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|Drabbles 2013|
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Rafistoleuse
Coup de Coeur ...
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:10 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
COURANT (Rafistoleuse)
 
 
christine |gagnante|

Le paysage défile sans discontinuer. Je suis a sa merci. Dérivant, voyageur contraint, je suis entrainé.

Apres tout ce temps qu’il a passé a me caresser, a m’enjoliver, voila qu’il m’abandonne a mon triste sort!

Je ne maitrise pas mon chemin, un autre a décidé pour moi. Les remous de mes sentiments soulève mon cœur en papier mâché. Le rythme s’accélère, des cailloux se mettent sur mon chemin. Je ne peux rien y faire, je me déchire, je m’étiole, je disparais.

Moi, simple bateau de papier, jeté dans le courant, je finis ma course sur le baiser d’une bouche d’égout.


Fairyclo

Brusquement le noir total. Plus de jus, j’ai l’impression d’être une taupe coincée dans un cul de sac en pleine nuit.

Quel est le con qui a fait sauter les plombs ?

Encore la vieille du dessus qui s’est crue à Versailles ou Vegas ! Bordel c’est pourtant simple à comprendre : pas plus de deux lumières à la fois. Pas de four électrique pendant le 20h, pas de machine à laver en même temps que le grille pain ! Merde quoi !

Et qu’est-ce qu’elle va me dire la Alzheimer ? Désolée, je n’étais pas au courant.

Merde !


Atsuna

Toute la journée, je cours. Je ne fais que ça. Je file au quatre vents, et je lance mon souffle déchaîné.

Je vole sur les montagnes, je plane en riant sur les plaines, je virevolte au dessus des mers que je déchaîne de mes doigts taquins.

J'aime aussi agiter les longues tignasses des demoiselles ou soulever leur jupe, pousser les imprudents, secouer les drapeaux et me balancer dans les arbres.

Je cours, je vole, je me précipite de tous côtés sans jamais m'arrêter. Pas besoin de reprendre mon souffle, car le souffle, c'est moi.

Matt Anasazi

L’Être sans nom flottait dans la pénombre, rêvant de mondes à venir. Son esprit fouillait dans les sons indistincts et les étincelles d’énergie pulsant dans l’œuf primitif son inspiration future.

Puis un instant fatidique et l’énergie se libéra en un flot irrépressible. Tout son corps épousait ce flot, le suivant, ne pouvant y résister. Le courant, l’énergie, tout l’attirait du néant vers un possible en construction pour lui.

Le flot se fit de plus en plus pressant, le broyant chaque seconde davantage. Écartelé par le travail violent de forces titanesques, l’Être poussa un cri primordial.
« Voici Sophia ! »
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Rafistoleuse


Dernière édition par Rafistoleuse le Mar 28 Jan - 20:43 (2014); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:14 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

VOLER (Christine)
 

Octobell |gagnante|

- Celle-là, tu l’as pas volée ! En même temps, quelle idée de me tromper comme ça ! Avec ma sœur en plus !
Elle rigole, puis se lance à son tour. Son regard parcoure la place sur laquelle ils sont installés tous les deux. Il a pris une gifle à son flagrant délit. S’agirait d’être tout aussi incongru.
- Ah ! Elle s’exclame en voyant les deux enfants qui sautent par-dessus le muret. Regarde ce que c’est que voler ! Tu sautes, tu t’élances et… Aïe ! Mamaaaaan !
En guise d’illustration, les braillements du garçons parviennent jusqu’à eux.


Rafistoleuse

Il avait attendu patiemment l’heure propice pour sa mission. Il avait pris soin d’éliminer tout obstacle. Il avait une revanche à prendre. Combien d’années passées à regarder l’argent circuler sous son nez sans jamais en tirer profit. Il n’en pouvait plus.
Il désenclencha toute résistance et accéda au coffre. Devant lui, une fortune colossale. Subjugué, il ne vit pas le piège se refermer.
« Mais Robin, quel bazar tu m’as fais ! C’est pas de ton âge le Monopoly ».
Il dût se résigner à lâcher sa richesse multicolore que sa tante rangea dans le coffre à jeux de société.
_________________
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Lun 30 Sep - 14:14 (2013)
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:21 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

RÉUSSITE(Octobell)
   

Yannick Darbellay
|gagnant|

-Dans 10 minutes je ramasse les copies!

Merde alors! Sais pas quoi zécrire... Vais causer de Jésus Croix, là, quand il se trisse de dessous son drap de macchabée :

"Jésus Croix Chroist était mord, puis non..."

Trop nul, faut que je trouve autre chose :

"Y a des messieurs dames qui des cèdes et qui sont plus vivants tellement ils sont mords mais ils reviennent, bonjour docteur, tu veux-tu bien me faire la bise ?"

-Dernière minute!!!

Pffff ! Me les casse, lui! 'tend voir... Le sujet c'est...

-pssssssst Matt ! C'est écrit quoi au tableau? "RESSUSCITE" ?

-Nan: "REUSSITE"


Atsuna

Je dépose une nouvelle carte dans la rangée. C'est pas comme si ça me passionnait, mais c'est un passe-temps. Je connais ce jeu, ça fait des mois qu'il m'occupe, dans cette chambre. Je sors un roi de pique, je mets la dame de cœur par dessus.

Facile, je maîtrise.

Les cartes glissent entre mes doigts, mon souffle s'accélère. Je sens que mon coeur est transpercé par les piques, je suis sur le carreau. Mon trèfle à quatre feuilles vient de perdre son dernier atout. Un soubresaut, ma main se crispe, ma vision se trouble.

Dire que je l'aurais réussie, celle-là.


christine

-ah merde j’suis morte c’est ca?

- Non pas tout a fait.

- vous êtes qui vous d’abord?

- moi je suis une sorte d’arbitre, pour savoir si vous restez ou dans quelle direction vous irez. Bon je vais vous poser deux questions soyez honnête.

- j’y crois pas, c’est une blague??!! C’est ca.

-j’ai bien peur que non. Alors 1 quels sont vos regrets?

- j’ai pas de regrets, trop lourd a porter.

- quelle est votre réussite?

- facile mes filles. Alors je monte ou je descends?

- non, vous pouvez rester la ou votre cœur se trouve.


