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L'HOMME QUI RASAIT LES MURS

 
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Auteur Message
hector vugo
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MessagePosté le: Mer 26 Mar - 19:10 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

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Salut les Plumis.


Voici soumis à votre lecture L'HOMME QUI RASAIT LES MURS.


Amitiés encrières


Hector








C’est une histoire de dingue, une succession de points d’interrogations. J’ai mis du temps à la comprendre. Et encore aujourd’hui je ne suis pas certain d’avoir tout saisi. 
 
 
Qu’importe dans quelques heures je saurai. J’aurai face à moi la pièce manquante, et je pourrai reformer l’image intégralement. 
 
 
Les anciens de la PJ disent qu’une enquête est un puzzle que l’on assemble à coups d’indices et de témoignages.  
 
 
L’affaire Aval, celle que je poursuis et que j’espère achever très prochainement, est un sacré puzzle, un 100 000 pièces, un truc à devenir fou. 
 
 
Sa quasi reconstitution a nécessité 2 ans de fouilles, de doutes, de cris de rage.. Dans quelques heures je vais enfin savoir. 
 
 
Comme un gagnant du loto j’ai vérifié plusieurs fois dans la nuit, si mon billet d’avion se trouvait toujours sur la table de la salle à manger. Il y était. Au petit matin il n’a pas bougé de là : un titre de transport, un vol pour Marseille, embarquement à 9 heures précise.  
 
 
Marseille, la destination finale de l’affaire Aval. 
 
 
___________________ 
 
 
  
 
 
Avant d’arriver à l’aéroport je fais un crochet à la PJ. 
 
 
Je veux voir le mur principal de mon bureau, ce mur rempli de photos, chacune ayant un lien avec l’enquête. 
 
 
Je l’observe d’une distance suffisante pour en avoir une vue panoramique. Il ne ressemble plus à un puzzle mais à un jeu de « loi ». 
 
 
  
 
 
Que de souvenirs me reviennent. 
 
 
L’affaire commença un jeudi matin dans un quartier résidentiel sous le frais soleil du printemps, une sorte de Peyton Place où la propreté des trottoirs et des pelouses vous agressaient les yeux. 
 
 
C’était trop gros pour être vrai. Et pourtant, les habitants donnaient l’impression de sortir tout droit d’une expérience génétique. Ils se ressemblaient tous : des blonds aux yeux bleus, coiffant une casquette. 
 
 
Je faisais tâche dans ce monde-là avec mes yeux noirs, ma coiffe brune bouclée et mon véhicule diesel dont les émanations mazoutées donnaient aux pâquerettes des allures de black panthers. 
 
 
On me regardait doublement de travers. J’aurais voulu avoir, à cet instant, la blondeur d’un ado et une voiture électrique. Malheureusement, ni mes gènes, ni le budget de la P J me les avaient offerts respectivement. 
 
 
Il fallait faire avec. J’étais une erreur de casting ici. Pire encore, un oiseau de mauvais augure. 
 
 
D’autres oiseaux avant moi avaient déjà investi les lieux quelques heures plus tôt, les pompiers pour commencer, mes collaborateurs ensuite. 
 
 
Un pavillon calciné au 6, rue Jules Renard, un drôle d’anomalie, une griffe noire dans un paysage si parfait. D’habitude un fait divers de ce type engendrait la curiosité des regards, l’agrégation de badauds, la constitution d’une foule autour du périmètre de l’incident. En l’espèce c’était tout le contraire, les gens passaient à côté prenant soin d’éviter la rue, tout en observant de loin.  
 
 
La maison n’était plus qu’une armature carbonisée d’où sortait encore une odeur de cramé. Seul le jardin, situé derrière la carcasse du bâtiment, s’accrochait à ces signes de vie : des plantes presque à l’agonie tant l’oxygène leur semblait rare. On en aurait versé une larme. Nous n’avions pas le temps à ces rites de chialeurs. L’enquête demandait un autre comportement plus professionnel moins humain. 
 
 
Mon équipe commençait à chercher les premiers indices.  
 
 
On avait cru d’abord que cet incendie était un accident domestique dû une cigarette mal éteinte au cœur de la nuit, ou encore un cours circuit électrique. Mais non. C’était autre chose.  Avec ce qu’on avait découvert dans la boite aux lettres, cela ne pouvait être que criminel. C’était un petit colis dans lequel se trouvait une mèche de cheveux blonds, un doigt coupé, et un mot manuscrit, ce dernier disait : le salaud  a payé, bien fait pour sa gueule
 
 
Étions-nous devant une affaire de meurtre ? Et si meurtre il y avait, ou se cachait le reste du corps ? 
 
 
A qui appartenaient cet annulaire et ces cheveux ? A la victime ?  Au propriétaire du pavillon ?  
 
 
Tant de questions, trop, sans doute, mais c’était le lot de mon quotidien de commissaire. 
 
 
Des questions toujours des questions. Et si peu de réponses. 
 
 
Qui habitait au 6, rue Jules Renard ?  
 
