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Au Nord, c'était les Hurons.

 
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Fairyclo
Plumivores
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MessagePosté le: Dim 18 Mai - 21:13 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

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Le thème : Le texte doit démarrer par cette phrase : "La ligue se retourne contre vous, Sire."
Et se terminer par cette phrase : "Dès l'aube, il allait falloir partir vers l'est et bifurquer ensuite vers le nord."
La contrainte : Le récit se passe au XIXe siècle


**************************

Au Nord, c’était les Hurons.
 
1.

« La ligue se retourne contre vous, Sire. »

Encore un peu et Sire manquait d’abattre sa lourde masse sur le pied de son interlocuteur. Voilà des heures qu’il trimait sous un soleil carnassier, enfonçant des clous aussi gros que son avant-bras dans les traverses en bois du Kansas Pacific Railway. Recouvert de poussière ocre de la tête aux pieds, c’était à peine si l’on pouvait distinguer les rayures blanches et noires de son pyjama de bagnard. La souffrance que lui infligeaient la chaleur et la poussière, n'égalait en rien la torture que subissaient chaque jour ses tympans. Même la nuit, à l'ombre de sa cellule, allongé sur sa paillasse infestée d’insectes, il percevait la mélodie saccadée, abrutissante et stridente du fer battant le fer, sur fond de Long John chanté par les prisonniers noirs qui travaillaient avec lui sur le chemin de fer. Ce putain de Long John, Sire rêvait de le croiser un jour pour lui enfoncer un putain de clou dans son putain de crâne. Un fantasme parmi tant d’autres. Sire était du genre à ruminer pour tout et n’importe quoi mais il ne passait jamais véritablement à l’acte. On ne pouvait pas l'accuser d'être lâche, non. Simplement, il se donnait un genre. Un peu ronchon, souvent mal luné, il s’estimait supérieur et plus malin que la plupart mais au fond, il n’était pas un mauvais bougre malgré son statut de voleur et d’escroc.

Et quoi dire de la ligue, sa ligue, une bande de bras cassés qui l'accompagnaient depuis plusieurs années maintenant dans chacun de ses coups, et qui l'avaient suivi jusque dans la prison de Fort Riley où ils se trouvaient tous aujourd’hui, enchaînés les uns aux autres douze heures par jour. Sire observa ses gars, du coin de l’œil, qui formaient un petit conciliabule à quelques mètres de là. À côté de lui, Finn, le gardien, un mètre quatre-vingt-dix de bêtise et cent vingt kilos d’arrogance, ricanait de bon cœur, pas peu fier de discerner l’étonnement dans le regard du prisonnier.

Sire ignora le ton moqueur avec lequel ce dernier lui avait annoncé la nouvelle. Ce n’était pas le premier à ironiser sur son surnom de leader, et certainement pas le dernier. En revanche, l’idée que la ligue puisse le poignarder dans le dos l'estomaquait. Manquerait plus qu'ils en fussent capables ces abrutis ! A commencer par Northy, ce grand benêt qui ne jurait que pas son Nord alors qu’il avait tout d’un cueilleur de coton. Puis il y avait « Sixgun » James, ce gros bras écervelé qui n’avait que trois mots à la bouche : « J’peux l’buter Sire ? », comme s’il était en mesure d’établir une quelconque stratégie. Et les trois autres... Sire se demandait encore comment il avait pu les recruter dans sa bande… la crise sévissait partout, même chez les pilleurs de banques, apparemment.

« Raconte pas de conneries. Sans moi, ils sont perdus. » Répondit Sire à demi-mots, tout en soulevant une nouvelle fois sa masse de fer pour relancer son labeur, comme si de rien n'était.
« Crois ce que tu veux, Sire. Moi, je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu… De toute façon, ça ne change rien pour moi, j’aurai ma part. Et même un peu plus, maintenant que tu ne fais plus partie du partage…
- Ce coup, c’est mon idée !
- C’était… Rétorqua Finn, goguenard. Mais faut les comprendre… après ce que tu leur as fait, y’a de quoi être en rogne.
- Ce que je leur ai fait ? Mais… »

Finn afficha un sourire sournois avant de tourner les talons pour reprendre sa ronde. Sire, quant à lui, la mine soucieuse et le regard assombri par une vive inquiétude reporta une fois de plus son attention sur les membres de la ligue. Ces derniers, tous à leurs masses et leurs clous, prenaient grand soin à ne pas croiser le regard de leur chef, hormis « SixGun » James qui le fixait avec une certaine avidité meurtrière. Plus que de le voir mort, c’était la perspective de caresser une fois de plus une arme qui le mettait dans cet état. Et selon le plan, ce n’était qu’une question d’heures avant que ce crétin ne se retrouve avec un Colt entre les mains.