Hector Vugo


La réussite ne vaut rien tant que l’on n’a pas connu l’échec
Le gout de la loose éclaire le chemin pour celui qui voit en la lumière
Le désir d’aller plus loin
Et ça rime c’est pour le bien du lecteur
L’homme ou la femme cultive sa défaite
Sur un verger dont on ne mangera rien
Car la victoire est un fruit pour lavettes
Quand le labeur il remet à demain
Glander est aussi bon que jeûner est agréable
Ainsi va la réussite de celui qui repose ses mains


Matt Anasazi

Je me tends vers l’objectif. Visualiser la cible, mettre tout mon corps dans sa réalisation. Comme le professeur de Sophroyoga me l’a appris. Les avantages de mon poste. Mon esprit est calme, mes sens aux aguets, mon corps affuté.

Une ombre, à ma gauche. Mon viseur infrarouge repère une source de chaleur. Elle n’a aucune chance. Elle s’écroule, silencieuse. La tête de Woodward, quand je lui annoncerai que j’ai explosé son record de chasse.

Mon visiophone s’allume :
« Belle cible, monsieur. Souhaitez-vous un trophée ?
- La gauche : elle souffre moins du travail. »
Ma trentième main !


Rafistoleuse

Inflammation soudaine de l’égo, gonflement des chevilles. La réussite est une construction en forme de parcours du combattant qui part de l'endroit où l’on commence (à partir de rien). Il est d’une taille imprévisible et généralement long d'environ une éternité (toute une vie).
Pendant des années, les philosophes n'étaient pas certains de la fonction de la réussite dans la vie. Nous savons qu’elle contribue à la fabrication des jaloux hypocrites, substances faisant partie intégrantes du réseau social. Les jaloux hypocrites sont fabriqués dans de nombreuses régions de notre entourage. Ainsi, l'ablation de la réussite semble engendrer des problèmes d’ordre social.
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Dernière édition par Rafistoleuse le Lun 30 Sep - 14:29 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:25 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

ELFE (Yannick Darbellay)
    

Octobell


Il gambadait joyeusement avec sa petite mandoline et son slim vert forêt. Il chantonnait sa joie de vivre et les quelques centaines d’années qu’il lui restait. Ses oreilles pointues frétillaient de bonheur devant la nature qui se penchait pour écouter sa voix enchanteresse. Les oiseaux-mêmes se taisaient pour pouvoir le laisser s’exprimer. Il était d’une telle beauté que le soleil en rougissait, préférant se cacher derrière les nuages que se montrer si pâle à côté de lui. Il était si grand, si fort, si merveilleux qu...
« Dubouchon ! J’espère que mon cours ne vous ennuie pas trop ? »


christine

C’est un rire caché derrière les feuilles d’un arbre. Une ombre fait de fils soyeux. Le mélange du vent et du parfum des fleurs sauvages. La sensation d’une caresse posée la sur a joue quand on se réveille. C’est le soupir de satisfaction de l’esprit quand le corps s’allonge dans l’herbe fraichement décorée de rosée. L’insouciance enfantine qui trottine parmi les nuages. Ce sont des ailes de cristal, une robe de pétales, une peau de crème, des fils de vent pour ses cheveux. Des étoiles dans les yeux, un sourire en cœur. Une elfe ce matin m’a donné un baiser.


Elfie Imy |gagnante|

Un elfe devait écrire sur « elfe » en cent mots, c’était l’idée d’un oiseau coloré. Et se demandait par où donc commencer lorsque par chance sous son nez pointu passa un grain de poivre. L’histoire n’est pas folle, le poivre fût croqué sous la dent, et l’elfe éternua. En plein vent de début d’automne, les poussières de microbes se dispersèrent en atmosphère, puis se déposèrent sur les cordes vocales du lutin bleu, dont la voix se modifia. Le timbre devint grave, sensuel, et la chansonnette s’échappa, atteignant l’elfe en plein tympan. C’est parfois de simple, que vient l’amour compliqué.


Rafistoleuse

Elle, aux ailes fines. Elle, fébrile. Elle file le coton de ses rêves. Elle fuit. Elle fait belle figure, elle frime mais elle fabule. Elfe s’écorche à fouler le sol rocailleux du réel. Elfe hume la vie par les deux bouts. Elle fulmine. Elfe étale le puzzle de sa longue vie.
Elle ferre son courage. Elle façonne ses espoirs. Et finalement elle frôle l’amour. Elle frémit. Elle frissonne .Elle fusionne. Elle formule ses rêves mathémagiques. Elle efface ses doutes. Elle, face à ses envies de grandeur. Elle, phénoménale. Elfe, féerique. Elle fascine. Elle est fleur épanouie. Désormais elle fonce, Delphine.
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Lun 30 Sep - 14:25 (2013)
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:34 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

POTIRON (Elfie Imy)  

Rafistoleuse 

Potiron magique : Préchauffez le chaudron à 360°C (Repose-plat 24). Faites repartir 500 grappes de charbons enrhumés. Ajoutez le gel pourave selon votre pouls, une branche de lin et une croix d’escalade pourraient rehausser le coup. Hachez deux trousses de cailles et deux moignons. Les faire puer. Faites pourrir l’eau pour fuir les capotes et les gnomes de fers. Y déranger le composté de pommade. Une fois enfuis à foin, recouvrez d’un paquet de bruyère happé. Laissez siroter le tout.

Vous pouvez déguster avec de gloutons humains empaillés. N’hésitez pas à ajouter de la gerbe lipide au moment de servir.


Christine |gagnante|

Je me suis gonflé, ronde oui oblongue non, j’ai flâné au soleil pour avoir sa couleur.

Mais je suis une courge d’avoir espéré, je porte un bonnet turc et je suis un gros jaune de Paris, j’suis même pas potimarron et oui j’suis jaune, jaune de désespoir.

Je sais je n’ai rien dans la kabocha, je ne viens même pas de Siam. Une ressemblance avec pâtisson (Robert! oui j‘ai osé désolée), non même pas.

Je veux être une citrouille pour halloween, pour amuser les enfants.
Mais je ne suis qu’un potiron, chez qui ca ne tourne pas rond.