 
Un certain Augustin Aval, un type sans histoire d’après les dire du voisinage, tout du moins les premiers, ceux que je recueillais après le drame. On me parla d’un brave type, un taiseux dont on ne savait pas grand-chose, excepté qu’il menait une vie bien réglée. « Un homme métro, boulot, dodo » s’amusa Madame Oscar, la voisine la plus proche géographiquement s’entend. On ne lui connaissait pas d’amis, pas de loisirs extérieurs aussi. Quant à ses amours avait-il le temps d’en vivre ? « Il partait à 6 heures du matin et rentrait à 22 heures » soulignait la miss Oscar d’un air plaintif. Et de finir sur ce commentaire : « même le week end on ne le voyait pas, tout au plus l’apercevait on, tard en semaine, de la fenêtre de sa chambre, monter des modèles réduits, des avions de la première guerre mondiale. ». 
 
 
D’autres témoignages allèrent dans le même sens, celui de Monsieur Audibert, un vrai catho  avec ses six enfants et sa femme pleine de vergetures et de bons sentiments. Il aimait bien « monsieur Aval » comme il disait « parce qu’il ne pose pas de questions et rase les murs. Il en faudrait plus des hommes comme ça vous savez, le monde irait mieux. » 
 
 
  
 
 
Bref, la victime avait le profil d’un être lisse, sans aspérité, un fantôme social en impression. 
 
 
Car ce n’était qu’une impression. 
 
 
Très vite je sus qu’il y avait anguille sous roche. J’interrogeai son entourage professionnel. L’homme travaillait comme agent administratif et avait la réputation d’un personnage affable, fiable et réglo. En observant sa photo d’identité que la DRH de « la fiduciaire enchantée » m’avait présentée, je vis un Augustin Aval souriant trop franchement pour être un fantôme de l’existence. 
 
 
Il était heureux dans son job, cela crevait les yeux. Il n’y avait rien d’austère dans son regard, au contraire de la vivacité et du bonheur, un gage d’épanouissement. 
 
 
D’ailleurs la DRH Hélène Huc, une longue liane brune pour qui on se serait soumis à l’entretien individuel et plus si affinité, confirma qu’Aval respirait la joie au boulot. Elle s’inquiéta : « Depuis hier nous n’avons pas de nouvelles de lui. Son téléphone sonne dans le vide. Vous avez parlé d’un incendie chez lui commissaire ? Pourvu qu’il ne soit rien arrivé… Je n’ose imaginer.. Non ce n’est pas possible. ». J’avais envie de lui mentir, de lui remonter le moral, d’aller dans le sens de la vie. 
 
 
Mais la réalité était différente. 
 
 
On avait obtenu les résultats des analyses des cheveux et du doigt coupé (l’annuaire droit). Tous deux appartenaient bien à Augustin Aval. Pour lui le pire était à craindre. A la PJ nous le pensions mort, même si nous ignorions ou se trouvait le reste de son corps. L’étude des débris de la maison n’avait rien donné. On avait retourné le jardin du 6, rue Jules Renard. Sans résultat. Pas d’ossements humains que les os d’un chat, rien de plus. 
 
 
Quand les yeux dans les yeux je dis à Hélène Huc : « Sa mort est plus que probable », elle éclata en sanglots, preuve que ses liens avec la victime étaient plus que hiérarchiques.  
 
 
La victime ? Un être sans histoire ? Tu parles ! 
 
 
Mon équipe et moi doutions déjà de cette version. 
 
 
D’autant que nous avions fouillé dans ses relevés bancaires et fait de bien étranges découvertes. Le 8 de chaque mois, Augustin versait une somme à quelqu’un. Et son montant indiquait qu’il s’agissait d’une pension alimentaire. Ce mois-ci elle n’était pas versée. Etrange ? 
 
 
Peu de temps après, nous sûmes l’identité de sa destinataire, une certaine Colline Dumont, ex madame Aval. Augustin avait été marié. Oh certes une idylle trop courte pour mettre au monde un enfant mais suffisante pour trainer le boulet financier d’une rente à restituer.  
 
 
Je mettais mes équipiers sur la piste de cette femme. J’ignorais encore qu’il faudrait être patient pour la retrouver. 
 
 
Les hommes sont sans histoire, toujours en surface. Mais dans le cas d’Augustin il fallait creuser, presque un travail d’archéologue. Notre ostrogoth se gardait bien de laisser quelques traces. C’était un gars à l’ancienne, Il n’avait pas de téléphone portable,  pas de voiture, se déplaçait en vélo en cas d’extrême nécessité, c’est-à-dire faire ses courses, ne prenait les transports en commun que pour aller travailler. Il avait seulement céder aux sirènes d’internet en souscrivant un abonnement sous le pseudo de Roland Garros. 
 
 
Toutes ses informations avaient été glanées aux abords du 6, rue Jules Renard. Les langues se déliaient enfin. On avait passé le cap du deuil, celui qui imposait le discours de la décence et du pardon.  
 
 
Certains furent plus bavards que d’autres. 
 
 
Madame Oscar, celle qui nous parlait d’un Aval discret, d’un personnage métro, boulot, dodo, se souvint d’avoir vu son voisin recevoir, certains soirs, une longue dame brune, qui, au petit matin, disparaissait dans un taxi mauve. 
 
 
Une longue dame brune, tiens cela me rappelle la DRH de la fiduciaire, Hélène Huc. Ce n’était pas une découverte. 
 
