S’enregistrer FAQ Rechercher Membres Groupes Profil Se connecter pour vérifier ses messages privés Connexion
L'Histoire

 
  Jetez l'encre ! Index du Forum » » Evènements Terminés » Cadavre Exquis
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Octobell
Coup de coeur
Coup de coeur

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 1 670

MessagePosté le: Lun 25 Aoû - 23:43 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
1989



Carter Halton toussa pratiquement à s’en cracher les poumons. La douleur dans son ventre qui le forçait à se tordre sur le sol était telle qu’il ne sentit pas immédiatement sa rugosité. En revanche, la poussière qui se soulevait à sa respiration saccadée l’interpela. La vision encore floue, il se positionna à quatre pattes, histoire d’avoir un meilleur aperçu de l’endroit où il se trouvait. L’étendue désertique qui s’offrait à lui, ainsi que les quelques falaises qu’il distinguait au loin ne lui étaient pas du tout familières. Où avait-il atterri ? Et comment ? La dernière chose dont il se souvenait, c’était les tribunes du Citi Field Stadium où les Mets s’opposaient aux Dodgers de LA. Là, il n’avait pas du tout l’air d’être à New York ni dans le moindre de ses environs. Il y avait trop de soleil, déjà !

Il se releva avec difficulté, sans réussir à retenir un gémissement de douleur, et vacilla lorsque sa tête lui tourna violemment. Il se la prit entre ses deux mains, s’agrippant presque à ses cheveux.

« Qu’est-ce que c’est qu’ce truc… » Marmonna-t-il d’une voix inintelligible. Il tourna maladroitement sur lui-même, lentement, pour ne pas trop agiter toutes les douleurs qui lui traversaient le corps. Au loin, il pouvait distinguer la silhouette d’une habitation, noyée sous les vagues formées par la chaleur aride dans l’horizon. C’est en titubant qu’il s’élança dans cette direction, priant pour qu’il ne s’agisse pas d’un mirage. Il sortit son smartphone de la poche arrière de son jean, et ne fut aucunement surpris de constater que celui-ci était totalement hors service. Il supposa qu’il était simplement à cours de batterie, puisqu’il ne semblait pas cassé. Ce détail le poussa plus encore à l’interrogation. S’il était « tombé » ici, n’aurait-il pas cassé son téléphone ? Oh, et puis de toute manière, Comment avait-il atterri dans cet endroit ? Il n’avait même pas vu de traces de roues laissées par un véhicule dans la poussière. C’était à croire qu’il était arrivé là par l’opération du Saint Esprit. Lauren ne le croirait pas. Elle penserait qu’il avait encore agi sur un coup de folie après une soirée trop arrosée, et elle annulerait cette dernière chance qu’elle lui avait promis.

Il lui fallut de longues, très longues minutes pour arriver jusqu’à l’habitation, mais au fur et à mesure qu’il avançait, il se sentait de plus en plus en forme, comme si ça faisait simplement trop longtemps qu’il n’avait pas été en état de marche. Ce n’était qu’une vieille bicoque en bois qui lui faisait face, presque prête à s’écrouler. Un pick-up déjà dépassé dans les années 90 était garé devant, et sous le porche, un vieillard contemplant devant lui, l’air absent, dans un rocking chair. A l’intérieur, on pouvait distinguer le bruit d’une vieille télé, mais Carter était prêt à mettre sa main au feu qu’il n’y avait personne d’autre que ce vieillard dans les parages. Il avait l’impression de se retrouver dans un film de série Z. Et étrangement, il doutait que le bonhomme ait un chargeur pour un Iphone 5.

« Hum… Euh… Excusez-moi… »

Le vieil homme tourna dans sa direction le même sourire niais que celui qu’il lançait déjà au loin.

« Sally va revenir. » Déclara-t-il pour toute réponse, et Carter hésita un bref instant.
« Oui… Est-ce que vous avez un téléphone ? J’aimerais joindre ma fiancée. »

Il espérait juste que le vieillard ne lui demande aucune explication. Que lui dirait-il de toute façon ? Il ne savait pas lui-même ce qu’il faisait ici, ni combien de temps s’était écoulé depuis le match des Mets contre les Dodgers. Mais étonnamment, l’homme se contenta de se lever – ce dont Carter ne le soupçonnait même pas capable – et l’entraîna à l’intérieur de la bicoque.

Pas très loin de l’entrée, sur une petite table qui comprenait également un plateau sur lequel était disposé un trousseau de clé, se trouvait le fameux téléphone. Tout droit sorti des années 80, avec écran rotatif. Bien conservé, qui plus est !

« Ca marche encore ? » Ne put s’empêcher de grimacer Carter, et le vieillard lui adressa une œillade outrée.
« Bien sûr que ça marche encore, monsieur ! Je l’ai fait installer l’année dernière ! »

Sur ces mots, il s’enfonça dans la demeure, s’installant devant le poste de télévision à écran cathodique. Carter, dans un soupir, amena le combiné du téléphone à son oreille, tout en conservant un œil sur les mouvements du vieillard. Et ceux de la télévision, au demeurant. Il ne composa jamais le numéro de Lauren. Les images de l’écran lui firent oublier tous ses projets sur le court terme, et tandis que la journaliste, habillée et coiffée de façon trop dépassée pour être honnête, annonçait le survol de Voyager 2 au-dessus de Neptune, il posa la question la plus improbable qui lui semblait être :

« Excusez-moi, monsieur… Mais quel jour sommes-nous ? »
« On est le 27 août 1989 mon brave… Et le rhum fait toujours autant de ravages… » Ajouta-t-il pour lui-même, avant de se redresser et d’adresser son plus large sourire à Carter. « Sally ne va pas tarder maintenant. »


_________________
Octobell

Tous les propos exprimés dans les bonus de ce DVD n'engagent que l'intervenant
et ne sont en aucun cas le reflet de l'opinion de JE! Corp.


Dernière édition par Octobell le Sam 30 Aoû - 17:17 (2014); édité 1 fois
Lun 25 Aoû - 23:43 (2014)
Visiter le site web du posteur
Auteur Message
Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
Coup de Coeur ...

