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Au bistro de la Tête d'Or

 
  Jetez l'encre ! Index du Forum » » Historique des Défis » Défis n°1 à 50 » Défis n°21 à 30 » Défi n°29
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Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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Inscrit le: 18 Sep 2013
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MessagePosté le: Mar 4 Fév - 17:03 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

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Steve, 35 ans, compose un numéro de téléphone. Son ex-femme a encore déménagée. Nouvelle vie, nouveau mec. Et nouveau numéro of course. Ils ont divorcé il y a quatre ans. Combien de nouvelles vies a-t-elle démarré depuis lors ? Steve a l'impression qu'elle déménage sans cesse. À chaque déménagement elle lui envoie un vague mail pour lui expliquer à quel point elle se sent heureuse avec son nouveau compagnon. Lui laisser entendre qu'elle a trouvé l'homme idéal. « Jusqu'au prochain » Songe-t-il. Elle en profite pour lui transmettre sa nouvelle adresse ainsi que son numéro de fixe, afin qu'il puisse joindre leur fils.
-Allô, Sonia ? C'est moi...
-Pardon, vous avez dû vous tromper de numéro...
-Oh excusez-moi, oui j'ai sans doute fait une erreur.
-C'est pas grave. Une erreur ? Ce n'est pas flatteur. Moi c'est Marie-Cécile Gicquel, et vous ?
-Steve.

*

Patricia appelle Samuel, son frère. Quand il décroche, elle ne lui laisse pas le temps de parler.
-Sam, j'ai trouvé !
-Tu veux dire...
-Oui ! J'ai trouvé l'erreur !

*

Jean-Pierre raccroche le téléphone et pousse un juron. Il est dévasté. Alors il ouvre fébrilement le paquet qu'on vient de lui livrer, et en extrait un pistolet qu'il admire avec des yeux d'enfants. Cela lui met un peu de baume au coeur. Il introduit quelques cartouches dans le chargeur, et s'amuse à viser les meubles.

*

Comme tous les vendredi après-midi, Marie-Cécile Gicquel se rend au bar de la Tête d'Or. Elle y retrouve Jean-Pierre. Ils sont "amis d'apéro". Marie-Cécile est âgée de 33 ans, Jean-Pierre en a 36. Il est célibataire et passionné par les armes. Marie-Cécile vit seule, elle possède un chien : Pompon.
Marie-Cécile sourit en apercevant son ami. Mais elle devine presque aussitôt qu'il ne va pas bien. Effectivement il se montre peu loquace, grommelant un bonjour peu avenant à son encontre, puis ils se détourne pour commander un pernod. Marie-Cécile le dévisage, sans rien dire.
Voilà plusieurs années qu'ils se croisent au milieu des habitués du bar. Ici, les discussions vont bon train, et de fil en aiguille, ils se sont liés d'amitié. Surtout, ils ont instauré entre eux un rituel sacré.
-Qu'est ce qui ne va pas ? Interroge-t-elle, à bout de silence.
Il lui tend une pièce d'un euro qu'elle fourre distraitement dans l'une de ses poches.
-Le 5 ! Dit-il.
-Jean-Pierre, tu m'as entendue ?
Il l'ignore et poursuit :
-Cette semaine je veux un 5, et puis un 8, et toi ?
-Jean-Pierre... Bon d'accord, faisons ça... Tu me parleras ensuite.
Elle soupire, sort un stylo de son sac à main, et note 5, sur un feuillet, puis elle propose :
-J'intercale un 14, mon neveu vient d'avoir 14 ans, ça ne t'embête pas ? Cela nous donne : 5, 14, 8... puis 26. J'aime le 26 tu le sais.
-Le 18 aussi, non ?
-C'est vrai, et toi le 44. Nous avons donc : le 5, le 14, le 8, le 26, le 18, puis nos numéros étoile, le 44 et le...
-6
-Ok c'est noté. J'irai valider la combinaison ce soir ! Maintenant dis moi ce qui ne va pas.