 
Monsieur Audibert me confirma l’existence de cette visiteuse du soir. Il m’avoua avoir joué les espions et observé son manège pour savoir de quoi il en  retournait de cette relation bien plus qu’amicale. En témoignent les quelques photos qu’il avait prises comme un vulgaire paparazzo. On y voyait Hélène et Augustin dans le plus simple appareil.  
 
 
« Espionner mes voisins est un violon d’Ingres, juste un loisir rien de plus » se justifia Audibert en baissant les yeux. Etonnante façon de se divertir pour un assidu de la messe du dimanche matin. 
 
 
Vous me direz chacun a sa part d’ombre. J’apposais ma lampe d’enquêteur sur cette obscurité et en trouvais l’étude délicieuse. 
 
 
Les gens sont si faux cul.                                    
 
 
A quoi pouvait donc servir ces photos à Audibert ? Car je doutais fort que le simple loisir fût son unique motivation. 
 
 
Soupçons vite confirmés par les confidences de Madame Oscar. Elle savait pour les photos et mieux encore ne cachait pas son plaisir d’affirmer qu’elles servaient à Audibert pour de crapuleuses raisons. Le catho faisait chanter Aval ou plutôt avait essayé. Rien n’indiquait sur le compte de la victime des mouvements importants autres que sa paie et sa pension alimentaire versée. Aval n’avait pas donné le moindre euro à Audibert. Etait-ce une raison pour perpétrer un meurtre ? Oui assurément. Mais pourquoi avoir mis le feu au pavillon ? C’était trop risqué pour se débarrasser de quelqu’un. 
 
 
Il y avait encore trop de questions dans mon esprit. Ca ne tenait pas.  
 
 
Toutefois J’avais envie de cuisiner directement Audibert, histoire de voir sa réaction. Je voulais le tester, le mettre sous pression. 
 
 
Pas trop quand même, j’étais trop heureux d’avoir un suspect sous le coude. 
 
 
  
 
 
Donc un soir, je la jouais à la Columbo. Affable, faisant pitié, un poil casse bonbon, si maladroit qu’on le croit incapable du moindre coup tordu. 
 
 
-         J’usai d’une grosse ficelle. Je dis à Audibert mezzo voce :   tout porte à croire que l’incendie du 6, rue Jules Renard est un meurtre. Et j’ai ma petite idée 
 
 
-         Attendez, laissez-moi deviner. (silence). C’est madame Oscar, c’est ça. A votre tête je mets dans le mille. J’en étais sur…. 
 
 
-         Tombant de l’armoire, j’essayai de feindre la surprise. Je le coupai : qu’est qui vous fait croire que… ? 
 
 
-         Elle s’est vengée de la mort de son chat 
 
 
-         Comment ? 
 
 
-         Vous ne savez pas. Monsieur Aval a empoisonné Justice, le chat de madame Oscar. 
 
 
-         Parce que vous croyez que l’on peut tuer pour ça ? 
 
 
-         Connaissant Madame Oscar j’en suis certain. Depuis la mort de son mari, son chat c’était toute sa vie. 
 
 
Quel misérable tableau ! La vengeance a bien des visages. Et celui-ci, bien qu’étriqué, devait être pris en compte. On peut tuer pour tout, même pour un chat.  
 
 
Quoique. 
 
 
Je n’étais pas dupe des affirmations d’Audibert. Ce dernier me menait en bateau.  Depuis quelques jours Il trainait autour de 6, rue Jules Renard, suffisamment pour savoir que nous avions trouvé des os de chat dans le jardin. De là à monter de toutes pièces cette histoire il n’y avait qu’un pas. Il venait de le franchir. 
 
 
Juste pour se disculper ? Il ne se pensait pas coupable du meurtre. Et puis je ne le croyais pas capable de tuer. Son sport favori c’était baver sur les gens et en tirer quelques bénéfices. Rien de plus. Non Audibert n’était pas un suspect valable malgré tout. 
 
 
Quelle langue de pute ! Et ça se dit catholique. En surface au mieux. Malheureusement pour lui il ignorait le témoignage du facteur.  Aval avait un chat auquel il tenait beaucoup, jusqu’à l’enterrer chez lui.   
 
 
Son histoire de vengeance ne tenait pas la route.  
 
 
Si je voulais arrêter Audibert quand même, côté indices je n’avais que des présomptions vaseuses. On ne coffre pas quelqu’un avec des constructions intellectuelles si tordues soient elles. J’étais plus que dubitatif et j’avais mal au crâne. 
 
 
Ma migraine n’allait pas s’arranger.                     
 
 
La piste Colline Dumont rendait enfin ses premiers résultats. Avec mon équipe nous avions  retrouvé la trace de l’ex madame Aval. Un compte bancaire parle. C’est fou comme il peut être bavard. Nous apprenions rapidement que la banque gérant son argent logeait dans le sud de le France. 
 
 
De là, nous sûmes que Colline Dumont filait le parfait amour avec un agent immobilier répondant au doux prénom d’Enzo. Elle attendait un enfant de lui. 
 
 
Le couple coulait des jours heureux dans une villa au bord de la mer proche de Cannes.  Autant joindre l’utile à l’agréable. Et si je l’interrogeais pour avoir son opinion sur Augustin ? Divergerait-elle de l’image qu’en donnaient Madame Oscar et Monsieur Audibert ? Aval était-il réellement un ermite, un mauvais payeur si j’en croyais le non versement de la pension de ce mois ? 
 
