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BWA

 
  Jetez l'encre ! Index du Forum » » Historique des Défis » Défis n°1 à 50 » Défis n°41 à 50 » Défi n°49
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hector vugo
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MessagePosté le: Dim 20 Juil - 21:59 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
Bonsoir les plumis

Quelle joie d'écrire !!

je vous laisse avec ma petite Adélaïde.

Bonne lecture


BWA

Le gris de Paris la rendait triste. Plus que le gris, c’était la mine des gens qui lui plombait le moral. Cette succession de duplicatas sur pattes à la tête dépressive lui donnait l’envie de repartir en Océanie.
Ses parents l’avaient appelée ADELAIDE parce qu’elle avait été conçue dans la ville du même nom. Le Sud de l’Australie, un voyage de noces, un soir de décembre à la pleine lune en bord de plage et hop ! Voilà comment on assurait sa descendance sans réellement en avoir le projet.
C’était le temps des je t’aime souriants, des amours gais et de l’éternel optimisme.

Le visage d’Adélaïde transpirait le BONHEUR. La fraîcheur de ses traits faisait tâche dans cette foule de blanquettes suicidaires.
Mais pourquoi avait-elle regagné la France et sa maudite capitale au lieu de rester aux antipodes à tâter du kangourou ?
Etait-ce le mal du pays, le besoin physique de retrouver ses racines ? Non. Etait-ce alors, l’appel des géniteurs à rentrer au bercail ? Non plus.
Tout en consultant son texto, Adélaïde se mordait les lèvres pour contenir cette poussée venue de son diaphragme. Elle voulait crier à la terre entière sa satisfaction, dire à ces gens que la vie valait la peine d’être vécue. Et encore, elle aurait remplacé la peine, par la joie.
Mais les autres, l’auraient-ils comprise ? Oui les autres, ceux qui lui faisaient face dans ce métro bondé.
Auraient-ils partagé, avec elle, l’immense jouissance physique et intellectuelle que procure une déclaration d’amour.
Elle relisait son portable, et le portait sur son cœur. Son homme, Arnaud, lui avait écrit: I know how to keep the music playing. C’était pour lui qu’elle était revenue.
Et puis à quoi bon CHERCHER. Faire la confidence à quelques-uns ne lui aurait rien apporté de plus.
Personne ne captait la portée subliminale de cette phrase, à moins de connaître le hit de Michel Legrand How do you keep the music playing.
En Australie, ils le connaissaient pour la plupart. Adélaïde était prête à parier que le métro de Sydney aurait témoigné avec elle du « pied que c’est d’être aimé ».
Seulement nous étions à Paris. L’enfantine volonté de s’exprimer bruyamment n’était pas dans l’ADN des froggies.
Tant pis !



La ligne 13 portait bien son nom. Elle affichait son malheur dans la crasseuse apparence de ses murs. Il n’y avait que le nom des stations qui brillaient par le jeu étrange des éclairages artificiels.

Paradoxalement, à mesure que l’on s’approchait des lieux touristiques, cela sentait le propre.
C’est très français se dit, à voix basse, Adélaïde avec une pointe d’accent. Elle avait testé l’hygiène hypocrite tricolore.
Depuis qu’elle s’était réinstallée à Paris, combien de corps avait-elle croisés, combien de joues avait-elle embrassées, combien de mains avait-elle serrées ? Elle ne les comptait plus et maudissait sa bienveillante spontanéité héritée des wallabies. La même qui la rendait incroyablement charmante et atypique aux yeux des européens.
Adélaïde était ouverte à l’amitié sans pour autant être une fille facile. Allez l’expliquer aux bobos trentenaires qui examinaient, d’un regard presque lubrique, ses atouts.
« On est en été bandes d’imbéciles, je ne vais quand même pas mettre un col roulé » pesta, toujours mezzo vocce, Adélaïde
Profitant d’un tunnel, Elle s’inspecta à travers la vitre de la porte, son allure working girl lui plaisait bien : veste et jupe noires, chemisier mandarine. Elle s’était fait un chignon avec sa vaste chevelure. Bref, rien de provocant, juste agréable à l’œil.

La rame s’arrêta à Invalides. Le terminus de son voyage.