Inscrit le: 11 Sep 2013
Messages: 4 563

MessagePosté le: Jeu 28 Aoû - 05:31 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

Le vieil homme affichait une sérénité au moins proportionnelle à l’angoisse de son visiteur. Il restait imperméable aux regards interrogatoires de Carter. Des questions, il ne s’en posait plus depuis un certain temps.


Carter reposa le téléphone, encore sonné par la révélation que venait de lui faire son interlocuteur. Impossible de relativiser les choses, à ce stade. Impossible d’émettre un quelconque son, il mourrait de soif. Après avoir difficilement ravalé sa salive, il se risqua à demander.


Vous auriez un peu d’eau s’il vous plaît ?


Le petit vieux lui indiqua du bout du menton un verre qui trônait sur la table. Le verre avait dû être transparent dans une autre vie. Dans celle-ci il était jaunâtre, avec plusieurs couches, comme si les liquides avaient séché à différents niveaux. Le verre était plein. D’eau, il préférait l’imaginer. Carter avait atterri là depuis peu, mais était forcé de constater qu’il allait devoir redéfinir ses priorités et sa notion du confort minimum. Il saisit le verre, grimaça au contact chaud de celui-ci, mais le porta néanmoins à ses lèvres.


Manquant de s’étrangler en avalant une gorgée, il fut assailli d’une nouvelle quinte de toux qui réveillait des brûlures à chaque respiration. Plié en deux par la douleur, il ferma les yeux afin de reprendre contenance. Il prit quelques minutes pour calmer son souffle, priant pour ne pas avoir à goûter une autre gorgée infâme.



* 
 
Carter rouvrit les yeux, interpellé par une musique qui lui semblait familière. Il ignorait le laps de temps qui s’était écoulé mais l’endroit dans lequel il se trouvait n’avait plus rien à voir avec la cabane branlante du vieillard. La voix de Robert Smith émanait d’un vieux tourne-disque.


« More for it's much too late to get away »


Lullaby était un incontournable de sa playlist depuis des années, et malgré le désarroi dans lequel Carter se trouvait, il esquissa un sourire d’une demi-seconde. Un rapide balayage du regard lui confirma ce qu’il craignait. Dans cette chambre où il avait atterri, une game-boy flambant neuve traînait sur un matelas. En guise de tête de lit, Meg Ryan à califourchon sur Billy Cristal.
« Je suis foutu » se surprit Carter à parler à haute voix.
«  - N’as-tu jamais dansé avec le diable au clair de Lune ? » La voix parvenant dans son dos lui fit faire un bond. Au cœur, le bond, le reste de son corps s’était liquéfié sur place. 


Un jeune homme avait fait irruption. Pantalon jean, veste jean ouverte sur un t-shirt blanc, cigarette au bec, et mèche de cheveux qui lui frange les yeux.


- Pardon ?
-         -  Pourquoi ?
-          - Laissez tomber, je suis où là ?
-          - Dans ma piaule !
-          - Euh… oui bon…
-           - Ecoutez j’ai un problème, je ne sais pas comment j’ai atterri ici… Je n’ai aucune idée d’où je suis …
-          - L’Utah, mon vieux. T’as l’air perché, sérieusement.
-          - J’étais en train de regarder un match et …
-          - 3615 ta vie j’en ai rien à foutre…»
Carter comprit rapidement que s’il voulait s’en sortir, s’il avait une chance de se tirer de ce trou, ce ne serait pas en se mettant le gamin à dos.



« Pas mal cet album… Disintegration, hein, ça déchire ! » s’exclama Carter dans l’espoir de renouer le contact.


Aucune réponse, pas même un regard.


« Tes parents sont où ? «  Insista Carter, maladroitement.
«  Mais où est Batman, il est à la maison, il lave ses collants ! » S’agita d’un coup le jeune homme.
« Putain de bordel, je suis en train de rêver, pourvu que ce soit un putain de rêve… » Pensa Carter intérieurement.


Un long silence suivit. Carter restait les pieds cloués au sol. Incapable de penser. Sa situation défiait toute logique.


« Sally peut attendre… » Intervint l’adolescent. « Elle sait que c’est trop tard, tant qu’on continue à avancer ».
« Oasis ! » S’exclama Carter.
«  Pas ici non… »
« Hein ?
« Jack est mort, mais tu peux m’appeler Joker ! »
« Ouais ça va j’ai saisi... »
_________________
Rafistoleuse
Jeu 28 Aoû - 05:31 (2014)
Auteur Message
Yannick Darbellay
Giga Coup de Coeur...
Giga Coup de Coeur...

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 2 837

MessagePosté le: Sam 30 Aoû - 21:48 (2014)    Sujet du message: segment 3 Répondre en citant

27 août 2014, New York City.


« Nous voilà de retour au Citi Field Stadium, pour assister à la troisième manche d'un match fou. Quelle tension, John Michael, quel suspense !
-Tout à fait, Terry, et il est important de rappeler que le vainqueur de ce match accédera aux séries finales, pour affronter les Yankees, déjà qualifiés.
-Effectivement ! Et c'est donc au tour des Mets de passer à l'offensive pour tenter de revenir au score. Pour cela ils peuvent compter sur le talent de leur troisième but, le brillant David Wright. Un grand joueur doublé d'un grand homme !
-Eh oui, et il semble concentré. Il empoigne sa batte, la caresse, puis se désaltère une dernière fois avant de rejoindre le terrain. L'expérience parle. La chaleur est terrible, il faut prendre soin des organismes. Oh, mais... Regardez-le, il s'étrangle...
-Pas de chance, ce n'est pas le moment de se déconcentrer ! Ahlala, le pauvre, il a avalé par le zig, et l'eau est passée par le zag... Le voilà qui tousse, comme un lapin fauché en plein vol !
Mais... Oh mon dieu... Il...
-Il a disparu ! »




* 
 
 
Carter Halton sentait la colère monter en lui. Le gamin, sans plus lui prêter attention, s'était affalé sur son lit, Game boy en main. Les synthés de The Cure avait rendu l'âme, et seule s'élevait maintenant, la mélodie entêtante de Tetris. C'était insupportable.