Yannick Darbellay

Les arbres comme des lynx alanguis, dépenaillés, frissonnent.
Dehors les enfants se livrent bataille,
À coup de rires et de bâtons.
Le petit froid vous fait les joues vermeilles.
Comme des pommes.
La Vieille va cueillir des potirons.
Les hommes affamés et las,
Au soir reviendront des semailles d'automne 
Faim, femmes. Ils sont taiseux nos hommes.
La Vieille émince l'oignon roux. Coupe en cube le potiron.
Éclats d'enfance des mômes qui se chamaillent. 
La marmite fredonne,
Le chien s'étire et puis se pelotonne
Contre le feu soleil et cendre qui chauffe la maison.
Ce soir les hommes rentreront
Manger la soupe de potiron.
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 14:37 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

TARTEMPION (Christine)


Alinoë |gagnante|
 

« Tartempion ! » hurla le capitaine Hadock en direction du vendeur de chaussons.

Mais, dans son dos, se trouvait Tintin, reporter ami des chiens qui se dit, tout soudain :
« Non, vraiment ! Ces insultes son bidon ! On ne peut pas laisser ça comme ça Milou ! Appelons nos amis pour une bonne vieille intervention ! »

Et le soir même, dans la petite maison, tous étaient réunis sous la banderole pour annoncer au Capitaine Hadock qu'au bout de presque cent ans et avec un auteur mort, il était vraiment temps qu'il change de répertoire !
 

 

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Lun 30 Sep - 14:37 (2013)
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MessagePosté le: Lun 30 Sep - 15:27 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

ZOMBIE (Alinoë)
  

Bis


Lorsque j’écris, parfois, je suis comme un zombie en balade dans un charivari d’idées noires et morbides. Je palabre et me balade entre les corps décharnés de mes compères abrutis par leur décès impossible. C’est un peu comme se battre contre une marée noirâtre et visqueuse, c’est un peu comme s’il y avait du sublime dans une bruine de cendres et de soufre. Je me ballade la gueule ouverte à manger l’infâme substance. Elle rentre sous ma peau, dans mes yeux, dans ma bouche. Et lorsqu’elle fait le chemin de mes oreilles jusqu’à mon cœur, il meurt pour quelques temps.


christine

Il arrive, ses pieds raclant le sol, trainant tout le poids mort du membre dans ce mouvement vers l‘avant. Ses bras dérivant dans l’air comme des objets inanimés, sont des pendules de chair. Sa bouche entre ouverte laisse échapper le relent d’un estomac affamé. Les traces d’une bave mortuaire sillonne sa joue tel un sourire de limace. Ses yeux mi-clos, crottés et chiasseux semblent porter les lourdeurs d’une nuit éternelle. Ses cheveux en touffes huileuses et crasseuses laissent apparaitre un crane blanchâtre. Ses habits, non alignés, froissés d’être ainsi portés, se déboutonnent.

“chéri, tu es malade! retourne te coucher voyons.”


Rafistoleuse


Ton regard noisette que tu plantais dans le mien, tes lèvres que tu pinçais inconsciemment. Tous les deux dans ton canapé défoncé, on égrainait les heures dominicales au rythme de tes doigts. Et tu jouais aussi sur la mienne, de corde, elle était sensible. Tu m’électrisais avec ta folk. J’ignore comment t’as fait pour ne pas comprendre ce que j’avais dans la tête. Tu croyais vraiment que tout ce que je voulais c’était apprendre ? J’ai encore sur mes mains la sensation des tiennes quand tu jouais au professeur. Mi mineur. Do. Sol.Ré. What’s in your head ? Zombie ?


La Plume Du Chakal


La marche est silencieuse. Rien ne bouge sinon quelques bougres qui sont venu se paumé là et embaument l’air de rien, ou de très peu. Les regards sont fixes, tous suivent la barre, farfouillant des glozzes le carrelage froid et noir. Qu’est-ce qu’ils foutent ?


Ma marche est bruyante, je pleure, je tousse, j’étouffe, le col serré, cravate et gorge nouée, l’estomac en vrac fait savoir dans un gargouillis qu’il est pas d’ac. Et je le comprends. Tout ces gens qui s’agitent immobiles autour de moi, tout ces gens, j’les connais même pas. Qu’est-ce qu’ils foutent à mon enterrement ?


Octobell |gagnante|

Il sentait les grenades accrochées à sa ceinture cogner contre son flanc, et tandis qu’il courait aussi vite que ses jambes lui permettaient, il ne pensait plus qu’à cette sensation. Ce clong, clong, clong qui rythmait sa course. La terreur brouillait sa vue et l’effort lui coupait le souffle.
Il préférait se concentrer sur le clong des grenades plutôt qu’à ces râles qui lui parvenaient, bien trop près ! Il s’empara de l’une des grenades, et s’estimant suffisamment au centre du cercle, il la dégoupilla. De l’autre côté de la rue, il devinait les larmes de Julia. Trois, deux, un.


Matt Anasazi


Il avançait les yeux pointés vers l’autre côté de la rue. Malgré ses gestes lents et patauds, rien ne l’empêcherait de voir le sang versé. Il s’enivrait par avance du carnage. Son sac lesté du plomb qu’il déverserait sur toutes les créatures d’en face. Grenades , automatiques, pain de plastic, il avait tout répété depuis des lustres. Il était prêt, depuis son enfance.
Arrivé au point de non-retour, il s’adossa au mur criblé d’impacts. D’autres monstres avaient été massacrés ici. Malgré les barbelés, la ligne resterait infranchissable entre nous, pensa-t-il ! Première salve sur les autres.
In your heaaad, zombie !


Yannick Darbellay


Ce matin j'ai des yeux de cave et l'haleine de chacal; bal, carnaval. Hier soir j'suis allé faire la fête et j'ai bu comme un trou. Je m'souviens plus d'ensuite, je m'souviens plus du tout, à quoi r'ssemblait ma cuite; bisous, cailloux, et poux. J'ai le teint olivâtre du mec qu'est pas frais frais. Semblerait qu'j'ai dû m'battre. J'ai des dents qu'ont sauté et des genre de crevasses, où que s'trouvaient mes joues. Mes guibolles aux genoux, elles repiquent de traviole. L'estomac me picotte, et mes boyaux gigotent. Je m'souviens plus d'ensuite, je m'souviens plus du tout à quoirrgls Ouarrgllspl Rgglgsldks !!!!
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Lun 30 Sep - 15:27 (2013)
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MessagePosté le: Jeu 3 Oct - 04:34 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

FLINGUE (Octobell)
 

Hector Vugo


Un quai de gare une silhouette fine et tremblante, un train qui s'en va. Elle ne reverra pas son homme de sitôt. Elle comprend d'emblée le poids de la douleur et de l'abstinence. Le gout des lèvres masculines gravé dans sa mémoire est un placebo bien minable au regard du manque qui l'habite déjà.

