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Captive

 
  Jetez l'encre ! Index du Forum » » Historique des Défis » Défis n°1 à 50 » Défis n°41 à 50 » Défi n°50
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Benethar
Plumivores
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Inscrit le: 15 Mar 2014
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MessagePosté le: Lun 4 Aoû - 07:22 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

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Désolé pour la longueur, et encore je me suis limité à la fin. Vraiment sorry, mais j'avais une idée qui me plaisait beaucoup, et je voulais la concrétiser. Jamais j'aurais mis autant de temps à écrire, j'ai cru jamais voir la fin... J'espère que tu apprécieras christine, je l'ai fait spécialement pour toi celui-là ^^






Les portes de la salle du trône s'ouvrirent, lentement, et dans un léger crissement. Les deux silhouettes qui attendaient derrière s'avancèrent après quelques instants, dû à la surprise de la salle royale presque pleine. Un lieu antique, et, la majeure partie du temps, vide. Certains de la centaine de grands noms réunis aujourd'hui en présence du roi reconnurent le Seigneur Benton Hent, avec sa fille. Ce dernier soutenait son unique enfant du mieux qu'il le pouvait. En effet, beaucoup remarquèrent la difficulté avec laquelle Juliette Hent se déplaçait, en claudiquant fébrilement. Beaucoup moins remarquèrent la pâleur de son teint et les nombreuses blessures qui pouvaient se deviner sur son corps. Après quelques minutes, le père et la fille se tenaient devant Sa Majesté Donovan, premier du nom. Ce dernier prit la parole, d'une voix grave du fait de son grand âge, forte, mais étonnement protectrice.


"Bienvenue en ces lieux, Benton mon ami, et toi Juliette. Beaucoup ici ignorent le motif de ce rassemblement, je vais donc éclaircir ce point avant de vous laisser la parole. Personne ici n'ignore la tentative de reconquête de la cité tristement célèbre de Torves dite "la Rouge", tenu par le pays de Vomont, par l'armée du pays d'Albantt. Cependant, personne ici n'en connait l'issue, moi compris, puisque nous restons sans nouvelles de nos éclaireurs. Personne ici, excepté cette enfant. Captive depuis plusieurs années, elle a profité de la bataille pour s'échapper de cet enfer. Je sais aussi que certains ici ignorent ou nient les atrocités commits par les vomontois. Voici donc une occasion de faire d'une pierre deux coups : le résultat de la bataille et un témoignage. Je vous laisse donc la parole, termina le roi en désignant le père et sa fille du regard."


Benton s'éclaircit la gorge.


"Majesté, ma fille est d'une part très fatiguée par le voyage, mais a aussi subi plusieurs traumatismes importants. Aussi, veuillez l'excuser si elle hésite, bégaie, ou fond en larmes. Également, sa voix est très faible.
- N'aie crainte, mon ami. (le Roi prit une profonde inspiration et sa voix se fit tonnerre.) Le premier ou la première qui ose se moquer de cette enfant sera fouettée cruellement. (Le Roi prit alors une voix très douce.) Parle maintenant, enfant. Bérédrice ici présente rendra audible par tous ton discours avec sa magie. Prends ton temps, n'aie pas peur, articule correctement, ne t’embarrasses pas des titres ou d'autres choses du même genre et n’omets aucun détail. Ton Roi te l'ordonne."


Juliette se redressa alors du mieux qu'elle put, s'appuyant toujours sur le torse imposant recouvert de l'armure étincelante de son père. Elle parla d'une voix qui, pour dire les choses plus justement, était presque brisée.


