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La pire. [Hors concours ?]

 
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Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
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Messages: 4 563

MessagePosté le: Mer 21 Mai - 19:38 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

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Comme tous les après-midis, Reed travaille sur sa vieille Harley. Une épave qu’il se décarcasse à restaurer depuis des semaines. Il a passé sa vie à sillonner les routes, à livrer des marchandises dans les quatre coins du pays. Un foyer chaleureux, les brunchs avec la belle-famille, tout ça n’a jamais été sa vie. Il voulait l’aventure, il en a eu. Des tas. Et une dont il a hérité un fils, Henry. Ce n’est pas un gosse facile, et Reed n’a jamais eu les bonnes clés en main pour faire face au mutisme de son gamin. Il n’a jamais trop su quoi lui dire, alors il laisse couler, en se disant «  Ça va aller fiston, ça passera ».
Henry fourre sa main dans un paquet de chips à la moutarde, l’essuie sur son jean avant de reprendre nerveusement son téléphone. Il déroule scrupuleusement de l’index, le fil de ses actualités. L’adrénaline monte dès qu’une notification apparaît. Seulement ça fait des heures qu’il n’y a rien, aucune de ses publications ne sont aimées, et en plus c’est dimanche. La poisse.
Le patelin autour est silencieux. « Paisible comme un cimetière » se dit-il. Henry en veut à son père. De s’être installé dans cette ville qui fleurit tout, des lampadaires aux devantures des magasins. Des fleurs et des vieilles pierres. Cette sérénité ambiante, il l’exècre au plus haut point, sans doute parce qu’elle lui renvoie le reflet de la morosité de sa propre vie. Henry en veut à son père, parce qu’il a beau monté le volume de la télévision, il entend toujours le vrombissement lointain provenant du garage. Cette foutue bécane qu’il ne supporte plus d’entendre. Elle ronfle en continu sans jamais démarrer. Sans jamais se casser. C’est frustrant. Et à l’intérieur d’Henry, y a comme un moteur aussi, qui bourdonne des rêves de liberté qui ne prennent jamais leur envol.
« Putain, papa, tu me casse les burnes » s’énerve Henry, donnant du poing dans le cuir défoncé du canapé. Henry crie parce qu’il sait qu’il ne peut pas être entendu.
Reed n’entends rien, de là où il est. Il est, de toute façon, trop concentré sur sa tâche.
Des heures plus tard, le père fait irruption dans le salon et retrouve son fils dans le même état qu’il l’avait laissé. Des cadavres de boissons gazeuses sont venus compléter le tableau.
 
« Dimanche prochain, on pourrait … » Propose Henry d’un ton enjoué.
« Faut que j’trouve un produit antirouille pour… » Le coupe son père.
 
Henry se lève et quitte la pièce avant même que son père ne finisse sa phrase.
 
Reed n’entend rien. Jamais.
 
*** 
  
« - Oh la la la…DINGUE, mate un peu les photos ! S’exclame Cliff. - Kathleen, quelle bonasse, je te jure ! Acquiesce Allan en se rinçant l’œil.
- Elle était bien défoncée… On l’était tous, faut dire… Constate Cliff en faisant défiler les photos de la fameuse soirée.
- C’était génial on dirait … Commente Henry en s’incrustant dans la conversation.
- Génial ouais… Répète Allan avec un air moqueur.
- La prochaine fois je pourrais venir ?
- Bah … On n’sait pas quand on en refera une hein tu sais, ça se décide au dernier moment… Bredouille Allan en cherchant un prétexte pour refuser.
- Viens, on s’arrache, on a cours d’anglais dans le bâtiment B ! Intervient Cliff pour sauver son pote.
- Je peux ramener de l’alcool, y en a un tonne chez moi, si vous voulez ! Avance Henry, mentant dans le seul but de gagner le respect des deux acolytes.
- On veut bien la booze… Mais tu te casses après hein c’est ça ? » S’esclaffe Cliff en s’éloignant.
 