Le grand philosophe marseillais Jean-Pierre Papin disait peu avant un OM PSG : « chaque voyage a un but ».
Celui d’Adélaïde était sérieux. Il touchait au sujet même de sa survie. Le DERNIER loyer de juin avait vu le reste de ses maigres économies s’envoler. Trouver un job devenait nécessaire.
Elle avait répondu à cette annonce d’une agence de pub : « Cherchons secrétaire bi lingue, bonne présentation et orthographe impeccable ».
Le siège de BWA (Best Wonderful Advertising) se trouvait à deux pas de la tour Eiffel.

L’immeuble était une faute de goût au milieu d’EDIFICES d’origines Haussmanniennes. A supposer qu’un architecte s’était payé un délire pour faire parler de lui, comme si c’était possible.
FACADES en verres plus ou moins teintés selon l’ensoleillement, logo rose bonbon au sommet de la porte d’entrée. À peine passée cette dernière, on découvrait sur le sol une ligne de poudres blanches touchant un paillasson à l’effigie de Barack Obama.
On trouvait dans cette décoration hors du commun les raisons pour lesquelles, le visiteur restait la tête baissée à son arrivée.
Adélaïde ne dérogea pas à la règle. Elle regarda le GRAND paillasson, puis le hall dans son intégralité : un cube blanc dynamité par des bulles aux couleurs acidulées.
Une musique d’ambiance très « Disney » fit tomber son appréhension au niveau 0 de la crainte.
Adélaïde retrouva son âme d’enfant et l’envie soudaine de connaître une expérience agréable. Elle se surprit à espérer l’arrivée d’un hôte d’accueil type Mickey avec une grande tête et des bras aussi large que doux pour l’enlacer et lui dire : « bienvenue ».
Mais son rêve n’eut qu’un temps. HELAS, il fut cueilli par le principe de réalité.
Une borne munie d’un écran tactile l’invita à décliner son IDENTITE et l’horaire de son rendez-vous.
Dans la minute, une brune filiforme lui tendit sa main rugueuse et la toisa d’un : « Constance Switch 50 KE par an, je suis la DRH. Tu as 2 minutes de retard. ».

La cage d’ascenseur crachait un air de sax japonais larmoyant Nothing gonna change my love for you très en décalage. Rien ne pouvait changer la mauvaise impression qu’Adélaïde avait de Constance.
La DRH était raide de la tête au pied, même l’expression de son visage ne l’adoucissait pas. Au contraire, il la confinait dans une posture Nord-Coréenne.
Pas de profil Facebook ou de fiche meetic possibles.
Tout au plus avait-elle accepté, contrainte mais forcée, de voir sa bobine dans le trombinoscope de la société.
Par cet album photos Adélaïde découvrit l’aéropage d’individus avec lequel elle collaborerait de près ou de loin.
Miss Switch l’invita dans son bureau où elle eut le malin plaisir de lui présenter ces hommes et ces femmes sur son mac 24 pouces.
A part la grande qualité de l’image, Adélaïde fut saisie par leur ressemblance. Toutes et tous bruns aux yeux verts, de taille moyenne, les traits réguliers, les oreilles petites. Et comme si cela ne suffisait pas, ils et elles portaient le même costume. A savoir un gris Armani avec une cravate noire, pour les hommes, un tailleur chanel avec un chemisier mandarine pour les femmes.
Elle comprit mieux le seul rictus de satisfaction que la DRH lui adressa. Adélaïde avait vu juste quant à sa tenue. Elle était déjà « corporate ».
S’enfonçant dans un siège en sky très « aujourd’hui madame », Toutes deux eurent un entretien peu conventionnel.