"Merci, Majesté. Comme vous l'avez dit, j'ai été capturé il y a plusieurs années, et traîné de force à Torves pour y être l'esclave du seigneur local. Mais, en réalité, le terme d'esclave n'est pas adapté. Nous étions traités pire encore. Nous travaillons de l'aube à la nuit tombée. On ne s'arrêtait que pour manger deux fois par jour un repas trop souvent constitué de seulement un bout de pain et d'un verre d'eau. On ne nous autorisait à répondre à nos besoins habituels qu'une fois par jour. Sous surveillance constante, si on nous surprenait à parler ou à communiquer d'une quelconque façon, nous étions battus. Si cela se reproduisait trop souvent, ils nous donnaient comme jouet à leurs animaux dressés, des loups recouvert d'une épaisse couche de roche brune, d'une taille comparable à un ours, aux yeux rouge injectés de sang : des loups carneux. A ce moment-là, le sort le plus enviable était de finir dans leurs estomacs, mais espérer une mort rapide était un espoir naïf. On entendait parfois les cris des malheureux dévorés vivant retentir pendant tout une journée à travers la citadelle. Les vomontois utilisaient pour ce faire des sorts permettant de nous maintenir conscient et en vie, même quand une bête nous dévore en prenant son temps. Jason, Frack, Lorberön, Cécil, Sergil, Bénédicte... vous... tous..."
Juliette se mit à trembler frénétiquement tandis que sa voix venait mourir sur le flot de ses émotions. Son père la prit dans ses bras et lui murmura quelques paroles à l'oreille. Elle se calma au bout de quelques minutes, reprit ses esprits, but un peu d'eau, puis sa voix retentit à nouveau entre les murs millénaires de la salle du trône.


"On ne pouvait se laver et se reposer un peu qu'une fois notre tâche achevé, ce qui prenait parfois des semaines, et à la fin d'une tâche, une autre nous était confiée. Si l'enfer existe, il doit probablement ressembler à cela. Ho, j'oubliais. Si l'on s'effondrait ou refusait de travailler, nous étions torturés pendant bien plus longtemps, forcés de rester en vie et souffrir mille morts. Mais pas uniquement. Parfois, il s'en prenait à nos proches plutôt qu'à nous, et pour les plus malchanceux, leurs enfants. Géneviève perdit ses quatre enfants ainsi... et je les connaissais tous. Je les avais aidé et soutenu à plusieurs reprises... Je les avais accueillis quand leur tente se déchira une nuit d'orage... Mais ils ne furent pas tous dévorés. Ils accrochèrent le cadavre à moitié brûlé de la plus jeune à l'entrée de sa tente, et interdirent à qui que se soit d'y toucher."


Un nouveau spasme parcourut son corps, plus fort que le précédent. On pouvait lire une inquiétude presque mortelle sur le visage de Benton, d'habitude si calme et imperturbable, lui qui n'avait même pas esquissé une émotion lorsque son frère fut pendu haut et court devant ses yeux il y a fort longtemps. Il lança un regard au Roi. Juliette s'en aperçu et posa sa main droite sur celle de son père. Celui-ci se calma instantanément, comprenant le message muet de sa fille.


"Ceux avec qui nous partagions les tâches, ceux avec qui nous nous encouragions mutuellement pour ne pas céder, ceux qui partageaient notre fardeau, ils mouraient, les uns après les autres. C'est à ce moment que l'on est forcé de constater que la volonté de vivre des Hommes est une des forces les plus puissantes de ce monde. On n'osait plus se lier d'amitié ou ne serait-ce qu'avoir des contacts, parfois. Mais on le faisait quand même, malgré tout. La vie était très dur, et plusieurs dizaines d'esclaves mourraient chaque jour, mais les vomontois s'en fichaient. Il y avait presque plus de nouveaux arrivant que de morts, et quand notre nombre augmentait trop, ils nous exécutaient presque au hasard."


Juliette se remit à trembler, mais plus fébrilement. Elle but à nouveau, et continua son récit.


"Un jour vint alors les rumeurs. Les rumeurs sur la volonté du pays d'Albantt de marcher sur Torves. Au début, personne n'y croyait. Personne ne pouvait imaginer survivre à cet enfer. Puis les rumeurs s'intensifièrent. Elles gagnèrent en précision et en nombre. Les comportements des vomontois devenaient plus pressants encore. Ils tuaient plus facilement. Nous redoutions grandement la guerre, car il était certain qu'ils allaient nous utiliser comme chair à canon. Certains d'entre nous espéraient un siège, et un siège long. Notre mort serait alors rapide car personne n'aurait voulu gaspiller de la nourriture pour nous. Mais il en fut autrement. La première attaque a été aussi rapide qu'implacable. Les armées d'Albantt prirent d'assaut Torves à la tombée de la nuit, sans le moindre bruit, sans la moindre lumière permettant de dévoiler leur présence. Je le sais car j'étais sur les hauteurs de la citadelle à ce moment-là, avec une vue sur les environs de Torves, en compagnie de Milan, un autre esclave, avec lequel je... j'étais... proche... de lui. Il n'arrêtait pas de.. de me dire que notre calvaire serait bientôt terminé. Il me... me racontait son enfance à Trabelle, comment il avait vécu son voyage dans... notre... notre... capitale, pour me remonter... le moral. Il n'était pas particulièrement beau ni fort, mais il... Il était plein d'espoir, il souriait beaucoup... Je me demandais à chaque instant comment il faisait. Je l'écoutais, je buvais littéralement ses paroles... Il disait qu'il travaillait depuis longtemps à un plan d'évasion avec d'autres, mais qu'il ne pouvait pas encore en parler."