Sire grommela dans sa barbe. Il se devinait foutu. Visiblement, ils avaient la rancœur tenace, et l’approche du convoi ne semblait pas les avoir adoucis, bien au contraire…


2.

Cinq mois plus tôt.

Une animation particulière s'était emparée du Old Bull bar, ce soir-là. La ligue, revenue de vadrouille, y avait repris ses aises. L'alcool coulait à flots, et les danseuses redoublaient d'efforts pour attirer les regards lubriques de ces desperados ricanant, tandis que les rires s'envolaient, que Northy parlait de son Nord et que les jurons nourrissaient le brouhaha. Sire, béat, serrait les pognes rêches de ses acolytes, tâtait des cuisses, vidait des chopes parcourant la salle de long en large, heureux de passer du bon temps avec sa Ligue, cette ligue d'affreux dont il était fier. Même si, lucide, il se rendait compte qu'elle ne rassemblait pas les esprits les plus subtils de l'Ouest

Las d'aller et venir, il finit par s’asseoir à la table d'un gaillard aux épaules carrées, une sorte d'armoire à glace, occupé à vider consciencieusement une bouteille de whisky.

« Tu es du coin ? Interrogea Sire, une fois installé.
-Ouep.
-Bien vrai ? J'ai jamais vu ta tronche. T'es pas bavard toi.
-Non.
-Bon... Toute cette agitation me donne soif ! Partageons à boire ! Tu trinqueras bien avec moi ? Comment t'appelles-tu ?
-Finn...
-Moi c'est Sire. C'est royal, non ? Et alors, raconte-moi, Finn, qu'est-ce qu'un costaud dans ton genre peut bien faire par-ici.
-S... Suis gardien de prison.
-Ah ! Ah ! Un maton ! Les gars, Monsieur est maton ! Hurla le gangster hilare. »

Des regards sombres coulèrent vers leur table, un silence pesant s'installa et « Sixgun » James se passa une langue gourmande sur les lèvres. Sire, goguenard, leva son verre au ciel en riant, et les discussions reprirent. Le gardien, lui, garda le visage penché sur sa bouteille, trop ivre pour porter attention à quoi que ce soit.

«Tu surveilles les méchants alors ? S'esclaffa le hors-la-loi en lui tapant sur l'épaule. Je t'aime bien, Finn, explique-moi comment tu les corriges, les méchants. »

Alors un sourire narquois fleurit sur le visage rougeaud du maton. Puis il se mit à glousser à son tour.

« Oh, v'savez... on... on les corrige un peu... hum... On joue du gourdin... comme ça... Et comme ça, puis le jour c'est leur tour de cogner. Burp...
-C'est à dire ?
-Ah bah, ils manient la masse pour fixer des traverses de chemin de fer...
-Ah bon...
-Ah oui, faut vous dire, faut... faut vous dire, c'est du sérieux ! Pas question de lambiner ! Ah non ! Dans cinq mois... dans... Le convoi doit passer par-ici.
-Raconte-m'en plus, Finn. Tu me passionnes. » Souffla Sire intéressé, tandis que son regard s'étrécissait de ruse, et qu'il se rapprochait de son voisin.
Sur eux deux, pesaient maintenant les regards mauvais des membres de la ligue.
« Un convoi d'importance, M'sieur, un train long comme ça et chargé d'or. Des... des putains de lingots sortis tout droit des réserves de la banque fédérale ! Des comme on en verra jamais la couleur, vous et moi. »

Le Gardien de prison se mit à rire doucement en contemplant les reflets ambrés de l'alcool. Puis il leva les yeux sur la salle.
Il contint un sursaut en reconnaissant « SixGun » James. Puis il dévisagea tour à tour chacun des buveurs attablés reconnaissant bon nombre d'anciens détenus. Il se passa alors une main sur le visage, pris de vertige.
« Trinquons. » Lança Sire, guilleret.
Finn déglutit et s'excusa en se levant de sa chaise. À demi vacillant. Il se retira aussi vite qu'il le put, tâchant de ne pas éveiller les soupçons des féroces bandits. Il avait gaffé, et s'en rendait compte, maintenant. Il allait devoir arranger les choses.


3.

Alors que la plupart des prisonniers se suivaient en rang d’oignons, traînant leurs pieds alourdis par les chaînes dans la caillasse en direction de Fort Riley, Finn était resté sur place avec Sire et les membres de la ligue. Cela n’avait rien d’extraordinaire en soit, chaque jour, il en fallait quelques uns pour ranger le matériel. Heureux hasard -ou presque- ce jour là, c’était au tour de Sire et ses gars de s'y coller.