 
  
 
 
Quelle vue magnifique sur l’océan !. J’avais accroché la photo de cette immense maison sur le mur du bureau de la PJ. Ce n’est pas avec ma paie de commissaire que je pouvais espérer m’en acheter une un jour. 
 
 
Il devait bien gagner sa vie l’agent immobilier. Ce n’était pas la chose qui m’intéressait le plus. Je pris le TGV pour Marseille et un taxi direction Cannes. 
 
 
Ce dernier me déposa au pied d’un portail blanc xxl. La villa de la photo était là, invisible aux curieux, protégée par un mur de trois mètres de haut. Il faisait le tour de la propriété. 
 
 
On n’entendait que le bruit de la mer couvert, de temps en temps, par les aboiements de deux dogs allemands. 
 
 
Après avoir sonné deux fois, les chiens foncèrent en direction du portail. J’entendais l’impact de leurs pattes, ces percussions discontinues incroyablement nerveuses, et ce souffle rauque sortant de leurs gueules agressives. 
 
 
Une voix les calma, une voix féminine ferme et douce, à qui on adorerait prêter allégeance ne serait-ce qu’une nuit. 
 
 
Cette même voix ouvrit la clôture imposante. Je découvris la silhouette de la maitresse de maison. 
 
 
C’était Colline Dumont, belle, provocante, la démarche chaloupée, maitrisée avec ce qu’il y avait de sexuel et d’esthétique dans le déhanchement. Il ne fallait pas flancher et rester concentrer. Le job rien que le job. 
 
 
La confusion n’a jamais servi l’efficacité. 
 
 
Outre sa chorégraphie « podologique », un autre détail m’étonna. Elle était brune, élancée. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à Hélène Huc. Au point de me dire : Et si elles étaient jumelles ? 
 
 
En préambule, je lui présentais mes condoléances. Même si elle et Augustin n’étaient plus ensemble, il me semblait nécessaire de passer par là, question d’éducation. Je fus surpris par sa réaction très en contrôle, presque étrangère aux événements. La mort de son ex ne lui faisait ni chaud, ni froid. 
 
 
  
 
 
-         Pour commencer j’aimerais savoir quel homme Augustin était-il ? 
 
 
-         Augustin était charmant, doux, attentif, patient, prévenant, avec de l’esprit, et cette pointe d’humour rendant le quotidien délicieux. Un homme avec qui on voudrait finir ses jours. 
 
 
-         Alors pourquoi donc l’avoir quitté ? 
 
 
-         Parce qu’il m’a trompé 
 
 
-         On peut pardonner. 
 
 
-         C’est difficile. Et dans mon cas, c’est impossible. 
 
 
-         Voyons rien n’est impossible 
 
 
-         Quand vous saurez vraiment, vous direz aussi : c’est impossible 
 
 
-         Qu’a-t-il fait d’aussi impardonnable ? 
 
 
-         Il a couché avec ma mère 
 
 
-         Effectivement, c’est une raison valable de couper les ponts avec son mari 
 
 
-         Nous n’avons qu’une relation administrative depuis 
 
 
-         En parlant de relation administrative. Vous a-t-il versé la pension alimentaire de ce mois ? 
 
 
-         Non mais il m’a prévenu il y a quelques jours, que je la toucherai en retard, un contre temps, un problème avec la banque, il devait m’envoyer un chèque. 
 
 
-         Croyez-vous qu’il aurait.. ? 
 
 
-         Non, Augustin était réglo. Infidèle mais réglo. 
 
 
-         Pardonnez ma question mais, vous voyez toujours votre mère ? 
 
 
-         Je ne la vois plus depuis que je sais qu’elle et Augustin. Elle s’arrêta un instant pour respirer profondément, puis reprit : vous comprendrez que je ne veux pas trop en parler. 
 
 
-         Je comprends 
 
 
-         Une dernière question madame Dumont 
 
 
-         Oui commissaire 
 
 
-         Vous avez une sœur ? 
 
 
-         Oui 
 
 
-         Elle s’appelle Hélène ? 
 
 
-         (surprise) oui 
 
 
-         Vous êtes jumelles 
 
 
-         Oui. Comment savez-vous cela ? Vous êtes voyant ? 
 
 
-          Non, c’était juste une intuition, simplement une intuition. Je ne vais pas vous importunez davantage. Merci Madame 
 
 
  
 
 
Augustin Aval avait un étonnant sens de la famille. Il poussait la coquetterie jusqu’à avoir couché avec sa femme, sa belle-sœur et sa belle-mère. Pas le même jour, pas en même temps. L’homme était collectionneur mais pas vicieux à ce point. 
 
 
Cette trahison conjugale était, à mon avis, un mobile suffisant. Pour autant je ne sentais pas Colline Dumont capable de passer à l’acte, de tuer son ex. Elle s’en était éloignée et c’était suffisant à ses yeux. De plus elle avait refait sa vie. Et pour couronner le tout, mon sixième sens me disait qu’elle n’avait rien d’une menteuse. Elle avait le visage de la vérité : son minois d’origine. Ce qui pour une femme de son âge et de sa condition était singulier. 
 
 
Me voilà dans de beaux draps. 
 