Une vague de larmes submergea son visage. Son père prit un mouchoir que quelqu'un d'autre lui tendit, et entreprit d'essuyer ses larmes. Juliette mit plus longtemps à récupérer cette fois. Quand elle se calma, le Roi avait envoyé trois hommes qui avaient fait des commentaires désobligeants à son égard, notamment sur le fait que la majeur partie de son récit était trop personnel et ne servait à rien, recevoir le traitement qu'il avait promis. Juliette poursuivit, non sans peine.


"Puis l'attaque survint, foudroyante. Rapidement, ce fut le chaos. Sans que l'on ait compris comment, les combats étaient partout. Milan m'agrippa le bras, me hurla quelque chose à l'oreille mais je ne compris pas. Puis il se mit à courir, alors je le suivis. L'on tomba rapidement sur des cadavres. Des vomontois. Milan ramassa une épée à la hâte et plusieurs autres choses, puis continua sa course. Je n'avais pas l'habitude de la citadelle, je ne savais pas où il allait. Il empruntait des petits chemins, des raccourcis, dans le noir complet souvent. Il travaillait depuis longtemps à la citadelle et visiblement, il avait mémorisé ses moindres recoins de façon extrêmement précise.


Il entra alors dans une salle jonchée de cadavres que je me refusais à regarder, et se mit à chercher quelque chose. Je lui demandai quoi, et il me répondit à la hâte que les loups carneux étaient en réalité aveugle et se fiaient beaucoup à l'odeur : odeur issue d'une fiole que l'on stockait dans cette salle. Je lui dis que si c'était le cas, nous l'aurions remarqué depuis longtemps, mais il précisa que l'odeur était subtile et presque indétectable pour un nez humain. Même s'il n'y avait aucune garantit que nous croisions un de ces monstres, il voulait s'assurer que ce ne serait pas notre dernière rencontre. Nombre de fioles avaient été brisés, mais il en trouva cependant une intact. Une seule, et cela n'était suffisant que pour une seule personne... Ne voulant pas prendre de risques, il m'enduisit de ce produit contre mon gré puis nous nous sommes remis à courir vers l'entrée de la citadelle.


Rapidement, j'eus un point de côté. On s'arrêta près des portes pour que je puisse me reposer, dans un coin sombre. La fureur des combats était insoutenable. Les bêtes se battaient autant que les humains. Les loups carneux des vomontois s'entre-déchiraient avec les tigres en armure des Albanttes. Le sang coulait et giclait à flots. Je fermais les yeux pour ne pas vomir. Une foule presque ininterrompue de soldats Albanttes affluaient par les grandes portes. Même les yeux fermés, je le savais. Je l'entendais. Les albanttes étaient nombreux, mais les loups carneux étaient des machines de guerre. Milan était obligé de me couvrir fermement la bouche pour que je ne hurle pas. Il me chuchotait des mots réconfortants, mais je n'y étais guère sensible. Je ne sais combien de temps nous avons attendus là, dans ce petit coin, priant pour que personne ne nous remarque.


Les soldats cessèrent d'affluer au bout d'un moment qui parut une éternité, et nous réussîmes à nous faufiler dans la vieille ville. Au moins, on avait pu se reposer un peu, et une entrée pour les catacombes, la cible de Milan, n'était pas loin. Un endroit où normalement on ne ressort jamais, mais qu'il avait entendu parler par des vomontois ivres qu'il existait une sortie si l'on suivait un certain chemin. Il disait que sans doute d'autres auraient la même idée, mais que les clés étaient rare, qu'il en avait justement une en sa possession, trouvée par chance sur le cadavre sur lequel il avait ramassé l'épée. Je n'avais même pas remarqué. Nous avons esquivé plusieurs patrouilles de soldats albanttes dans la vieille ville, les combats étaient quasiment finis ici-bas. La première entrée était gardé par des albanttes. Nous nous sommes dirigés par d'autres, et la quatrième fut la bonne.