Dans le petit cabanon en bois à proximité du chemin de fer, les brigands remisaient les outils dans un silence religieux, sous la surveillance de Finn qui jouissait de la situation. La tension était palpable mais Sire n’aurait su dire si elle était liée au stress précédent l'arrivée du convoi, ou au fait qu’il soit désormais au courant de la mutinerie en préparation. Parce que les regards ne trompaient pas, et même s’il n’accordait que peu d'intérêt aux mots du maton, il pressentait que quelque chose ne tournait pas rond du côté de ses gars.

« Ok c’est l’heure ! » déclara subitement Finn en rangeant sa montre à gousset dans la poche de son pantalon. Il jeta un œil aux alentours, s’assurant que personne ne les observait puis lança une clé aux pieds de Sire. Ce dernier baissa la tête, semblant hésiter, tandis que les autres retenaient leur respiration. Il tourna lentement la tête vers ses gars, sondant tour à tour leurs visages.

Une minute plus tard, la chaîne ne formait plus qu’un serpent de fer inerte enroulé sur le sol terreux. Les uns massaient leurs chevilles endolories, les autres laissaient éclater leur joie, enfin libres après cinq longs mois de travail forcé en plein cagnard. Sire, en revanche, restait méfiant.

« Ne traînons pas dans le coin, il faut avancer ! » Ordonna-t-il avec aplomb, affirmant son autorité sur la ligue.
« Cap au Nord ! » S’exclama joyeusement Northy en donnant un coup de coude complice dans les côtes de l’un de ses camarades.
Sire leva les yeux au ciel et ouvrit le cortège, le long de la voie de chemin de fer, laissant Fort Riley dans son dos.

Après une heure de marche durant laquelle Sire s’était senti observé et dévisagé, ils atteignirent le lieu choisi pour l'embuscade, un site perdu au milieu d’un désert aride parsemé de broussailles et d’arbres brûlés. À l’ombre toute relative de l’un d’eux, les attendait un attelage de deux chevaux – rien que ça – avec un essieu d’une belle solidité qui semblait faire la fierté de Finn.
Le maton grimpa à l’arrière du chariot, disparut sous la bâche, et ressortit quelques secondes plus tard avec un fusil dans chaque main.

Sire allait s’emparer de l’un d’eux quand il fut brusquement tiré en arrière par Northy.

« Qu’est-ce que…
- Je t’avais prévenu, railla Finn en distribuant les armes.
- Dans le Nord, on les guillotine tu sais ! » Répondit platement Northy en affichant une mine désolée.

Sire grogna et se débattit comme un beau diable. En vain. Il finit par se tourner vers « SixGun » James qu’il soupçonnait d'être à l’origine de cette traîtrise. Ce dernier sauta à bas de la diligence, l’air guilleret, faisant tournoyer autour de ses index deux magnifiques Colt.

« Bon sang, James ! Aboya-t-il d’une voix féroce. A quoi tu joues, foutu serpent ?
- Et après c’est nous les abrutis ? Répondit-il narquois. Tu fricotes avec un maton, le lendemain on se fait pincer, on tape des clous pendant cinq mois, bouffe des haricots à la tomate matin et soir et tu voudrais qu’on te remercie ?
- Mais le convoi, l'or, le plan tout ça, si nous sommes ici, prêts à faire fortune, c'est grâce à moi !
- Et crois moi « SixGun », intervint Finn d’un air faussement grave, j’aurais préféré que cela se passe autrem… »

Le coup de feu résonna brutalement dans l’air sec et se perdit en écho dans la plaine. Finn tomba le nez dans la poussière comme une poupée de chiffon, un mince filet de sang cheminant sur son front moite.
Sire se figea entre les mains de Northy qui le tenaient fermement par les épaules, le regard écarquillé. Abasourdi, il se laissa guider et ne protesta pas une seule seconde quand on l’attacha à l’une des roues imposantes de l’attelage. Il entendit vaguement « SixGun » James donner ses directives et quelques minutes plus tard, il se retrouva seul avec Northy en guise de baby-sitter.