 
Qui a bien donc tué Augustin Aval ?  J’avais deux suspects possibles en ligne de mire. Aucun ne me convainquait.  
 
 
Je lâchais prise. Un signe ne trompait pas. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais acheté un hebdo people au relais H de la gare Saint Charles. J’avais besoin de me changer les idées. 
 
 
A la une trônait le cliché d’un homme d’état coiffé d’un casque de scooter, des croissants à la main. Comme quoi, acheter des viennoiseries à votre maitresse est aussi un acte de trahison conjugale. Décidemment je n’en sortais pas.   
 
 
Mon train partait dans le quart d’heure. 
 
 
Je traversai le compartiment à la recherche de mon siège comme toujours à la fenêtre. J’avais les mains prises, la gauche par une valise de fortune, la droite par mon news magazine et un pain au chocolat. 
 
 
Je trouvai et investis ma place malgré un quadra au physique de basketteur aidant une octogénaire à poser sa trousse de maquillages sur l’étagère du haut, image toutefois réconfortante d’une entre aide générationnelle qui se perd de nos jours. 
 
 
Assis sur mon siège j’avais une vue de choix sur le nombril du sportif et une partie mineure de ses abdominaux. Par dépit je tournai la tête ailleurs vers la fenêtre d’où j’observai une minette rouler un patin à un quasi retraité sur le quai d’â côté,  une autre image encore plus réconfortante d’une entre aide générationnelle. Restait pour oublier ce délicieux spectacle qu’à retourner à la lecture du hard news people. 
 
 
J’avais l’habitude de lire ce journal en catimini chez mon médecin ou pire dans les toilettes de mon domicile. Mais là je ne sais pas ce qui me prit. Je descendis la tablette accolée au siège de devant, puis ouvris pleine page l’hebdo sur lequel loucha, déjà, l’octogénaire. 
 
 
Je n’avais pas honte, j’assumais. J’aurais pu commencer par la page du sommaire, mais mon sens de la provocation ou plutôt le hasard voulut que je tombasse sur l’article des potins de la semaine. 
 
 
Et à l’ instant où j’avais l’impression d’être enfin hors enquête, de m’aérer l’esprit pour de bon, une photo prenant un quart de page capta mon regard. Elle me remit d’emblée dans une réalité toute professionnelle. 
 
 
Cette photo changea le cours de l’affaire Aval. Elle mettait en scène une femme d’une soixantaine d’années d’environ 175 cm, la taille fine, la chevelure étrangement brune pour son âge. Elle tenait une coupe de champagne à la main et souriait à son interlocuteur. Je fus saisi par sa classe folle mais surtout par sa ressemblance saisissante avec Colline Dumont et Hélène Huc. 
 
 
La légende du bas finit par me convaincre. Elle disait : Suzanne Hucquevitch reçoit tout le gratin financier. Suzanne Hucquevitch la grande prêtresse du parfum, la patronne du groupe OIL FACTIV, la plus grande fortune d’Europe. Helene avait francisé son nom de famille. Huc était le diminutif d’Hucquevitch. 
 
 
Cela ne me donnait pas encore le nom de l’assassin mais cette découverte ouvrait une nouvelle piste. 
 
 
  
 
 
A peine arrivé au bureau je m’attelais à la tâche avec un objectif précis : Trouver la trace physique d’un rapport inapproprié entre Suzanne Hucquevitch et Augustin Aval. 
 
 
L’idée de tomber sur des photos avec les deux tourtereaux étaient fantaisistes, l’idée de mettre sur écoute la riche industrielle l’était tout autant Le rookie de mon squad lança à la cantonade : « et s’ils s’envoyaient des mails pour communiquer ? » 
 
 
C’était une idée de génie. Nous fouillâmes les courriels d’Augustin alias Roland Garros. Nous découvrîmes que l’oiseau avait une correspondance enflammée avec une certaine S. Lenglen. S comme Suzanne, tiens. Le doute commença à s’estomper quand nous accédâmes à certaines pièces jointes que la miss lui avait envoyées : des billets eTGV  pour Marseille. Quant à savoir la teneur des liens qui les unissaient, nous lûmes ceci : vivement vendredi mon amour, il me tarde que le week end commence. Signé S.  
 
 
Nous étions presque surs que derrière ce S se cachait la miss Hucquevitch d’autant qu’elle avait une villa sur les hauteurs de la cité phocéenne. 
 
 
Je devais interroger Suzanne au plus vite.  
 
 
D’abord il me fallait la connaître un peu mieux, établir une fiche précise. J’étais pressé. Un œil sur Google me suffît. Outre son CV, la liste impressionnante des filiales composant son groupe, les œuvres caritatives auxquelles elle participait, un détail m’étrangla. Son nom de jeune fille. Samantha Dumont. Colline l’avait pris par soucis de discrétion.  L’arbre généalogique se reconstituait. 
 
 
La direction de la PJ, elle, voyait plutôt d’un mauvais œil cette initiative. A peine avais-je essayé de contacter le secrétariat de la richissime industrielle pour prendre rendez-vous avec elle que ma hiérarchie me tomba dessus. 
 
 
Le boss me convoqua séance tenante et exigea que je cessasse toute tentative d’entrevue. 
 