Nous avions pénétré dans les catacombes, mais la clé ne nous servit à rien : l'entrée était ouverte et couverte de sang, ainsi que de plusieurs restes humains. Nous avons croisé d'autres esclaves comme nous, qui s'étaient réfugiés ici. Certains refusèrent de continuer, prétextant que c'était trop dangereux. D'autres nous accompagnèrent, dans l'espoir de fuir enfin cet endroit. Milan nous conduisit au début à travers le dédale, mais il n'eut pas besoin de beaucoup se fatiguer : les traces de sang et de cadavres étaient facile à suivre, même pour moi.

Quand enfin nous aperçûmes la sortie, une fausse-joie nous attendait. Nous avions tous reconnus Verselarmes, le plus grand loup carneux des vomontois, debout au milieu de dizaines, de centaines de cadavres de soldat albanttes et de plusieurs tigres. Il avait tenu la position visiblement tout seul, son armure de roches, d'ordinaire brune et parfaite, était cramoisi et défoncé à de nombreux endroits, avec des lances plantées dedans. Il tournait en rond en boitant, sa patte avant-droite visiblement cassée. Il poussait des cris étouffés, voir plaintifs. Cependant, derrière lui filtrait les quelques rayons du soleil de l'aurore, et cela lui donnait une silhouette irréelle. Beaucoup prirent peur et commencèrent à rebrousser chemin. Mais, étrangement, ce fut moi qui les arrêta. Je leur dis qu'ils n'avaient pas parcouru tout ce chemin pour rien, que la sortie était juste à quelques pas, qu'ils avaient tous vécus un enfer avant d'arriver ici, et que dans le pire des cas, se serait Cerbère qui mettrait fin à leurs souffrances. Une mort qui plus est rapide et sans douleur, n'était-ce pas ce que nous avions tous souhaité ? Je leur dis que plus nombreux nous serons, et plus chacun de nous aurait ses chances de passer. Verselarmes étant gravement blessé, il ne pourrait pas tuer tout le monde si nous courons tous sans nous arrêter. Je leur dis que le jeu en valait la chandelle. Et... Ils m'ont écouté. Tous sans exception, ont fait volte-face.


Alors, nous avons couru, ensemble. Verselarmes se figea en nous voyant, se positionna au milieu du chemin et nous grogna fébrilement dessus pour nous décourager d'avancer. Nous l'avons ignoré et avons continué à courir. Quand le premier d'entre nous arriva à une dizaines de mètres de Verselarmes, il bondit. Il bondit à une vitesse qu'aucun d'entre nous n'aurait cru possible, même pour un loup carneux, surtout pour un loup carneux aussi mal-en-point. Il sépara le pauvre homme en plusieurs morceaux d'un coup de patte. De sa patte sur laquelle il boitait naguère, et nous avons tous compris en même temps qu'il nous avait dupé. Sa patte était parfaitement valide, bien que son armure de roches, elle, était bien amoché. Et ce fut la débâcle, tous hurlèrent. Certains rebroussèrent chemin. D'autres se jetèrent à terre, et prièrent pour une fin rapide. Une prière qui, je pourrais le parier, fut la seule qui leur ai jamais été exhaussé. Verselarmes bondissait et rebondissait sur les murs en dessinant des motifs de sang dans l'air et sur les murs à chaque passage. Il utilisait autant ses pattes que ses crocs, séparant les torses des jambes à une vitesse effroyable. Il hurlait à plein poumons, d'un hurlement beau et puissant, comme s'il chantait un hymne à ce massacre, hymne qui résonnait dans le tunnel, dans un écho qui se répondait à lui-même. Le temps était comme figé. C'était comme si Verselarmes découpait tout le temps le même pauvre homme. Cependant, il nous épargna, Milan et moi, sans doute à cause de la fiole que Milan avait versé sur moi. Collé l'un à l'autre, courant avec littéralement la mort qui virevoltait autour de nous, nous franchîmes la sortie, seuls. Le tunnel se rétrécissait si fortement vers la fin, nous pouvions à peine tenir l'un contre l'autre, qu'il était impossible pour Verselarmes de nous suivre. Le cauchemars était terminé. Il n'y avait personne dans la plaine, à part des arbres, des plantes et de l'herbe. Nous sommes restés quelques instants figés. Nous avions réussi. Des larmes de joie coulaient abondamment sur nos joues.