Henry reste figé quelques secondes en plein milieu du couloir. Le brouhaha autour de lui s’est tu. Tout le monde le regarde, tout le monde le nargue en silence. Le monde s’est arrêté de tourner pour assister au spectacle de son ridicule. Il n’entend plus que le rire gras des deux compères. Et la saccade défectueuse des pales du ventilateur au-dessus de sa tête.
 
Henry a envie de mourir.
 
« - T’es un connard, mec, tu m’as fait marrer ! Allan félicite Cliff d’une tape dans le dos.
- Il est lourd l’autre, je suis sûr qu’il en est encore à finir les fonds de verres de maman ! 
- Henry, c’est toi qui as fini mes chocolats à la liqueur ? Renchérit Allan en imitant la mère d’Henry.
- Henry, le bain de de bouche faut le recracher ! Rajoute Cliff.
 
Les deux adolescents encore pliés de rire, rejoignent leur salle de cours.
 
 
*** 
  
  
- Henry, j’ai cru comprendre que tu étais un peu bricoleur… 
- Euh ..enfin … 
- Ce n’est pas le cas ? - Si si M’sieur, pourquoi ?
- Le projet de théâtre, vous savez pour les accessoires, nous pourrions avoir besoin de vos talents !
- Mon talent ? Oh oui bien sûr ! J’ai déjà des idées !
- Très bien, on se voit mercredi après-midi pour l’atelier ! »
 
Henry s’empresse de rentrer chez lui. Son esprit est en ébullition. On lui a confié une mission, on compte sur lui. Il a tout de suite compris que ses camarades s’étaient déchargés de ce travail comme d’une corvée en poussant leur professeur dans sa direction à lui. Et cette idée le mettait profondément en joie. Pour une fois qu’il était l’homme de la situation, celui dont on a besoin.
Là, tout de suite, Henry a envie de vivre.
Il traverse les rues peu encombrées, d’un pas enjoué. Le piaillement incessant des oiseaux ne l’irrite pas. Mentalement, il fait l’inventaire de tout ce qui peut lui servir.
Arrivé sur le porche de chez lui, il réalise que son père n’est pas là. Reed n’a jamais ressenti le besoin de confier un double des clés à son fils, puisqu’il est toujours dans les parages, quelle que soit l’heure. Henry n’est pas plus embêté que ça, puisqu’il a toujours le moyen de se rendre dans le garage. Et ça tombe bien, le garage est une mine de trésors pour un projet de cette envergure. Cette demande lui faisait le même effet que si on lui avait demandé de sauver le monde.
Il s’introduit donc à l’intérieur sans difficulté. Cela ressemble plus à entrepôt abandonné plus qu’à une caverne d’Ali Baba mais Henry a toujours su trouver du beau dans les choses qu’on a longtemps mis de côté. En jetant un œil autour de lui, il remarque des bouts de polystyrène et cartons usagés qui pourraient très bien faire matière pour construire un support. De la peinture, il lui faut de la peinture. Il est certain d’en avoir vu quelque part, mais où. Il soulève, des torchons tachés de cambouis, des planches de contreplaqué mal découpées. Il ne sait plus où donner de la tête, tout semble idéal, même les capsules de bières que son père ne jette jamais dans la poubelle. Tout au fond du garage une commode en bois qui devait avoir connu la naissance de son père. Ça sentait le renfermé. Henry était moyennement à l’aise à l’idée de se faire surprendre par une bestiole quelconque. Il s’approche et ouvre les premiers tiroirs. De la paperasse sans intérêt. Il s’attaque au dernier tiroir. Le bois a dû gonfler avec l’humidité, c’est ce qu’il se dit en observant la résistance à l’ouverture. A force d’acharnement, il parvient à ses fins, le casier est entièrement dans ses mains. Il y découvre des lettres et cartes postales, des billets de trains compostés. Mais le poids du tiroir est anormalement lourd pour ce qu’il contient. Henry est intrigué. Il découvre un double fond et sans scrupule, s’efforce de découvrir ce qui s’y cache. Impatient, à coups de marteau, il met la main sur quelque chose dont il ne soupçonnait pas l’existence. Le choc de cette découverte le fait tomber en arrière. Il saisit délicatement l’objet tant convoité, il souligne des doigts les moindres aspects. Son cœur bat à une vitesse folle. Henry tremble un peu. C’est la première fois qu’il en voit un pour de vrai.
Un 9 millimètres, ça a de la gueule.