*

Steve est adepte des sports de combat, il s'est construit un corps d'athlète, tandis que sa démarche vive révèle une assurance sans faille.
Cet après-midi, il est en train de rédiger un rapport quand son collègue le hèle :
-Oh, amène-toi, y a eu un accident, rue Garibaldi, s'agit d'un môme renversé par une voiture, le véhicule est en fuite, on fonce sur place mec !
-Putain, j'arrive !
D'un bond, le policier se redresse, puis il attrape son arme, ainsi que son blouson, et se précipite à la suite de son collègue. Les deux hommes s'engouffrent dans un véhicule, et, toutes sirènes hurlantes, zigzaguent entre les voitures embarrassées, pour enfin arriver sur les lieux du drame.
La scène est insoutenable. Baignant dans une marre de sang noirâtre, un enfant gémit doucement, pâle, le corps affreusement disloqué. Des ambulanciers s'activent auprès de lui. Les visages sont graves. Steve ne peut s'empêcher de penser à son fils qu'il n'a pas vu depuis quelques semaines. Une vague de colère le submerge. À l'écart, quelques badauds bruissent, indignés. Steve s'éloigne de l'enfant pour s'approcher d'eux.
-C'est honteux ! S'exclame une vieille dame aux cheveux violets. La conductrice n'a même pas ralenti. C'est pas humain, monsieur l'agent. C'est un meurtre !
-La conductrice ? Vous avez vu quelque chose ? Demande Steve.
Comme s'il n'attendaient que son signal pour démarrer, les badauds se mettent à parler tous en même temps.
Steve prend note, les remercie puis rejoint son collègue. Tous deux observent en silence l'enfant que les ambulanciers ont installé sur une civière. Il respire à peine. On pourrait croire qu'il dort, s'il n'y avait un peu de sang qui lui coulait de l'oreille.
-Putain... Souffle Steve.
Son collègue acquiesce...

*

Patricia raccroche le combiné et se passe une main sur le visage. Elle tremble un peu. Après des semaines et des semaines de tension, elle éprouve un immense soulagement. Elle se lève, s'étire, et se met à rire en glissant une main tendre dans les cheveux de sa fille. Sa fille ne rit pas, ne bouge pas. Elle est autiste. Mère célibataire, Patricia se bat depuis trois mois pour récupérer ses allocations. Sans cet argent, elle ne peut plus faire bénéficier à sa fille de l'encadrement professionnel dont elle a besoin. Et puis boucler les fins de mois devient un vrai challenge.
Suite à un renouvellement de dossier auprès de la CAF, elle ne reçoit plus d'aides sociales. Pourtant sa situation n'a pas changé, et, bien entendu, elle répond à tous les critères nécessaires à l'obtention de cette aide. Pourtant, du jour au lendemain, on a cessé de lui verser l'argent.
Soupçonnant une erreur elle a appelé la CAF. Elle a argumenté, expliqué, demandé, crié, même. Alors on lui a promis qu'on étudierait son cas. On a parlé d'incompréhension, l'assurant d'un tas de choses, lui promettant qu'elle bénéficierait de paiements rétroactifs lorsque le problème serait trouvé, et réglé.
En attendant c'est son frère, Samuel, barman au bistro de la Tête d'Or qui se serre la ceinture pour lui venir en aide.
Ce matin en consultant pour la énième fois sa notification d'attribution, elle a enfin découvert d'où provenait l'erreur. Un chiffre, une erreur d'un chiffre, dans son numéro d'allocataire, sur la notification lui a soudain sauté aux yeux.
Aussitôt elle a joint la CAF, les a insulté avant de leur signaler leur erreur. Puis elle a téléphoné à Samuel.

*

Au bar de la Tête d'Or, Jean-Pierre prend une grande inspiration et tourne son visage rouge vers Marie-Cécile. Jean-Pierre travaille comme magasinier à temps partiel dans une grande surface. En complément il touche le RSA. Ces trois derniers mois, il a constaté une augmentation sensible des mensualités versées sur son compte.

-Du coup je me suis acheté un glock ! Un super flingue. Crosse en...
-Laisse tomber, je n'aime pas les armes tu sais. Et puis c'était con. Tu aurais dû appeler la CAF.
-C'est la CAF qui a fini par m'appeler...
-Et ?
- Les cons me versaient les sous d'un autre. Une erreur de numéro. Je vais devoir rembourser l'argent perçue en trop. Comment je fais bordel ?
-Tu vends ton arme.
-C'est ça, ouais. Je vais surtout aller flinguer tous ces ploucs oui, et ce sera réglé. Toute l'administration, blam, blam ! Samuel, remets-moi un pernod.
-Et moi un porto... Ou alors on gagne à l'Euro Millions. Sourit Marie-Cécile en effleurant des doigts le feuillet plié dans sa poche.
-Ou pas.