Soudain, un fracas épouvantable retentit dans le tunnel derrière nous. Nos deux cœurs s'arrêtèrent de battre, nos larmes séchèrent instantanément. Nous nous sommes retournés lentement, mais plus rien. Puis un grand bruit commença à nous parvenir. Un bruit de course. Une course de géant. Et nous le vîmes. Verselarmes courait dans le tunnel, et il se jeta contre les parois qui se rétrécissaient. Et elles explosèrent. Verselarmes ajouta son hurlement, de douleur, à tout ceci. Puis il s'éloigna, puis il recommença. Milan et moi restèrent figés de terreur. Milan me ré-agrippa alors le bras sans un mot, et nous nous remîmes à courir à perdre haleine, le plus loin possible. Cependant, nous avions à peine fait quelques centaines de mètres et commencer à monter la colline, que l'entrée des catacombes ne fut plus qu'un souvenir. Verselarmes avait démoli le tunnel et pulvérisé l'entrée, en se jetant dessus de tout son poids. Il l'avait toutefois payé cher : on apercevait à divers endroits ses os mis à nu, et du sang coulait abondamment de ses plaies. Mais il n'abandonnait pas. On lui avait dit sans doute de ne laisser personne passer, et il entendait bien ne pas décevoir ses maîtres. Il hurla, puis se lança à notre poursuite. Ce fut le moment le plus terrifiant de ma vie. Nous étions tellement paniqué qu'il nous était impossible de nous retourner, en tout cas, pour moi. On n'entendait que le son de sa course qui se rapprochait, inlassablement. Plus près. Encore plus près. Toujours plus près. A chaque instant, je me disais que c'était fini, que ses mâchoires allaient se refermer sur nous et s'en serait terminé. Je n'imaginais pas que ce bruit pouvait s'intensifier encore. Je serrais la main de Milan aussi fort que je le pouvais, et je fixais le bout de la colline. J'avais de nouveau un point de côté et mes jambes me faisaient souffrir le martyr, mais je courais encore. Et puis un miracle se produisit. Nous avons finalement atteint le sommet de la colline, et nous sommes tombés presque nez à nez avec le reste de l'armée Albantte. Nous avons hurlé. Le soldat le plus proche de nous s'avéra être le général Nichellbeth, à quelques dizaines de pas de nous, et il était avec son tigre géant, Aubeclaire, l'un des deux seuls de l'armée Albantte. Il devait avoir entendu la course de Verselarmes, parce qu'il se dirigeait vers nous, et rapidement. Nous nous sommes jetés au sol tandis qu'Aubeclaire bondissait au-dessus de nous. Nous avons roulé violemment jusqu'aux pieds du général Nichellbeth, qui s'empressa de me demander si j'allais bien. Je lui répondis que nous étions éreinté et mort de peur. Il me dit qu'il n'y avait que moi. Je lui dis que non, que Milan était... Mais je ne sentais plus sa présence. Je tournais alors lentement ma tête, et vis que je tenais fermement la main de Milan dans la mienne, mais que son bras n'était pas attaché à sa main. Sans réaliser, je tournais la tête vers le combat entre Verselarmes et Aubeclaire. J'aperçus alors les restes de Milan éparpillés un peu partout autour de la zone de combat. Il était mort. Verselarmes l'avait attrapé juste avant que nous ne sautions, et m'avait raté de peu, selon le général Nichellbeth. Cependant, je porte maintenant son héritage en moi."


Juliette finit son récit en larmes, les deux mains sur son ventre.
Lun 4 Aoû - 07:22 (2014)
Auteur Message
christine
Super Coup de Coeur
Super Coup de Coeur

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 988
Localisation: cholet

MessagePosté le: Lun 4 Aoû - 14:36 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

He bien He bien quelle histoire!