Elle est une proie facile pour qui sait jongler avec les mots, phraser avec aisance.

Je n'aurais pas dû la draguer d'entrée. Elle m'a flingué des yeux, castré l'inspiration.

Les femmes abandonnées ont la lame facile
Quand on les aborde sans précaution


Rafistoleuse

J’étais déterminé. J’en n’avais plus rien à foutre de ma vie. Il m’avait enlevé la seule personne qui pouvait éclipser toute cette merde que j’avais collectionnée depuis. Il avait osé prendre ce qu’il y avait de plus beau chez moi, elle. J’comptais pas attendre que le système judiciaire bouge son derche. Je rentrerai dans le bar, je dézinguerai ce connard. Et je finirai en taule, peut-être bien enterré si j’ai de la chance.
J’ai fait mon entrée, prêt à dégainer.

Mais y a eu cette nana. Elle m’a sourit, j’ai vu de l’espoir.

Ca m’a flingué. J’ai rien pu faire.


Christine

Je n’ai pas le choix, je n’ai plus le choix.

Il est la, posé, presque nonchalamment, sur ma tempe qui bourdonne. Un froid paralysant envahit l’endroit. Je n’ose plus bouger, je dois le faire correctement, je n’aurai pas de deuxième chance. Tout va se jouer en une pulsion, un geste bref, sec et définitif. Pas de retour en arrière, pas d’arrêt sur image. Je dois être vif et rapide pour ressentir le moins de douleur possible. Ma main se contracte, je sens ma paume devenir moite, allez un coup, juste un coup et ca suffira pour flinguer ce foutu moustique.


Linelea

Se relever, marcher, mon objectif est de mettre un pied devant l’autre, doucement, car je sens la douleur revenir dans tous mes muscles. Ma vision est trouble, mais j’essaie de maintenir mon esprit éveillé. J’ordonne à mes poumons de capturer cet air qui me fait vivre.
ALLEZ, TIENS BON !
Je suis tenace alors j’y arrive, même si c’est avec difficulté. Ma main cherche à tâtons l’interrupteur qui va me permettre de revenir. J’appuie, un vrombrissement se fait entendre. Sur mon visage se dessine un sourire, le bruit s’arrête.
Putain ! Je viens de flinguer ma machine à café !


Alinoë

Elle se lève, ses yeux collent. Peu de sommeil, jour d'école.
Elle s'habille, se maquille. Mais pour qui ? Elle décolle.
Elle arrive, s'installe, sur l'estrade. Ses yeux se baladent...
Ils sont là, devant elle, jeunes adultes trop rebelles.
Elle s'avance, réclame le silence sans succès.
Ils s'en branlent et s'esclaffent, se moquent d'elle.
Ce n'est qu'un prof, pas un modèle.
Malgré tout, elle sourit et sort de son sac un fusil.
Un à un, sur l'estrade, elle les appelle...
Un à un, tour à tour, volent en gerbes leur cervelles....


Yannick Darbellay |gagnant|

Le dingue a délivré son saxo ténor d'un étui pourpre, et a joué. Les gens se sont tus pour écouter. On entendait, montant de la rue, un tas de rires. Et le mec jazzait. C'était lumineux comment il courbait sa mélodie pour l'établir en altitude, comment il étirait ses notes et les étirait à n'en plus finir, les soufflant si subtilement qu'on devait tendre l'oreille pour les distinguer. Puis il a placé un cri déchirant qui s'est dégradé en une succession de clés délirantes, nous collant le sourire aux lèvres. Bordel, on mouftait plus. Le pote nous avait flingués !


La Plume Du Chakal


Je me disais bien que j’avais entendu un ventre qui gargouille au beau milieu d’ce champ de citrouille, et je te retrouve là, la gueule en vrac, bien droite, le poing levé bien haut comme pour dire mort aux vaches.


Je me disais que je t’avais entendu causer de révolte et de ras-le-bol, de raz-de-marée rouge en rase motte, tu voulais inonder les caniveaux, bousculer les âmes, pourfendre les infâmes, et te voilà étendue là, embrassant dans le sang le chemin des Dames. Je t’avais entendu causer de ça, mais j’pensais pas que t’irais jusqu’à te faire flinguer.
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Rafistoleuse
Jeu 3 Oct - 04:34 (2013)
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MessagePosté le: Jeu 3 Oct - 04:40 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

TOKYO (Yannick Darbellay)
 


La Plume Du Chakal
|gagnant|

Tokyo, vite, humidité trop éclairée, en flamme, bouffée par l’inhumanité. Tokyo, Paris, Beyrouth, Rio, Chicago qui s’radinent, serré dans leur boite à sardines, graisseux dans l’huile, poisseux dans la bouche, tous tombent comme des fauves sans bouffe.

Tokyo, mégalo en technicolor, des diables qui s’enlisent, Londres, dans des tons plus sombres, des anges qui s’noient dans la Tamise, et Budapest qui transpire son être dans un zeste de relent de guerre.

Tokyo, si proche, si loin, les légendes filochent et le temps d’avant qui s’accroche, Berlin, Bagdad, Téhéran en résistance, futile, malsain.

Tokyo,
Tokyo, que restera-t-il pour demain matin ?


Christine

Intemporelle.

Elle porte aux pieds des sandales de bois. Sa nuque fragile et laiteuse immobilise l’instant.

Son kimono de soie, aux ailes gracieuses, est a la couleur du soir. Il brille des feux d‘une nuit sans fin, il connait le chant et le mouvement des tendres soupirs et des caresses délicates. Son obi d’or se noue et je joue de l’œil trop curieux. Une cascade de fleurs naissent du noir laqué de ses cheveux, effleurant sa joue si blanche, relevant ses lèvres si rouges. Elle glisse sur un nuage, son art est d’être une femme fleur. Une dame de Tokyo.