*

Steve relit ses notes. Une femme au volant... Une petite voiture blanche... Et puis un numéro de plaque : BK-457-JH.
En quelques clicks, le jeune homme accède au fichier national des immatriculations. Un nom de femme est associé au numéro recherché. Puis, poursuivant ses investigations, il constate qu'elle possède une VW polo blanche. Il se remémore le visage blême de l'enfant. Celui-ci se superpose à la frimousse rieuse de son fils qui lui manque tant.
Le policier s'éponge le front, se lève puis appelle son collègue.
-En route, on la tient !
Arrivé devant la porte de l'appartement, Steve presse longuement la sonnette. Son coéquipier se tient en retrait, prêt à dégainer son arme. Les poings serrés Steve frappe encore quelques coups contre le panneau de la porte en criant :
-Police, ouvrez !
Il lui flotte devant les yeux, l'image de l'enfant au corps brisé.

*

Quand Marie-Cécile, termine son troisième porto elle se lève :
-J'y vais, Jean-Pierre, je valide le ticket ce soir et on se retrouve demain pour fêter la victoire, bonne soirée !
-Jean-Pierre la salue, l'humeur toujours aussi sombre, et retourne à son pernod.
Arrivé devant sa voiture, la jeune femme vérifie dans sa poche si le ticket s'y trouve toujours, puis elle prend le volant et démarre. Elle pense à l'homme qui l'a appelé par erreur, le mois dernier. Steve, il s'appelle Steve. Elle aime son nom, sa voix, sa manière douce et franche de dire les choses. Ils ont sympathisé, se sont rappelés la semaine suivante, puis le surlendemain puis presque tous les soirs.
Demain ils se rencontreront enfin. Elle se le répète encore et encore. Demain...
Tandis qu'elle songe à Steve, Marie-Cécile manque de brûler un feu rouge. Son coeur bondit violemment dans sa poitrine. Elle freine et pousse un soupire. Plus loin, elle bifurque vers la rue Garibaldi. À nouveau plongée dans ses rêveries, elle ne voit pas l'enfant qui traverse la chaussée. Au dernier moment elle l'aperçoit, et essaie de l'éviter. Un choc. Une légère secousse, presque imperceptible, puis le crissement des pneus sur le goudron. Puis elle accélère. Elle accélère. Quoi faire. Elle accélère. Que s'est-il passé. Quand elle retrouve ses esprits, elle est arrivée devant chez elle.

*

-Police, ouvrez !
Patricia ouvre la porte. Sa fille est dans le salon. Elle vient de faire une crise épouvantable, et dodeline de la tête en regardant par la fenêtre.
La jeune femme a un mouvement de recul, tant l'homme qui lui fait face paraît sévère. Un brassard orange lui enserre le bras, et un second agent l'accompagne. Elle remarque que ce dernier garde la main posée sur son arme. Le policier lui montre sa plaque et la prie de les suivre.
-Pourquoi ? Je ne pars pas comme ça ! Et ma fille ! Je ne peux pas la laisser seule.
-Vous DEVEZ nous suivre, madame. Est-ce clair ?
-Je vous en supplie, elle est autiste...
-Appelez quelqu'un, qu'il vienne s'en occuper.
Patricia appelle Samuel. Elle a peur, elle se met a pleurer au téléphone.

*

Jean-Pierre s'apprête à commander un nouveau pernod, le dernier pour la route, quand il voit Samuel répondre au téléphone. Jean-Pierre constate avec surprise que le visage du barman se décompose. Puis il le voit raccrocher, et s'engouffrer hâtivement dans l'arrière-salle. Il en ressort trois minutes plus tard, une veste sur le dos. Georges, le patron prend sa place derrière le bar.
-Un pernod, Georges !
Plus tard, Jean-Pierre rentre chez lui, où il admire encore son arme. Il la charge, la décharge, hume son parfum de métal, la soupèse. Puis vient l'heure d'allumer la télévision.

