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BEN ORDER

 
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Auteur Message
hector vugo
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 819
Localisation: vigneux sur seine

MessagePosté le: Mer 28 Mai - 00:18 (2014)    Sujet du message: BEN ORDER Répondre en citant

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Bonsoir les plumis


Voici la fiche de Ben. Bonne lecture à vous.









Nom : ORDER 
 
 
 
Prénom : Ben 
 
 
 
Age :  40 ans 
 
 
 
Profession : Photographe 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
Biographie 
 
 
 
  
 
 
 
Les mauvaises langues disent d’Order qu’il est né avec une cuillère d’argent dans la bouche. On ne peut pas le nier. Toutefois, cela ne prouve rien quant à sa présupposée attirance pour tout ce qui brille. 
 
 
 
Certes il fréquente la haute société de la ville (celle encore en vie malgré le virus). Mais c’est par nécessité professionnelle. 
 
 
 
Car si l’on regarde de plus près le parcours et les origines du photographe, on reste éberlué. 
 
 
 
D’où lui vient ce goût pour le bling bling ? 
 
 
 
Peu importe, on s’en moque. Lui aussi. 
 
 
 
  
 
 
 
Né à la fin du siècle dernier. Ben vécut au sein d’une famille modeste, très middle class américaine. Les Order logeaient dans un quartier résidentiel de la banlieue de New York. Et lorsqu’on regarde les photos de leur logis,
 
 
 
 
  

 
 
 
  
 
 
 
 on  est frappé par l’image d’Epinal : une maison de briques rouges aux ouvertures et excroissances nombreuses avec deux portes de garage et l’inamovible drapeau américain. Il ne manque que le panier de basket accroché au mur. Malgré la pression de ses enfants, le patriarche refusa toujours d’en installer un. 
 
 
 
Outre Ben, cette demeure abritait trois personnes : son frère jumeau Jason et ses parents Kathleen et Paul. 
 
 
 
Bref l’archétype de la famille rêvée, celle que bichonne les statisticiens. 
 
 
 
Sans reproche en apparence. 
 
 
 
Paul travaillait dans une banque, Kathleen était secrétaire dans un cabinet d’assurances. Les fils suivaient une scolarité dans un établissement catholique. Le père assistait aux matchs de Jason et Ben le samedi, la mère faisait des colis pour la croix rouge et les distribuaient pour la communauté noire, ce qui explique sans doute, son vote démocrate tous les quatre ans. Tous allaient à la messe le dimanche.  
 
 
 
Sans reproche c’est ce qu’on vous dit. Vous savez lire bon dieu ! 
 
 
 
C’est dans cet univers formaté que Ben évolua. On a beau fouillé dans les archives, nous n’avons rien trouvé de significatifs sur lui jusqu’au lycée. 
 
 
 
Comme si 0 à 15 ans, notre homme n’avait gardé aucun souvenir marquant de sa vie. 
 
 
 
En témoigne cet extrait d’interview dans le numéro 75 de « Focus » : « jusqu’à mon adolescence, je me suis fait chier grave ». 
 
 
 
Etait ce un commentaire de posture ou une volonté de maquiller une vie trop éloignée du personnage que Ben est devenu ?   
 
 
 
Peut être, mais gare à celui qui oserait affirmer une opinion pareille. Order lui saisirait la tête et dunkerait sa victime dans la benne à ordures qui jouxte son atelier. Ainsi pourrions-nous voir, la gueule du polémiste côtoyer les cadavres qui, chaque jour, grossissent le nombre des victimes de l’épidémie. 
 
 
 
Mais nous ne sommes pas là pour parler d’aujourd’hui. Nous parlons d’Order de sa vie, de son itinéraire. 
 
 
 
Le jour de ses 16 ans marqua la mémoire de notre adolescent, et pour ainsi dire l’éveil de son humanité. Quoique, l’usage de ce vocable se discute. 
 
 
 
Le jour de ses 16 ans, disais-je, fut la grande bascule. 
 
 
 
On lui offrit un appareil photo, un truc énorme, un truc de pro. Parce que Ben avait flashé sur l’objectif d’un détective privé peu avant. Il avait surpris cet homme shootant en direction de la chambre de ses parents un mercredi après midi. Depuis, il connaît le contenu de ces photos sans les avoir, pour autant, vues. La simple idée d’imaginer sa mère dans les bras du jardinier cubain de la famille lui donne, encore, des boutons.  
 
 
 
Pas les mêmes que l’on devine sur le visage de ce même jardinier dont Ben découvrit avec délice la présence dans la benne à ordures qui jouxte son atelier. Merci l’épidémie. 
 
 
 
Mais nous ne sommes pas là pour parler d’aujourd’hui. Nous parlons d’Order de sa vie, de son itinéraire. 
 
 
 
Toujours le jour de ses 16 ans, celui de la grande bascule, il prit sa première photo. Celle qui le propulsa dans la trash way of life comme une évidence, comme un appel du destin. Qu’est ce qui explique qu’à cette minute là, Order saisit son objectif et mitrailla sans le moindre tremblement ? L’instinct, la jouissance d’assister à une vengeance divine ? Oui, c’est possible. 
 