- Ici on se tutoie. C’est mieux pour le « high level communication ». Tu vas incorporer l’équipe de Sir Bob, 8 à 10 heures de travail par JOUR, une pause de 35 minutes à midi, de 15 minutes toutes les 3 heures pour le café, le thé ou autres soulagement très personnels, Pour le salaire c’est 2000 par mois. Des questions ?
- Ce n’est pas vrai, j’ai le poste ! Vous m’engagez ?
- Adélaïde, ici c’est tu, oublie le vous
- Bien. Comme tu voudras
- Parfait. Tu sais chez BWA on déteste perdre son temps. Les entretiens d’embauche à la french way of life, c’est pour les autres boîtes. Les loosers. On te connaît déjà. On a lu ton cv, fouillé ton Facebook, fait une enquête sur Google, appelé le quai d’Orsay, le ministère de la justice aussi Tu es en plein dans la cible du job. Et puis tu es physiquement et intellectuellement BWA.
- Physiquement et intellectuellement BWA ?
- Belle et intelligente mais pas suffisamment pour faire de l’ombre à la patronne : KIMBERLEY Jones.
- Kimberley la femme de….
- L’ex-femme de… Mais à ta place je n’en parlerai pas, c’est tabou.
- L’ex ?
- Oui l’info sortira dans le prochain numéro de « voici ». Bien je crois qu’on a fait le tour. Je te donne ton badge et let’s go. C’est au troisième, le bureau 357 dos à la fenêtre. Ne prends pas l’escalier, c’est une perte de temps, même pour un étage. Bonne chance.
Constance laissait Adélaïde. Au fond, l’ascenseur l’attendait, la porte ouverte.
Elle traversa le couloir dans un sentiment d’abandon jamais connu. A sa gauche et à sa droite, on devinait des bureaux paysagés où s’affairaient des trentenaires. Personne ne l’avait regardé.
Seul, un technicien de surface Sénégalais LUI adressa un sourire, peu après avoir nettoyer le bouton du troisième étage. Lui sortit de l’ascenseur, Adélaïde y entra.
En guise de pied de nez, Becaud brailla dans les enceintes de la boite à Otis : la solitude ça n’existe pas. Adélaïde goûtait, pour la première fois, à l’humour BWA, un humour grinçant à la limite du viol mental.
Le troisième étage ressemblait au plateau de la DRH, d’une impersonnalité effrayante : un autre long couloir, des open space sur les côtés et des Mad Men à l’intérieur, la tête collée sur un écran, le regard incroyablement « lapin crétin ».
Adélaïde n’eut aucun mal à reconnaitre son futur bureau. Il ressemblait à un appartement délaissé après le passage d’un huissier de justice. Il n’y avait rien dessus. Excepté, une tête de MORT trônant sur le siège avec une inscription au front : welcome. Toujours l’humour BWA
- Une voix arrêta Adélaïde : On m’avait dit que tu étais jolie, mais j’ignorais que tu l’étais encore plus de dos
- Adelaïde se retournant brusquement : je vois que les nouvelles vont vites
- J’ai eu un chat avec Constance, il y a deux minutes
- Vous ne perdez pas de temps

- Tu. Adelaïde, ici c’est tu. Excuse-moi, je suis un peu brusque. Je me présente Bob Winner 55 kE, ton boss. Installe-toi là-bas

Un jeune Thaïlandais tirait un diable avec tout le matériel dessus : micro-ordinateur, sous mains, stylos. En deux temps, trois mouvements, le bureau 357 redevint un poste comme un autre.
Adélaïde enleva la tête de mort de son siège, posa son sac à main au pied de son tiroir. En se redressant, elle découvrit le visage glaçant d’une femme.
Elle avait les bras pleins de dossiers.
- NOEMIE Quitus, je suis l’assistante de Bob. Enchantée
- Enchantée, moi c’est Adélaïde
- Je sais. Voilà, ce sont tous les courriers en attente de frappe. Tu as jusqu’à jeudi pour tout faire.
- Parfait. Je…
Inutile de finir la phrase, la miss fila aussi vite qu’elle était venue.
- Charmant comité d’accueil se risqua à voix basse Adélaïde.
- Une tête surgit au-dessus de l’écran du bureau 356. Avant que tu arrives, Noémie pensait redevenir la seule fille du service.
- Je comprends mieux pourquoi…
- C’est vrai qu’elle ne te porte pas sur son cœur et pour cause. Oh désolé je ne suis pas présenté. David, ton voisin de boulot.
- Adélaïde, ta nouvelle voisine. T’es le premier à m’adresser la parole. Ils sont tous coincés ici OU quoi ?
- Non, Ce sont tous des hard workers.
- Hard workers ?
- Oui ils respirent job, ne pensent que job. L’humain c’est extremly boring. En d’autres termes plus crus : ça les fait chier.
- C’est pour ça que celle que je remplace est partie ?
- Non, on l’a démissionnée.
- Qu’est que tu veux dire par là ?
- Je ne sais pas si je devrais te le dire.
- Allez vas y
- Tu promets de garder ça pour toi ?
- Promis
- Bien. Elle a piqué le lover de la queen.
- Le lover de la queen ?
- Le mec de Kimberley, le mec de la patronne.
- Whoua, l’erreur
- Tu l’as dit Adélaïde. La PUTAIN d’incredible mistake Tu viens prendre un café
- Tu sais j’ai du taf là.
- Tu as le droit à 15 minutes de pause toutes les trois heures. Combien de temps prend un café ?
- Ici ? je ne sais pas
- Cinq minutes, surtout à cette heure ci
- Ah bon
- Tu vas comprendre. Suis moi