*

Patricia est assise sur une chaise inconfortable, devant un bureau jonché de dossiers. L'agent de police qui est venu l'interpeller lui fait face. Celui-ci laisse peser sur elle un regard haineux. Sans desserrer les mâchoires, il entrouvre un dossier duquel il retire trois photos qu'il balance devant elle. Elle étouffe un cri d'horreur. Sur les images, on peut distinguer un enfant au visage bleuté, une flaque de sang... Elle se met à trembler, interloquée.
-Racontez moi ça...
Il se recule sur sa chaise et attend qu'elle parle.
-Non, non... vous faites erreur... je ne comprends rien, là, s'il vous plaît je dois rentrer. Est-ce que mon frère est avec ma fille, dites moi ?
-T'aimes fuir hein, c'est ça ? Tu voudrais encore fuir hein?T'y as prie goût. C'est vrai, c'est facile, c'est bien, non ? C'est facile, on efface tout, on oublie. Regarde bien les photos.
-Ma fille... elle a besoin
-Et lui, de quoi il a besoin ? Et sa mère, qu'est-ce qu'elle en pense, sa mère, qu'est ce qu'elle en dit ? Elle oublie, sa mère, tu crois ?
-Je ne comprends pas, je ne comprends rien.
-Où étiez vous cet après midi.
-Avec ma fille, monsieur. La thérapeute devait passer et... je comprends pas...
-Vous avez une voiture blanche
-Oui mais...
-En ce moment nos agents sont en train de la passer au peigne fin, à la recherche du moindre indice, de la moindre trace, de sang, de chair, de... Putain, mais regarde-les ces saloperies de photos. C'est ton oeuvre, t'en es fière ! Regarde.
Patricia est terrorisée. Elle s'enfouit le visage dans les mains et pleure.

*

Marie-Cécile s'est blottie sous sa couverture, elle n'a ôté ni ses chaussures ni sa veste, ni rien qui puisse la ramener à la réalité. Elle veut dormir, ou se réveiller. Elle tremble comme une feuille. Elle pleure. Le temps s'écoule sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle enfonce ses mains dans ses poches et sent le contact du feuillet. Elle n'a pas validé le ticket. Elle froisse et défroisse le papier entre ses doigts. Faut-il qu'elle se dénonce à la police ? Elle a tué quelqu'un, elle en est persuadée. Mais que deviendrait Pompon sans elle ? C'est ridicule et inapproprié de songer à cela, elle le sait. En vérité Elle a peur affreusement peur. La prison, la culpabilité.
Pompon jappe doucement et tourne en rond devant la porte d'entrée. C'est l'heure de la promenade. Elle se lève, lui attache mécaniquement sa laisse et descend le promener. Elle se dit qu'en rentrant, tout aura disparut, elle se sera réveillée de ce cauchemar sans nom. En passant devant un tabac, elle s'arrête, puis entre et déplie son billet chiffonné. Elle dépose une pièce de deux euros sur le comptoir. Puis elle inscrit les numéros qu'elle et Jean-Pierre ont retenus. Le 5, le 14, le 8, le... Elle a un doute. Dans l'usure du pli, le chiffre suivant s'est estompé. Elle a un doute. Le... 28, le... 16, puis les numéros étoile, le 44 et le 6
Elle valide le ticket puis se rend au bistro de la Tête d'or, en oubliant Pompon devant le bureau de tabac. Elle veut boire.

*

Steve décroche son téléphone.
-oui ?
-Steve... le petit... il est mort...
Il raccroche. Patricia observe avec horreur le visage de l'inspecteur prendre une teinte brique. Il se lève de sa chaise, s'avance vers le mur, et de toute ses forces envoie son poing dans un casier. Elle sursaute. Silence.
Il se retourne vers elle.
-Avoue...

*

À 23h18, Jean-Pierre allume la télévision. Il rote et s'installe dans un fauteuil. Sur l'accoudoir, il dépose son glock, puis il se décapsule une bière . Dans quelques minutes il assistera au tirage de l'Euro Millions. Après le jingle, son homonyme, Jean-Pierre Foucault apparaît à l'écran. Ça y est, c'est parti :
-Le premier numéro, ce soir, est le 5...
-Ha ha ha, dingue, t'es bon, mon pote. S'esclaffe Jean-Pierre.
-...suivi du second numéro qui rejoint le premier : le 14!
-Putain...
-Et voici le troisième numéro. Est-ce que c'est bon pour vous ? Avec un jackpot qui s'élève à plus de 72 millions d'euros.
-Crache-le, ton numéro, crache-le !
-Le 8 ! Et le quatrième numéro fait son apparition : le 26 !
-Puuu-tain !
-Et voici le cinquième, avant les étoiles, le 18.
-C'est pas possible, c'est pas possible...
-Et sans plus attendre, découvrons les étoiles de ce soir. La première étoiles, c'est le 44...
-Oh putain oh putain oh putain oh putain on est riche !
-Et la deuxième étoile... le 9...
-Ouaaaaaaaaaaaaaaaaah PUUUUUUUUUUUUUUUUUTAAAAAAAAAAAAAAIN RIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIICHE !
-C'est l'heure de découvrir maintenant, sur notre carte d'Europe, la carte Euro Millions, s'il y a un grand gagnant ce soir... et la réponse et ...
-OUIIIIIIIII !
-...non.