Hector Vugo

C’est au soleil levant
Que l’on construit l’empire
Puisqu’on lui avait dit : teste les bars à chats

Va à la capitale
Tâter les beaux matous
De les entendre ronronner
Ça te détendra

Aussi il traversa les mers sans mentir
Pour atterrir céans sur la dite Tokyo
Une ville olympique deux fois si je sais lire
Avec de grand building de jolis dojos

Après des heures de vols pour les fous cinéphiles
Matant films d’ ados avec tortues ninjas
Le Boeing français posa ses ailes au pire
Sur une piste à l’ouest du Fuji-Yama

Moralité
Fais gaffe
Regarde ton billet


Rafistoleuse

Pendant que je déguste la mousse de mon cappuccino à l’aide d’une paille verte, j’ai sous les yeux un chao des plus organisés. Une gigantesque fourmilière évoluant entre des remparts multicolores. Lorsque les feux s’habillent de rouge, les véhicules sont aux premières loges de cette traversée fantastique. Le trafic est en suspens, ma respiration l’imite. J’observe, muette, ce spectacle titanesque. Des centaines de paires de jambes déambulent sur les lignes blanches en une chorégraphie rigoureusement rodée. Le grésillement assourdissant de cette ville technologique ajoute une autre dimension à ce spectacle étourdissant. Le ballet imperturbable de Shibuya Station bouscule mes superlatifs.


Le Zèbre

- Toc
- Yo man
- Serre m’en cinq, j’arrive de loin
- C’était comment man ?
- C’est moite limite irrespirable. Ca sent le chaud, l’immeuble grande hauteur
- Fallait pas regarder en haut
- T’as fait l’école du rire ? Si tu mates devant toi, c’est plein de keum, y’en a partout
- Ouais et ch’uis sûr qu’ y en a en haut aussi
- Y en a partout mais ceux d’en haut on les voit pas tellement c’est haut
- Ca doit être un truc de ouf !
- Je bouge. On se toc
- Yo man


Odepluie


- Qu’est-ce qu’on a ?
Véro venait de passer les banderoles, et Gilles se contenta d’un signe de tête en direction du corps. Sans hésitation, la femme s’approcha. Dans la nuit, qui s’évanouissait déjà sur Paris, la jeune fille était étendue, les bras en croix, sur le trottoir. Sous son buste, s’étendait une tâche sombre, le sang avait bruni. Son teint était gris, son visage figé par la mort qui s’était insinuée sous ses paupières bridées. Au-dessus de la victime, clignotait faiblement le néon rosé de l’enseigne la plus proche : Tokyo’s Dream… Un mensonge, car le cauchemar était là.
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Jeu 3 Oct - 04:40 (2013)
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MessagePosté le: Jeu 3 Oct - 04:46 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

ANADYOMENE (La Plume du Chakal)
    

Hector Vugo

Au soir de notre vie il me revient sans cesse
Le souvenir de vous en petite tenue
Plongeant allégrement telle une princesse
Dans un fleuve ou jadis j’avais bu

Nageant avec ardeur sans faire des flaques
Je pris mes jambes à mon cou
Brassant à vos côtés avec la niaque
D’un maître-nageur à qui vous diriez tout

Sans crainte des médisances démoniaques
Vous usiez de la parole et même
De ces grandes envolées que récitent les cosaques
Sortant des eaux belle anadyomène

Les mots résonnent à mon oreille
Comme au premier jour
De vous j’entendis ceci
Je vous aime d’amour


Matt Anasazi |gagnant|

Elle se redressa, les cheveux alourdis d’eau de mer retombant sur ses épaules. Les gouttelettes salines glissaient amoureusement sur son corps fuselé. Elles s’arrêtaient sur deux rondeurs généreuses, puis fusaient autour de son nombril pour disparaître dans le creux de son bikini transparent. Elle dégagea sa nuque de la masse capillaire d’un geste large, les rassemblant sur son épaule gauche. Les pointes brunes tombèrent sur le bandeau, qui pointait lui aussi.
Elle frissonna dans la brise. Grande, belle, désirable. Comme le tableau de Vénus… non, Ursula Andres dans Docteur N…
« Gaétan, arrête de baver sur ta cousine !


Christine

L’eau calme d’un matin de printemps
Frissonne a la bise fraiche du vent
Une demoiselle aux ailes mosaïque
Au galbe bleuté électrique
Posée sur un roseau songeur
Attend, car c’est bientôt l’heure
Venue du plus profond de la terre
De la noirceur a la fraicheur de l’air
Un nénuphar encore endormit
A sur son cœur un rubis
De l’eau émerge un esprit, une âme
La nature devant sa beauté se pâme
Une naïade nait dans le silence d’un matin
Sur des pétales blancs fait de satin
L’écho de l’eau ondule sur sa peau
Comme la rosée posée sur le roseau


Elfie Imy


Toi t’es comme grec c’est vrai sauf que l’eau tu t’en cognes.
Elle sort de ta bouche quand tu craches et de tes yeux quand tu chiales tel un gosse.
Moi j’vois ton corps sous tes fringues et j’veux tout virer d’un bloc.
L’autre jour, tu sautes à pieds joints dans cette flaque et après tu crânes avec tes yeux brillants. Tellement tu te défonces tu m’vois comme une vénus, un canon doré ruisselant de flotte et super sex qui en demande encore.
Sauf que j’suis qu’un elfe et c’est pas encore que j’en veux, c’est jusqu’à la mort.
Stop.


Octobell


« Regarde cette Venus anadyomène qui s’étire avec hyperlaxité… »
Ils sont tous les deux assis sur la plage et ils matent les nanas qui se baignent. Kevin regarde Marco en biais, et grimace.
« Hein ? T’veux pas causer français ? »
« C’est français… » Fait Marco avec suffisance, et Kevin lève les yeux au ciel.
« P’tain mec, je peux pas blairer quand tu fais ça ! C’est bon, tu fais Sciences Po, j’me suis arrêté au Bac d’Hôtellerie, on est pas du même monde… Et alors ? On chie quand même la même merde !»