« … un grand pont qui relie Brooklyn à Manhattan au-dessus de l’East River. C’est gigantesque. Dans l’Nord, ils mégotent pas. Puis y’a des rumeurs sur une certaine statue faite par des français. C’est pas dans le Sud qu’on y verrait des trucs pareils hein !
- Relâche-moi Northy, lâcha Sire de but en blanc.
- Désolé Sire, je t’aime bien tu sais, mais « SixGun » James a dit que…
- On s’en fout de ce qu’il a dit. Depuis quand tu l’écoutes ? Comment tu crois que ça va se terminer tout ça ? On va finir comme lui ! » Argua-t-il en désignant le maton d’un geste du menton.

Northy posa un regard attristé sur la dépouille de Finn puis balaya sa mélancolie d’un haussement d’épaules.

« Dans le Nord, on dit que… »

Mais au plus grand bonheur de Sire, il fut coupé dans sa lancée par un grondement sourd qui résonnait dans le lointain et faisait trembler le sol sous leurs pieds. Le convoi était proche, et l’attaque imminente.


4.

Trois mois plus tôt.

« La ligue n'existe plus... Je n'existe plus...Plus rien n'existe » n'avait cessé de se répéter Sire, durant les deux mois qui venaient de s'écouler. Tout ce temps, il avait cogné le fer du soir au matin, de six heures à vingt heures, ne s'interrompant que pour boire un peu d'eau saumâtre, et manger une mixture rance, en milieu de journée. Il avait fallu s'habituer aux assauts implacables du soleil, aux bourrasques de sable qui vous faisaient la respiration douloureuse, puis aux douleurs qui vous tenaillaient les bras, le dos, les épaules. La souffrance avait atteint son paroxysme quand les chevilles embarrassées de chaînes mordantes s'étaient couvertes de plaies à vif, puis de croûtes.

Il avait fallu supporter bien des choses. Mais la mine réjouie de Finn était bien la plus insupportable des épreuves. L'enfant de salop marchait le long de la voie ferrée, tel le général Grant au cœur de la bataille, épanoui au milieu des chants de ces cueilleurs de coton africains forts comme dix rednecks.

Finn... Foutue balance. Putain de foutu cueilleur de coton. Plus d'une fois lui était venue l'idée d'abattre sa masse formidable sur la tronche de ce fils de putain. Mais le bougre n'était pas dupe. Il se tenait à distance, se frottant la panse, satisfait, battant ici, frappant là, encourageant les uns, insultant les autres. Et lançant régulièrement un regard méfiant et empreint de moquerie à Sire.

Celui-ci se remémora leur fameuse discussion autour d'une bouteille de chauffe tripes, quelques mois plus tôt. Il se souvint du ton badin qu'il avait employé pour tirer les vers du nez à cette ivrogne de maton, avant que ce dernier ne se lève, et fuit comme une femelle Apache. À ce moment-là, le hors-la-loi était bien trop perdu dans ses rêves de trésor pour y prendre garde. Le lendemain soir, hélas, le gardien s'était invité à nouveau à leur banquet, l’œil triomphant, planqué dans l'ombre de cinq marshalls armés jusqu'aux dents.
Aujourd’hui les rares regards que lui adressaient les gars de la ligue étaient lourds de reproches. Pourtant il n'y était pour rien.

« La ligue n'existe plus... Je n'existe plus...Plus rien n'existe »
Chaque soir, dans sa geôle, Sire s'effondrait d'un bloc, haletant, sur sa paillasse infecte et noire de crasse et de fluides séchés. Il en allait de même pour tous ses compagnons de cellules, et pour tous les gars du pénitencier qui ne se relevaient que pour laper un peu d'eau dans des écuelles douteuses et chier dans des seaux déjà pleins. Puis ils se recouchaient sur leurs puciers, attendant le sommeil qui ne tardait pas.