 
*** 

 
Mercredi. Treize heure trente. Les bancs du lycée ont été désertés par les élèves. Seule l’atelier théâtre a investi la salle polyvalente, comme chaque semaine. Henry est arrivé avec une demi-heure d’avance, les bras chargés du matériel qu’il avait collecté, la tête pleine d’idées nouvelles à proposer à son professeur. Il pose ses affaires encombrantes dans le fond de la salle et choisit instinctivement un siège le plus éloigné possible de la scène. Henry n’est pas très à l’aise avec les cours de théâtre et il s’imagine que se tapir au fond fera oublier au professeur sa présence. Ce qui n’arrive jamais à Monsieur Buckle. Aujourd’hui, ce n’est par pudeur, ou par réserve qu’il se poste là, mais parce qu’il n’a pas envie qu’on lui vole ses précieux matériaux. Les élèves forment de petits groupes de discussions sans prêter attention à Henry. Le professeur n’est pas encore arrivé, alors Henry prépare son discours. Il a réfléchi toute la nuit, n’a pas beaucoup dormi. Heureusement, il n’avait pas cours le matin. Il sait exactement ce qu’il va dire, il espère ne pas être interrompu, pour ne pas perdre ses moyens, mais il est certain, son idée est d’enfer. 
La voix d’Allan vient perturber le monologue intérieur d’Henry qui lui sourit malgré son malaise évident face à lui.
« - Alors, tu t’es tapé tout le sale boulot, c’est con vieux ! 
En fait je devrais te remercier Allan…
- Pourquoi ça ?
- Parce que t’es un connard de première, mais tu m’as quand même offert une opportunité de malade… Henry se sentait pousser des ailes.
- Ah … » Allan, choqué par la vulgarité inhabituelle d’Henry, ne sait pas quoi répondre. Il faut dire que sans son complice, il faisait moins le fier. La mine déconfite, il s’éloigne pour rejoindre la troupe.
Tandis qu’ils échangent entre eux des répliques de la pièce, Kathleen vient prendre son téléphone resté dans son sac.
« - Hey, Henry je t’avais pas vu…
- Mouais...
- Tu peux te bouger j’ai besoin de mon sac ! »


Henry, agacé se lève, pousse du pied une chaise en la faisant grincer, ce qui attire l’attention des autres. Puisque le prof n’est toujours pas là, il décide d’aller aux toilettes, la nervosité sans doute lui donne l’impression d’avoir la vessie pleine.
Kathleen, avachie sur la pile de sacs, envoie des sextos à Cliff, histoire de s’amuser pour passer le temps. Elle n’est pas confortable et elle sait ce qui l’embête. Le sac d’Henry, forcément. Avec les nerfs elle empoigne le sac dont un tas de breloques dépasse.
 
« - C’est quoi toutes ces merdes … Hey ! Venez-voir, Henry a vidé sa cave !
- Y a un cadavre ?! S’empressa Shane.
- Des tas tu veux dire, allez, venez voir ça, on va s’marrer !
Un silence gêné se fait tout à coup.
- BONJOUR M’SIEUR ! » S’exclament les élèves en chœur.
 