 
 
Comment expliquer autrement ce cliché en noir et blanc, cet instantané où l’on voit son frère Jason déchiqueté par les coups de tronçonneuse de son père, pris soudainement, d’une crise de folie après avoir appris la liaison de sa femme avec le jardinier cubain. 
 
 
 
On pourrait croire que notre photographe fut marqué au fer rouge par cette scène. Non il en remercia la providence. Au point, tous les vendredis matin, de déposer, en souvenir, une rose au pied de la benne à ordure qui jouxte son atelier. Qu’importe l’odeur des macchabés  
 
 
 
  
 
 
 
Le lendemain de ses 16 ans Ben imaginait il qu’il deviendrait le photographe underground, le survivant, celui qui fait la nique à la benne à ordure qui jouxte son atelier, même si le bruit des mouches pourrissent quelques peu sa concentration ? 
 
 
 
Non il se rinçait l’œil devant la fenêtre de la salle de bain de sa voisine. La pauvre fut prise de folie après la démission du jardinier cubain qui travaillait pour elle et avec qui elle entretenait également une liaison torride. On l’entendait crier désespérément les seins à l’air : «  I wonna to be loved again », en d’autres termes plus crus et moins middle class : « fuck me quick ! » 
 
 
 
Ben répondit favorablement à cet appel du désir même si sa partenaire avait le millésime de sa grand mère. Dans la pénombre, l’âge ne compte pas, seul reste l’odeur délicieuse d’un parfum dont vous parcourez avec appétit les nombreuses routes. L’amour c’est beau comme les cartes IGN dans la Corrèze profonde  à condition de ne pas se paumer. Et Ben ne s’était pas perdu. Il s’était accroché aux points cardinaux de son libre arbitre allant jusqu’à sortir son joujou à pellicules pour immortaliser le moment : un nu dans le flou, un OBNi : un objet bandant non identifié. 
 
 
 
Bien que sa voisine l’appelât « mon cœur » après une honorable performance pour le puceau qu’il était, Order ne prit jamais ce sobriquet affectif pour la marque d’un réel sentiment. Le décalage terrifiant des hormones s’imposa ;  elle croyant à un coup pour la postérité, lui le prenant comme un coup d’essai. 
 
 
 
Et pourtant, trois semaines après ses 16 ans, alors qu’il travaillait sans relâche dans sa chambre noire aux développements de ses premières photos, Ben reçut un coup de fil de sa voisine sexagénaire. Elle était enceinte de lui. 
 
 
 
Bad Luck ! La science fait des miracles, son sexe aussi. Un enfant viendrait. On vivait, déjà, à l’époque des ordinateurs à intelligence artificielle, des logiciels oculaires capables de faire des photos à votre place. 
 
 
 
Mais Ben exécrait ces méthodes et préférait les recettes anciennes de son métier. Il aimait le fait main comme il aimait faire l’amour avec sa couguar, avec lenteur, application et passion. 
 
 
 
 Neuf mois plus tard, la chambre 227 de l’hôpital « Barack Obama » fut le théâtre d’un another one trash shooting. L’objectif de Ben captura le périnée,non périmé, de sa maîtresse dont la souplesse plastique expulsa la tête et le corps humide d’un torchon braillant (il ne survivra pas longtemps, le virus l’emportera trois ans plus tard) 
 
 
 
En trois photos Order tenait la colonne vertébrale de sa future œuvre : la mort, le sexe et la vie. 
 
 
 
La vie d’ailleurs qui donnait de sérieux signe de faiblesse dans la chambre 228 où un quadra succomba d’une forte fièvre. On ignorait à l’époque qu’il s’agissait de la première victime de l’épidémie qui allait décimer 75 % de la population. 
 
 
 
Encore aujourd’hui la benne à ordures, celle qui jouxte l’atelier de Ben, accueille des cadavres, fraîches victimes d’un virus qui continue son travail de sape. 
 
 
 
Order, lui, poursuit son œuvre dans ce loft New Yorkais ou jadis un Tchèque efféminée avait donné naissance au pop art. 
 
 
 
Un œuvre, toujours fidèle à ce triptyque : la mort, le sexe, la vie. 
 
 
 
Et si la mort n’a pas attrapé Order, c’est qu’il sait se jouer d’elle et niquer ce putain de virus. 
 
 
 
Son secret ? Aimer des vieilles mais les aimer d’amour. Et dans cette factory où loge un harem de sexa et septuagénaires, notre homme fait un pied de nez à la technologie et à la science. 
 
 
 
De la fenêtre de sa chambre, il voit la benne à ordures que remplissent des chiens d’acier, les crocs pleins de cadavres à peine décomposés. 
 
 
 
Le virus avance et croit en sa victoire inéluctable. Il ignore une chose. Tant que l’amour subsiste, la vie reste. 
 
 
 
Y’ a pas photo. 
 
 
 
Mer 28 Mai - 00:18 (2014)
AIM MSN Skype
Auteur Message
ATea
Plumivores
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 945

MessagePosté le: Mer 28 Mai - 08:18 (2014)    Sujet du message: BEN ORDER Répondre en citant

Bordel que j'ai aimé lire ton texte Hector! Il envoie sacrément. 


