cru qu'elle était bien morte...


Par rapport à la musique, il m'a manqué ce petit zeste d'emballement, je ne sais pas si je suis très explicite ... En revanche, l'image de la caravane, très bien trouvée, j'aime beaucoup !

Merci pour ta participation ! Okay
_________________
Rafistoleuse
Ven 8 Nov - 04:25 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Ven 8 Nov - 09:50 (2013)    Sujet du message: poésie Répondre en citant

Merci Raf'.

Il est vrai que la partie festive du morceau du musique est peu présente. Le ton du narrateur a pris le dessus.

C'est très juste Okay
Ven 8 Nov - 09:50 (2013)
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Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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MessagePosté le: Ven 8 Nov - 15:31 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

T'as une écriture fine et subtile qui nous offre quelques moments de grâce. C'est bien mené.
D'habitude je suis plutôt fan de tes textes; mais pour le coup, j'avoue que j'ai pas réussi à m'immerger totalement dans l'émotion. 
Ven 8 Nov - 15:31 (2013)
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La Plume du Chakal
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MessagePosté le: Ven 8 Nov - 18:47 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

Mec, mec, mec,

ton trucz là, c'très très bon, genre j'lis, peinard,
au début j'me dis "mwerf, ça va tomber dans le pathos, là, non ?
'pis à partir de là

"Se poser quelque part c’est mourir un peu. Alors je m’arrête une heure au mieux, 48 heures au pire."

Là j'me dis : "p'tain c'powsé son trucz, j'aime bien, ça colle bien avec le Ukle dont j'me tartine les esgourdes"

"Vous dire ton prénom n’arrangera"

Là j'me dis "tiens une coquille, je m'en brainle" (ouais j'coquillette aussi, mais c'pour pas paraitre trop vulgaire, on s'connait à peine)

'pis là, ça enchaine sur Noir Désir (ouais itunes était en aléatoire, niveau transition on a vu mieux, même au Captain') et toi tu pars sur un genre de poésie halluciné avec ton diagnostic en prose, c'trop bon et enfin j'ai adoré ton p'tit poème en rime cette fois qui sort d'j'sais pas où mais ça m'a l'air flex par là bas.

La conclusion est tr_s bonne aussi, j'aime bien ça, j'aime bien, et là comme y'avait Gainsbourg, j'bitais plus rien alors voilà, j'te balance le trucz à chaud pendant que "la radio, la radio continuait de gueuler"

Bien ouèj'

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Ven 8 Nov - 18:47 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Ven 8 Nov - 19:45 (2013)    Sujet du message: thanks Répondre en citant

Merci à toi Charkal. Les compliments venus d'une plume aussi agréable et truculente me font un immense plaisir. Okay
Ven 8 Nov - 19:45 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Sam 9 Nov - 12:05 (2013)    Sujet du message: Un oubli à réparer Répondre en citant

Yannick je t'avais oublié dans mes remerciements.


Oui merci pour tes commentaires. Je ne sais quoi dire sur les " moments de grâce ".


Cela me touche
Sam 9 Nov - 12:05 (2013)
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Le zèbre
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MessagePosté le: Sam 9 Nov - 17:05 (2013)    Sujet du message: Défi n° 20 Répondre en citant

"Une femme c’est une interrogation à deux jambes. Une vie ne suffit pas pour en faire le tour. Le tour de la question. " Deux jambes pour les entrechats, deux bras pour l'ouverture, un visage, un corps, une tête pour recevoir tout ce que tu écris là ! Chapeau bas 
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Octobell
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MessagePosté le: Lun 11 Nov - 14:17 (2013)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE Répondre en citant

Ouahou, j'ai trouvé ça magnifique ! J'ai particulièrement aimé le début, et la fin est déchirante.
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Octobell

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et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Lun 11 Nov - 14:17 (2013)
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hector vugo
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MessagePosté le: Lun 11 Nov - 14:21 (2013)    Sujet du message: Merci Répondre en citant

Merci Mo ça me touche
Lun 11 Nov - 14:21 (2013)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:15 (2016)    Sujet du message: LA FIN D'UN REVE

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