9h45, l’heure de pointe. David et Adélaïde attendirent l’ascenseur deux bonnes minutes. QUAND il arriva ce fut le métro en période de grève : plein comme un œuf. Les visages étaient fermés avec un je ne sais quoi d’inquisiteur dans le REGARD. SEUL, « un trou du cul » nommé Kevin ouvrit la bouche. Je dis volontairement « trou du cul » mais on aurait pu utiliser le groupe qualificatif « petit con » ou encore le transatlantique « mouth shit ».
Une tête à claque ce Kevin, il affichait la certitude de plaire avec une telle arrogance que l’on aurait aimé lui refaire le portrait. David en crevait d’envie, surtout après avoir entendu le bellâtre lâcher : « Déjà à emballer la nouvelle, tu ne perds pas de temps mon vieux, hein ». Si vous aviez reçu le rire qui en suivit, ce rire insupportable, vous auriez décoché un crochet dans la face de ce connard. Seulement l’ascenseur stoppa et le projet resta lettre morte. L’intégralité du troupeau quitta Otis, fonçant vers le Nesgate, (la cafet’ à Georges Clooney in french) . What else ?

Serait-il de bon ton de préciser que David et Adélaïde firent la queue à la machine à café ? Non d’ailleurs c’était faux, ils firent la queue pour serrer la main de la « queen ».

Kimberley Jones occupait la table du centre entourée de proches collaborateurs, le terme proche était, on ne peut plus, juste. Tous se moquaient de leur gobelet et n’avaient d’yeux que pour la patronne.

Osons ici jouer de la métaphore animalière. Ils ressemblaient à des fourmis agglutinées sur un bâton de cannelle à l’extrémité fluo. Oui Kimberley était la seule personne dans la société à pouvoir porter des couleurs flashy. Aujourd’hui c’était un rose Barbara cartland mettant en magnifiquement en valeurs sa peau bronzée.

Adélaïde la trouvait belle, un peu trop. « Les hommes doivent en avoir peur, les femmes aussi » se dit elle dans son for intérieur. Et de sentir à l’instant où miss Jones croisa son regard, une panique cardiaque la prendre d’assaut.

Il fallait aller à sa rencontre et faire acte d’allégeance, une main tendue, une poignée ferme et l’œil franc. Ça, Adelaïde savait faire. Et le culot, qu’elle usa pour remplir le cahier des charges, estomaqua l’assistance. Pas Kimberley, plus rompue à ces joutes étranges.

La patronne fut séduite par cette génuflexion tertiaire. Mieux, elle engagea la conversation

- Bienvenue chez nous Adélaïde
- Merci
- Bob m’a dit grand bien de toi. On se voit ce soir pour faire le point sur ta première journée. 18h à mon bureau, Ca marche ?
- Ça marche.
- Très bien, à tout à l’heure alors.
Kimberley sortit du Nesgate accompagnée par ses collaborateurs toujours aussi fourmis et l’intégralité des salariés ayant fait une pause à ce moment-là.
Adélaïde et David fermèrent la marche.
- Ma parole, t’a une côte d’enfer avec la big boss. Je ne l’ai jamais vue discuter aussi longuement avec une nouvelle embauchée.
- J’ai rien fait de très spécial
- C’est surement ça. Tu lui plais Adélaïde. Ça va être le début des emmerdes pour toi
- Tu crois ?
- Je connais assez la boîte. On fera tout pour que tu TREBUCHES
David voyait juste. Le plus beau spécimen de l’UNIVERSELLE bêtise humaine les attendait au seuil de l’ascenseur : Kevin ruminait un coup tordu observant sous toutes les coutures la nouvelle star de BWA.
- Chapeau Adélaïde, quelle entrée en matière ! Plus fayote que toi, tu meurs
- C’est juste de la politesse, Kevin. Et puis c’est la grande patronne
- Ouais ton discours sur la politesse, à d’autres. Be careful à tes miches la miss
- Tu la menaces Kévin, j’ai bien entendu là ?
- Non David. Je la préviens. La bonne comme la « movaise » réputation ça peut aller très vite à BWA
La mauvaise réputation, « Mouth shit » y allait fort Il devait en connaître un rayon en tant que fournisseurs.
Pour autant, Adélaïde prit la menace à la rigolade. Un roquet ne pouvait pas lui gâcher sa première journée de travail.
Il était temps de la commencer VRAIMENT.