Un monde post-apocalyptique comme ça, dans l'oeil d'un photographe, ça fait voler les clichés en éclat! Tu en joues sacrément bien. Ta plume reste un délice d'humour cynique.


Par contre, j'ai trouvé un peu dommage que tu ne nous serves pas d'autres images "clichés" justement au fil de ta lecture. La photo de la maison laissait penser que tu allais poursuivre ton entreprise. 


Une belle surprise.
Merci à toi! 
_________________
ATea.
Mer 28 Mai - 08:18 (2014)
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Octobell
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MessagePosté le: Mer 28 Mai - 17:15 (2014)    Sujet du message: BEN ORDER Répondre en citant

J'ai adoré cette inclinaison vers un style plus familier et m'enfoutiste, avec ses incursions en anglais qui ont l'air de rien. En revanche, je trouve que ce n'est presque pas assez assumé, et parfois, le mélange avec un style plus classique m'a perturbée.

Et... c'est qu'un détail-à-la-con, mais la benne qui jouxte son atelier, j'ai pas du tout compris le truc... son atelier, il est où ? Dans sa maison d'enfance ? Dans son habitation actuelle ? J'ai été un peu perdue par certains allers/retours dans le temps. Ou p'tet que j'étais juste pas assez attentive (han ! >_<)
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Mer 28 Mai - 17:15 (2014)
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Fairyclo
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MessagePosté le: Mer 28 Mai - 18:57 (2014)    Sujet du message: BEN ORDER Répondre en citant

Respect du thème :
On va dire que c’est respecté dans une grande ligne : le virus. Même si je n’ai pas totalement compris s’il attaquait « randomly » ou non, ta dernière phrase m’a laissée perplexe. Ton texte est tellement centré sur ton personnage qu’on en distingue mal l’univers. Et j’avouerai que je suis un peu déçue que tu ne l’aies pas exploité un peu plus.

Respect de la contrainte :
Aucun souci là-dessus. On est bien dans le post-apo, grâce à la répétition des cadavres dans la benne à ordure (que j’aime particulièrement, ça donne un rythme, une image qui frappe régulièrement). Puis tous les items requis sont bien là.

Cohérence du personnage :
Pas évident. Il est cohérent dans le sens où il est un peu cinglé (faut le dire ^^) et obnubilé par son art… et on sent bien que cette histoire de virus, ça ne le touche pas le moins du monde. Il fait quelques constat ici et là… mais il n’a pas d’avis sur la question. Pas de peur, ses proches non plus. Bref ils sont tous fous. Alors est-ce que la folie est liée à ce virus. Est-ce que ce détachement total à la réalité, de tous les personnages de ton histoire est une conséquence du virus ? (la vieille en chaleur, le père qui tue son fils, Ben qui s’extasie sur du morbide)
D’ailleurs à propos du cubain, j’ai pas compris… il se tape la mère de Ben ? Ou la femme de son frère ? Le père tue son propre fils parce que sa femme le trompe ? Quoiqu’il en soit, on conviendra qu’un meurtre à la tronçonneuse, c’est moche ^^

Originalité de l’approche :
Une approche ma foi classique mais qui ne manque pas de panache ! Je te retrouve bien avec ce choix de personnage cynique, ce ton léger et cet humour grinçant qui te caractérise et que j’adore. On peut dire aussi que tu as choisi un angle particulier pour évoquer le thème… on est un peu dans le surréalisme, légèrement Burtonien sur les bords (oui va savoir pourquoi ! ^^). J’adore Tim Burton (mon 2ème réalisateur préféré de tous les temps) mais pour le coup, je trouve que c’est pas dans le ton de la vidéo. L’idée est là, elle est très bonne, mais ce n’était pas ce que j’attendais sur ce défi. Je voulais vraiment une continuité entre le personnage et le thème donné et dans ce que tu proposes, je ne l’ai pas ressentie. (à tord peut être)

En revanche j’ai adoré le cliché de la famille américaine au départ avec ton humour, je trouve ça magique.

The phrase :
Y’en a des tas… mais celle-ci résume bien, finalement, le ton de ton texte : « L’amour c’est beau comme les cartes IGN dans la Corrèze profonde à condition de ne pas se paumer »

Serais-je tentée de jouer ce personnage sur un forum RPG ? :
Dans un univers à la Burton, en insistant encore plus sur l’absurde et le loufoque… ça pourrait être fun oui.
Mer 28 Mai - 18:57 (2014)
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Odepluie
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Messages: 381

MessagePosté le: Jeu 29 Mai - 13:53 (2014)    Sujet du message: BEN ORDER Répondre en citant

Haha ce texte ne manque pas de panache en effet ! Toujours cet humour mordant qu'on adore !!
Après je dois avouer que comme Clo et Mo, j'ai pas tout tout compris... la logique des évènements et les personnalités des personnages notamment... mais bon après, ta plume rend toujours le truc agréable à lire ! =P
Jeu 29 Mai - 13:53 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:14 (2016)    Sujet du message: BEN ORDER

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