« Putain, môme, je rigole plus, là. Tu réponds, ou je te fais bouffer ta console. Grogna Carter. C'est quoi ce bordel... On est filmé, c'est ça ? Ah ! Ah ! Oui c'est ça, c'est pour Scare Tactics, hein ? Lauren tu peux te montrer, j'ai découvert le pot-aux-roses. C'est une caméra cachée ? Putain, il se passe quoi, là ?! »
« Je sais pas, c'est vous le doc, Doc ! »
L'ado sourit, puis se glissa sous son duvet fluo. Il se remit alors à jouer, lâchant un soupir d'aise.


C'en était trop pour Carter, qui attrapa un cassettophone posé à portée de main et le projeta contre une étagère chargée de figurines Star Wars.


Au même moment, un fracas terrible retentit, faisant vibrer toute la maison. Halton réajusta machinalement ses lunettes, et s'épongea le front.


« C'est... c'est pas moi qui ai provoqué un pareil vacarme, merde, j'ai juste balancé un walkman... »
« C'est pas vous. Ça provenait d'à côté » confirma le garçon, avant de reprendre sa partie.


Hésitant, Carter traversa la chambre, et entrouvrit la porte. Celle-ci donnait sur un couloir spacieux, qui débouchait sur une salle de séjour lumineuse. Tout paraissait intact. Il poursuivit son exploration et se dirigea vers la pièce principale. 
Il s'apprêtait à entrer dans la cuisine, quand son cœur fit un bond dans sa cage thoracique. Un homme gisait sur le tapis à motifs seventies, et râlait faiblement en reprenant ses esprits. Halton contourna la table et s'approcha de lui avec prudence. Il dut contenir un nouveau cri de stupeur en découvrant le visage de l'inconnu. La mâchoire large, le nez sympathique, la barbe de quelques jours et le sourcil fourni. Vêtu de la tunique blanche à rayures des Mets, David Wright se tenait à ses pieds, là, à trente centimètres de lui.


« Où... Où sommes-nous ? » murmura le sportif.
« J'en sais foutre rien. Mais vous êtes... Je veux dire, c'est bien vous? »
Reprenant ses esprits, Wright se redressa et dévisagea l'homme assis à ses côtés.
« Jusqu'à preuve du contraire, je crois pouvoir dire que je suis moi. Mais qu'est-ce que je fais là ? »
« Aucune idée... Y a vingt minutes de ça, je me trouvais en tribune, et je vous regardais vous faire dérouiller par les gars de la côte Ouest. Après quoi je me suis retrouvé à quelques encablures de la bicoque d'un vieillard puis me voilà ici, avec un petit con. »
« Merci, ça va oui ! »
« Oh pas vous ! Je suis un grand fan, j'ai suivi toute votre carrière, vos gants dorés, en 2007 puis en 2008 et... tout, tout, tout ! »
Wright l'écoutait à peine, trop interloqué pour comprendre quoi que ce soit. Il s'apprêtait à répondre quand une voix s'éleva derrière lui.
« Z'êtes carrément perchés, les gars. 2008 ? Faut vous réveiller, on est en 1989. Zyva, quoi, laisse béton. » il ponctua sa phrase par un soupir méprisant et esquissa une mimique moqueuse.


Il n'en fallut pas plus à Carter pour entrer dans une rage folle. Il se releva d'un bond, et, attrapant la batte de son idole, se jeta sur l'adolescent. D'un bras, il le maintint plaqué contre le mur, et de l'autre le menaça avec le bâton de bois.


« Tu vas parler, putain ! C'est ta dernière chance, après je t'explose la tronche ! »
Le garçon bégaya. Son sourire s'était figé, et la peur se lisait à présent sur son visage.
« Sally... Sally saurait vous répondre... Elle viendra... »
« Merde mais c'est qui, Sally ? »
« C'est... Sally, c'est l'origine... Elle doit venir bientôt... »
Puis le jeune homme se mit à pleurer. Une odeur d'urine flottait dans l'air. Un peu honteux, Carter Halton relâcha sa prise.


Wright qui essayait toujours de digérer les événements récents, s'était remis sur pied, et s'approcha du gamin.
« Toi ! Je t'ai vu ! »
L'ado en pleurs, ne répondit pas.
« Aujourd'hui, tu y étais ! Tu es toujours là, au premier rang, près de l'entrée des joueurs. High five, toujours, à chaque match, et ma tunique sur le dos ! »
« Je... Je vous ai jamais vu, monsieur. Jamais ... »
« Bien sûr que si, tout à l'heure tu m'as tapé dans la main... C'est quoi cette farce ?! »
Dépassé, l'athlète se prit la tête entre les deux mains, et se mit à soliloquer à voix basse.
« Où sont tes parents ? » interrogea Carter.
« Ils sont sorti, m'sieur. Au restau. »
« Sortons. En voilà une bonne idée ! »


À mesure qu'ils approchaient de la sortie, le garçon reprenait du poil de la bête.
L'homme ouvrit la porte d'entrée, et l'ado partit d'un rire inextinguible.
« Yippee-ki-yay, motherfucker ! » lança-t-il entre deux éclats de rire.


La fournaise leur sauta au visage. Le désert aride d'Utah s'étendait devant eux d'Est en Ouest. Seule une maison, à cent mètres de là, rompait le décor sauvage qui s'offrait à leur vue, une baraque misérable sur le perron de laquelle se balançait un rocking chair occupé.
Carter vacilla.


À cet instant, une détonation se fit entendre, au loin. Au-delà même de l'habitation en bois, et, sous leurs yeux ébahis, apparut, au milieu d'une tempête de sable, soulevée par le souffle de l'explosion, une bâtisse imposante qu'ils pouvaient aisément distinguer en plissant les yeux.
Une seconde explosion retentit, puis une autre, et deux nouvelles habitations se dessinèrent à l'horizon.