*

Il est 23 h. Steve est a bout. Debout, devant la machine à café, il essaie de joindre Marie-Cécile, il a besoin d'entendre sa voix, mais elle ne répond pas. Il en ressent un pincement au coeur. Son coéquipier arrive et lui pose une main sur l'épaule.
-Relâche la pression mec. J'y vais, si tu veux.
-Nan. J y retourne.
-Prends du recul.
Steve adresse alors à son collègue, un regard qui n'admet aucune réplique. Puis il y retourne. Patricia est épuisée, à bout de nerfs. Steve à bout de patience.
-Pourquoi ? Lance-t-il.
Patricia n'en peut plus, elle craque et se met à rire. Des larmes coulent le long de ses joues. Steve disjoncte alors. Il se jette sur elle, et la gifle une fois, deux fois trois fois. Puis il lui attrape les cheveux, la projette au sol et continue de la gifler jusqu'à ce que deux collègues l'empoignent et l'entraînent hors de la pièce. Quand il desserre les poings, une touffe de cheveux s'en échappe.

*

À minuit, Jean-Pierre débarque au bistro de la Tête d'Or. Il a besoin de boire. Quelle n'est pas sa surprise quand il aperçoit, accoudée au bar, tenant à la main un verre de porto, Marie-Cécile.
Le sang -et l'alcool qu'il contient- lui monte à la tête. Il dégaine son arme et tire sur son amie, puis décharge son arme au hasard. Georges s'écroule. Marie-Cécile également.
Puis il retourne son arme contre lui et se suicide.

*

Dans les toilettes, Steve se passe de l'eau sur le front. Quand il en ressort. Son supérieur est là qui l'attend..
-J'ai déconné. Admet le jeune homme
-Pas qu'un peu, et vous savez ce que la scientifique vient de nous apprendre, ce n'est pas la bon numéro de plaque, pas la bonne voiture, ni la bonne personne, parce que son alibi tient. Une thérapeute se trouvait chez elle à l'heure de l'accident.
-Je...
-Steve, vous êtes mis à...
Une agitation soudaine s'empare des quelques agents encore présents.
-On nous signale des échanges de coups de feu ! Hurle l'un deux. On fonce !
Steve croise le regard de son supérieur.
-Allez-y. Nous rediscuterons plus tard.
Le jeune homme se saisit de son arme et se joint aux autres agents.
Les gyrophares balafrent la nuit. Les sirènes hurlent. Sitôt arrivés, les agents, se précipitent à l'intérieur.
Dans le bistro, il n'y a personne d'autre que que des ambulanciers accroupis auprès des cadavres. Les agents se joignent à eux. On hisse un corps sur une civière. Steve s'approche et questionne l'un des secouristes.
-Les deux autres sont morts, monsieur l'agent. Elle, elle survivra.
Steve glisse alors la main dans la poche de la femme pour en retirer son portefeuille. Un bout de papier choie au sol sans qu'il ne s'en rende compte. Dans le porte-feuille, quelques billets, différentes cartes, la photo d'un chien, et puis sur le permis de conduire, un prénom, et un nom : Marie-Cécile Gicquel. Sa Marie-Cécile. Il blêmit puis grimpe à ses côtés dans l'ambulance. Il pose une main sur la sienne.
Quand elle pourra parler, ils auront tant de choses à se dire.
Mar 4 Fév - 17:03 (2014)
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Octobell
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MessagePosté le: Mar 4 Fév - 17:30 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

Aaah mais j'adoooooooooore !!!

Un texte chorale, donc. J'crois que tu t'es attaqué au puzzle le plus complexe qui soit, et tu t'en es vachement bien sorti. J'aime les liens, si minimes soient-ils, entre les personnages, et cette histoire (mais laquelle exactement ?) qui les lie. Dans l'idéal, j'aurais aimé que ce soit un chouia plus développé, mais à l'échelle d'une semaine, c'est déjà un travail de titan ! Bravo !!
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Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Mar 4 Fév - 17:30 (2014)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Mar 4 Fév - 17:42 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

Wow c'est vraiment excellent !