Le professeur traverse la salle en trombe, sans saluer ses élèves, et pose sa sacoche en cuir sur la table au premier rang. Kathleen profite de l’attention détournée pour remettre discrètement les affaires qu’elle avait sortie du sac d’Henry.
Mr Buckle éteint les lumières dans la salle sans plus de cérémonie, éclaire la scène et s’installe nerveusement à sa place.
Les élèves perplexes devant l’attitude inhabituelle de leur professeur, restent plantés dans le noir. Kathleen quant à elle, finit de ramasser ce qui traîne, à tâtons. La main plongée dans le sac, elle sent un métal froid.
« Allez, allez, tous sur scène ! Ordonne le professeur avec une autorité tremblotante.
Les élèves s’exécutent tous, sans sourciller.
C’est à ce moment qu’Henry réapparaît.
« - M’sieur, je vous ai apporté…
- Plus tard … Plus tard… »
 
Henry, déçu monte sur l’estrade, rejoindre les autres.
 
«  - Aujourd’hui, nous allons travailler les émotions… Vous allez …
- M’sieur, on devait répéter la scène 3 de l’acte …
- Ne m’interrompt surtout pas, Beth ! Vous allez tous m’écouter, c’est d’accord ? Intervient Monsieur Buckle, avec une nervosité déstabilisante.
- Je vais vous donner une phrase, une action précise qui se déroule. Et vous devrez par groupe de deux interpréter la même situation avec des émotions différentes.
- J’ai une ques…
- Pas de questions, Shane, je suis le professeur et vous me devez le respect !
- Mais M’sieur… Conteste timidement Emily.
- Un peu de concentration, bordel ! S’énerve le professeur.
 
L’angoisse se fait sentir parmi les élèves ahuris.
 
-          Voilà l’action. Dans un parc, un homme est installé sur un banc. Il est seul. Vous l’abordez. Kathleen, Shane, vous commencez avec l’indifférence. Les autres vous vous asseyez à gauche de la scène.
Les deux adolescents ne comprennent pas l’exercice. Comment aborder quelqu’un avec de l’indifférence. Ils s’échangent des regards consternés. Le professeur quant à lui, tapote nerveusement sa cuisse. Un bruit sourd et régulier que ses doigts font sur son jean. La tension est palpable. Il attend. Un peu paumés, les deux élèves se jettent à l’eau.
Bonjour… Commence Kathleen, hésitante.
-          C’est comme ça que tu dis bonjour avec indifférence ? Soit plus distante, ignore-le. Il n’est rien dans ta vie. Un inconnu. Recommence…
-          Bonjour… Kathleen, supportant mal l’autorité, est au bord des larmes.
-          Shane, qu’est-ce que tu attends pour répondre ? Toi tu es en demande d’attention, tu es seul. Et son indifférence te tue.
-          Vous voulez vous assoir ? Tente Shane, sans conviction.
-          Mais bien sûr qu’elle veut s’asseoir, idiot, tu crois qu’elle vient là pourquoi ?! Bon ça ne va pas, ça ne va pas, on change de binôme. Allan, Beth, vous la jouer avec de la honte ! Allez, allez, bande d’empotés !
-          Excusez-moi …
-          Mais quoi encore Allan !
-          Je commençais mon rôle là …
-          Pardon Allan, c’est bien, c’est bien, tu avais l’air d’avoir honte, c’est très bien continue mon grand…
-          Excusez-moi, vous voudriez-vous asseoir à ma place ? Je vous gêne.. Je vous embête ?
-          Non, non, restez nous pouvons y être tous les deux, comment vous appelez-vous ? Répond Beth avec douceur.
-          Beth, Beth, Beth, tu n’es qu’une incapable, tu le méprises, tu comprends, il a honte d’exister, et toi tu en as rien à f…faire ! Il te fait pitié !
-          On crompend rien M’sieur … Bafouille Beth, se faisant le porte-parole de tous les autres prostrés dans le coin de la scène.
Buckle se lève et fait les cent pas bruyamment sous les regards terrorisé de la petite troupe. Pendant de longues minutes on entend rien que les talonnettes qui claquent à un rythme effréné.
« Taisez-vous, nom de Dieu ! Crie le professeur, déchirant le silence.
Il tourne et déambule dans toute la salle plongée dans l’obscurité entre les chaises. Tête baissée, Buckle mâche sa rage. Il ne parvient pas à se calmer. Soudain un téléphone sonne. Celui de Kathleen, qui se maudit intérieurement. Buckle devient fou. Il ne supporte pas cette interruption vulgaire de son fil de pensées. Emparé d’une folie furieuse, il saisit les sacs un a un pour trouver le perturbateur. Il finit par comprendre d’où vient la sonnerie. Du sac d’Henry. Il ouvre le sac avec fracas et balance les bricoles parterre afin de retrouver le téléphone qui a pourtant arrêté de siffler. Il s’acharne jusqu’à trouver quelque chose qu’il ne s’attendait pas à trouver là aujourd’hui.
 