Wright et Carter échangèrent un regard, puis, déterminés, posèrent les pieds sur le sable brûlant.
Sam 30 Aoû - 21:48 (2014)
Visiter le site web du posteur
Auteur Message
hector vugo
Super Master CDC *
Super Master CDC *

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 819
Localisation: vigneux sur seine

MessagePosté le: Dim 31 Aoû - 16:58 (2014)    Sujet du message: part 4 Répondre en citant

Trois buildings en plein désert et deux abrutis pas loin, ajoutez-y l’incroyable ironie du destin voulant que les deux zigottos, si on accolait la première lettre du nom pour l’un et du prénom pour l’autre, se posaient comme les dignes successeurs des commodités. Wright et Carter : WC.
Ce n’était qu’un détail. En d’autres temps, il leur aurait arraché un sourire. Mais ni Wright, ni Carter n’avaient le cœur à se détendre les zygomatiques. L’un désirait réintégrer les Mets et finir son « putain » de match, l’autre revoir les tribunes, puis ensuite être à l’heure pour son rencart avec Lauren.
Les données du problème étaient là, terrifiantes, insolubles, tant Dieu avait redistribué les cartes et mis la panique.
Déjà l’Utah ce n’était pas la porte à côté, avec en plus 25 ans de décalage, bonjour l’angoisse !! Ce n’était plus un jet lag, c’était un has been jet lag.
En attendant, W et C avaient choisi d’agir et de foncer tête baissée, à la Républicaine.
Direction l’immeuble le plus proche d’eux, un gratte-ciel New Yorkais avec un étrange logo, celui de NBC.
A peine rentrés dans le hall, W et C eurent un nouveau choc. Ils atterirent dans un cocktail mondain avec Jimmy Fallon du Tonight Show entouré d’une pléiade de célébrités comme Bruce Springsteen, Michèle Obama, Tom Cruise, Scarlett Johansson et Woody Allen.
- David Wright ! le fameux joueur des Mets ! si je m’attendais s’égosilla Fallon, je ne rate pas un de vos matchs.
- Je vais vous faire une confidence, je ne rate pas un de mes matchs. Sauf aujourd’hui avoua David
- Quelle coïncidence ! moi aussi. Je viens de finir l’enregistrement de l’émission qui passe ce soir. On va casser le baraque, oh pardon Michèle. Bien… Messieurs, prenez un verre, joignez-vous à nous. Au fait David, vous n’avez pas fait les présentations. Qui est votre ami ?
- Un fan des Mets : Carter
- Carter ? Carter comme le vendeur de cacahouètes qui a été président. Ça change d’un avocat hein Michèle
Fallon frappa le dos de Miss Obama
- Jimmy se confiant à Wright : elle en fait une tête
- Peut-être n’a-t-elle pas votre sens de l’humour ?
- C’est impossible David, je suis drôle
- Woody Allen coupant la parole : pas autant que moi Jimmy
- Tu es hors concours Woody
- Jimmy tu diras au revoir à Ton et Scarlett de ma part. Je ne sais pas où ils sont passés
- Springsteen s’invitant à la conversation : C’est ça Tchao Woody puis sur le ton de la confidence : Je les ai vus partir ensemble aux toilettes.
- Jimmy hilare : ah ce Tom, quel tombeur. Une amie commune m’a dit que c’était un top gun.
- Woody mettant son imperméable : Tom avec Scarlett ? Mission impossible
- Carter timidement : Monsieur Allen, ce n’est pas un temps à mettre un imper’
- Mon cher vous n’avez pas entendu le déluge. Il y a un quart d’heure il tombait des sots d’eau sur New York
- Jimmy reprenant : j’ai vu le début de l’averse par la fenêtre. C’était une eau bizarre d’ailleurs, on aurait dit de la pisse de chameau
- Michéle Obama sèchement : Quand cesserez-vous avec votre humour Jimmy !
- D’accord Michèle je me tais
- Springsteen complétement à l’Ouest : C’est qui la gueularde, Jimmy ?
- C’est la femme du Barack, Bruce
- My God, j’ai cru que c’était Chris Rock avec une perruque
- Tu sais quoi le Boss, arrête avec le vin rouge. Ça ne te réussit pas
- C’est bon pour la voix Jimmy. Ecoute ça, tu veux : Born in USA !!!!! i was Born in USA !!!!!!
- Woody enfin décidé : Bon les gars je vous aime bien, mais je m’arrache
- Woody à votre place je resterai ici. Dehors ça vous faire drôle
- C’est gentil mon petit Wright mais je connais New York comme ma poche
- Pas ce New York là Monsieur Allen
Rien à faire, il partait, la pas sûr. Il allait toucher la porte de l’immeuble, presque la pousser, un vacarme digne de la fin du monde secoua l’édifice. Cela venait de dehors, comme des détonations.
Malgré la peur, Woody sortit.
On entendit presque un cri, une phrase : « c’est quoi ce bordel !!! Ils ont délocalisé New-York à Doha.
Ce n’était pas la capitale du Qatar, c’était le désert de l’Utah en 1989.
Pour Wright et Carter l’échelle des emmerdements venait de gravir des échelons supplémentaires.
Dim 31 Aoû - 16:58 (2014)
AIM MSN Skype
Auteur Message
Matt Anasazi
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 763
Localisation: Agen

MessagePosté le: Dim 14 Sep - 22:10 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

Woody Allen restait figé devant l’incohérence, l’absurdité même de la situation : le vent du désert lui fouettait le visage, l’ocre rouge des dunes lui crevait les yeux, son asthme légendaire se réveillait sous les grains de silice mais malgré tout, son cerveau refusait d’admettre l’évidence. Springsteen, Carter et Wright le rejoignirent, le rockeur enlevant lentement ses Ray Ban pour mieux écarquiller les yeux, les deux autres résignés à devoir accepter l’impossible et pire à « l’expliquer » si tant est qu’ils le puissent.


Soudain, les rafales redoublèrent et l’atmosphère devint électrique. Entre les deux buildings, des arcs d’énergie se matérialisèrent en crépitant. Les éclairs bleutés s’élevaient en vagues ondulantes entre les poutrelles métalliques et les grésillements des étincelles vibraient dans l’air. Woody lâcha ses lunettes et se tint la main. Bruce se pencha pour les ramasser quand Wright l’arrêta. Elles fumaient sur le sol, les branches tordues. Les verres se mirent à se fissurer en émettant des crissements légers. Le quatuor prit conscience de la vague d’énergie qui enflait dans l’interstice entre les gratte-ciels. Ils se ruèrent dans le hall du plus proche des deux et se jetèrent au sol. Au bout d’une dizaine de secondes, un long hululement semblable à un bruit de réacteur s’éleva, montant de plus en plus vite dans les aiguës.