Yannick Darbellay


"Tu vois je m'ferais bien Aphrodite Anadyomène" songe à part soi Anaximène, étendu au bord de l'eau, le phare d'Alexandrie dressé sous sa tunique.
"P'têt bien que ça s'pourrait, qu'elle vienne. P'têt bien qu'elle sera chic"
Mais personne ne s'amène, du coup le mec médite et se dit qu'il aurait pu tomber sur Aphrodite Androphanos... Oula, chaud mon pote.
Sur l'eau les libellules vaquent à leurs occupations, du genre sexuelles. Anaximène ça l'excite, ce rituel entomologique.
"Va falloir que je cause au poteau Anaximandre pour savoir si qu'il à des idées où que j'pourrais trouver rapidos un genre d'Aphrodite Pandemos"


Linelea


Tout est calme, le lac ressemble à une tache d’huile, rien ne vient perturber la plénitude du lieu. Le soleil, ce fainéant, ne s’est pas encore levé.
Pourtant lui, le pêcheur sur sa petite embarcation, il l’attend. Enfin, il apparait. Cet instant, il ne le manquerait pour rien au monde, se croyant seul sur terre, admirant cette naissance quotidienne depuis le milieu de l’étendue d’eau.
Mais aujourd’hui est un jour particulier, car dans l’axe de son regard, alors que les rayons viennent caresser la surface de l’eau, une petite poule d’eau jaillit telle une vénus anadyomène venant bouleverser sa tranquillité.
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Jeu 3 Oct - 04:46 (2013)
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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 12:08 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

EMBRYON (Matt Anasazi)
   

ATea


Quelle idiote je fais! Cela fait des heures, des jours que je l’attends. J’en ai marre. Et j'ai chaud. Heureusement, ce canapé est confortable. C’est déjà ça ! Je comprends pas. Je pensais qu'il m'aimait bien. Un peu au moins. Il passait en coup de vent. C'était rapide certes, mais il était toujours fidèle, toujours présent, à sa façon. Mais non. Dès qu'il faut donner de soi, y'a plus personne…

Je l’entends arriver dans mon dos.

Eh, va falloir que tu fasses des efforts si tu veux qu’ensemble, nous brillions…

Il m’embrasse. Je me tais.
C’est Lui pour la Vie.


La Plume Du Chakal

A la terrasse d’un café, j’mate avec des yeux un brin pervers des culs qui s’dandinent sur les pavés humides. Je n’m’emmerde pas à deviner l’odeur des cheveux, la couleur des yeux. A travers la fumée de ma beuh j’imagine les chemins de traverse que j’emprunterai pour moins d’une nuit, que je laisserai tâchés de soupirs ; j’dessine les fleuves brûlants auxquels j’irais picoler sans soif jusqu’à satiété, et plus que ça. Je fantasme d’aller m’paumer entre ces seins, embryons métazoaires. A travers la fumée de ma beuh, j’vois ça de mes yeux carrément pervers. Et un peu rouges aussi.


Christine
|gagnante|

Au début, ce n’était qu’une goutte. Une ridicule petite goutte, rouge, vive, appétissante, trainant sur le bout de mon doigt. Puis son gout, sa couleur se sont mis a vibrer au fond moi, comme l’écho d’un trésor qui ne demande qu’a être découvert. Alors j’ai recherché cette extase et je l’ai accepté entièrement, volontairement, viscéralement. Je l’ai nourri, embelli, aimé.

Nous sommes devenus forts, obstinés.

Elle est aujourd’hui un besoin impérieux, la voie que j’ai choisi.

Je me sens vivant grâce a elle et elle vit grâce a moi.

Elle a fait de moi ce que je suis.

Un meurtrier.


Bis

- Eh ! J’ai une idée mec.

- Quoi ?

- Si j’bouffais un embryon d’humain en me levant demain.

- Pourquoi ?

- J’sais pas, comme ça…

- Et comment tu veux trouver ça ?

- Bah dans une femme trouduc…

Le lendemain, comme il l’avait dit, il avait éventré une femme sur sa table. Plongeant son visage entier dans ce qui avait été un corps humain, il se barbouilla le visage avec des liquides innommables et becta l’embryon.

Ce n’était pas mauvais voire délicat. Depuis, il bouffait des embryons humains tous les matins, crus ou en sauce!



Matt Anasazi

Un jour, une petite graine s’insinua en Catherine. Minuscule, insignifiante, invisible. Mais avec la force et l’opiniâtreté du lutteur, elle fit son chemin. Prenant de plus en plus de place et marquant chaque jour davantage la jeune femme.
Quand celle-ci sentit ce changement, elle en fut bouleversée. Au sens propre. Partagée entre joie et angoisse, son cœur oscillait. L’angoisse la taraudait : comment vais-je faire ? Qu’est-ce que ça va changer ? Comment Marc me verra-t-il ? Puis vinrent les nausées et les idées saugrenues qui passent sans raison.

Un moment tendre. « Je voudrais un enfant de toi. »


Elfie Imy

-On en est au stade embryonnaire…
-Tu l’as sucé dans ta bagnole sur le parking du Prisu, c’est stade fœtal.
-Il avait déjà mis sa langue dans ma bouche et glissé sa main dans mon jean…
-Donc c’est pas stade embryonnaire.
-Va chier merde ! Ttu piges queud à la relation d’toutes façons.
-C’est pas faux, mais j’dis ce qui est, embryon, c’est avant que tu suces dans la relation, après ça complexifie…
-Bon ok. File une clope.
-T’as arrêté le mois dernier.
-On était quel mois déjà ?
-Septembre.
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Mar 8 Oct - 12:08 (2013)
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MessagePosté le: Mar 8 Oct - 12:16 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

JUGULAIRE (Christine)


   
Yannick Darbellay

Quand elle va mal, qu'elle chiale, je la prends dans mes bras.
Lorsqu'elle s'égare dans des affaires de cœur, et que larmes et que pleurs,
J'opère avec des gestes délicats, comme on cueillerait une fleur;
La serre, respire un instant son odeur,
Puis, d'un baiser tout doux, effleure son cou,
Là, près de la jugulaire.
Pour quelques heures, alors, nous embarquons dans mon latécoère,
Et volons vers les rivages de Cythère.
Demain la belle reprendra ses affaires,
Et je n'aurai pour moi que le souvenir d'un baiser,
Déposé là, près de sa jugulaire.