« James... » Articula Sire d'une voix venue d'outre-tombe.
Ce dernier remua à peine, croyant à un rêve. La fatigue avait été telle depuis leur incarcération, qu'aucun membre de la ligue n'avait plus ouvert la bouche depuis des semaines si ce n'est pour se sustenter. Sire se racla la gorge et reprit :
« Sixgun, Northy et vous tous, les gars, réveillez-vous ! La ligue existe, Bon Dieu de merde, la foutue ligue n'est pas morte ! Vous entendez ? »
Aucune réponse ne lui parvint, mais les ronflements avaient cessé dans la cellule, et le silence était le plus total. Tous l'écoutaient.
« Croyez-moi, mes hommes, aussi bas que nous puissions nous trouver, nous pouvons regarder vers le haut... Et j'ai un plan... »
Des murmures s'élevèrent. Il poursuivit :
« Vous n'en avez pas marre de ramper comme des chiens ?! Dans trois mois nous serons libres, je vous l'affirme, et mieux que ça, nous aurons les poches pleines. C'est l'Amérique toute entière qui entendra parler de Sire... de la ligue, pardon. Je vous le promets.
-J... Jusque dans le Nord, on causera de nous ? Osa Northy.
-Jusqu'au fin fond du trou du cul de la Colombie Britannique, mon ami, et tu pourras baiser toutes les madames esquimaux du monde, dans ton putain de Nord, si ça te chante.
-À quoi qu'tu penses ? Marmonna « Sixgun ».
-À de l'action !
-Tu veux dire... On aura des flingues ?
-Et de l'or ! De l'or à plus savoir qu'en faire. » S'exclama Sire, plus éloquent que jamais. Il avait retrouvé toute sa verve. Dans son esprit avait germé un plan d'évasion.
« Nous attaquerons le convoi chargé d'or. Après tout, nous sommes aux premières loges. Profitons-en.
-Et comment comptes-tu t'y prendre pour te procurer des armes et briser nos chaînes ?
-Finn... dévoila Sire. Contre une part du butin, tous les gardiens Finn du monde se laisseraient acheter.
-Est-ce bien prudent ?
-Les gars, vous me faites confiance ? »

Le silence lui répondit.


5.

«...Au Nord, c'était les Hurons, la terre, c'était des glaçons, le ciel...
- Northy, foutu putois, j'vais pas te le répéter deux fois : ferme-là et détache-moi ! Beugla Sire. J'suis saucissonné comme un putain de redneck tout prêt d'être servi au grand barbecue indien ; y a une armada d'abrutis en train de mettre en œuvre MON plan pour faire main basse sur MON or, alors TON Nord, tu peux te le carrer bien profond où je pense, et si tu oses ne serait-ce qu'y penser, je t'arrache les yeux avec les dents et je les donne à becqueter aux serpents !
-Mais...
-TA GUEULE ! Saloperie de cueilleur de coton de rascal de mes deux, ton Nord n'intéresse personne ! Il y fait froid ! Ça pue le poisson ! Ton Nord, j'y mettrai JA-MAIS les pieds ! Tu peux crev... »
Un bref sifflement l'interrompit, instantanément suivi du bruit mat d'un impact. Northy, le souffle coupé, se plia en deux, laissant échapper un hoquet de surprise, puis s'effondra de tout son long, fauché par une balle perdue.
« No... Northy ? Nan mais je l'pensais pas... C'était pour rire... Northy ?! »

Une odeur de poudre et de sang embaumait l'air, devenu irrespirable. À cent mètres de là, les crapules avaient amoncelé des rondins de bois sur la voie ferrée pour former un obstacle. Ils canardaient à présent le train massif arrêté sur la voie, aux fenêtres duquel étaient apparus des soldats de l'Union. On ne voyait d'eux que leurs képis bleus, et les canons noirs des Winchesters d'où jaillissaient des nuages de fumée blanche. Quand l'un était touché, un autre le remplaçait immédiatement.

« Sixgun » James, en transe, courut s'abriter derrière des bosquets calcinés, et rechargea ses Colts. Autour de lui les projectiles sifflaient, et des toupets de poussière s'élevaient du sol. Le son métallique des balles percutant le convoi, les cris, le sang, la rage l'exaltaient. Plus loin, un gars vacilla, atteint en pleine poitrine. Les détonations sèches éclataient dans le soir comme les battements de cœur débridés de la plaine agonisante. Non loin de « Sixgun », un autre desperado partit à la renverse, et se mit à glapir, appelant sa mère. James, sans hésiter, l'ajusta avant de lui loger un pruneau entre les deux yeux. Puis il reprit le combat.
« La ligue n'existe plus... Je n'existe plus... Plus rien n'existe. Le fond... Nous avons atteint le fond... » Gémissait doucement Sire, témoin impuissant du désastre. Il baissa la tête, résigné.
À ce moment-là, des membres de la ligue, il ne restait plus que lui, et « Sixgun ». Celui-ci se redressa, tel un fou frénétique, et s'avança à découvert, ivre de bonheur, les doigts crispés sur les crosses de ses Colts chéris, les bras tendus vers la longue bête de bois, de métal et d'écume, hérissée de carabines. Il tirait, tirait et tirait, sans prendre garde aux lettres inscrites à la peinture blanche, sur le wagon qui lui faisait face :

D-Y-N-A-M-I-T-E

Quand Sire releva la tête, une déflagration inouïe lui déchira les tympans, tandis qu'un souffle brûlant lui sautait au visage. Aussitôt, une pluie de débris, de chair et de cendre s'abattit autour de lui, criblant le désert de blessures noirâtres. Le vent de l'explosion soulevait maintenant des tempêtes de sable et de flammes qui coururent en tous sens, ainsi que des purs-sangs libérés. Sire se mit à suffoquer.