10h15, elle frappa son premier courrier dans un silence mitigé, 10h22 son premier compte rendu dans un silence total. Entre les deux, l’open space avait cessé de vivre, scrutant les faits et gestes d’Adelaïde pour voir si une moindre faute professionnelle avait vu le jour.
D’habitude, la nouvelle cessait de taper son clavier à l’instant où elle se sentît épier. Adélaïde, elle, traça sa route sans tenir compte de l’environnement plus que curieux à son égard. Elle était réellement BWA : dans le travail pur, l’humain ça l’emmerdait grave. Ce qui l’intéressait par-dessus tout, c’était de déchiffrer l’écriture porcine de son responsable hiérarchique. Et en Champollion des scribouillards, elle avait la ceinture noire.
A midi tapante, le bureau se vida. La sacrosainte pause déjeuner. Adélaïde la déclina, trop de travail.
Au retour de ses collègues, elle eut vent de la réaction positive de Kimberley constatant son absence au RIE pour des raisons professionnelles.
On lui faisait pas la tête, on était heureux pour elle. Et ça ce n’était pas BWA. Le début d’une heureuse surprise, WHO knows.

Même Bob nageait dans un bonheur transmissible. C’était dire.
- Pour une fois que l’étage a les bonnes faveurs de la direction. Merci Adélaïde remercia Bob
- Oh c’est trois fois rien. S’il faut juste sauter un repas pour bien se faire voir.
Le jeûne était donc la recette du succès. Foutaise se dit Kevin, tout en se caressant l’estomac à l’évocation cérébral de la mousse au chocolat qu’il avait ingurgitée

Il regardait, de son bureau 336, Adélaïde enchaîner les courriers à une vitesse folle. « Ce n’est pas possible, la salope elle est dopée. Oui c’est ça elle prend de la coke. Demain, je prends des photos de ses narines et je monte un dossier béton » Le mauvais génie de Kevin était en marche. « Mouth shit » appela David.
- Mate moi ça David, ta voisine, elle n’est pas humaine. T’as vu ce qu’elle a tapé en 3h30
- Non je n’ai pas fait gaffe. Je ne suis pas payé pour la surveiller Kevin
- Tu devrais. Elle n’est pas normal ta voisine. C’est le Terminator de la mise au net. Elle n’a pas bougé de son siège. Elle bouffe ses crayons à papier, c’est une XYLOPHAGE. Et puis ce n’est pas tout, elle n’est même pas allée aux toilettes. Tu te rends compte.
- Oui, et alors. ? Elle a peu bu.
- C’est un tort David. Faut boire de l’eau au bureau.
- C’est la première chose sensée de la journée que tu aies dite. Keep cool Kevin, mets toi au YOGA, sois ZEN
-

17h58, l’open space se vida. Bureaux en berne le temps d’une nuit.
Alors que le sang de BWA regagnait son gîte à globules, Adélaïde se présenta à l’étage de la haute direction.
Le bureau de Kimberley Jones était open all day long, de sorte que les collaborateurs pouvaient se confier à la reine.
Même si tout le monde en avait peur.
Etrange squizophrénie de cette femme, tiraillée entre ce besoin maladif d’être crainte, et cette nécessité d’être aimée.

Elle entretenait la peur de 8h à 18 h, puis à 18h01, l’armure se fendillait.
Ce jour-là Adélaïde frappa à la porte de ce fameux bureau avec la terrible minute de retard, celle qui changea tout. Pourquoi ce contre temps ? L’ascenseur en panne, l’obligation de prendre les escaliers de secours sans doute

18h01 30s. Adélaïde surprit la queen en pleurs. Oui la queen couinait de désespoir, maudissant son portable d’un « pourquoi tu me m’appelles plus ? ». Le tu de l’amour, le tu, toi, ment. Et de se remémorer la sordide scène où elle surprit son comédien d’amant dans les bras d’une vulgaire secrétaire, qu’elle congédia sur le champ.
Insupportable vision de la trahison. Kimberley se ressaisit. Et comme une louve à l’affut du moindre bruit, elle sentit la présence de quelqu’un.
- Adélaïde c’est toi ?
- oui
- M’as-tu vu pleurer ?
- On ne voit pas quelqu’un pleurer de dos, on l’entend tout au plus.
- C’est exact
- Puisque tu es aveugle, je souhaite que tu sois sourde. Tu comprends ce que je veux dire
- Oui parfaitement
- Tu aimes un homme ?
- Oui
- Il t’aime aussi ?
- Oui
- Quelle chance tu as. Prends en grand soin Adélaïde, moi je n’ai plus que le boulot

Elle qu’on croyait sans faille, elle qu’on croyait si forte.
Si les autres savaient….