Lorsque le professeur réapparaît dans la lumière, juste devant la scène. Il tient dans ses mains un glock 9 millimètres.
« - Les enfants, vous savez quoi ? vous allez me jouer … La peur. Annonce Buckle avec un calme effrayant.
Les élèves sont maintenant tous regroupés, les corps soudés par terreur, au fond de la scène. Personne ne parle.
-          Vous jouez très bien, les enfants, vous êtes magnifiques ! Je savais que je ne vous avais pas enseigné tout ce temps sans qu’il y ait des résultats.  Vous êtes beaux.
Henry ! Raconte-moi d’où tu tiens ce jouet ?
- M’sieur, c’est pas… C’est pas … C’est à mon père… Je voulais quelque chose de réaliste pour notre pièce… je pensais…
- BRAVO ! C’est très réaliste, je suis d’accord…
Tous les élèves fusillent Henry du regard.
- Alors, les enfants on recommence… Je suis assis sur un banc… Oui moi, c’est moi, le connard sur ce banc… Et vous, vous êtes les connards qui l’ignorent… Vous vous ne foutez de sa vie, vous en foutez de savoir qu’il est seul depuis des années.. Il a pas besoin de votre pitié, lui il veut du contact, des échanges… Il veut buter cette putain de solitude qui l’étouffe depuis toujours. Mais vous êtes trop égocentriques pour voir le monde. Tellement égocentriques, que si je tuais l’un de vous là tout de suite, aucun de vos autres camarades ne remarquerait votre perte. Aucun, on est dans un monde pourri…
Les élèves apeurés n’osent même plus respirer. Henry lui, se reconnaît dans le discours de son professeur. Il se dit que si quelqu’un peut faire entendre raison à Monsieur Buckle, ce ne peut-être que lui.
Henry, pantelant, se lève, et s’avance vers le professeur, dont le canon de l’arme est pointé sur lui. Il a le regard fixe, décidé. Il se sent investi de cette mission. Sauver le professeur. Il est sans doute le seul de ses camarades qui considère que cet homme est en détresse. Il le sait parce que des bancs dans des parcs, il y en a eu tellement dans sa vie à lui qu’il est mort cent fois.
Henry a enfin compris, il n’est pas seul à être seul. Les solitudes peuvent s’additionner et se confondre pour disparaître. Il y croit si fort qu’il se sent capable de le dire haut et fort.
Monsieur Buckle l’écoutera. Monsieur Buckle est comme lui, il a juste envie de vivre.
 
Henry est face à son professeur qui le fixe. Qu’est-ce que tu vas me dire, hein ? Tu crois que tu vas pouvoir tout résoudre, petit con ?
Henry prend une longue inspiration.
M’sieur….. Je vous comprends….
Buckle appuie sur la gâchette, Henry s’effondre. Les enfants hurlent.
Buckle n’entend plus rien
« Pas cette phrase, c’est la pire.. C’est la pire, pas cette phrase, c’est la pire, la pire, la pire… »
 
Buckle retourne l’arme contre lui et se tire une balle dans le crâne.


 
*** 

 
« Une tragédie s’est produite dans le lycée d’une petite ville tranquille. C’est à Loveland, dans l’Ohio, qu’un professeur a pris en otage sa classe, et assassiné un de ses élèves avant de se donner la mort. »
_________________
Rafistoleuse
Mer 21 Mai - 19:38 (2014)
Auteur Message
markolantern
Invité




MessagePosté le: Jeu 22 Mai - 00:08 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

Et bien, tu m'impressionnes à chaque lecture Rafistoleuse. J'ai repéré qu'une coquille, enfin à mon goût, mais pour un texte aussi long, ça passe .