Puis il perdit connaissance.


6.

Le soleil rougeoyait à l’horizon, immense, ondulant légèrement sur son arrondi comme s’il supportait mal sa propre fournaise. Sire claudiquait dans sa direction, las, suivant d’un pas traînant la voie de chemin de fer vers Abilene. Cela faisait un bout de temps qu’il ne distinguait plus la fumée noire du train, derrière lui, mais il avait toujours en tête les images terrifiantes des flammes avalant les wagons et le bruit assourdissant de l’explosion qui avait emporté bien des âmes.

« Aucun témoin » se féliciteraient des plus optimistes que lui, mais Sire peinait à savourer pleinement la situation. En une journée il avait été détrôné, dépossédé d’une attaque qu’il avait fomentée de A à Z ; il avait perdu ses acolytes et n’avait même pas eu le loisir de voir la couleur d’un seul foutu lingot d'or. Affirmer qu’il venait de vivre une sale journée était un doux euphémisme.

Il avait recouvré sa liberté, direz-vous. Certes, mais la journée n’était pas encore terminée et l'apparition, au loin, d’une farandole de chariots bâchés n’arrangea guère son humeur. Abilene était la ville la plus proche de Fort Riley et la plus susceptible d’intervenir sur le site de l’attaque, en cas d’alerte. Dans son état, le visage noir de suie, un uniforme de prisonnier sur le dos et les pieds nus, même Jack l’Eventreur recouvert de sang et de tripes jusqu’aux coudes aurait eu l’air plus innocent que lui.

Sire se préparait à se rendre en voyant approcher la longue file de diligences. Il se laissa tomber lourdement à genoux dans la poussière et offrit même ses poignets avec un certain soulagement. Ce soir, il n'aurait pas l'estomac vide, et, à bien y réfléchir, sa paillasse n'était pas si inconfortable. La tête baissée, épuisé par cette journée, il s’attendait à se faire sauter de dessus, à prendre deux ou trois coups de gourdins au passage, mais il fut bien surpris de constater que les quatre premières charrettes l’avaient royalement ignoré.
Il leva un regard surpris dans leur direction et remarqua qu’il ne s’agissait que d’une bande de voyageurs, rien qui ne ressemblait de près ou de loin à des pompiers, ou à des voitures officielles.

« Eh l’ami ! » brailla un homme avec un accent Texan qui ne trompait personne et qui s’était arrêté à sa hauteur. Malgré les sillons que l’âge avait creusé sur son visage, ses cheveux d’un blanc étincelant et son dos un peu voûté, il transpirait de vitalité.
Sire resta silencieux mais surtout méfiant.
« Wichita ?
- Fort Riley. » Répondit finalement Sire en montrant ses mains pleines de crevasses pour prouver ses dires. Les prisonniers de Wichita n’étaient pas condamnés aux travaux forcés, ces enflures.
« On se dirige vers Klondike.
- Klondike ? Y’a quoi là-bas ?
- De l’or mon brave. Y’a plus rien dans l’Ouest, que d’la terre à gratter. A Klondike, ils en ont tellement qu’ils savent plus quoi en faire. Parait même qu’ils en font des chiottes. J’aurais bien besoin de bras comme les tiens pour m’aider. »

Sire avisa le cortège de chercheurs d’or qui défilait sous ses yeux. Il n’avait jamais compris l’intérêt de passer des jours et des jours à laver la terre pour trois grammes d’or, alors qu’il suffisait de pointer une arme sur la tempe d’un banquier. C’était propre, rapide et bien plus rémunérateur à court terme. Mais qui dit pépites d’or dit bureau de change… et dans le cerveau de Sire, ça n’avait fait qu’un tour. Alors sans tergiverser davantage, il se remit sur ses pieds et grimpa à bord de la charrette du Texan qui lui offrit une poignée de main virile et un large sourire édenté.

« Au fait, c’est pas très prudent de rester sur cette route. » Avertit Sire qui redoutait encore la venue des autorités dans le secteur.
« Il est tard, on a prévu de s’arrêter à quelques kilomètres, on restera à l’écart de la voie ferrée si ça peut te rassurer. »

Sire hocha la tête. Maintenant qu’il avait un nouvel objectif, ce n’était pas le moment de se faire pincer.

« Et c’est où le… Klondike ?
- En Alaska !
- Mais c’est… Au Nord ! s’étrangla Sire. Putain de Nord. » Grommela-t-il dans sa barbe.