 
D’une manière fort amicale singeant un paternel lambda il me demanda de fouiller ailleurs, m’expliquant qu’une vulgaire affaire d’incendie n’intéressait pas des gens haut placés au point je cite : « de les emmerder avec des questions à la con ». 
 
 
Malgré ma résistance à ses remarques, je fus renvoyé dans mes 22 avec un argument massue  je cite : « vous avez déjà deux suspects. En bidouillant un peu vous allez vous en sortir. »  
 
 
Il me raccompagna à la porte et la ferma derrière moi. 
 
 
Ce genre d’interdit eut l’effet inverse. Elle décupla mon désir de rencontrer Suzanne Hucquevitch. J’avais trop avancé mes pions. 
 
 
Ma direction ignorait que j’avais pris rendez-vous avec elle sous l’identité d’un journaliste travaillant pour hebdomadaire bidon. 
 
 
C’était un 1er avril (rassurez-vous avec le boulot je ne blague jamais). J’avais passé les premiers barrages pour avoir enfin, la secrétaire personnelle de la direction d’OIL FACTIV. J’avais quémandé mon entretien et avais eu en réponse une convocation le lendemain. 
 
 
Je me présentai au siège de la société. On me donna un badge visiteur, on me mit dans un ascenseur avec un vigile aussi large qu’une armoire, direction le dernier étage avec vue sur l’arche de la défense. 
 
 
Le meublé pro de Suzanne était vaste. On aurait pu y faire un trou du Golf. Un par deux pour les spécialistes. 
 
 
Sa déco tranchait avec l’image d’Epinal que l’on avait des bureaux de grand patrons. C’était minimaliste, avec ce je ne sais quoi d’art moderne. C’était blanc avec quelques pointes de couleurs pour égailler l’endroit. 
 
 
Un large plateau en verre surélevé par une estrade accueillait un sous-main en cuir blanc, un Mac dernier cri et une collection de stylos Mont Blanc soigneusement mis en avant. 
 
 
Suzanne Hucquevitch me faisait face, fière, puissante, un tantinet hautaine, une posture due à la sadique disposition de nos sièges respectifs, le sien surplombant le mien. Le rapport de force devint outrageusement en sa faveur quand je m’enfonçai dans mon fauteuil club au cuir très ancien. 
 
 
Et comme cela ne suffisait, le patronne en rajouta une couche en m’affirmant d’une voix sèche : « faite vite, j’ai un quart d’heures,  pas plus ». 
 
 
C’était court mais suffisant pour soutirer quelques informations. J’appliquai la technique du serpent du livre de la jungle. J’endormis la bête. Je simulai le journaliste bas de gamme m’intéressant uniquement à la surface des choses, c’est-à-dire  à sa vie mondaine. 
 
 
Cela eut pour effet de la déridée un peu. Elle fut soulagée, parla avec moins de retenues, quoiqu’encore sur ses gardes à voir ses quelques regards obliques portés sur la pendule de son ordi. 
 
 
Le leurre fonctionnait. Et au moment de prendre congés je posai la question, celle de l’enquêteur : j’ai entendu dire que vous vouliez acheter une maison dans la région parisienne. Le 6, rue Jules Renard vous connaissez ? 
 
 
Pour la première fois nous étions à armes égales. Elle était debout, elle se tenait sur la pointe des pieds pour être à la même hauteur que moi. Les yeux dans les yeux. Et si l’instant n’avait pas été aussi tendu, je crois bien que j’aurais cédé à son charme sulfureux. J’avais ce point commun avec Augustin Aval, les grandes brunes me faisaient craquer. 
 
 
Suzanne mit un temps à me répondre. Je vis qu’elle était à la frontière du malaise vagal. Signe révélateur. Elle reprit très vite ses esprits et me souffla dans les bronches : « vous croyez qu’un pavillon banlieue m’intéresse ! Bon je ne vous chasse pas Monsieur, mais j’ai du travail. » 
 
 
Elle se remit sur la plante des pieds. Je la dominai enfin. En arrière-plan de ses épaules je devinai sur une desserte proche de son bureau, le détail qui tue : un avion de la première mondiale, un modèle réduit, un cadeau sans doute d’Augustin. Une autre trace physique de leur lien. 
 
 
Elle me serra la main en homme, tuant dans l’œuf le fol espoir d’aller plus loin.  Je voyais dans ses yeux l’expression dédaigneuse qu’avaient et qu’ont toujours les barons du CAC 40 sur les masses laborieuses.  
 
 
J’étais une petite merde à qui elle disait adieu. 
 
 
Seulement moi, j’avais l’intention de la revoir et de fouiner son emploi du temps. Suzanne était-elle de ces femmes confondant homme dans la force de l’âge et sex toy ? Et si Augustin  avait été un sex toy récalcitrant, un de ceux que l’on voudrait tuer parce qu’il ne se soumet pas aux règles du jeu ? D’accord, c’était un scénario franchement frappadingue, mais avouez qu’il avait son charme. Je m’imaginais la mettre sous les verrous pour meurtre, la Suzanne. Jeux, set et match. 
 
 
Je n’en étais pas là. Le visage du vigile me rappela à la réalité. Miss Hucquevitch était protégée, il me faudrait un dossier en béton pour la coincer. 
 
 
Alors que l’ascenseur descendit et que je sentis le visage du molosse s’approcher du mien, un frisson me parcourut l’échine. Nous avions atteint le niveau moins 1, le sous-sol. Ce n’était pas prévu. 
 