Quand le son ne fut plus qu’un immense cri surhumain, les vitres volèrent en éclat dans une explosion rendue silencieuse par les stridulations de l’onde énergétique. Bientôt, les structures métalliques elles-mêmes gémirent sous les coups de butoir des vibrations.

Les invités de l’impossible hurlaient, allongés par terre. Terrifiés à l’idée de mourir, sans même pouvoir espérer avoir même le soulagement de comprendre la raison de leur mort.
Graduellement, le bruit décrut en passant d’un son continu strident à celui d’un oscilloscope qui mesurerait un courant alternatif de plus en plus faible. Puis le vent se calma et avec lui, l’onde d’énergie et le son devenu murmure.


Carter, Wright et Springsteen se mirent les premiers debout. La peur se lisait encore sur leurs visages. Ils aidèrent tous les autres à se redresser. Michelle Obama restait prostrée, refusant de se lever. Woody se redressa, bomba le torse : « J’ai survécu à l’apocalypse ! Appelez-moi Tom Cruise : je le mets au chômage pour Mission Impossible V.
- M. Allen, l’instant que vous venez de vivre n’est même pas une étincelle à côté de l’avenir qui nous attend. »


Tous se retournèrent. Au milieu des décombres de ce qui était cinq minutes auparavant un hall d’hôtel luxueux se tenait une jeune fille. Tout en elle respirait l’étrangeté et le mystère. Sa silhouette fluette flottait dans une robe tenant du sari orangé des moines bouddhistes. Elle en avait le port altier et la démarche lente mais un bracelet de cuir noir et des baskets Converse bleu marine brisaient l’harmonie d’ensemble. Son petit minois semblait flotter au dessus de ses épaules tant son cou paraissait fin. Des chevaux noirs de corbeau coupés au carré entouraient des joues graciles aux pommettes à peine visibles. Deux yeux noirs pétillaient de malice et d’intelligence. Un nez long et droit et une bouche fine et délicate terminaient un visage en pointe. On lui donnait à peine seize ans mais ses yeux semblaient avoir vu des guerres et des horreurs innombrables.

Carter s’avança, le pas incertain.
« C’est vous, Sally ? »
Un petit rire cristallin secoua le visage d’enfant.
« Peut-être que c’est mon nom. J’en ai eu tellement… »
Carter pria pour que cette réponse soit pour une fois une plaisanterie.
_________________
"Faire sortir les maux de l'âme, c'est la psychanalyse.
En faire sortir des mots, ici naît la littérature."
Dim 14 Sep - 22:10 (2014)
Auteur Message
Linelea
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 19 Sep 2013
Messages: 938

MessagePosté le: Dim 21 Sep - 00:35 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

« -Sally, Polly, Suzie, je m’en fous pas mal ! Je veux des réponses ! Déclara Carter.
 
Tout ceci n’avait aucun sens dans sa tête, et plus il essayait de trouver une raison logique à tout ça, plus ses idées s’embrouillaient. Carter se tenait maintenant à deux pas de la jeune fille.
-Vous les aurez, en temps voulu. N’ayez crainte, pour l’instant nous avons d’autres préoccupations.
-Je ne ferai rien, je ne bougerai pas, tant que je ne saurai pas pourquoi je suis ici ! »
Et sur ses mots, il s’avança davantage. David un pressentiment naissant dans les tripes s’avança également pour retenir Carter qui semblait sortir de ses gonds.
Le jeune spectateur n’eut pas la possibilité d’aller plus loin. Un faisceau de lumière apparut au-dessus de sa tête le faisant immédiatement disparaître. Les quelques spectateurs présents furent touchés du même phénomène avant d’avoir pu protester.
Sally sourit du coin des lèvres avant de poursuivre la même route, cette récolte semblait nourrir de grands espoirs.
 
******

 
La victoire des Mets est presque irréelle devant le jeu des Dodgers. Mais avec les frappes de David Wright, on peut dire qu’ils ont bien mérité leur victoire. N’est-ce pas Terry !
Tout à fait John, on peut dire que Wright a littéralement sauvé son équipe d’une défaite. Et que leur…

 
Carter se leva d’un seul coup. Tiré de son sommeil par la voix des deux présentateurs et de leur discours. Ça sonnait étrangement dans la tête de Carter.
Il était totalement déboussolé, son cerveau bouillonnait, il ne savait même pas où il se trouvait. Mais rapidement après avoir, regardé autour de lui, il put constater qu’il était sur son canapé et que la télé retransmettait le match de la veille.
Carter se releva légèrement, se frotta le cuir chevelu et grogna entre ses lèvres des insanités à l’encontre de son propre corps endolori.
 
« -Putain de rêve à la con ! »
Il se leva pour se diriger vers le coin cuisine, se servit un grand verre d’eau et l’avala d’une traite. Grossière erreur. Le liquide traversa sa trachée, et une violente douleur se réveilla, toute sa tuyauterie le brulait. Il toussa à plusieurs reprises, tenta d’avaler sa salive sans que cela ne le soulage. Tout à coup, lui eut la vague sensation d’avoir déjà vécu la scène peu de temps auparavant.
Non, ce n’était qu’un rêve.
 
Il traversa finalement son salon, une bonne douche ne lui ferait pas de mal. Il s’effeuilla tout en se dirigeant vers sa salle de bain. Une fois de plus, un étrange sentiment le fit perdre pied, quand en enlevant ses chaussettes du sable s’éparpilla sur le sol.
Ça ne pouvait être qu’un rêve. Qu’un rêve, tout ça ne pouvait pas réellement avoir eu lieu ! Il perdait totalement la tête.