La nuit se passa sans anicroche. Ils avaient établi leur campement au cœur des collines, suffisamment loin de la voix ferrée pour que Fort Riley ne fut plus qu’un mauvais souvenir dans l’esprit de Sire. Des heures durant, il avait étudié les cartes du pays… celles du Nord précisément pour s’assurer le trajet le plus rapide. Car comme l’avait prévenu le Texan, aller au Klondike n’était pas une partie de plaisir. Beaucoup périssaient durant la traversée du Col de Chilkoot entre les avalanches et le climat glacial. L’ascension ne se tentait généralement qu’en été et ce n’était qu’une question de semaines, maintenant.

Sire s’étonna lui-même du sentiment d’excitation qui l’animait. Lui qui n’organisait que des attaques de banques, de diligences ou de convois, n’avait pas imaginé un seul instant ressentir, dans la préparation d’une simple expédition, cette poussée d'adrénaline qui lui était vital. Pourtant, une telle planification demandait de la stratégie. Il fallait arriver les premiers, dans les temps, et s’accaparer le meilleur terrain pour les fouilles.

Fort naturellement, grâce à son bagout, son assurance et son air de bouledogue, Sire prit les reines de la colonie et on se fia sans protester à ses directives.

Dès l'aube, il allait falloir partir vers l'est et bifurquer ensuite vers le nord…

 
Dim 18 Mai - 21:13 (2014)
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Auteur Message
Octobell
Coup de coeur
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MessagePosté le: Lun 19 Mai - 00:58 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Pouah pouah pouah...

Putain de putain de putain...

Ce texte, c'est une vraie pépite, et y'a pas eu besoin d'aller jusqu'au Klondike pour aller la chercher ! Ca sent la chaleur, la poussière et la sueur. Ca sent la douleur, la peine de ces bagnards et leur volonté de revanche. Ca transpire le western dans toutes les virgules. Vous avez réussi à créer une atmosphère de malade.

Et puis que dire à la fois des personnages et de l'histoire. Je kiffe le mariage de vos deux cerveaux ! C'est riche, c'est complet, c'est super bien trouvé, c'est intelligent, bref, un pur bonheur !!!

Puis je suis tombée amoureuse de Sixgun dès la première ligne... Et ça, c'est la preuve d'un vrai bon texte. Bravo bravo bravo !!
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
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Lun 19 Mai - 00:58 (2014)
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Auteur Message
Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
Giga Coup de Coeur...

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Messages: 2 835

MessagePosté le: Lun 19 Mai - 01:13 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Merci
Lun 19 Mai - 01:13 (2014)
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Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
Coup de Coeur ...

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Messages: 4 563

MessagePosté le: Lun 19 Mai - 11:45 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Waow ben je suis dans le même état d'admiration que Mo là je crois !!


Vous nous avez pondu un texte vraiment superbe ! L'atmosphère est hyper bien retranscrite, jusque dans les expressions utilisées, le langage... On est totalement embarqué dans l'aventure ! 


C'est drôle, vivant, c'est brut de décoffrage et à la fois y a des choses en dessous, des sentiments et des rêves de grandeur..
Vos personnages sont top, j'adore les prénoms que vous avez choisi d'ailleurs


J'adore Northy, et sa mort aussi, 'fin je peux pas tout citer, mais c'est vraiment excellent !


C'est dingue ce que vous avez fait. Et une équipe comme la vôtre, ça marche du tonnerre ! On sent l'unicité de chacun, et à la fois, le mélange de vos deux plumes ! 


Bravo!
_________________
Rafistoleuse
Lun 19 Mai - 11:45 (2014)
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Linelea
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MessagePosté le: Lun 19 Mai - 16:48 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Hannnnnnnnnnnnnnnn

J'adore. Je ne sais pas comment vous avez fait pour pondre un tel texte en si peu de temps !

BRAVO


J'aime vos personnages, je n'ai absolument pas été perdue, j'aime la timeline, j'aime l'ambiance, le contexte, l'histoire racontée, la façon dont vous l'avez racontée... Bref tout, j'ai pas lâché ma lecture d'un bout à l'autre.

Ce qui est plus étrange, j'ai bien quelques pistes, mais vos deux écritures se mêlent superbement et que je ne ressente quasiment aucune coupure entre vos deux mondes, il y a une belle cohérence

comparée aux autres où il me semblait distinguer plus facilement les différents styles.