Très beau texte et putain de bien écrit.




Jeu 22 Mai - 00:08 (2014)
Auteur Message
Linelea
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 19 Sep 2013
Messages: 938

MessagePosté le: Jeu 22 Mai - 00:48 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

Bon... j'aurai peut-être pas du le lire avant d'aller me coucher... J'suis trop mal là tout de suite... et demain y a école...

J'ai senti la montée de ton stress, tu nous fais croire un moment que c'est Henry qui va déraper... Mais non c'est le professeur. Justement ce professeur qui a demandé de l'aide à Henry pour construire le décor. le seul qui lui a tendu une main pour le faire sortir de sa solitude.

Ton texte fait très bien ressortir certains sentiments. J'y vois juste un petit bémol, le pétage de plomb du prof arrive trop vite. On le connait pas suffisamment pour penser qu'il est pas bien quand il arrive. Peut-être tu aurais pu nous en parler un peu plus avant... Mais pour ça il t'aurait fallu plus de temps, chose que tu n'avais pas d'après ce que j'ai compris...

Très beau texte !
Jeu 22 Mai - 00:48 (2014)
Auteur Message
Octobell
Coup de coeur
Coup de coeur

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 1 670

MessagePosté le: Jeu 22 Mai - 01:09 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

Je pense que comme Matt, tu as été prise par le temps. Je ferais un peu le même reproche que Line, où le renversement de situation arrive un peu brutalement. On n'a pas le temps de connaître le professeur... Mais c'est dur ! Il aurait fallu faire un texte de 50 pages pour que ce soit parfait.

En tout cas l'idée est génial et inattendue. J'ai énormément aimé l'évolution des points de vue, de Reed, à Henry, au prof, autant de fausses pistes qui ne permettent absolument pas de se douter de ce qui va se passer. J'ai particulièrement aimé le début, avec une mise en place assez lente et précise. La fin s'enchaîne un peu rapidement, et on sent ta précipitation à vouloir finir à temps.
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Jeu 22 Mai - 01:09 (2014)
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Auteur Message
Fairyclo
Plumivores
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Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 500
Localisation: Reims

MessagePosté le: Dim 25 Mai - 09:10 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

Ah bah pareil que mes deux camarades du dessus, il manque le point de vue du prof en amont pour comprendre la fin. Même si on comprend par la suite que sa solitude le bouffe, il y a un trop grand décalage entre ses deux apparitions (le prof qui propose à Henry d'aider... et le prof qui pète un plomb).

M'enfin c'est du super boulot, un poil ambitieux peut être vis à vis du timing mais tu avais là une bien bonne idée. Après, vis à vis de la musique, je pense qu'on l'a interprétée un peu de la même manière... comme une menace qui plane, donc ça me va
Dim 25 Mai - 09:10 (2014)
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Auteur Message
hector vugo
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 819
Localisation: vigneux sur seine

MessagePosté le: Dim 25 Mai - 14:28 (2014)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?] Répondre en citant

Ton texte est fort Rafi.


Il me manque pas grand chose pour qu'il soit brillant. Le personnage d'Henry on le saisit. On comprend ses ressorts, sa relation avec son père.


Ce qui pêche c'est le prof. Il faudrait une progression dans l'évolution du Perso pour que le "petage" de plomb soit parfaitement réussi et surtout que l'on comprenne, par une série d'éléments posés dans le texte, les motivations de son geste. Pourquoi flingue t'il ses élèves ?


Mais il faudrait presque en faire un roman et non une petite nouvelle.


Tu tiens un sujet et une histoire. 


Et avec ta plume c'est de l'or en barre
Dim 25 Mai - 14:28 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:43 (2016)    Sujet du message: La pire. [Hors concours ?]

Aujourd’hui à 23:43 (2016)
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