Le jean toujours présent sur les hanches, il retourna vers la télé à la recherche de quelques indices susceptibles de lui permettre de comprendre et d’enfouir ses craintes.
Mais sur la table basse entre le canapé et la télé deux armes étaient posées. Il tendit la main dans leur direction, le visage encore un peu plus perturbé par ce qu’il voyait. Il n’avait pas d’arme, il n’aimait pas les armes, alors que foutaient-elles ici, dans son salon ? Son regard fut attiré par le coin de la pièce. Sur un petit tabouret, qui ne lui appartenait d’ailleurs pas. ELLE y était perchée.
Les deux pieds posés sur l’assise, elle tenait ses jambes sous son menton et observait Carter d’un regard enfantin et malicieux.
« -Tu es bien réveillé ? dit-elle d’une voix d’ange.
-Où je suis ? Qu’est ce que vous m’avez fait ? Carter semblait perdre de nouveau patience.
-Je t’ai déjà dit que tu aurais les réponses en temps voulu. Maintenant, réveille-toi vraiment ! C’est un ordre ! »
La voix d’ange s’était transformée en une voix autoritaire et d’une maturité qui ne laissait aucun espace au doute.
 
Carter ouvrit les yeux et se redressa d’un seul coup. Combien de fois allait-il se réveiller en cascade ? Mais le lieu où il était ne ressemblait à rien à ce qu’il connaissait. Il était à moitié allongé dans un caisson, un masque sur la bouche l’empêchait de parler.
 
D’un seul coup d’œil, Carter aperçut ses compagnons se réveiller à ses côtés. Au milieu de la pièce, Sally était assise à même le sol devant une immense baie vitrée. On pouvait y apercevoir un noir parsemé de point lumineux et d’un disque bleu qu’on appelait également « terre ».
Carter en eut le souffle coupé. Il sortit du caisson après avoir enlevé son masque à l’instar de ses compagnons.
 
« -C’est, c’est la terre ? Demanda David.
Woody rit d’un petit rire assez féminin et lança.
-Ça, c’est plutôt atypique, comme situation ! Je ne suis jamais allé dans l’espace.
Sally releva la tête et les regarda les uns après les autres.
-Il ne faut pas toujours se fier à ce que l’on voit ! N’est-ce pas Carter ! Car l’instant et le lieu sont très relatif. L’enjeu est de savoir, ce pour quoi nous voulons agir, ce pour quoi nous voulons nous battre. »

Dim 21 Sep - 00:35 (2014)
Auteur Message
Matt Anasazi
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 763
Localisation: Agen

MessagePosté le: Sam 18 Oct - 16:48 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

L’interpelé détourna les yeux de la vitre pour faire face à la jeune femme. Les questions sans réponses tournaient dans sa tête depuis trop longtemps, et les remarques  de Woody Allen qu’il entendait vaguement ne lui redonnait ni le sourire, ni le moral. Sally le fixait intensément.
« Vous ne profitez pas du spectacle de votre magnifique planète bleue. C’est un pur joyau… »
Springteen nota la note mélancolique dans sa voix en prononçant cette phrase. 
« Votre planète ? Et pourquoi cette tristesse dans votre voix ?
-  J’apprécie votre perspicacité.
-  D’abord, c’est quoi cette histoire de combat ?, reprit Carter. Ce voyage dans l’espace ? Dans le temps ? Mais putain, on est où ? Quand ? Si c’est votre kiff, ce bordel de SF, moi, j’en ai plein les couilles !
-  J’attendais cette réaction. Elle rendra les choses plus faciles, sourit Sally, un air malicieux dans les yeux. »


L’absence de réponse et plus encore, la moquerie à peine dissimulée fit rugir Carter : il avança d’un bond, prêt à saisir Sally par les épaules pour avoir ses réponses. Il s’arrêta : Sally tendit un doigt, l’air sembla se solidifier et en moins d’une seconde, le footballeur retrouva ses esprits allongé sur le sol à cinq mètres du lieu qu’il occupait. Il se redressa, les yeux durcis par la honte et la colère. Les autres restaient sans voix devant la scène, Carter un colosse de cent dix kilos expédié comme un fétu de paille par une jeune fille qui pesait à peine quarante kilos.


Sally gloussa.
« Dans une guérilla urbaine moderne, il faut de nouvelles unités. Il y a le colérique, il cristallise la rancœur du groupe et la focalise sur l’ennemi et les difficultés. On a besoin de l’acolyte, il admire certains de ses camarades et va se conformer à leurs objectifs, de l’homme expérimenté, qui guide les autres, de l’homme d’esprit, qui aide à surmonter l’absurdité de la vie et l’égérie, qui apporte son pragmatisme et sa volonté de femme à l’équipe.
-  Pourquoi j’ai l’impression qu’on parle de nous, là ?, répondit Wright amer.
-  Parce que c’est le cas !
-  Wow wow wow, coupa Springteen, guérilla ? Unités ? C’est quoi ce délire ? » Michelle acquiesça, les lèvres blanches de terreur. Pour la première fois, elle se mit en avant.
«  S’il vous plait, donnez-nous des réponses. Quelle que soit la vérité, quelque pénible soit-elle, tout vaut mieux que l’ignorance. Nous n’en pouvons plus de flotter dans cette mer d’absurdité. »


Tous les hommes de l’assistance hochèrent la tête en signe d’assentiment. Malgré l’opinion peu favorable que Carter avait toujours eu de la First Lady et de son style ampoulé, il se retrouvait dans sa demande.
Sally balaya le groupe du regard : elle avait fait le bon choix. Ils se couleraient sans mal de le rôle qu’elle s’apprêtait à leur assigner. Elle sourit avec une pointe de tendresse.
« En effet, Michelle et vous tous, je vous ai promis une explication et les gens comme moi respectent leur parole. Mais comme une bonne image vaut mieux qu’un long discours, voyez ! »
Elle tapa deux fois dans ses mains. L’image de la Terre sembla se distordre et se brouiller, comme sur un vieux téléviseur. Les cinq rescapés s’avancèrent en plissant les yeux pour voir. Progressivement, le contraste, la netteté et la brillance de l’image revinrent… et ce qu’ils découvrirent les glaça d’horreur.