Il y a du monstre, du sang, des mechants, des gentils (evidement il en faut), une histoire d'amour.
J'aime beaucoup la SF et ton histoire retracant les malheurs de cette Juliette dans cet environement la c'est une bonne idee.
J'ai suivi son recit, j'ai eut mal avec elle j'ai voulu l'aider a courir plus vite pour ne pas se faire attraper pas ce Verselarmes (un nom tres bien trouve). 


Il y a quelques petits endroits ou j'ai du relire pour etre sure d'avoir bien tout compris. Le temps employe aussi parfois m'a surprise (je suis la premiere a faire ce genre de fautes). Mais sinon c'est un bon texte.
Et pas si long que ca, quand l'histoire est bonne on lit avec plaisir, et ca ete  mon cas.
_________________
Un sourire ca fait toujours plaisir
Lun 4 Aoû - 14:36 (2014)
Auteur Message
ATea
Plumivores
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Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 945

MessagePosté le: Mar 5 Aoû - 00:49 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

Hum.
L'avis qui suit, est l'avis d'une personne qui ne connaît pas vraiment les histoires médiévales... (c'est l'impression que ça m'a donné plus que SF, si je me plante, j'en suis désolée... ^^)
probablement parce que je n'accroche pas trop à ce style d'histoires.

Bref.

Le truc qui m'a vraiment vraiment paru étrange, c'est qu'elle est censée avoir trente ans (par le thème), mais que j'avais l'impression (physiquement) que c'était une gamine. Et cela n'a rien à voir avec le fait que le Roi l'appelle "enfant") et du coup, ce physique contrastait en fait avec son discours. En fait, je suis plutôt déconcertée. Je n'arrive plus à me l'imaginer.

Et dans son discours, je le trouve trop "contemporain" justement malgré les noms propres renvoyant à un style médiéval (oui j'y tiens mais c'est vraiment l'impression que j'ai eu)

Mis à part ça, l'histoire se déroule assez bien, les quelques pauses n'étaient pas toujours nécessaires pour ma part (ou trop semblables) mais je rejoins Christine pour dire que la "longueur" du texte ne s'est pas faite sentir.

Ceci dit, Merci pour le taux d'hémoglobine au petit dej
_________________
ATea.
Mar 5 Aoû - 00:49 (2014)
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Auteur Message
Benethar
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MessagePosté le: Mar 5 Aoû - 03:33 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

L'impression que c'est une gamine ? C'est un peu bizarre que tu dises cela, puisque je ne la décris pas vraiment (je trouvais ça inutile). Je mets juste l'accent sur sa condition physique (et indirectement son mental) déplorable dû à des années d'esclavage très rude, ce qui peut effectivement donner l'impression qu'elle est plus jeune, d'une certaine manière. Pour ce qui est du Roi, je trouve normal que dû à son âge avancé et à sa condition, il l'appelle "enfant".

Pour le discours contemporain, tu as tout à fait raison, j'avais pas envie de me briser les bijoux de famille avec du vocabulaire de l'époque puisqu'il m'a déjà fallu plusieurs soirées pour arriver au bout xD Si j'avais tout voulu bien faire, j"aurais jamais sorti le texte à temps.

En tout cas, merci pour les références à la longueur du texte, ça fait plaisir!
Mar 5 Aoû - 03:33 (2014)
Auteur Message
Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
Coup de Coeur ...

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 4 563

MessagePosté le: Mar 5 Aoû - 11:25 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

Waow j'imagine le temps que tu as consacré à ce texte, chapeau ! Personnellement je ne suis pas attirée en général par le genre médiéval, moi non plus. Du coup, le côté actuel du langage a été un plus pour moi Ton histoire est vraiment très écrite, très pensée jusque dans les détails. Moi j'ai aimé la façon dont tu as fait des voix le fil conducteur du récit, l'attention particulière aux descriptions des voix, et du coup des émotions.