 
Je reçus un coup du boule dès l’ouverture de la porte et m’écrasai au sol. Ensuite, le vigile me souleva, me plaqua contre le mur. Il sortit, de la poche intérieure de son blazer, ma plaque de Commissaire. 
 
 
-         On a trouvé ça dans sur la siège conducteur de ta bagnole. T’es tête en l’air c’est con hein. C’est pas beau de mentir. T’es pas journaliste. 
 
 
-         Si je vous dis non, vous me laissez partir 
 
 
-         Ca dépend. Si tu promets de ne plus emmerder Madame Suzanne, on peut négocier 
 
 
-         Négocier quoi ? 
 
 
-         Je t’explique le deal. Tu continues à faire des histoires, tu pointes au chômage, c’est clair. (un conseiller n’aurait pas fait mieux) 
 
 
-         Ca me semble très clair. 
 
 
-         Bon, file. Et qu’on te revoit plus. 
 
 
  
 
 
Je conduisis ma voiture le nez en sang et la tête dans le vague, regagnant la PJ en pilotage automatique. 
 
 
Dans la cour intérieure, le boss m’attendait les bras croisés. Ca allait chauffer pour matricule. 
 
 
On s’était plaint de mon comportement en haut lieu. Et quand je demandai qui se cache derrière ce « on ». J’eus la bouche de mon supérieur au plus près de mon oreille. Il cria si fort « On s’en fout du on. Vous êtes mis à pied jusqu’à nouvel ordre » que je choppai un acouphène d’enfer. 
 
 
De toute façon je savais qui se cachait derrière ce « on ». Je savais que c’était elle. Elle, Suzanne Hucquevitch. J’approchai du but puisqu’on me mettait à l’écart. 
 
 
Jamais de ma vie, je n’aurais imaginé quitter la PJ la queue entre les jambes, sous le regard gêné de mes coéquipiers. 
 
 
Cela ressemblait à une image de fin pour cette histoire. Une fin à la « mord moi le noueux ». 
 
 
Mais non, le scénariste pense toujours à la coupure publicitaire, placée opportunément avant l’ultime rebondissement. 
 
 
Ce dernier eut lieu dans l’heure qui suivit. 
 
 
J’étais avachi dans mon canapé lobotomisé par le 25 575 éme épisode des feux de l’amour, celui ou Brenda refusait l’implant d’un stérilet parce que Kevin voulait un enfant avec elle. Mon portable vibra au moment où la blonde siliconée s’abandonnait à un baiser fougueux avec l’autre couillon bodybuildé.  
 
 
Bref cet appel me sortit de la léthargie. 
 
 
-         Une voix inconnue me dit : Commissaire F ? 
 
 
-         Oui c’est bien moi 
 
 
-         Vous êtes bien assis ? 
 
 
-         Oui 
 
 
-         Vous n’êtes pas cardiaque ? 
 
 
-         Non à ce que je sache 
 
 
-         C’est Augustin Aval au téléphone. Faut qu’on parle. 
 
 
-         Comment vous avez eu mon numéro ? 
 
 
-         J’ai une amie haut placée 
 
 
-         Ah ça je sais. Bien je vous écoute 
 
 
-         Pas au téléphone, réglons cette affaire chez moi. 
 
 
-         Vous habitez ou ? 
 
 
-         Marseille, vous connaissez bien je crois. 
 
 
-         Oui 
 
 
-         Vous avez une adresse mail ? 
 
 
-         Oui. Mais pourquoi faire ? 
 
 
-         Pour vous envoyer mon adresse exacte avec un billet d’avion aller retour Paris Marseille. Venez je vous attends. 
 
 
-         Je vous envoie mon adresse mail par sms. 
 
 
-         Ca marche 
 
 
-         A très bientôt commissaire 
 
 
-         C’est ça 
 
 
  
 
 
Je ne croyais pas aux revenants même si là j’étais estomaqué. Aval était vivant. Si on m’avait dit.  Putain ! 
 
 
Un homme sans histoire. Quelle connerie ! 
 
 
Pour un fantôme, ses draps ne trainaient pas. Je reçus quelques minutes plus tard un mail avec en pièce jointe un aller retour Paris Marseille à mon nom. Embarquement à 9 heures demain matin. 
 
 
J’allais enfin savoir. Enfin savoir. 
 
 
  
 
 
__________________ 
 
 
Dire qu’il m’a cru mort tout ce temps. Et il n’était pas tout seul à m’imaginer sans vie. Pauvre commissaire. Quand je pense à Colline, à Hélène je n’en veux un peu. Les jumelles de mon cœur n’ont été que deux stations de métro sur la ligne de mon bonheur. J’use de cette métaphore pour adoucir la chose. Oui, moi Augustin Aval, je suis le salaud de service, celui dont on croyait à la fiabilité mais qui, au bout du compte, ressemble à tous les autres hommes. Faible devant la chair et corruptible. 
 
 
L’ironie du destin imposa que je tombasse amoureux de ma belle-mère. Parce qu’elle combine la beauté de mes deux ex et cette douce ardeur de la maturité jouissant sans entrave de la vie. Par soucis de garder à la postérité le peu d’angélisme qu’il me reste, je préfère taire ici l’autre inavouable motivation qui a fait que j’ai choisi de finir mes jours avec Suzanne. Je veux parler de l’argent. Oui en plus de l’amour elle a le pognon ! Tout pour plaire. 
 