Le bleu majestueux de la Terre avait laissé place à un bleu-noir traversé de veines noirâtres, où on voyait par instants des rougeoiements intenses. A d’autres endroits, la planète était traversée d’éclairs aussi violents que fugaces. Et le plus effrayant était l’apparition de nouvelles traînées noires et de nouveaux rougeoiements.
« Putain… Oh, my God ! Mon costume chez le teinturier, il sera perdu alors ! » Les réactions fusaient, se télescopant sous le choc. La vision de la Terre ravagée par une guerre totale les avait abasoudis.
« Vous comprenez que j’ai dû jouer avec vous, avec le temps et l’espace pour briser tout ce que vous avez connu et vous préparer à votre mission. Maintenant, je dois tout vous dire. »


Quand ils se tournèrent, l’apparence de Sally avait changé : elle arborait une armure antique argentée. Mais les jointures en kevlar et microfibre, les viseurs laser et visière optique ainsi que les incrustations de circuits imprimés dans le métal lui donnaient l’air d’une statue grecque d’Athéna plongée dans un univers futuriste.
« Mais bon sang, qui êtes-vous ?
- Je suis ce que vos ancêtres appelaient une walkyrie. »
_________________
"Faire sortir les maux de l'âme, c'est la psychanalyse.
En faire sortir des mots, ici naît la littérature."
Sam 18 Oct - 16:48 (2014)
Auteur Message
laera
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 20 Sep 2013
Messages: 33

MessagePosté le: Dim 19 Oct - 21:40 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

A peine le terme Walkyrie est énoncé fièrement par Sally, qu’un gémissement d’abord ténu, s’amplifie et se transforme en hurlement. Décontenancée Sally se retourne et voit Michelle Obama, hystérique, qui pleure en se lamentant :  « Mon mari, mes enfants, mon pays, l’amériiiique ». Puis, hors de contrôle, elle commence à se labourer le visage avec ses ongles, des rigoles de sang maculent sa peau sombre.

Sally tend le doigt, mais elle suspend son geste car la première dame s’est statufiée de manière spectaculaire. Le sang qui ruisselait sur son visage s’est figé, puis soudainement elle se volatilise.
Tous stupéfaits regardent le vide, puis se retournent vers Sally en quête d’explications.

-    Ils deviennent plus forts que je le pensais, ils sont capables d’arriver jusqu’ici. Il faut y aller tout de suite, les combattre avant qu’il ne soit trop tard, dit Sally stressée

- Hooah ! , hurle Wright
- Wright le G.I. est avec nous et moi je suis meilleur que Tom Cruise, ironise Woody.

Sally dessine un symbole complexe dans les airs et ils se retrouvent transportés dans une ville inconnue. Ils entendent des détonations lointaines et une atroce odeur de brûlé les prend à la gorge les faisant tousser violemment.

Sally a disparu. Interloqués, ils se dévisagent. Ils sont lourdement armés et vêtus de treillis militaires. Bruce a rajeuni et porte l’uniforme avec grâce. Woody, est maintenant âgé d'une trentaine d’années il est légèrement armé mais possède des jumelles thermiques et un équipement très sophistiqué.

Carter sursaute quand il entend la voix de Woody dans son oreillette qui dit : « On se met à couvert. Il y a du mouvement un peu plus loin. Tous dans la ruelle à droite. »

Wright se rue dans la ruelle l’inspecte rapidement puis braque sa mitraillette en direction de la rue et dit d’un ton professionnel : « Allez-y, je vous couvre. »

Bruce se précipite puis se poste de l’autre côté prêt à parer l’attaque.

-    Bouge-toi Carter, crie Woody dans son oreille, tu restes près de moi et tu surveilles mes arrières.

Carter se met à jurer et à tempêter tout en se mettant en position. Woody inspecte les environs avec ses jumelles et ses craintes sont confirmées, des immeubles brûlent, on entend des tirs en rafale et des détonations sourdes qui pourraient être des grenades. Ils sont en pleine guérilla urbaine.

Un entrepôt un peu plus loin devrait faire un abri efficace. Ils n’ont pas connaissance de leur mission et vu le danger, ils font corps. Woody leur montre l’objectif et le groupe se met en mouvement comme s’ils avaient été entraînés pour ça. Plus personne ne parle de Sally, il y a plus urgent, sauver leur peau.

Wright et Bruce sont impressionnants, dès que Woody leur désigne une cible, ils y vont. Bruce impassible, vise, tire et avance. Quand à Wright, il est d’une efficacité et d’une précision fantastique. Il est aussi rapide et agile que sur un terrain de football. Carter terrifié tente de les imiter. La voix de Woody dans leur oreille est leur boussole, c’est un tacticien né.

-    Carter à droite en hauteur

Carter tire, une silhouette humaine tombe du balcon.

La ville est dévastée, ils sont près de l’entrepôt en ruine. Pour y entrer ils doivent encore déloger une poignée d’hommes. Soudain une balle touche Bruce en pleine poitrine. Carter se retourne et abat le tireur, l’homme tombe en arrière. Woody qui aperçoit son visage crie :
 - Carter ! Tu viens de tuer Tom Cruise !

Ils se regardent abasourdis, ils réalisent que Sally se sert d’eux pour tuer des alliés!

Bruce, couché par terre, gémit une large tâche de sang macule son uniforme. Wright accourt, se penche, approche la main et… Bruce disparaît.

Carter, sous le choc, devient méfiant, il pointe son arme sur Wright  :
-    Comment tu peux avoir les pouvoirs de Sally ?
-    Je l’ai pas touché… il a… disparu..  bégaye Wright visiblement ébranlé
-    Carter arrête ! Il est des nôtres, hurle Woody
-    Putain, Bruce a disparu, j’ai tué Tom Cruise ! Merde on a tué des humains, des américains !
     jure  Carter à bout de nerfs
-    Est-ce que… Bruce est vraiment mort ?
-    Wright, peut-être qu’on ne meurt pas, on disparaît seulement, tout ça est trop bizarre. La réalité
     est ailleurs

A peine Woody a terminé sa phrase que l’air miroite et Sally se matérialise devant eux. Son petit visage est crispé par la colère, elle fait un geste complexe de la main et tout s’évanouit.