ATea

Un coup de vent.
Sa jupe se soulève, elle la retient. Lâche son foulard. Il s’envole. Elle pousse un petit cri, se retourne. Elle voudrait le rattraper, me demande de le faire. Je lui dis qu’on ne le voit déjà presque plus. Elle boude. Elle peste contre le vent qui se déchaine, contre ses cheveux qui s’emmêlent. Rien à faire, elle boude. Je t’en offrirais un autre. Peut-être même un chapeau avec une jugulaire pour le garder sur ta tête. Elle boude.

Son regard s’illumine soudain, un sourire apparaît… Seulement si je ressemble à Romy dans César et Rosalie alors!


La Plume du Chakal |gagnant|

Depuis quelques mois je me fais violence pour juguler la véhémence qui s’installe entre toi, moi et nous. Mais là, ras le bol, la coupole qui déborde. J’les connais les mômes comme toi qui s’glissent dans mon pajot, feignant de n’être là que pour quelques saloperies et puis dodo. J’les connais les mômes comme toi, que je laisse venir et qui un beau matin se lève avec en caboche l’idée qu’elles pourraient m’rendre moins moche, plus réel, qu’elles pourraient m’coller ce putain d’sourire que j’ai présenté par faiblesse, comme ça pour rire, et s’en servir comme d’une laisse. Va chier.


Elfie Imy

Ça m’tente te planter quelqu’un moi avec ce mot là. Et inventer du poème avec du sang, qui palpite, dans ton cou, que je caresse, quand tombent du ciel des étoiles qui se foutent de notre gueule.
Tu t’en tapes toi, c’est pour un temps, demi-lune, demi Dieu, vampire, tu vas tout m’sucer et au matin, j’aurai plus rien, juste un trou béant, à la place de ma gorge. J’irai chercher une écharpe, qu’une vieille aura tricotée, assise à la veillée. J’l’enroulerai comme un boa, sûr que ça me piquera, mais y a personne qui le verra, ma jugulaire. Sectionnée.
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MessagePosté le: Dim 27 Oct - 09:03 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

DES ARMES ( La Plume Du Chakal)


Rafistoleuse |gagnante|

Sésame trouble-toi.

Bizarrement désarmée, longtemps, elle avait gardé son âme secrète. La lame avait sonné. Elle était fatale. L’alarme à l’œil, elle devait se résigner à déposer les larmes. Ouvrir les vannes. Remplir les blancs de colle à souvenirs. Trouver les mots manquants, se rappeler les bons moments. Elle trouva en l’écriture, l’art mature de ses rêves. Un moyen de régénérer son âme usée, désabusée. L’art, mur de papier, forteresse d’encre séchée, où les âmes y tissent leurs plus belles harmonies. L’améthyste des espoirs. Elle pouvait désormais désamorcer les non-dits. Faire renaître des mots guéris, les graines de ces armes.

 
 

Hector Vugo

Il faut une arme pour te fendre le cœur
Un truc inoffensif dont on ne soupçonne rien
Une feinte habile qui dans les jours meilleurs
Ira toucher la cible que tu caches des deux mains

Oser braver tempête en te criant dessus
N’est pas chose à prescrire pour te dire je t’aime
Mieux vaut tenter l’esquive et te porter aux nues
C’est donc par la douceur que l’on repousse la haine

Aussi étant fébrile en ces heures nocturnes
Je pose un point final sur ma déclaration
Adressant ceci cacheté dans ta grande urne
Les sentiments uniques passent toutes les saisons


Christine

Désarmée, voila comment je suis face a toi. Quand tu déboules comme un tank dans le salon, un lance missile dans chaque œil, la langue acerbe comme un fouet.

Tu arrives, baïonnette en avant, le doigt sur la gâchette. Tu décharges tes mots tranchants que je prends en pleine gueule, comme une grenade remplie d’amertume. Tu me vomis des tessons de cocktail Molotov. Le sabre de tes reproches me transperce viscéralement de peur. Tu vides ta pensée comme une rafale de munitions affutées et corrosives. Je suis devenue la cible de ta haine, quand ta mauvaise humeur s’arme de méchanceté.


Yannick Darbellay

Les armes c'est moche. Bordel, les armes c'est moche. Elle a pris un couteau dans le bide. Y a ses entrailles qui détalent, ça fait des rigoles tristes sur le trottoir. Le rouge, le noir. Nuit crasseuse. Un ruisseau crade avec ses souvenirs dedans, qui défilent, puis périssent, plic plic, avalés par une plaque d'égout. Sa vie son mioche, premier baiser station Foch...
Sous un lampadaire électrique, falot en rade, y a son âme qui se trisse. Elle crève, bon dieu de merde; elle crève, le bide poinçonné par une lame.
Les armes c'est moche, bordel, les armes c'est moche.


Octobell

Ils se terrent les uns contre les autres dans les tranchées pour se réchauffer, mais avec la pluie qui leur glace le sang, rien n’y fait. La terreur coule dans leurs veines, rythmée par le rugissement des canons qu’ils entendent au loin, leur fournissant la lumière en flash. Les fusils entre leurs mains tremblent avec eux. Ils sont soldats, on est en 1915, et ils sont terrifiés. Ils savent qu’ils vont mourir, qu’ils ne verront plus leur famille, et malgré tout ce qu’ils ont dit, ils ne sont pas prêts. Ils avaient menti. Ce qu’ils voudraient, c’est rendre les armes.


Elfie Imy

J’ai pris le flingue. Il était là sur la table en bois qui s’foutait de nous entre toi et moi. J’ai pris le gun, j’ai vrillé en hurlant de manière dingue que t’étais rien qu’une pute suceuse de bite du premier connard venu. J’savais que non, j’savais que t’es fragile et belle en dedans, mais j’voulais t’cogner de mes mots qui salissent. Parce que j’avais mal que tu m’appartiennes pas. Parce que y avait trop d’came dans mes veines tailladées. Parce que l’odeur de ta bouche ça m’rendait dingue. J’ai pris le flingue, j’l’ai posé sur ma tempe. Bang bang


Bis

Des armes pour trancher, des armes pour massacrer. Je veux du violent, je veux te voir agonisant. A l’appel du mugissement foireux de mon arme excitée, prie et fais connaissance avec la mort. Je suis un mercenaire qui vient du tout en bas, je viens voir si tout va mal et me faire le missionnaire des adieux du bout de mon automatique. Je ne sais pas le sens de mes actes, je ne sais pas le sens de mes ordres. Je suis juste un chien avec un képi se prenant pour un héros, juste une putain qu’on paye pour tuer.