 
Alors vous comprendrez pourquoi, faisant fi des conventions judéo chrétienne, de leurs lourdeurs insupportables, j’ai choisi l’exil par ce scénario fumant et improbable. 
 
 
Mort ils me laisseront tranquille, quitte à y laisser un doigt et quelques cheveux. 
 
 
J’ai mis le feu à ma maison, me suis mutilé l’annuaire puisque Dieu ne voudra jamais que je me mariasse avec la mère de mes ex femmes. 
 
 
J’ai tout envoyé bouler pour vivre ailleurs et j’en suis heureux. 
 
 
  
 
 
De cette histoire il en est resté quelques dommages collatéraux, mais heureusement aucune victime. 
 
 
Et en achevant ces dernières lignes, je repense à la silhouette de ce cher commissaire, celui qui a accepté cette contribution le mettant à l’abri du besoin.  
 
 
Il a dit oui. Il a abandonné ses investigations et, par la même, mis un point final à l’affaire qui porte mon nom. 
 
 
Aux archives de la PJ on pourra lire bientôt : Affaire Aval classée sans suite. 
 
 
Toute compromission est bonne si elle permet à l’homme d’être debout, car il ne peut rester sa vie entière en rasant les murs. 
 
 
  
 
 
Mer 26 Mar - 19:10 (2014)
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Odepluie
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MessagePosté le: Mer 26 Mar - 22:48 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Wow je suis bluffée !! Je me suis plongée à 200% dans ton histoire ! Je n'ai pas une seconde douté de la chute (alors que c'est le genre de fins qui revient souvent ^^ enfin pas le coup de la belle-mère lol) tellement j'étais à fond ! En fait je n'ai surtout pensé à rien, absorbée par ma lecture !! Et ça c'est un exceeellent point pour un polar !! Puis la construction de ton enquête est hyper travaillée ! On suit brièvement chaque piste, il ne manque rien, et c'est d'une efficacité redoutable !

Et je ne citerai pas toutes ces petites références, ces jeux de mots, ces petites phrases qui rendent tes textes toujours uniques !

Bref j'adore !! Top top top
Mer 26 Mar - 22:48 (2014)
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 01:15 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Pouah pouah pouah... Je m'incline bien bas, monsieur Vugo !!!

Déjà, je tiens à le dire : c'est hyper-méga-sensationnellement bien écrit !! C'est ta plume, on ne s'y trompe jamais, tu as toujours cette fameuse signature, et elle est divine !! Bon, y'a quelques erreurs de ponctuation, mais tellement dérisoires par rapport à la qualité du reste ! Franchement, je suis admirative !!

Puis bon bah l'histoire hein... Une vraie enquête, de A à Z, totalement aboutie et cohérente. Bon, je suis pas hyyyyper fan de la chute, mais après c'est une question de goût (j'aurais préféré plus de morts ). De toute façon, c'est quand même un boulot de dingue, bravo, bravo, bravo !!
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Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 01:26 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Moi aussi je suis scotchée ! Et je suis trop fatiguée pour faire un commentaire plus constructif que WAOOW !

C'est hyper bien construit, une vraie enquête complète, complexe, et une chute complètement inattendue !

Un boulot incroyable !!

Je Ode et Octobell !!!
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 01:35 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Merci les filles ça me touche beaucoup. Je suis ravi.
Jeu 27 Mar - 01:35 (2014)
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 02:12 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Autant le dire de suite, j'suis déçu.

J'm'attendais à lire un super texte...

...et ça n'a pas manqué. J'suis déçu parce que c'est pas cette fois qu'on lira un mauvais Vugo. et ça tend à confirmer ce que j'pensais, tu n'es pas humain Mr. Green
Jeu 27 Mar - 02:12 (2014)
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Linelea
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 12:46 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Sentiments à chaud :
Et bien, je suis sans souffle… Hector, tu m’as donné un billet d’avion à destination de ton enquête policière. Et en plus tu as choisi pour une partie de ton récit ma région ^^.Alors je visualise encore plus Marseille, la gare, les trains qui en partent, bref j’ai adoré.[/font]
J’ai beaucoup aimé ton personnage enquêteur, sa personnalité, l’humour que tu as distillé par-ci par-là.
Et puis MERCI ! tu es le seul qui a mis en gras les mots à rajouter ce qui m’a facilité le travail !

Le thème :
Totalement dedans ! On a le crime (enfin on le croit jusqu’au bout), on a l’enquête, et là chapeau parce que tu m’as embarquée (je l’ai peut-être déjà dit…) . Et cette fois la résolution ce qui n'était pas une obligation.

La contrainte :
Totalement ok, puisqu’on a tout le long le point de vue de l’enquêteur et tu réussit à intégrer tous les mots…

Chapeau Hector !
Jeu 27 Mar - 12:46 (2014)
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hector vugo
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 23:01 (2014)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS Répondre en citant

Merci beaucoup Yan et Line
Jeu 27 Mar - 23:01 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:48 (2016)    Sujet du message: L'HOMME QUI RASAIT LES MURS

Aujourd’hui à 10:48 (2016)
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