 * * *
 

Carter se réveille sur une chaise de dentiste ! Il sent des machines autour de sa tête qui obstruent ses yeux et son corps est entravé. « Ce n’est pas une chaise de dentiste, mais le divan du Dr Frankenstein » se dit-il paniqué.

Il sent des mains sur sa tête qui manipulent ses appareils, il se débat. Une voix féminine, douce mais ferme, lui enjoint de rester tranquille. La femme libère sa tête et le détache. Il regarde et voit une grande pièce avec d’autres sièges, d’autres gens casqués comme lui et des infirmières qui s’affairent autour d’eux. D’autres sont assis et semblent un peu hébété. « Je dois être comme eux » pense Carter.

Au centre, une femme, la trentaine avec des cheveux noirs coupés au carré, se retourne, c’est Sally!

Elle les regarde les uns après les autres. Tous la reconnaissent, elle a vieillit mais c’est le même visage fin et les mêmes yeux noirs pétillant d’intelligence. Finalement elle lâche une phrase mystérieuse :« L’expérience est interrompue, suivez-moi en salle de briefing. »

Carter regarde les autres, ils sont une quinzaine. Une jeune femme, blonde et un peu ronde, se présente : « Je suis Barbara, mais je crois que j’étais aussi Michelle Obama. »

Carter est stupéfait. Michelle est Barbara ! Qu’est-ce ça signifie ?

Un jeune noir timide dit d’une voix flutée : « j’étais Bruce. »

Sally revient sur ces pas, furieuse : « En salle de briefing, tout de suite ! »

Carter se dirige vers elle et lui colle son poing en pleine figure ! Sally tombe sur les fesses! Un homme baraqué façon GI saute sur Carter et le maîtrise.

Sally se relève en tenant sa pommette, sa joue est rouge et commence à gonfler. Une infirmière accourt avec de la glace. Sally jette un regard noir à Carter, qui est toujours sous la garde de Wright, le GI, et ajoute comme pour elle-même : « ça ne va pas être simple. »

La salle de briefing est grande, il y a déjà plusieurs personnes assises, Carter a le sentiment de les avoir déjà vu.

Un homme prend la parole et dit : « Je vous remercie d’avoir pris part à notre projet d’immersion corporelle et je dois vous dire que malgré une fin un peu précipitée, nous avons fait d’énormes progrès. Vous devez encore être un peu secoués par l’expérience il faudra du temps pour vous réapproprier la réalité. "
Dim 19 Oct - 21:40 (2014)
Visiter le site web du posteur
Auteur Message
Matt Anasazi
Plumivores
Plumivores

Inscrit le: 18 Sep 2013
Messages: 763
Localisation: Agen

MessagePosté le: Sam 25 Oct - 23:46 (2014)    Sujet du message: L'Histoire Répondre en citant

« Vous connaissez tous l’utilité du projet d’immersion corporelle : il en va de notre survie et de la réussite de l’opération Walhalla
-  Docteur, coupa Carter, nous avons digéré coup sur coup des changements de personnalité, des translations temporelles, des pouvoirs, presque des rencontres du troisième type. Mais bon sang, j’avais pas signé pour ça ! »


Le reste des volontaires acquiesça : manifestement, on leur avait vendu du rêve, ou pire menti sur les modalités exactes des tests.
Le docteur Roddenberry se tourna lentement vers Carter et s’assit.
« Carter Halton, matricule 21-7585, né le 21 Aout 2185, n’est-ce pas ?
-  Eh,  mais vous délirez là ? On est en 2014 ! Putain, mais vous avez tous fumé. D’abord, c’est l’autre folle qui joue dans notre cerveau, lâcha-t-il avec aigreur, le visage tourné vers Sally, puis vous ramenez votre tronche enfarinée à nous sortir des trucs déments. »


Roddenberry et Sally se regardèrent. Sally, encore cramoisie du coup de poing, serrait les dents ; Roddenberry fronça les sourcils, perdu dans une grande perplexité devant la réaction de Carter. Qui plus est, les autres ne réagissaient pas différemment.
« Dites-moi, êtes-vous convaincus d’être en 2014 ? Dans une vie quotidienne de footballeur, de journaliste, de cinéaste, de musicien ? »
Tous les participants acquiescèrent, en se jetant des regards pleins d’incompréhension.
Roddenberry leva la tête.
« Ordinateur, ouvre le dôme et reconstitution 3D.
-  A vos ordres, général. »


Une scène apocalyptique se composa progressivement par pixellisation de plus en plus dense. Le sol calciné, brûlé jusqu’à l’assise rocheuse, étendait son sol poudreux noir à perte de vue. Pas la moindre verdure, pas la moindre habitation, aucun relief même visible aux alentours. Un désert de pierre noirci par un déluge de feu.
Rachel « Woody Allen » poussa un cri de douleur devant cette vision d’horreur. Le premier à réagir fut Roddenberry.


« Voici le résultat d’une guerre atomique, digne de la Troisième Guerre Mondiale telles qu’on la voyait au XXe siècle. Les historiens se demandent encore si ce sont des groupes terroristes isolés qui ont déclenché cette guerre avec une bombe nucléaire sur le sol russe ou si des services secrets ont laissé faire une escalade de la guerre. Toujours est-il que après des attaques aux missiles nucléaires sur les grands pays possesseurs de la bombe ont entraîné une destruction quasi-totale de la terre telle que vous l’avez connu, en rêve ou en réalité.
-  Dites-nous ce que cette mission d’immersion corporelle va changer pour la terre… et pour nous, coupa un Carter, vidé de toute colère.
-  Vos esprits seront transférés dans des robots de recherche chargés de rechercher une terre habitable sur terre et dans l’espace…

FIN

_________________
"Faire sortir les maux de l'âme, c'est la psychanalyse.
En faire sortir des mots, ici naît la littérature."
Sam 25 Oct - 23:46 (2014)
Auteur Message
Contenu Sponsorisé




MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:21 (2016)    Sujet du message: L'Histoire

Aujourd’hui à 22:21 (2016)
Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet   Jetez l'encre ! Index du Forum » Cadavre Exquis

Page 1 sur 1
Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures

Montrer les messages depuis:

  

Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB GroupTraduction par : phpBB-fr.com
Xmox 360 by Scott Stubblefield