Linelea

Ils sont cinq cents d’après les murmures qui arrive jusqu’à ses oreilles, elle n’aurait jamais imaginé qu’autant de personnes viennent à ce rendez-vous improvisé.
Elle est un peu inquiète, stressée même, mais elle s’est juré, elle irait jusqu’au bout. Elle monte lentement les marches de l’estrade, à son apparition le silence se fait dans l’assemblée. Timidement, elle s’approche du micro, éclaircir sa voix d’un petit raclement de gorge. Dans l’assemblée, elle capte les regards de ses enfants et de sa moitié, c’est le soutien qui lui manquait pour commencer, car contre la violence, son arme à elle c’est sa voix.
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MessagePosté le: Dim 27 Oct - 09:08 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

 BOUTEILLE (Rafistoleuse)
  

Christine

J’ai touché le fond, le tréfonds du fond. Tout tourne, je vois vert. Un monde difforme et malade danse devant mes yeux. A vrai dire je vois surtout leurs chaussures, je suis au niveau bitume, j’tomberai pas plus bas. Je me suis vraiment craché cette fois. Dans ma tête des milliers de bouteilles s’entrechoquent, se déversent et brisent le fragile équilibre de ma cervelle imbibée. Traitresse, tu tritures sans pitié mes pauvres sentiments, je te caresse, te désire et je finis par te céder. Mais a la fin c’est toujours toi qui gagne et moi qui échoue sur le pavé.

  
Yannick Darbellay |gagnant|

Minot je croyais aux histoires d'amour. Je croyais au bonheur, à la pureté, à la saveur du temps. Le temps vécu à deux. Le temps de l'innocence, des sentiments. Minot je croyais en l'amour.
Et j'avais de l'espoir. Bon sang, j'ai passé mon enfance à croire. En l'autre, en la main dans la main.
Et puis j'ai pris de la bouteille. Bordel. Je voudrais la briser, n'en garder qu'un éclat, le planter dans mon désespoir, y crever des béances plus vastes que la terre, pour en faire sortir le môme que j'étais …
Mais, seulement, j'ai pris de la bouteille...
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Dim 27 Oct - 09:08 (2013)
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MessagePosté le: Dim 27 Oct - 09:15 (2013)    Sujet du message: |Drabbles 2013| Répondre en citant

ÉLECTRIQUE (Yannick Darbellay)
 


Rafistoleuse


Elle se demande comment ça se fait, que personne n'ait encore écrit un drabble, qu'ils devraient tous mettre leurs doigts dans une prise, histoire de se réveiller un peu là parce que la limite c'est bientôt. Ne sont-ils pas au courant ? Elle a passé la nuit sur le forum, à se battre contre son ordinateur et contre le sommeil. Et à ce stade de la journée, elle a une pêche incroyable, une vraie pile. Mais elle sait que si elle s'arrête une seconde, elle s'effondrera pour de bon.

Électrique, c’est un chouette thème. Pourquoi n’a-t-elle pas eu d’inspiration ?


Christine

Le geste est brute, sec, un automatisme froid, répété encore et encore.

La main qui tranche l’air, incontrôlable pulsion pour exécuter son devoir. Pas un souffle d’hésitation, pas une goutte de sueur versée. Même les yeux fermés le rituel se fait. L’obscurité qui entoure le corps, la lourdeur de ses paupières, sa respiration pénible et désagréable. Cette chape posée sur ses épaules qui l‘immobilise, la mollesse de ses muscles refusant de bouger. Le temps des rêves est fini. Il a éteint son réveil, une décharge électrique fait en papier-émeri déchire sa tempe jusqu’à son cerveau pour lui crier “debout fainéant!”.


Odepluie

Une décharge électrique.
Ce fut la sensation qu’il ressentit quand il la reconnut. Assise au deuxième rang de sa classe, elle avait simplement levé les yeux vers lui. Il se souvint alors de cette nuit froide sur le toit de l’hôpital, trois ans plus tôt, et une vague de chaleur l’enveloppa. Il avait parfois pensé à elle, mais n’avait jamais imaginé la revoir. Quelles étaient ses chances d’ailleurs ? C’était inespéré.
- Bonjour à tous, je suis David Perry, je vais vous enseigner les radiocommunications.
Charlotte fronça une seconde les sourcils, puis un sourire se dessina sur ses lèvres fines.


ATea

Il ne manquait plus que ça, le courant qui lâche. Un calvaire. Dire que je voulais terminer ce dossier et rentrer chez moi. Il fait sombre. J’entends mon collègue se lever. Tu vas voir? Pas de réponse. Pas étonnant.
 
Un mouvement dans ma direction.
Un contact. Une main se pose délicatement sur mon épaule droite. Sursaut.
La deuxième écarte mes cheveux, découvrant mon cou.
Je veux protester.
Un souffle chaud dans mon cou. Frissons.
Je pourrais protester. Ses lèvres jouent, vagabondent.
Je ferme les yeux, emportée par les sensations.


Il susurre à mon oreille.
Enterrons donc la hache de guerre…


Hector Vugo |gagnant|

Puisque je ne suis pas une lumière je vais où me mène l’inspiration. D’une lampe torche j’éclaire le réel et j’y vois des choses qui me donnent le bourdon. Et si par le filament d’un mot pas plus grand qu’une encoche je brûle la vraie vie. Je lui donne une forme comme un souffleur de verre.
Ainsi j’écris et j’oublie.
Que c’est bon si vous saviez, aussi bon qu’un voyage au long cours. Un aller simple et sans retour ou l’on conjugue le verbe rester. J’arrive ainsi dans ce pays

D’une plume électrique j’envoie l’éclair
Et signe d’un H V.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:49 (2016)    Sujet du message: |Drabbles 2013|

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