En regagnant le métro, Adélaïde envoya un texto à Arnaud « Our love, we must never doubt it, when you think about it »

Elle adorait tant Al jarreau.

Et de finir son message avec : I think of it all day long
Il n’y a que pas le travail dans la vie, il y a la vie tout court. Qu’est-ce qu’une vie sans amour ?
Dim 20 Juil - 21:59 (2014)
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Rafistoleuse
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MessagePosté le: Lun 21 Juil - 19:23 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

J'aime beaucoup !!! Non seulement c'est fin et drôle, un quotidien en open space qui fait sourire parce que c'est caricaturé mais un peu peur parce que ça ne l'est pas tant que ça ^^ mais c'est saupoudré d'une jolie philosophie, avec des masques qui tombent et des amours qui s'assument

Tu as tout bon pour moi !
_________________
Rafistoleuse
Lun 21 Juil - 19:23 (2014)
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Fairyclo
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MessagePosté le: Lun 21 Juil - 19:55 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Je rejoins Rafi dans son analyse des personnages : des caricatures subtiles.

Comme d'habitude, tu as vraiment le chic pour sortir des expressions croustillantes comme je les aime. Celle de JPP m'a fait recracher ma menthe à l'eau. (Note perso : ne plus boire en lisant) C'est caustique et tendre à la fois. Kevin, je l'adore ^^

Au delà de ça, ton texte m'a fait penser à tous ces films girly - petits plaisirs à la con - du genre "le Diable s'habille en Prada" "Confession d'une accro au Shopping". J'ai bien aimé les anglicismes ici et là qui reflètent bien l'univers de la com (Univers que je ne connais pas mais c'est comme ça que je me l'imagine alors bon :p) et surtout, le fait de donner le montant de son salaire au moment de se présenter. C'est cynique à souhait.

Bref, encore un beau texte, merci beaucoup
Lun 21 Juil - 19:55 (2014)
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Auteur Message
christine
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MessagePosté le: Lun 21 Juil - 20:08 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Je sais que j'aime un texte quand j'oublie pourquoi je le lis.Je m'explique. J'ai oublie la contrainte le defi je voulais le lire par plaisir. savoir la fin, comment evoluent tes persos dans ton histoire.
bref j'ai ete embarque dans ton histoire.
_________________
Un sourire ca fait toujours plaisir
Lun 21 Juil - 20:08 (2014)
Auteur Message
Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
Giga Coup de Coeur...

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MessagePosté le: Lun 21 Juil - 22:34 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Bon, tout a été dit. De l'humour, des personnages attachants, un cadre solide. J'ai beaucoup aimé.
Lun 21 Juil - 22:34 (2014)
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hector vugo
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MessagePosté le: Mar 22 Juil - 19:18 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Comment vous dire la satisfaction et le plaisir de lire des commentaires comme les vôtres. Un simple merci n'y suffirait pas


Le partage du plaisir, la transmission du plaisir : Ce lien entre lecteur et l'écrivain.


On écrit pour soi mais surtout et principalement pour les autres.


Ce moteur là est le plus exaltant qui existe.


Encore merci !!!
Mar 22 Juil - 19:18 (2014)
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Auteur Message
Octobell
Coup de coeur
Coup de coeur

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 1 670

MessagePosté le: Ven 22 Aoû - 15:58 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Merci à toi Hector !! C'était un pur délice, cette petite nouvelle. Long, mais bon ! J'en ai ignoré mon collègue sur le chemin de retour du travail pour finir ma lecture. Ta petite Adelaïde, elle est adorable ! Et comme toujours, il y a cette touche de subtilité et de sensibilité dans ton humour qui donne cette saveur particulière à tes texte. Et j'aime te voir avec un personnage féminin, ça te sied merveilleusement !
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Ven 22 Aoû - 15:58 (2014)
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hector vugo
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MessagePosté le: Sam 23 Aoû - 10:25 (2014)    Sujet du message: BWA Répondre en citant

Merci, merci, merci Mo !!!
Sam 23 Aoû - 10:25 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:08 (2016)    Sujet du message: BWA

Aujourd’hui à 01:08 (2016)
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