Ascenseur émotif j'ai envie de dire XD (pour Jean-Pierre surtout ^^!)

La façon dont tes personnages sont impliqués les uns dans les vies des autres (et dans les morts pour le coup ^^), c'est vraiment bien construit, l'effet puzzle est juste parfaitement respecté ! Ce que j'aime beaucoup, c'est que tous les personnages ont une intrigue importante, y en a pas une finalement qui prend le pas sur les autres, et finalement, c'est l'histoire des erreurs (ça tombe bien ^^) l'erreur de numéros de la CAF, l'erreur des numéros du loto, l'erreur du trop plein d'alcool, l'erreur de la fuite devant l'accident... Enfin voilà tout ça dans un seul texte c'est vraiment balèze... C'est ça qui m'hallucine, toutes ces histoires en une seule, et tout coule de source.

Juste, la scène de la fusillade-suicide je l'ai trouvée grave rapide quand même, mais c'est qu'un détail à mes yeux ^^

Chapeau, vraiment!


edit : Raah je croyais poster la première
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Mar 4 Fév - 17:42 (2014)
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MessagePosté le: Mar 4 Fév - 19:23 (2014)    Sujet du message: Super Répondre en citant

Bravo Yannick, c'est super fluide. Un vrai plaisir de lecture. Et puis quelle construction ! des histoires et des destins se croisent, cela pourrait être nous embrouiller mais pas du tout. C'est clair et on s'y retrouve.


Et ça c'est fort. Comme Tes personnages et ton sujet d'ailleurs, au plus près de la misère humaine et du quotidien .
Mar 4 Fév - 19:23 (2014)
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Odepluie
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Messages: 381

MessagePosté le: Mar 4 Fév - 19:29 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

Hors sujet !!! Y a trop d'erreurs de numéros dans ce texte, le thème était au singulier =P hihi

Blague à part (ouais qu'est-ce qu'on se marre xD) excellent ce défi Yannick !! C'est clair que c'est super bien construit avec toutes ces intrigues et ces personnages qui s'imbriquent ! J'adore aussi ! Super job !! Bravo à toi !!
Mar 4 Fév - 19:29 (2014)
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Auteur Message
Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mer 5 Fév - 00:22 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

Merci ! Et oui, je m'y suis pris bien trop tard! Quand j'ai commencé à développer le truc, genre dimanche soir, je m'en suis voulu de ne pas l'avoir fait avant. Et la fin, le meurtre tout ça, je l'ai bouclée en stress. N'empêche je suis assez content du résultat, et vos commentaires font plaisir. Et jpense le retaffer, mon texte.
Mer 5 Fév - 00:22 (2014)
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Auteur Message
Elfie Imy
Invité




MessagePosté le: Mer 5 Fév - 13:45 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

T'as des facilités d'écriture qui font de la structure de ce texte une vraie pépite. J'ai pas ressenti que tu avais précipité ton taf, j'ai lié ça à une acceleration du rythme dans l'histoire en fait. Le texte est d'une grande qualité, on y fait pas de pause, on n'a pas besoin de revenir en arrière, l'écriture est propre et efficace, tout est lié et calibré, c'est vraiment du bon boulot!
Même si j'dois avouer que c'est dans un style un peu plus poète barré l'oiso s'envole que j'te préfère... ^^
Mer 5 Fév - 13:45 (2014)
Auteur Message
christine
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Messages: 988
Localisation: cholet

MessagePosté le: Mer 5 Fév - 15:40 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

C'est un texte qu'il faut prendre le temps de lire pour comprendre toute sa complexite, pour intergrer toutes les histoires qui s'entremelent et interagissent entre elles.
L'histoire est incroyable, l'intrigue tres bien dosee, tout ce que j'aime. Vraiment c'est du grand art et de la tres belle ecriture.
Bravo
_________________
Un sourire ca fait toujours plaisir
Mer 5 Fév - 15:40 (2014)
Auteur Message
Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 2 836

MessagePosté le: Mer 5 Fév - 21:09 (2014)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or Répondre en citant

merci Christine ! merci Elfie !
Mer 5 Fév - 21:09 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:48 (2016)    Sujet du message: Au bistro de la Tête d'Or

Aujourd’hui à 10:48 (2016)
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