Bref, je te dis bravo ! Parce que j'ai rien lâché et j'ai trouvé ça passionnant
_________________
Rafistoleuse
Mar 5 Aoû - 11:25 (2014)
Auteur Message
Matt Anasazi
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MessagePosté le: Jeu 7 Aoû - 18:26 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

D'abord, je salue la densité la longueur et l'imagination de l'univers que tu crées ! La fantasy est tout un art et tu déroules l'ambiance heroic fantasy l'air de rien en multipliant les références (GoT, et le seigneur des anneaux pour ne citer que celles que j'ai repéré !)
Maintenant, je comprends la remarque d'Atea concernant Juliette et sa jeunesse : dans l'univers fantasy souvent les enfants sont plongés dans les horreurs de la guerre (Aria Stark pour ne parler que de GoT) et du coup, les remarques de Juliette tendent à la rendre très jeune par leur candeur. Ce n'est pas une faiblesse selon moi mais plus un décalage par rapport à la contrainte !)


En tout cas sacré boulot que tu as abattu (petite info que je n'avais pas pu te transmettre : si j'avais pu participer au défi remake c'est ton texte "Mackenzie" que j'aurais réécrit du point de vue des indiens  cachés dans les fourrés pendant l'exploration)
_________________
"Faire sortir les maux de l'âme, c'est la psychanalyse.
En faire sortir des mots, ici naît la littérature."
Jeu 7 Aoû - 18:26 (2014)
Auteur Message
Benethar
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Inscrit le: 15 Mar 2014
Messages: 128
Localisation: Orléans

MessagePosté le: Jeu 7 Aoû - 19:40 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

Ha je vois, avec la remarque de Matt je comprends mieux pourquoi vous sentez que Juju fait plus jeune, et effectivement, en me relisant, je le sens moi-même. Merci de la précision!

Ha Matt, j'aurais tellement aimé lire ce texte! L'idée est excellente, en tout cas. Raah, j'suis trop triste maintenant xD
Jeu 7 Aoû - 19:40 (2014)
Auteur Message
Octobell
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Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 1 670

MessagePosté le: Lun 1 Sep - 15:15 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

Ton commentaire est passionnant, Matt ! On voit que tu maîtrises le sujet.

Cela dit, quel texte ! Je sais pas si tu as tout inventé au cours de cette semaine-là ou si tu as retranscrit un univers que tu maîtrisais déjà, mais c'est d'une richesse et d'une imagination impressionnantes. Les noms, les lieux, les situations, tout est vraiment réfléchi, bien pensé, bravo !!

D'ailleurs l'histoire en elle-même est captivante, et tu as un style d'écriture suffisamment léger pour qu'on ne soit jamais vraiment perturbé par la longueur. Attention toutefois aux (trop) nombreuses erreurs de syntaxe, qui peuvent couper dans la lecture, parce que certaines phrases sont incompréhensibles.

Ton mode de narration m'a fait penser aux Infortunes de la vertu, de Sade. Oui bon, ok, on est pas dans le même genre d'histoire... Mais y'a aussi une Juliette dans l'histoire, et une jeune fille qui raconte ses malheurs par le biais d'un monologue.. Et comme toi, elle ne s'arrête jamais dans l'horreur, et chaque situation renvoie à un moment encore pire que le précédent.
_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.
Lun 1 Sep - 15:15 (2014)
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Benethar
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Inscrit le: 15 Mar 2014
Messages: 128
Localisation: Orléans

MessagePosté le: Dim 7 Sep - 00:02 (2014)    Sujet du message: Captive Répondre en citant

J'ai tout inventé durant la semaine. Rien de ce que j'ai fait ou pensé jusqu'à présent se rapprochait, de près ou de loin, de ce que je voulais faire. D'habitude, les récits remplis de larmes et d'horreur, c'est pas vraiment mon truc, alors j'ai pris le temps de poser les bases une à une. C'est aussi en grande partie pour ça que l'écriture m'a pris longtemps. Ce qui fait une parfaite transition pour ta remarque suivante, puisque comme j'écrivais jusqu'à tard et que j'ai pas eu le courage de me relire, certaines phrases sont... diamétralement branlante xD désolé.

Je sais pas si c'est le texte dont tu parles, mais la lointaine mémoire d'un écrit que j'avais lu au collège m'a servi de point de départ. Il y a en effet une femme qui raconte ses malheurs et chacun d'entre eux est pire ou presque que le précédent. Je me souvenais juste de ça
Dim 7 Sep - 00:02 (2014)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:10 (2016)    Sujet du message: Captive

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