Encore bravo pour la performance !
Lun 19 Mai - 16:48 (2014)
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Benethar
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MessagePosté le: Lun 19 Mai - 19:39 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Bon, bah, plutôt que répéter ce que les autres ont dit :

Vous prenez le commentaire de Mo, vous mixez avec celui de Rafi, vous saupoudrez avec celui de Line et pouf, ça fait des chocapi... Heu, vous avez mon commentaire ^^

Personnage excellent, ambiance faramineuse, vocabulaire princier...

Marvelous!
Lun 19 Mai - 19:39 (2014)
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Elfie Imy
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MessagePosté le: Lun 19 Mai - 22:55 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Un peu comme Ben, difficile de dire autrement que dans les commentaires précédents, j'pense que j'aurai fondu en larmes avec pareil t/c mais vous deux, vous balancez un truc parfaitement calibré, avec un décor et des perso qu'il faut environ des années lumières à pondre en temps normal...en plus on dirait que c'est écrit par une seule personne, c'est presque magique comme l'ensemble forme un trucz trop bon, vraiment bravo quoi 
Lun 19 Mai - 22:55 (2014)
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Mo
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 13:20 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Dur dur de rajouter quelque chose, je suis bien d'accord avec les autres, ce récit, ça sent l'Ouest mes amis, le vrai, le dur, comme les Daltons sans Lucky Luke ou un bon récit à la Jesse James !Je succombes de bonheur
Mar 20 Mai - 13:20 (2014)
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hector vugo
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 19:05 (2014)    Sujet du message: au nord Répondre en citant

Pour un western, c'est un western. Et en plus la BO est de Bachelet. Fallait le faire, et vous l'avez fait avec grand brio.


Qui sait un jour verrons nous les aventures de Sire sur grand écran.


Car je vous le dis votre texte, il sent le cinoche.


Bravo
Mar 20 Mai - 19:05 (2014)
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Fairyclo
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 21:45 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Merci à tous pour vos commentaires et je suis bien contente, rassurée, soulagée que le résultat vous plaise à ce point parce qu'on a vraiment été ambitieux quand on a construit notre intrigue et c'était - en toute honnêteté - pas du tout gagné d'avance. On n'était pas trop de 2 pour se motiver et garder le cap (ou le Nord ^^).

Nous voulions vous mettre le nez dans la poussière, vous faire attraper des coups de soleil, vous plonger dans l''Ouest Américain et si ce fut le cas, alors "Win Win" j"ai envie de dire ^^

Très bonne expérience à vivre en tout cas, j'en serai (je l'espère) pour la prochaine mais pas tout de suite hein... parce que là, j'ai pas encore récupéré du weekend.

Okay
Mar 20 Mai - 21:45 (2014)
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Yannick Darbellay
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 21:50 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

pareil ^^
Mar 20 Mai - 21:50 (2014)
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Matt Anasazi
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MessagePosté le: Mar 20 Mai - 21:58 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Bravo, les jumeaux !

Clo, ça ne m'étonne pas que le far west te réussisse : une fan d'X-files et de SF a forcément des acointances avec le western ! Et en plus avec Yann "Birdie" Darbellay ( à prononcer Daaarbleyyy !) le succès était au bout !
_________________
"Faire sortir les maux de l'âme, c'est la psychanalyse.
En faire sortir des mots, ici naît la littérature."
Mar 20 Mai - 21:58 (2014)
Auteur Message
ATea
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MessagePosté le: Mer 21 Mai - 11:30 (2014)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons. Répondre en citant

Fairyclo a écrit:


Nous voulions vous mettre le nez dans la poussière, vous faire attraper des coups de soleil, vous plonger dans l''Ouest Américain et si ce fut le cas, (...)


Ce fut le cas, les Plumis! 


Vous avez formé un duo de choc! Une histoire qui tient sacrément la route malgré un truc pas évident au départ !


Vous nous avez offert une ambiance, une histoire, une chronologie, tout un schmilblik qui nous plonge dans une lecture tellement agréable. (Même à 6h du mat' dès l'édition, pendant mon p'tit déj, j'étais scotchée...)


 
Citation:
Très bonne expérience à vivre en tout cas, j'en serai (je l'espère) pour la prochaine mais pas tout de suite hein... parce que là, j'ai pas encore récupéré du weekend. 



Ce relais a réuni vos talents. Il ne pouvait qu'en sortir une très belle chose... (Même cette fatigue post-relais que je partage mais qui me "met en joie" avec une satisfaction de l'avoir fait et réussi ce défi. )


Un gros gros BRAVO


 
 
 

_________________
ATea.
Mer 21 Mai - 11:30 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:15 (2016)    Sujet du message: Au Nord, c'était les Hurons.

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